Conséquences de la pollution :

La population vietnamienne a extrêmement peur maintenant pour sa santé. Outre l’air qu’elle respire, l’eau dont elle sert pour ses ablutions et sa lessive, tous ses aliments sont désormais susceptibles de l’empoisonner. Fruits et légumes sont non seulement bourrés de pesticides chinois fortement nuisibles mais aussi de produits chimiques chinois dangereux qui les grossissent ou prolongent leur fraîcheur apparente. D’ailleurs, depuis les traités sino-vietnamiens, les produits alimentaires importés de Chine envahissent les marchés vietnamiens et ils sont encore pire : il n’y a pas de semaine sans que les journaux ne rapportent des cas d’intoxication causée par l’un de ces produits, ou ne révèlent des cas de faux riz, de faux œufs, de fausses nouilles, de fausses viandes de faux café, etc. fabriqués tous avec des produits chimiquesxxxii. Comment alors se protéger puisqu’il faut bien manger pour vivre ? Comment savoir si le fruit ou le légume que l’on mange n’est pas contaminé, si la viande que l’on savoure n’est pas trafiquée, si le poisson que l’on achète n’est pas bourré de métaux toxiques, si le nước mắm que l’on consomme n’est pas fabriqué à partir de ces poissons intoxiqués et si le sel que l’on utilise ne provient pas d’un littoral pollué ? Le Vietnam est désormais un pays à forte quantité de cancéreux avec un nombre de morts par cancer estimé en 2015 par l’OMS sur la base des déclarations des hôpitaux vietnamiens à 350 par jour, et un nombre de 115 000 cas nouveaux par an, et on s’attend à ce que ces chiffres augmentent fortement après la catastrophe Formosaxxxiii.

Cependant le gouvernement complice des pollueurs refuse de prendre des mesures sanitaires, repousse toute demande d’analyse de l’eau, interdisant même après Formosa aux médecins d’examiner le sang des habitants des provinces du Centre par peur d’une exploitation par des « forces ennemies » (terme désignant les groupes d’opposants au régime). Les « génocideurs » de Pékin peuvent se frotter les mains. Le sud-ouest et le centre du Vietnam se vident peu à peu de leur population, poussée par la misère à émigrer à l’étranger sur l’incitation du gouvernement. Et la plupart de ces émigrants peu éduqués n’ont d’autre ressource que de rejoindre le lumpenprolétariat du pays d’accueil qui les reçoit mal et les méprise. Par ironie, à l’instar de Donald Trump, le premier ministre cambodgien a énoncé dernièrement le projet de construction d’un mur sur la frontière vietnamienne pour empêcher les Vietnamiens sans papier d’entrer au Cambodge ! Pendant ce temps viennent s’installer partout au Vietnam des milliers sinon déjà des millions de Chinois auxquels les autorités réservent les meilleurs emplacements, quitte à exproprier contre une indemnisation insignifiante les Vietnamiens qui y habitent depuis des générations, créant ainsi des collectifs de « dân oan » (victimes d’injustice) que l’on peut voir rassemblés autour de la capitale ou des préfectures pour réclamer une réparation qui ne sera jamais faite.