SOS Vietnam

STOP à son annexion génocidaire par la Chine Communiste

Catégorie : Actualités Page 1 of 3

Point de vue d’un Américain sur la situation du Vietnam

Ce videoclip publié sur You tube (en vietnamien et sous-titré anglais) par un Américain très au fait de l’histoire et de l’actualité vietnamiennes, qui donne un aperçu assez désespérant de la situation du pays, mérite lecture et réflexion :

 

https://youtu.be/ZdziP4YhOwQl

 

 

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Preview YouTube video Quan điểm người Mỹ về VN – An American’s view of Vietnam

 

https://youtu.be/ZdziP4YhOwQ

 

 

Les habitants de Hanoï sous le couperet de la Faucheuse : après l’empoisonnement au mercure, vient celui aux particules fines auquel succède celui au styrène

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Dessin humoristique tiré de https://www.baogiaothong.vn/cuoi-ra-nuoc-mat-voi-loat-biem-hoa-nuoc-sach-chua-dau-thai-tai-ha-noi-d438440.html   (légende : le matin, on aspire de la poussière fine, le soir on boit de l’huile, l’après-midi on goûte du mercure, pas moyen d’y échapper! Une vie si belle, où la trouve-t-on ailleurs? Notre capitale culturelle, c’est la meilleure du monde.)

Trente ans de politique aberrante dictée par Pékin aux dirigeants de Hanoï dont l’incompétence, la cupidité et l’irresponsabilité dépassent l’imagination, sont en train de produire les résultats voulus par les génocidaires chinois.

Nous avons déjà donné l’alerte il y a trois ans sur la destruction à grande échelle des ressources naturelles du Vietnam sous prétexte d’une industrialisation inepte sur le modèle chinois sans souci des normes et sans traitement des déchets, et par ricochet sur celle de tout son environnement. Mais tant que les habitants des quartiers bourgeois et touristiques n’en subissent pas les conséquences, ce problème est vite minimisé et balayé par les sympathisants du pouvoir comme un sacrifice nécessaire fait au développement. Ce n’est que depuis un an que tous les yeux se dessillent.

Car la vie des Vietnamiens ne cesse de se détériorer. Les Hanoïens en savent quelque chose ces derniers temps. Nous n’évoquons pas ici les autres maux qu’ils partagent avec leurs concitoyens comme les aliments empoisonnés ou toxiques vendus sur le marché, la vénalité et le bas niveau du personnel médical et éducatif, les embouteillages de la circulation, les inondations jusqu’à la hanche en période de pluie (même sur les hauts-plateaux et dans les villes du littoral), etc., mais seulement ceux qui les touchent particulièrement ces temps-ci.

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photo Vn Express

Les 28/8/2019, l’incendie d’une usine de lampes et thermos du nom de Rạng Đông sise en plein centre de Hạ Đình (district Thanh Xuân), un quartier populeux de la capitale, a causé la panique car avec les 480.000 lampes fluorescentes brûlées, jusqu’à 27 kg de mercure liquide se sont échappés dans le sol ou dégagés dans l’atmosphère. Seul le chef du quartier a eu une réaction immédiate en conseillant aux habitants de ne rien manger de ce qui est produit dans les environs dans un rayon de 1km pendant au moins 21 jours. Devant l’ampleur de la pollution leur causant maux de tête et nausées, plus d’une centaine de familles habitant à proximité de l’usine a pris l’initiative de déménager pour se réfugier ailleurs. Du côté des dignitaires du régime tout comme de celui du maire (président du comité populaire) c’est par contre le silence radio et l’inaction pendant 2 jours, après lesquels, le 30/8, le chef du district a fait une déclaration rassurante pour la population cependant que la société Rạng Đông minimise le danger en parlant d’amalgame et non de mercure. Ce n’est qu’après l’alerte de l’hôpital Bạch Mai où sont venus se faire examiner des personnes intoxiquées que le 31/8, le Ministère des Ressources et de l’Environnement s’est fendu d’un communiqué donnant aux habitants du quartier à peu près les mêmes recommandations que le chef du quartier tout en donnant des mesures de pollution bénigne. Face aux critiques de l’opinion, le gouvernement représenté par le Ministre de l’Environnement a dû donner le 4/9 une conférence de presse au cours de laquelle le Ministre reconnaît l’existence d’un problème de pollution au mercure, mais de pollution moyenne, avec des mesures de mercure de seulement 1,3 à 1,5 fois supérieures au seuil de sécurité dans les environs du site, quoique très supérieures sur le site même (cf. https://baotintuc.vn/thoi-su/toan-canh-vu-chay-va-nhung-bat-nhat-trong-thong-tin-ro-ri-thuy-ngan-cua-cong-ty-rang-dong-20190908231955093.htm). Selon des internautes, la pollution est bien plus grave et les doses de mercure dans l’air et les eaux de surface du quartier sont bien plus fortes ; en tout cas, deux mois sont écoulés et on ne sait toujours pas quand le site et ses alentours seront devenus « propres » et s’il est possible aux familles parties de revenir chez elles. A noter que « le mercure ne se décompose pas dans la nature ; une fois qu’il s’y trouve, il y reste pendant longtemps tout en migrant entre l’air, l’eau, le sol, la flore et la faune » (cf. https://www.ec.gc.ca/doc/mercure-mercury/1241/index_f.htm)

A aucun moment il n’a été question d’indemnité et d’aide aux habitants, ni de la part de l’entreprise ni de celle du gouvernement. En plus de la lâche indifférence des dirigeants, les critiques fusent sur l’installation d’usines dangereuses au milieu de la population (cf. https://vnexpress.net/kinh-doanh/ha-noi-con-113-nha-may-chua-di-doi-3980574.html ) et sur la cause, probablement criminelle, de l’incendie déclaré officiellement causé par un court-circuit. Qui a intérêt à détruire l’usine par le feu ?  Il ne semble pas qu’il y ait enquête. Certains pensent le crime commandité par des cadres haut placés en vue de mettre la main sur les 2,2 ha de terrain de l’usine situés au centre de la capitale, sur lequel ils pourront construire des appartements de luxe à vendre à prix d’or aux Chinois de plus en plus nombreux au Vietnam. D’autres l’imputent aux espions chinois qui pullulent au Vietnam et agissent par malfaisance ainsi que dans le but de donner un avertissement au pouvoir vietnamien dans le cadre du conflit dans les eaux territoriales du Vietnam.  

ha noi chua quan ly tot nguon gay o nhiem khong khi hinh 1

En fin septembre et en début d’octobre 2019, grâce au logiciel gratuit Air Visual, les 8,05 millions (chiffre de 2019) de Hanoïens apprennent que l’air qu’ils respirent est devenu le plus pollué de la planète (Saïgon occupant le 2e rang), avec un indice de qualité de l’air (IQA) aux alentours de 200 et dépassant certains jours 300. Selon les normes internationales, quand cet indice, basé sur la mesure des particules fines PM2,5 et PM10, de l’ozone, des émissions de dioxyde de soufre (SO2) et de monoxyde de carbone (CO), est de 150 à 200 l’air est déjà mauvais pour la santé, de 200 à 300, il est très malsain. Sans attendre les indices de l’application, les problèmes respiratoires dont ils souffrent ont déjà obligé depuis longtemps les Hanoïens à se protéger par des masques, mais hélas contre les particules fines il n’y a rien à faire, excepté peut-être s’enfermer chez soi si on a la chance d’avoir un logement décent. Au lieu d’étudier et de proposer un programme d’assainissement de l’air et en attendant de fournir des conseils et même des aides à la population, que fait tout d’abord le gouvernement ? Minimiser la situation par la voix d’un représentant du Ministère des ressources et de l’environnement : Il s’agit d’une pollution passagère due au changement de saison qui pousse les poussières de l’air froid du nord à se combiner avec celles de l’air chaud du sud, additionné aux fumées des pailles brûlées par les paysans en cette période. Mais le fonctionnaire se garde bien d’expliquer la forte pollution par l’aggravation de tous les facteurs qui vicient l’air de tout le Vietnam : rejet dans l’atmosphère de Hanoï des gaz provenant de 113 usines dans 10 quartiers industriels et de 1350 villages d’artisans, émanations de 5,4 millions de vélomoteurs et 550.000 voitures, (cf. http://thoibaotaichinhvietnam.vn/pages/xa-hoi/2019-08-13/ha-noi-tim-giai-phap-giam-o-nhiem-moi-truong-va-bien-doi-khi-hau-75057.aspx ), poussières résultant des travaux de construction (1000) et de voirie (10.000 m2) incessants, fumées des 528 tonnes de charbon brûlées par jour pour la cuisine, etc. (cf. https://news.zing.vn/doi-pho-5-nguon-gay-o-nhiem-khong-khi-ky-luc-o-ha-noi-post996940.html ). En même temps, le pouvoir pousse son armée de propagandistes à contester les chiffres d’Air Visual et à injurier cette société sur son site ; leurs propos diffamatoires ont tellement choqué que des entreprises de presse internationale comme par exemple Reuters en ont fait un scandale (cf. https://www.reuters.com/article/us-vietnam-pollution-airvisual/air-quality-app-under-coordinated-attack-in-vietnam-amid-heavy-hanoi-smog-idUSKBN1WM18U ), Air Visual stoppant du coup le téléchargement de son logiciel au Vietnam et ne l’y rendant disponible qu’après des excuses de la part du chef des propagandistes responsable de l’attaque. Dans la foulée, les Vietnamiens apprennent que, pour cacher le mauvais état de l’atmosphère dans le pays, le Ministère de la justice (à propos du respect des normes imposées par la loi) utilise dans son rapport annuel à l’Assemblée nationale les chiffres d’il y a 14 ans ! (cf. https://baomoi.com/bao-cao-moi-truong-2019-dung-so-lieu-2005-bo-tu-phap-noi-gi/c/32524460.epi)! 

Eau huileuse d’un bassin d’immeuble fournie par Viwasupco destinée à être distribuée dans les appartements (photo  extraite de Trí thức trẻ)

Le 10/10/2019, c’est au tour de l’eau d’empoisonner les Hanoïens. En ouvrant leurs robinets ce matin-là, les habitants du sud-ouest de la capitale (250.000 familles), abonnés à 5 distributeurs d’eau propre dont le principal, Viwaco, est en même temps propriétaire de la société de traitement des eaux du fleuve Đà Viwasupco, découvrent une eau huileuse, noirâtre et malodorante. Sans eau propre pour se laver et encore moins pour boire et manger, la population concernée a dû se précipiter dans les magasins pour acheter de l‘eau en bouteille (dont les vendeurs en profitent pour augmenter le prix !). Tout le monde ne pouvant se payer des dizaines de litres d’eau en bouteille par jour, que font les pauvres ? Certains utilisent quand même l’eau sale après l’avoir filtrée ; d’autres vont se servir de l’eau des piscines pour leur usage domestique ! Devant les récriminations de la population, le 13/10 le PDG de Viwasupco Nguyễn Văn Tốn est obligé de s’expliquer : le matin du 9/10 des employés de son usine ont remarqué un déversement frauduleux commis la veille d’une grande quantité de déchets huileux dans un ruisselet qui s’épanche dans le ruisseau Trầm lequel se déverse dans le canal d’approvisionnement du lac Đầm Bài où l’usine puise son eau ; la société a tout de suite procédé au nettoyage des lieux et à l’enlèvement de déchets huileux et l’eau quoique encore huileuse n’est pas toxique, la mauvaise odeur provenant d’un excès de chlore ! Loin de reconnaître la forfaiture de ne pas avoir stoppé tout de suite le passage de l’eau polluée dans le système et d’en empêcher la distribution, il refuse de s’excuser, jouant à la victime, se bornant à promettre la soumission de l’eau à des tests. Ce n’est que 4 jours après le début de la catastrophe qui touche environ un million de personnes que le gouvernement, pourtant installé à Hanoï, se prononce par la voix d’un chef de service du ministère de l’Environnement pour demander une enquête sur les auteurs du déversement d’huile. Nguyễn Văn Chung, le maire ou chef du Comité populaire de la capitale (objet de déjà de nombreux scandales) ne daigne s’exprimer que lors d’une conférence de presse le 15/10 pour reconnaître une pollution de l’eau par le styrène, un produit toxique, dont le taux donné par les tests est de 1,3 à 3,65 fois supérieur à la norme, à la suite de quoi Viwasupco décide d’arrêter la distribution d’eau pendant deux jours pour la débarrasser de ce produit ; en attendant le retour à la normale la ville fera venir des camions-citernes pour ravitailler gratuitement la population en eau potable. A ce dernier sujet, il faut dire que le premier jour de l’arrivée des camions, les habitants sont scandalisés de constater que l’eau soit disant propre qu’on leur distribue est elle-même frelatée avec un horrible goût, fait dû, s’avère-t-on plus tard, à la saleté des citernes servant d’ordinaire à l’usage agricole. Autre mini-scandale : pendant que ces malheureux font la queue avec leurs bidons, un groupe de communistes patentés en uniforme aux couleurs du parti dansent à côté sur la même place sur une musique chinoise ! Le 17/10, en même temps que le retour de l’eau courante, les autorités recommandent aux habitants de ne pas utiliser l’eau du robinet pour la boisson et la cuisine et aux gérants des immeubles de laver leurs bassins de réserve d’eau (d’où est pompée l’eau vers les appartements, tous remplis d’eau noirâtre et recouverts d’une sorte de suie noire au vu des photos postées en ligne), et le 22/10 elles déclarent l’eau redevenue propre. Le hic est que les 23 et 24/10 nombre d’abonnés se plaignent sur le réseau, preuves à l’appui, de la nature toujours huileuse de leur eau comme de sa couleur suspecte et de sa mauvaise odeur. Ce n’est guère étonnant, vu l’impossibilité de nettoyer les tuyaux d’eau enterrés – des tuyaux en plastique, importés de Chine – tapissés des déchets d’huile laissés par l’eau polluée sur son passage pendant plusieurs jours. Le 25/10, la société Viwasupco se décide enfin à s’excuser auprès de ses abonnés et à leur concéder un mois d’abonnement gratuit. Son directeur sera d’ailleurs limogé.

Quant aux coupables du déversement d’huile usée, un petit malfrat, Lý Đình Vũ, et deux acolytes, ils ont été vite arrêtés : Selon les aveux de Vũ, c’est la sous-directrice de l’usine de céramique (ex-briqueterie) Thanh Hà (province Phú Thọ) qui l’a engagé pour se débarrasser de 10.000 litres (8,83 tonnes) d’huile usée entreposés à l’usine contre 7 millions VND (environ 310 USD), huile qu’il a par suite filtrée avant de jeter les déchets (2,5 tonnes) dans la nature ;  déclaration plutôt peu crédible quand on sait qu’au Vietnam il existe un commerce assez répandu d’huile usagée laquelle se vend facilement 4500 VND/l (le lot rapporterait donc 450.000.000 VND (1960 USD), ce qui pose la question de l’intérêt pour l’usine de payer pour faire enlever les fûts d’huile usée (cf. https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-50114091), d’autant plus que son directeur déclare avoir signé un contrat à ce sujet avec la société Môi trường xanh (Environnement vert). Qui donc est réellement derrière les agissements des malfrats ? Des yeux se tournent vers la société de traitement des eaux du fleuve Đuống dont l’usine fonctionne depuis un an, qui cherche à couler sa concurrente (en fonction depuis 11 ans) pour lui piquer ses abonnés. D’autres penchent plutôt pour les espions chinois dont la mission est de donner un avertissement au pouvoir (à l’avenir ce ne sera plus une huile visible, mais un produit plus nocif indétectable à l’œil nu !).     

ha noi kenh nuoc day rac boc mui hoi thoi ngay truoc cong truong hoc

Etat d’un canal dans le quartier Cầu Giấy (Hà Nội), puant et bourré de détritus – photo tirée de https://vietnammoi.vn/ha-noi-kenh-nuoc-den-kit-rac-thai-day-dac-boc-mui-hoi-thoi-ngay-truoc-cong-truong-hoc-90665.htm

L’incident du styrène n’a fait que mettre la lumière sur l’état déplorable de l’eau à usage domestique au Vietnam, résultant de la pollution alarmante de tous ses 3450 cours d’eau causée par le déversement direct dans la nature des déchets de toutes sortes (industriels, agricoles, ménagers – cf. https://wikibenhtieuhoa.com/bao-dong-o-nhiem-nguon-nuoc-tai-viet-nam-phuong-phap-xu-ly/ ) autant que d’une éducation civique déficiente et d’une administration paresseuse et corrompue. Sans compter divers bactéries et virus provenant des déchets humains et animaux, l’utilisation massive des produits chimiques en agriculture et l’implantation de nombreuses usines gourmandes en eau et grosses consommatrices d’acides, comme par exemple les acides chlorhydrique et sulfurique dans celles de traitement des minéraux, ou d’alcalis telles la soude dans les usines de papier et l’ammoniaque dans celles d’engrais et de plastique…, avec les rejets de ces produits en même temps que des métaux lourds en fin des processus de transformation, non seulement tarissent les sources d’eau douce même souterraine, mais en plus y tuent toute vie. Si l’eau des puits qu’utilisent directement 17,9% de la population, soit 17,2 millions de personnes, pour l’usage domestique est fortement contaminée par les coliformes et les produits chimiques (selon le Ministère des ressources et de l’environnement cité par EWS, dans le delta du Nord, en particulier à Hanoï, l’ammoniaque renfermée dans les eaux souterraines se monte à 23,3 mg/l alors que le seuil international admis pour l’eau douce est de 1mg/l ; par ailleurs 60% des échantillons examinés contiennent une quantité de manganèse supérieure aux normes et 15% recèlent de l’arsenic – cf. https://ews.com.vn/su-that-dang-so-ve-nguon-cung-cap-nuoc-sinh-hoat-o-viet-nam/ ), l’eau courante distribuée par les usines de traitement d’eau n’est guère « propre » comme le prétendent ces dernières. Tirée des eaux de surface des fleuves et lacs, toutes polluées, particulièrement à l’arsenic (en 2014, lors d’une des nombreuses ruptures de tuyau – 22 cas de 2012 à 2019 – de la même Viwasupco, les habitants de 3 quartiers de Hanoï se sont aperçus que leur eau courante contenait une dose d’arsenic plusieurs fois supérieure à la norme), aucune eau distribuée par les usines de traitement d’eau du pays n’est potable. La gabegie ou plutôt la malhonnêteté est telle que l’usine Viwasupco dont il est question ici qui prétend traiter l’eau du fleuve Đà, polluée mais de couleur seulement trouble, utilise en réalité l’eau croupie et verte (phosphatée) d’un lac servant auparavant de plan d’eau à usage agricole au bord duquel viennent encore déféquer les animaux, qu’alimentent deux ruisseaux dont le Trầm sus cité et un canal à ciel ouvert partant en effet du fleuve Đà, dans lesquels les habitants des hameaux traversés déversent leurs eaux usées et où l’usine elle-même rejette ses déchets ! Comme le traitement de cette eau extrêmement sale consiste juste en un saupoudrage d’alun et de charbon actif (en grande quantité lors de la pollution par le styrène), un séjour dans plusieurs bassins de décantation, d’un filtrage et d’une adjonction de chlore, sans procédé d’élimination spécifique des produits nocifs et que les tests de vérification systématiques sont souvent négligés, l’eau de sortie de l’usine n’est pas vraiment épurée. Les riches se protègent en installant des mini-systèmes de traitement supplémentaires de l’eau du robinet chez eux, mais le gros de la population urbaine doit se contenter de ce qu’on lui fournit. La plupart des usines de traitement d‘eau ne sont guère plus efficaces. La nouvelle usine sur le fleuve Đuống destinée à approvisionner Hanoï en eau propre, qui se prétend ultra-moderne, est entrée en activité sans avoir obtenu une certification du ministère de l’environnement, et sous prétexte de ses équipements modernes (mais toujours avec une tuyauterie chinoise) double son tarif d’abonnement, au grand dam des pauvres. Espérons que les habitants de Long An dans le delta du Mékong bénéficieront avec Nhị Thành, la deuxième station ultra-moderne d’épuration de l’eau du pays récemment construite par la DNP Corp. et financée en partie par la Corporation financière internationale (CFI/IFC), membre de la Banque mondiale, d’une eau courante de qualité. Car la sécurité des eaux domestiques est actuellement un problème plus qu’inquiétant au Vietnam. D’après les chiffres du Ministère de la Santé, en 2018, 9000 personnes sont mortes pour avoir utilisé de l’eau polluée antihygiénique, près de 250.000 ont été hospitalisées pour des diarrhées dues à l’ingestion de l’eau polluée. Et parmi les 200.000 nouveaux cas de cancers par an une bonne partie peut être attribuée à la toxicité de l’eau. A Hanoï où tous les indices de pollution sont au rouge, il faut s’attendre dans les années à venir à une sinistre hécatombe.

Pour vivre, l’être humain a besoin de respirer, de boire et de manger. Or l’air que les Vietnamiens respirent, l’eau qu’ils boivent et les aliments qu’ils avalent sont tous empoisonnés. Grâce à une politique criminelle décidée à Pékin et appliquée docilement au Vietnam par un parti communiste mafieux et vendu, dont les 4,5 millions de membres ne pensent qu’à s’enrichir à tout prix aux dépens de la survie de leur pays comme de leurs compatriotes afin de se constituer un pécule substantiel pour vivre mieux ou, pour les détenteurs de pouvoir, une fortune appréciable qui permette à leur famille de s’établir chez les « capitalistes agonisants », le peuple vietnamien est condamné inexorablement au délabrement physique et moral, prélude à une lente et insidieuse extinction. A moins qu’un sursaut de dignité ne l’emporte chez chacun sur la peur de la répression, et n’aboutisse à une révolution qui instaure un régime de liberté capable d’inverser le processus en mettant l’intérêt de la nation et du peuple au-dessus d’autres considérations.

 

Extradition/reconduction, deux poids pour une même mesure

 Depuis plus de trois mois les Hongkongais descendent dans la rue pour faire retirer la loi d’extradition vers la Chine continentale des personnes estimées coupables de délit aux yeux de Pékin. Par cette loi, le pouvoir communiste chinois n’aura plus besoin de kidnapper ses opposants ou supposés tels vivant à Hong Kong puisqu’ils lui seront remis légalement à sa demande par les autorités de la ville, et une fois aux mains de la police politique, il n’y a guère à douter sur leur sort peu enviable. En se dressant en bloc contre l’empire tout puissant pour défendre leur système libéral et affirmer leur condition d’hommes et de femmes libres, les Hongkongais forcent l’admiration du monde entier et font honte aux Vietnamiens, soumis sans réagir à un diktat analogue quoiqu’aux finalités différentes.

En effet, dans l’indifférence ou plutôt l’ignorance générale, un même genre de pacte a été passé entre Pékin et Hanoï avec des implications autrement préjudiciables, particulièrement humiliantes pour le Vietnam. Le fait est que depuis 1990 les ressortissants chinois ont obtenu le droit de venir (ou revenir pour ceux qui étaient chassés lors de la guerre frontalière) s’installer au Vietnam, en principe une fois munis d’un permis de séjour ad hoc, comme c’est le cas pour tous les étrangers qui y vivent. Cependant, au fur et à mesure de la présence excessive des Chinois dans le pays (à défaut de statistique officielle, les estimations vont bon train, le chiffre de 30 millions de Chinois au Vietnam étant même avancé par de nombreux auteurs), la rumeur sur l’annexion programmée du Vietnam à la Chine prévue dans les accords secrets de Chengdu prend de la consistance. S’expliquent par elle les traités inégaux, l’ouverture des frontières du nord avec pour conséquence le nombre des Chinois dans le pays, leur arrogance, leur implantation économique, leur infiltration dans l’appareil politique et administratif et, ce qui frappe le plus la population, leur impunité, la police rechignant à intervenir quand ils sont en cause.

Longtemps, l’opinion s’est interrogée sur cette inertie de la police vietnamienne face aux Chinois. Voyous et trafiquants sont rarement arrêtés et si des fois la presse fait état de leur arrestation, on n’entend guère parler ensuite de leur condamnation (sauf dans les cas de peine « administrative » passible d’une simple amende). Cependant on se voile la face en invoquant la corruption et la méconnaissance du suivi des faits. Mais depuis la remontée en ligne (provisoire) ces derniers temps de la faction peu favorable à Pékin grâce à la santé déclinante et donc la faiblesse de l’actuel président-secrétaire général prochinois Nguyễn Phú Trọng conjuguée avec les déboires économiques de la Chine dus à la guerre commerciale avec les Etats-Unis, la même police et la même presse qui jusqu’ici se montrent peu loquaces s’agissant des méfaits chinois, se sont soudain enhardies en poussant l’enquête sur des cas de criminels chinois. Et le pays apprend en même temps la raison de cette impunité : Les malfrats chinois arrêtés au Vietnam sont aussitôt reconduits en Chine en vertu d’un accord entre les deux pays.

Les premières mentions d’un tel accord ont paru à propos de l’arrestation le 28/7/2019 d’une bande organisée de 395 Chinois(es) de 18-24 ans, tous clandestins à l’exception de 27 d’entre eux, qui gèrent depuis une zone économique chinoise installée sur un terrain de 43 ha à Haiphong dévolue en 2010 au groupe chinois Giafeng (Hiệp Phong) qui l’a baptisée « Our city » (véritable pied de nez au pays qui l’héberge !) une vaste entreprise de jeux et paris en ligne portant sur 3,6 milliards de yuans (435 millions USD) en 6 mois d’exploitation. L’opinion s’est indignée que la police vietnamienne ait accompagné, en autocars de luxe qui plus est, ces délinquants à la frontière pour les remettre à la police chinoise avec toutes les pièces à conviction (près de 2000 téléphones mobiles, plus de 530 ordinateurs, des cartes de crédit et de l’argent liquide), sans procéder à leur interrogatoire et à l’investigation du délit. Pour se justifier, les autorités vietnamiennes ont invoqué un accord « d’entraide judiciaire » entre le Vietnam et la Chine (cf. http://www.baoquocdan.org/2019/08/viec-dan-o-hon-380-nguoi-trong-uong-day.html ) puis d’un traité d’extradition récent, selon lesquels tous les délinquants chinois violateurs de la loi vietnamienne au Vietnam doivent être jugés en Chine et donc doivent être reconduits à la frontière et remis aux autorités chinoises avec les preuves de leurs méfaits (cf. https://trithucvn.net/tin-tuc-vn/quoc-hoi-trung-quoc-phe-chuan-hiep-uoc-dan-do-voi-viet-nam.html). ). Il va sans dire que le même privilège d’être reconduit au pays n’est point accordé à tous les délinquants vietnamiens en Chine où ils sont à la merci de la justice chinoise ou simplement des citoyens chinois malveillants sans aucune assistance d’un quelconque représentant des autorités vietnamiennes.

Convoi reconduisant les bookmakers chinois à la frontière

Les Vietnamiens n’ont jamais entendu parler d’un tel accord ni d’un tel traité avant que la presse chinoise ne rapporte la nouvelle de l’approbation dudit traité par l’Assemblée nationale chinoise le 26/8/2019 : D’après Xinhua, ce traité en 22 articles, en pourparler depuis 10/2013, a été signé le 7/4/2015 à Pékin mais n’entre en vigueur que depuis sa ratification. Quelle en est exactement la teneur ? on l’ignore, le pouvoir vietnamien n’en ayant jamais soufflé mot. Son existence ne pouvant plus être niée, les acolytes du régime prennent sa défense en déclarant que la coopération judiciaire et le pacte d’extradition sont des usages courants entre pays, la preuve étant que Hanoï a signé des traités analogues avec beaucoup de pays autres que la Chine. Ce qu’ils taisent c’est que les traités avec les autres pays sont accessibles au public et à lire par exemple celui passé avec la Corée du Sud on ne constate rien de répréhensible, l’extradition y étant une pratique cas par cas, appliquée à des criminels ayant commis leurs méfaits au pays demandeur ou contre lui et recherchés par lui, et non une pratique systématique visant moins à l’extradition de criminels qu’à leur soustraction à la justice du pays victime de leur malfaisance. 

Dans le cas des bookmakers clandestins sus cité, les propagandistes de Hanoï, tout en négligeant le délit de résidence sans permis en masse des contrevenants, peuvent encore invoquer le caractère transnational du délit et le dommage subi surtout par la Chine parce que les paris en chinois attirent plutôt les Chinois. Mais comment peuvent-ils défendre le relâchement et la remise à la police chinoise de trois criminels chinois coupables de l’assassinat crapuleux d’un chauffeur de taxi vietnamien le 8/8/2019 dans la région de Lạng Sơn ? Arrêtés par la police vietnamienne le 12/8, ils ont été reconduits à la frontière dès le 13/8, sans possibilité pour la justice vietnamienne de leur faire payer leur crime contre un citoyen vietnamien et surtout dédommager la famille de la victime, sans compter le propriétaire du taxi détérioré (cf. https://www.nguoi-viet.com/viet-nam/viet-nam-khong-dam-xu-3-nguoi-trung-quoc-giet-nguoi-cuop-taxi-o-son-la/ ). De plus, une fois retournés en Chine, quelle garantie a-t-on que les criminels seront jugés et punis ? La destruction des Vietnamiens étant visé par le pouvoir de Pékin, il y a des chances qu’ils seront relaxés et reviendront exercer leur nuisance au Vietnam.

Depuis le début de l’année, on observe au Vietnam une forte augmentation des crimes et délits commis par les Chinois. Etant donné que la plupart des coups de filet de la police, à laquelle aucune conduite anormale de la population n’échappe d’ordinaire, n’a lieu qu’après plusieurs mois d’activité des malfrats, il se peut aussi que le nombre accru de ces crimes est dû plutôt à un sursaut nationaliste d’une partie de la police et de la presse qui se décident à faire leur boulot pour alerter l’opinion sur l’invasion chinoise. Et les affaires relatées sont énormes : Après prospection dans le pays en novembre 2018, un groupe de trafiquants chinois, dirigé par un dénommé Cai Zili, originaire du Fujan a implanté dans trois hangars, 1 loué à la société import-export Đồng An Viên à Dak Hà, province Kontum et 2 à Quy Nhơn, province de Bình Định, pour y entreposer du matériel destiné à fabriquer de la méthamphétamine. A la suite d’une descente simultanée le 8/9/2019 en ces lieux, la police y a trouvé 30 tonnes de précurseurs et de produits chimiques, de centaines de litres de liquide mélangé à de l’amphétamine ainsi que de nombreux équipements ; sont arrêtés à Kontum 7 Chinois, dont 4 sont pourvus de titre de séjour mais sous un faux nom et 3 sans papier, à Bình Định 6 personnes dont 4 Chinois (3 hommes et 1 femme) clandestins que le vice-président du Comité populaire de la province a soumis avant extradition à une amende de 95 millions VNĐ (environ 4200 USD) pour cause de séjour illégal (cf. https://nld.com.vn/thoi-su/danh-up-sao-huyet-ma-tuy-cuc-lon-20190911225930136.htm ). Le fait que les fabricants de drogue s’en tirent sans égratignure choque beaucoup l’opinion car en matière de drogue la condamnation à mort est souvent prononcée envers les coupables autochtones.

Auparavant, en mars 2019, la police de Saïgon a démantelé un réseau tout aussi important de trafiquants de drogue composé de 20 personnes, dont 8 Chinois et 3 Vietnamiens, dirigé par Wu Heshan : elle a saisi 300 kg de drogue d’une valeur de 4,5 millions USD dans un entrepôt de la société d’import-export de textiles Hasan (dont la directrice est la maîtresse vietnamienne de Wu) au quartier Bình Hưng Hòa, arrondissement Bình Tân, qui fait office de centre de distribution du produit dans les pays régionaux. Ce réseau, détenteur de deux autres entrepôts à Dak Nông, sévissait depuis 5 ans avant de tomber (cf. https://dantri.com.vn/phap-luat/vu-danh-sap-duong-day-ma-tuy-lon-nhat-sai-gon-chuyen-an-tuong-vao-ngo-cut-20190329100446861.htm ). Cette fonction de plaque tournante de la drogue risque de devenir internationale avec l’arrivée plus nombreuse de truands chinois qui ne tarderont pas à profiter de la position géographique du Vietnam (à 500 km du Triangle d’or et pas trop loin du Croissant d’or) et de son réseau de ports et aéroports.

Le crime organisé chinois ne peut délaisser l’exploitation du sexe. Le 14/9/2019, la police de la ville de Đà Nẵng a arrêté 5 Chinois et une Vietnamienne, petite amie de l’un d’entre eux, accusés d’enrôler des petites jeunes filles de 13 à 15 ans pour figurer volontairement ou malgré elles (le gang a été agrafé suite à une plainte pour viol de l’une d’elles) des clips érotiques et pornographiques destinés à être diffusés en direct sur internet. Pour visionner les films, le spectateur doit s’enregistrer et s’acquitter d’un droit à verser dans un compte d’une banque chinoise en Chine.

Mais c’est dans la cyber-criminalité (moins fatigante pour un résultat plus que satisfaisant) que les Chinois aiment s’engouffrer. Nous l’avons vu avec les jeux en ligne, très prisés par les délinquants en col blanc. Outre les 395 prévenus de Hải Phòng, la police vietnamienne a remis à la Chine en juin 2019 77 Chinois arrêtés à Đà Nẵng, Khánh Hòa et Quảng Ninh pour s’être aussi livrés à l’organisation des jeux et paris sur internet, accompagnés des pièces à conviction (300 smartphones, 100 ordinateurs, de nombreuses tablettes, 200 cartes de crédit et autres (cf. http://baovanhoa.vn/van-hoa/di-san/artmid/488/articleid/19325/quyet-liet-dau-tranh-toi-pham-cong-nghe-cao ). Les 28 Chinois appréhendés en août/2019 à Móng Cái avec comme preuves 516 téléphones mobiles, 21 ordinateurs, 6 processeurs CPU, 4 portables, une caisse enregistreuse POS et 1 Ipad, de même que les 34 Chinois arrêtés le 17/9 à Đà Nẵng opèrent plutôt dans l’arnaque à la bourse en ligne. Les 24 Chinois arrêtés le 23/5/2019 à Saïgon se servent plutôt de l’internet pour faire du racket en se faisant passer pour des représentants de l’autorité pour exiger de l’argent des personnes fragiles. Trois autres Chinois mis sous les verrous à Nghệ An le 16/9/2019 s’adonnent quant à eux à la confection de fausses cartes de crédit grâce au piratage des données sur les cartes originales via des dispositifs installés dans les distributeurs (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/group-of-chinese-making-fake-atm-card-arrested-09162019085327.html ). Un réseau de 9 personnes ( 6 Chinois et 3 Vietnamiens) dirigé par un Chinois, détenteur de deux sociétés spécialisées dans le crédit, (Kyushu et Star City) avec un personnel de 30 personnes, administrées respectivement par un Chinois et un Vietnamien, s’est spécialisé dans les prêts usuriers avec des méthodes de gangsters numériques (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/vietnamese-police-discovered-a-group-of-chinese-loan-sharkers-in-saigon-09172019091749.html).

La révélation de l’existence d’un traité d’extradition avec la Chine en même temps que la divulgation de l’implication des Chinois dans plusieurs grosses affaires criminelles suscite un émoi compréhensible dans la population (y compris chez les avocats et magistrats) tenue jusqu’ici dans l’ignorance. L’opinion s’inquiète de voir le Vietnam devenir le quartier général, « l’Eden ou la Terre promise », de tous les gibiers de potence chinois qui peuvent désormais venir au pays voler, violer, tuer sans risque de châtiment. En réalité, il y a nul besoin de traité pour que les Chinois jouissent de l’immunité au Vietnam : la soumission depuis Chengdu 1990 du pouvoir communiste de Hanoï au grand parti frère suffit déjà à les y rendre intouchables. La police vietnamienne était dissuadée de s’en prendre à eux autant que possible, ce qui l’arrange bien quand il y a en plus remise « d’enveloppe », d’où cette impression d’impunité perçue par tous. La signature d’un traité d’extradition n’a lieu que pour officialiser et justifier un état de fait qui devient de plus en plus voyant avec le nombre croissant de Chinois qui résident au Vietnam. Pour preuve, alors que le traité n’entre en vigueur que le 26/8, les responsables vietnamiens l’invoquent dès fin juillet et début août pour expliquer la reconduction à la frontière dans les deux cas cités. D’ailleurs, l’année dernière un professeur de l’Institut de recherches sino-vietnamiennes rapporte qu’une espionne chinoise, prise en flagrant délit le 30/10/2019 de photographie de documents de cet institut au moyen de lunettes à caméra numérique, s’est vue relâchée par la police sans être inquiétée et interdite de séjour (cf. https://nghiepdoansinhvien.org/2018/11/01/hoc-gia-trung-cong-lam-gian-diep-cho-trung-cong-tai-ha-noi-dung-ky-thuat-cao-bi-bat-qua-tang/ ). Au moins, aujourd’hui, à défaut de connaître la prison, les espions sont extradés comme c’est le cas de 11 Chinois supposés tels, arrêtés le 17/4/2019 à Móng Cái pour avoir utilisé un répéteur aux effets perturbateurs sur les ondes des téléphones mobiles de la région.      

Or, la remise aux autorités chinoises de tous les Chinois auteurs de crimes et délits au Vietnam (aussi bien touristes que résidents légaux ou illégaux) signifie que les Chinois jouissent d’un droit d’exterritorialité qui les met hors de la poursuite de la justice vietnamienne, vis-à-vis de laquelle les Vietnamiens eux-mêmes ne sont que des citoyens de deuxième zone dans leur propre pays, en-dessous du dernier des malfrats chinois. En acceptant l’exception légale de tous les Chinois vivant sur  le territoire national, les dirigeants de Hanoï ont abandonné avec leur droit régalien leur droit de souveraineté sur le pays dont ils ont la charge. Ils se reconnaissent comme de simples administrateurs coloniaux dont les compétences ne s’appliquent pas aux colons (chinois) et à leurs affaires qui relèvent uniquement de la métropole (Pékin) ! Qu’attend le peuple vietnamien pour se lever contre des despotes aussi vils, pour reprendre sa liberté et sa dignité perdues?

 

 

 

 

 

 

Vietnam global leaders forum : coup de pub et escroquerie d’un régime déliquescent


Après la tentative de récupération des 4 millions de Vietnamiens installés à l’étranger sous la forme d’une fédération d’un soi-disant peuple Kinh expatrié, réuni symboliquement dans un centre prévu à Boissy St Georges, révélée par une escroquerie montée par des entrepreneurs cantonais aux ordres de Pékin avec l’aide d’une poignée de malhonnêtes Vietnamiens (cf. https://sosvietnam.net/?s=Bussy+Saint+Georges), c’est au tour de Hanoï, également en terre française, d’exploiter cette population d’expatriés dans une coûteuse opération de communication destinée à faire croire à l’adhésion à son régime de la crème de ces mêmes millions de Vietnamiens devenus citoyens d’une centaine de pays différents.

Les 30 et 31 mars 2019 s’est tenu à Paris le premier forum d’une association dénommée Vietnam global leaders (VGL), extension d’une association d’experts et de scientifiques vietnamiens (AVSE, Association of Vietnamese scientists and experts, fondée en 2011 sous l’égide de l’ambassade du Vietnam à Paris pour servir d’organe recruteur d’« idiots utiles » au pouvoir communiste de Hanoï. Pour une simple manifestation culturelle destinée à présenter une association en formation, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens en louant un hôtel particulier luxueux pour la réunion avec des agapes fastueuses et en prenant en charge les frais d’avion et d’hôtel des personnalités ciblées et invitées. Pour marquer son intérêt Hanoï a délégué à la réunion un groupe d’apparatchiks du monde universitaire et économique cornaqué par la présidente de l’Assemblée nationale qui y délivre un discours officiel.

Ce ne serait qu’une dépense somptuaire de plus pour une opération de propagande sous couvert économico-culturel dont raffolent les dictatures, si elle n’a lieu au moment où les caisses de l’Etat sont vides, où pour se renflouer les autorités augmentent à tour de bras les taxes et promeuvent la prolifération des postes de péage dénommés BOT installés sur les grands axes routiers contre lesquels les usagers n’en finissent pas de protester, sans compter la vente aux Chinois morceau par morceau du territoire national parmi les plus beaux et les plus stratégiques, laquelle obéit à une autre logique, l’allégeance en vue d‘annexion à la Chine. Pour faire croire à la bonne santé de l’économie vietnamienne, la presse aussi bien vietnamienne qu’étrangère ne cesse de s’extasier sur le fort taux de croissance au Vietnam : 6,8% en 2018 ; mais même si on fait confiance à ce chiffre publié par la Banque mondiale (les taux de croissance qu’elle avait attribués et attribue à la Chine sont très contestés actuellement devant la constatation de la fragilité de l’économie chinoise face à la guerre commerciale déclenchée par les USA), il faut, avant de l’applaudir, comprendre ce que cela signifie : il s’agit d’un indicateur de l’évolution (croissance ou décroissance) du produit intérieur brut (PIB/GDP) d’un pays d’une année à l’autre, lequel PIB se calcule en comptabilisant tous les biens et services produits dans un pays, estimés par leur valeur en argent, c’est-à-dire y compris toutes les sommes déboursées pour des projets inutiles, les dépenses incessantes pour la réparation de routes ou bâtiments mal construits, les gaspillages pour des services déplorables, et bien sûr tous les produits générés par les investissements directs étrangers (IDE/FDI) dont les bénéfices sont destinés à être rapatriés chez les investisseurs (Samsung, dont les produits à eux seuls représentent en 2018 24,9% des exportations totales du Vietnam, a ainsi réalisé en 2017 avec ses 4 usines 5,8 milliards USD de bénéfices qui sont comptabilisés dans le PIB du Vietnam alors que sur cette somme seulement environ 400 millions USD reviennent au Vietnam sous forme de taxe – cf. https://www.bbc.com/vietnamese/forum-46721307 ) ; il ne prend en compte ni l’origine (dette ou vol) de l’argent servant à la production de ces biens, ni les effets néfastes de cette production (sur l’environnement, la qualité de vie).

D’après les statistiques gouvernementales publiées le 13/10/2018 (cf. http://www.gso.gov.vn/default.aspx?tabid=382&ItemID=18970 ) au 31/12/2017 on compte au Vietnam 56.417 entreprises en activité, réparties dans les services (le secteur majoritaire avec 390.765 entreprises), dans l’industrie et la construction (164.189 entreprises) et dans le domaine forestier-agricole-aquaculture (très minoritaire avec 5463 entreprises). D’après l’origine de leur capital, ces entreprises sont classées en :

entreprises étatiques qui représentent 32% du PIB en 2016 (capital public à 100% et plus de 50%) et comprennent 2486 unités appelées par le décret 12-NG/TW du 3/6/2017 à se réduire progressivement, tant elles sont vouées à l’impéritie et sont percluses de dettes (en tout plus de 1,53 millions de milliards VND ou environ 68,85 milliards USD – cf. https://vnexpress.net/kinh-doanh/doanh-nghiep-nha-nuoc-dang-ganh-no-hon-1-5-trieu-ty-dong-3827001.html ) malgré le monopole dont elles jouissent,

entreprises non étatiques (capital privé : le gros de la troupe avec 541.753 entreprises, pour la plupart des petites et moyennes unités qui ne concourent qu’à 9% du PIB et sont mises en vente, d’ordinaire aux Chinois, dès qu’elles se développent – cf. https://baomoi.com/khi-thu-tuong-yeu-cau-xay-dung-nen-kinh-te-tu-chu/c/28108474.epi ) et

entreprises IDE (à capital à 80% – 100% étranger) qui représentent 20% du PIB.

Ces dernières qui disposent d’un capital de 265 milliards USD (contre 427 milliards pour les entreprises étatiques et 787 milliards pour les entreprises privées) et réalisent un chiffre d’affaires de 256 milliards USD (contre 139 milliards pour les entreprises étatiques et 526 milliards pour les entreprises privées) dont elles tirent un bénéfice avant taxe de 17 milliards USD (contre 9 milliards pour les entreprises étatiques et 13 milliards pour les entreprises privées), ne rapportent au budget de l’Etat que 11,9 milliards USD (contre 12,6 milliards pour les entreprises étatiques et 18 milliards pour les entreprises privées). Bien qu’elles concourent à plus de 72% des exportations du Vietnam, elles contribuent peu à sa richesse.  Elles exercent également peu d’influence sur le relèvement du savoir-faire des entreprises vietnamiennes, du fait, il faut le reconnaître aussi, d’un système éducatif en débâcle et d’une politique sectaire : Les usines de haute technologie installées au Vietnam ne sont que des usines d’assemblage et de montage, aux produits desquels aucune des entreprises vietnamiennes, faute de compétence reconnue par l’investisseur, ne participe à la fabrication. De plus, nombre des entreprises IDE, en particulier les entreprises chinoises qui ont importé au Vietnam leurs industries les plus polluantes, peuvent se permettre de détruire l’environnement du pays grâce au laxisme des autorités et à la corruption généralisée. Le seul avantage des entreprises IDE pour le pays, c’est qu’elles donnent du travail à la population ou plus exactement directement à 3,6 millions de travailleurs (Le seul Samsung emploie 160.000 personnes) et indirectement à 5-6 millions d’autres, ce qui représente 70% de la main d’œuvre totale dans le secteur secondaire estimée à 14,5 millions, les entreprises étatiques ne donnant l’emploi qu’à 1,2 millions de personnes et les entreprises privées non dépendantes des entreprises IDE à 2,8–3,8 millions (= 8,8 – 5-6 ; cf. http://vneconomy.vn/thu-hut-fdi-nhieu-nhung-chuyen-giao-cong-nghe-con-han-che-2018062515110821.htm ). Malheureusement, ces emplois très mal payés ne suffisent pas à faire vivre les familles des ouvriers surexploités (d’ordinaire 10h/jour, 6jours/7, dans des conditions drastiques).  

Quant à l’agriculture qui représente 22% du PIB, dont vivent 64% de la population, elle périclite à vue d’œil à cause de :

– La dégradation des terres agricoles due au manque d’alluvions, le lessivage en saison des pluies, l’aridité en saison sèche provoquée par :  la retenue des eaux en amont des fleuves par les gros barrages chinois et sino-laotiens quand le Vietnam est à sec et leur déversement en trombe quand le Vietnam souffre d’inondation  ; le réchauffement climatique qui accentue les crues et l’ensoleillement ; la salification progressive des terres dans le bassin du Fleuve rouge et surtout dans celui du Mékong (déjà 16% des terres à riz perdues pour la culture) ; l’utilisation massive des engrais chimiques et pesticides importés de Chine ;

–  La politique d’industrialisation à outrance du pays au détriment de l’agriculture qui ne cesse de perdre des surfaces grandissantes de terres arables confisquées par les autorités autant pour les besoins réels de l’industrie que pour des raisons de spéculation immobilière pratiquées par des cadres corrompus dont les exactions fabriquent des milliers de paysans sans terre ;

– La surexploitation des eaux de surface comme des eaux souterraines et leur pollution par une industrie à la technologie obsolète importée de Chine, très gourmande en eau, ce qui cause une pénurie d‘eau douce dans tout le pays et par suite un recours renforcé aux eaux souterraines pour l’agriculture et l’usage domestique avec des perspectives dramatiques en cas de sécheresse comme c’est actuellement le cas dans le Sud.

– La politique dirigiste absurde tournée vers l’exportation à tout prix : d’où l’obligation pour les paysans de faire trois récoltes de riz par an pour augmenter la production et par suite le choix d’une variété de semences de riz traitées en Chine et la nécessité de recourir aux engrais pour amender une terre fatiguée ; ce sacrifice de la qualité au profit de la quantité (fini les multiples variétés d’excellent riz spécifiques au Vietnam) qui rend la culture du riz doublement tributaire de la Chine pour les semences et l’engrais n’enrichit même pas le paysan qui doit trimer 2 à 3 fois plus (avant 1975 ils n’avaient besoin de faire qu’une à deux récoltes par an) pour gagner moins parce que son produit de moindre qualité vaut moins cher alors qu’il doit débourser plus pour payer semences, engrais et pesticides, et aussi parce que les entreprises exportatrices liées à l’Etat le pressurent pour obtenir le prix le plus bas afin qu’elles puissent l’emporter sur les marchés internationaux. De plus, comme 70% des produits agricoles sont exportées vers la Chine et que l’Etat laisse les marchands chinois aller et venir à leur guise et approcher directement les producteurs, les paysans isolés (le syndicat officiel des agriculteurs, composé de fonctionnaires, ne se préoccupant guère de leur prêter aide et conseil) se laissent facilement piéger par les ruses de ces derniers qui les met à leur merci pour les obliger à vendre à perte et même les ruiner afin d’acheter leurs terres. Soit dit en passant, la priorité à l’exportation sans souci de la demande domestique associée à l’ouverture en grand des frontières du nord a pour conséquence paradoxale une importation massive de Chine des mêmes genres de produits agricoles vendus aux Chinois, mais de moindre qualité et surtout préalablement trafiqués et empoisonnés aux produits chimiques toxiques !

Le résultat est qu’à part une minorité de gros agriculteurs, la masse paysanne vit dans l’extrême misère, souvent avec moins de 100 USD par mois, au point que l’agriculture manque de main d’œuvre, les jeunes campagnards préférant émigrer en ville et même à l’étranger et que certaines régions dans le sud-ouest et le centre touchées par la disette se désertifient.    

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Sécheresse et pénurie d’eau

Pour ce qui est de la pêche, activité naguère florissante, elle est en voie d’effondrement à cause de la pollution des eaux côtières par les rejets chimiques des usines chinoises dont la fameuse Formosa, ainsi que du fait de l’appropriation de la ZEE vietnamienne par la Chine qui interdit aux Vietnamiens d’y pêcher sous peine d’être abattus. Quant à l’aquaculture, elle se défend tant bien que mal dans le contexte des eaux polluées dont les substances toxiques se retrouvent souvent dans les crevettes et poissons, les rendant impropres à l’exportation à l’étranger (mais jugés quand même propres à la consommation locale !).    

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Relation entre le taux d’ habitants de plus de 5 ans n’étant jamais allé à l’école (les points) et le taux de familles pauvres (les couleurs) – ex. Trithucvn.net

Par suite, un PIB élevé ne signifie pas automatiquement que le pays se développe ou s’enrichit. Si enrichissement il y a, c’est uniquement celui du Parti et de ses séides, celui de tous les détenteurs du pouvoir et de leurs « arrière-cours ». A l’ombre des grands immeubles modernes et des complexes luxueux (pour la plupart propriétés d’étrangers, en particuliers chinois), la majorité du peuple vit dans la misère : La Banque mondiale qui chiffre (pour 2017) le salaire moyen au Vietnam à 2160 USD/an soit 180 USD/mois, n’y compte cependant que 9% de pauvres, comme si la masse de la population qui ne gagne qu’autour de 200 USD n’est pas déjà pauvre ! Les 9 millions qui n’ont accès à aucun service public (dont aucun n’est gratuit au Vietnam, même dans la santé et l’éducation) et ne disposent même pas d’un revenu minimum (qui se monte, d’après l’arrêté 157/2018/NĐ – cf. https://vanbanluat.pro.vn/157-2018-nd-cp-quy-dinh-muc-luong-toi-thieu-vung-doi-voi-nguoi-lao-dong-lam-viec-theo–468e863b29ef9b5.html , à de 2.920.000 à 4.180.000 VND, soit de 92 à 208 USD, selon les 4 régions de départage gouvernemental déterminées de façon plutôt mystérieuse, lequel arrêté ne règle que les salaires sous contrat, ce qui laisse entendre que les salaires libres qui constituent la grande majorité du travail payant peuvent être beaucoup plus bas) ne sont pas des pauvres, mais des miséreux ! Si encore le coût de la vie y est proportionnel aux salaires ! Certes, beaucoup de prix sont fort bas par rapport aux revenus occidentaux, mais ceux de nombre de produits de première nécessité se rapprochent de ceux des pays riches, comme par exemple l’électricité (actuellement : 1864,49 VND/kwh soit 8 cents/kwh par rapport à 12 cents/kwh aux USA) et l’essence (E5, de moindre qualité, à partir du 16/3/2019 : 17210 VND/litre soit 74 cents/l contre 70 cents/l aux USA pour une essence de meilleure qualité). Et cette misère n’est pas fatale mais causée entièrement par la politique insensée et servile (envers la Chine) du pouvoir de Hanoï

Et le sort du peuple ne risque pas de s’améliorer parce que le gouvernement vietnamien tient à attirer les investisseurs étrangers avec le bas niveau des salaires en empêchant leur relèvement (qui aurait par ailleurs fait gonfler ses frais de fonctionnement administratif qui composent déjà 66,3% du budget national (selon le budget prévisionnel de 2018 publié par le Ministère des finances vietnamien le 25/12/2017), le bas coût salarial étant le seul critère qui puisse les persuader, les autres tels un bon ensemble juridique, une infrastructure étendue et une main d’œuvre qualifiée laissant à désirer. Incompétent et corrompu, ce gouvernement a mis l’économie du pays à plat avec des pertes colossales dans les entreprises étatiques dont les dettes sont si énormes (68 milliards USD) que le pouvoir refuse de les comptabiliser dans les dettes nationales comme c’est l’usage, car additionnées aux 3,1 millions de milliards VND ou 139,5 milliards USD des dettes officielles, le vrai montant des dettes nationales sera de 207,5 milliards USD, c’est-à-dire 92,6% du PIB (223,9 milliards USD en 2017) et non plus 61,3% comme s’en félicite le pouvoir qui s’est fixé une limite critique à 65%. Et encore il s’agit ici des chiffres officiels, les économistes de l’opposition estimant les chiffres officiels non fiables et ce taux à 235% du PIB.

A cause de cet endettement, le budget national de 1.319.200 milliards VND, soit environ 59,3 milliards USD (cf. www.mof.gov.vn/webcenter/portal/btc/r/lvtc/slnsnn/sltn/dutoan/sltn_dutoan_chitiet?dID=30141&dDocName=MOFUCM118693&_adf.ctrl-state=ltbiw6lzb_4&_afrLoop=29692670506211302 ), une fois le remboursement obligatoire d’une partie des intérêts et des dettes à échéance (272.000.342 milliards VND ou environ 12,2 milliards USD) payé, ne suffit même pas à assurer l’entretien d’une bureaucratie débridée (1.180.515 milliards VND ou 53,1 milliards USD), a fortiori pour soutenir le développement et faire face aux problèmes urgents. En outre, près de la moitié des dettes étant contractée à l’étranger en dollars, pour remplir ses obligations internationales le pouvoir vietnamien est obligé de réemprunter de l’argent (16 milliards USD en 2018) sur le marché mondial à un taux d’intérêt fluctuant, la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique et les fonds monétaires internationaux ayant retiré au Vietnam le privilège du taux préférentiel depuis 7/2017. La corruption des cadres s’aggravant et les dépenses de l’Etat ne cessant d‘augmenter, ne fût-ce que pour payer les services de police et de propagande (dont le forum VGL est le produit) nécessaires au soutien d’un parti en débandade contre une population de plus en plus désendoctrinée et révoltée, le Trésor se vide de ses réserves :  à l’encontre du gouverneur de la banque du Vietnam qui se félicite d’un record de 57 milliards USD de devises en réserve pour 2018, les statistiques du World Factbook de la CIA estiment ces réserves à 38,75 milliards USD et le journaliste dissident Phạm Chí Dũng à seulement 30 milliards dont 1/3 sous forme de bons du Trésor américain (https://www.voatiengviet.com/a/du-tru-ngoai-hoi-cua-viet-nam-lap-ky-luc-moi/4244946.html ) ; et le chiffre des 57 milliards n’a été avancé que pour faire croire que l’économie se porte bien, puisque ce montant des réserves qui suffit pour pourvoir à trois mois d’importation satisfait au minimum des prescriptions internationales.

C’est dans ce contexte de quasi-faillite de l’Etat qui dure depuis trois ans que le pouvoir communiste de Hanoï s’est mis à courtiser de plus belle les Vietnamiens installés à l’étranger qui lui rapportent chaque année environ 10 milliards USD équivalant à 7% du PIB vietnamien, avec un maximum de 13,5 milliards en 2015, par leurs envois d’argent destinés aux parents restés au pays, leurs dépenses en tant que touristes nostalgiques, et parfois leurs investissements dans des petites entreprises. D’anciens traîtres ou suppôts du capitalisme, les exilés sont devenus dans les discours officiels (mais pas dans la propagande interne) des « tronçons d’intestin d’à mille lieues » (= frères lointains, expression sortie la première fois en 2015 de la bouche du président d’alors M. Trương Tấn Sang lors d’une visite officieuse aux USA) « inséparables de la nation ». Mais malgré les chiffres à la hausse chaque année de la Banque mondiale et des officiels communistes à propos de ces fonds envoyés par les Vietnamiens de l’étranger (dénommés improprement Việt kiều), estimés par eux à 15,9 milliards USD en 2018, la manne des devises gratuites d’outremer baisse inexorablement depuis 2016 selon Phạm Chí Dũng qui ne l’évalue qu’à 8,5 milliards USD cette même année (cf. https://www.voatiengviet.com/a/ngan-hang-the-gioi-kieu-hoi-2018/4710815.html). S’il faut en croire le vice-directeur de la filiale à Saïgon de la Banque nationale Nguyễn Hoàng Minh qui déclare que le Sud du pays reçoit 50% de cette manne et chiffre cette demi-part à 5 milliards USD en 2018 (cf. https://nld.com.vn/kinh-te/kieu-hoi-do-ve-tp-hcm-20190118214803264.htm), le montant de ces fonds s’élève alors à 10 milliards USD et est vraiment sur la pente descendante, loin des rodomontades des dirigeants sur le soutien grandissant des Vietnamiens d’outremer.

Cette baisse du filon venant des exilés à partir de 2016 est un coup dur pour le pouvoir de Hanoï car il coïncide avec le moment où il a un besoin urgent de dollars frais pour s’acquitter des annuités de ses dettes comprenant depuis 2015 celles des 80 milliards USD de prêts APD (aide publique au développement /ODA official development assistance) qui arrivent justement à échéance, lesquels prêts préférentiels à longue durée et à très faible intérêt, ne sont plus renouvelés depuis 2014, vu leur mauvais usage et les rapports mensongers des fonctionnaires vietnamiens dénoncés en premier lieu par le Danemark (2012) et la Norvège (2013), pourtant à l’origine les plus empressés à aider le Vietnam. Si les 80 milliards avaient été utilisés à bon escient pour les infrastructures comme le stipulaient les conditions du prêt, au lieu d’être détournés (20-25%) dans les poches d’une bande d’apparatchiks et d’être déviés de leur but pour renflouer des banques mal gérées et construire bâtiments publics et monuments, etc. (cf. https://www.voatiengviet.com/a/them-bang-chung-xai-tien-oda-sai-muc-dich-o-vn/3673325.html) , le Vietnam serait aujourd’hui pourvu d’un réseau routier et ferroviaire de qualité et d’autres commodités modernes et non d’un chemin de fer vétuste, d’un ensemble clairsemé de routes en mauvais état, d’un système de voirie inefficient, etc.

Loin d’être aussi encourageante que le prétendent les experts internationaux, l’économie vietnamienne bat de l’aile. Pour ses dépenses intérieures en VND, le pouvoir démuni peut toujours imprimer des billets à volonté : A l’approche du nouvel an lunaire (Tết) de cette année 2019 la Banque nationale a fait tourner la machine à billets pour écouler sur le marché 47.500 milliards VND (environ 2 milliards USD) après une même manœuvre au Têt 2018 pour une somme beaucoup plus importante (93.000 milliards VND/4 milliards USD) – cf.  https://www.voatiengviet.com/a/vi-sao-tong-47500-ty-dong-sat-tet/4773363.html ), ce qui a provoqué une grosse inflation d’au moins 30% et non autour de 4% comme le notent les agences internationales, FMI entre autres (leurs experts se sont sûrement contentés de recueillir les données officielles au lieu de se rendre sur place pour écouter les plaintes des ménagères obligées de débourser chaque année près du double pour la même quantité de vivres !). Mais pour le paiement des dettes en monnaie étrangère et des importations, il lui faut trouver des dollars. D’où des campagnes régulières poussant les citoyens à convertir auprès des banques leur bas de laine en or et en dollars (que le pouvoir estime on ne sait par quel moyen à 500 tonnes d’or et 60 milliards USD) en VND pour le dépôt desquels depuis 2018 on leur promet un taux d’intérêt de 4 à 9% au lieu de 0% s’ils gardent l’argent en dollars. Mais ces campagnes ont peu de succès tant la population est méfiante, échaudée par plusieurs banqueroutes légales sans garantie pour les dépôts au-delà de 75 millions VND (environ 3000 USD).

Reste alors l’apport des Vietnamiens de l’étranger flattés plus que jamais par les dirigeants de Hanoï. Or, des 4,5 millions de ces expatriés, 1,5 sont des citoyens du Vietnam communiste en majorité « exportés comme main d’œuvre » inférieure ou servile à l’étranger (surtout les pays d’Asie (Taïwan, Corée du Sud, Japon, Chine, Hong Kong …) dont les envois d’argent au pays ne représentent que 6-7 % de la provende totale, 80 à 90% de cette dernière étant le fait des près de 3 millions vivant dans les pays occidentaux (USA, Canada, France) dont ils sont devenus citoyens (cf. http://nhandan.com.vn/baothoinay/baothoinay-kinhte/item/38394702-on-dinh-nguon-luc-kieu-hoi.html ). Composée pour la plupart des ressortissants de l’ancienne république du Sud-Vietnam et de leurs descendants, cette communauté est fortement anti-communiste, même si nombre d’entre eux comme beaucoup de membres de la jeune génération préfèrent oublier le passé pour mieux jouir de leur nouvelle vie occidentale. Comptant sur cette plage de non activistes opportunistes, le pouvoir vietnamien prend dès 1994 une batterie de mesures destinées autant à les faire revenir en touristes (ces dernières années au nombre de 400.000 à 500.000 par an) ou en investisseurs qu’à neutraliser leur hostilité, les retourner en faveur du régime et exploiter leur position et influence, afin « que notre gouvernement puisse les utiliser comme des têtes de pont à l’étranger », politique explicitée dans l’arrêté n°36 /NQ-TW du Bureau politique du 26/3/2004 (cf. http://nguoiviethaingoai.org/4_8.html ). Parallèlement à des dispositions juridiques permettant aux citoyens étrangers d’origine vietnamienne de revenir s’installer au pays, d’y travailler, d’être exemptés de visa, d’avoir les mêmes droits que les citoyens, des suppôts du régime, anciennement ou récemment émigrés, sont chargés à la fois de noyauter les groupements et associations des Vietnamiens libres ou nationalistes (par opposition aux communistes soumis à la Chine) pour y semer la zizanie et de créer des structures concurrentes dans un but de propagande en s’alliant avec des sympathisants de la gauche locale.  

Pour approcher les Vietnamiens d’outre-mer et susciter leur adhésion, ces organisations d’inspiration gouvernementale s’avancent masquées, se disent souvent apolitiques, font appel au patriotisme ou à l’attachement des exilés envers le pays de leurs ancêtres tout en gommant les aspects dictatoriaux du Vietnam pour le présenter comme un pays en développement normal. Elles n’annoncent jamais leur couleur mais se cachent sous des appellations neutres ou des objectifs nobles pour mieux tromper leur monde : Solidarité, Association des étudiants vietnamiens… Malgré les budgets conséquents qui leur sont attribués, le succès n’est guère au rendez-vous. Depuis l’ouverture du Vietnam aux exilés, sur 4,5 millions seuls 3000 Vietnamiens à passeport étranger, dont environ 400 « intellectuels et experts », sont revenus (au rythme de 200-300 par an) s’installer au pays, apportant avec eux 2 à 4,2 (selon les sources) milliards USD 70% desquels servent à investir dans de petites entreprises et 22% dans l’immobilier, le reste étant distribué à leurs proches (cf. http://www.sggp.org.vn/kieu-hoi-doi-dao-567780.html et https://www.voatiengviet.com/a/ha-noi-tim-cach-chieu-du-kieu-bao-vn/3655470.html ). La grande majorité des Vietnamiens d’outre-mer boycotte ces agences gouvernementales, optant sans le dire à l’instar de la plupart de leurs compatriotes d’Australie (au nombre d’environ 300.000) pour la politique des « trois non » : pas de contact, pas de dialogue, pas de compromission et de réconciliation avec le parti communiste vietnamien (cf. http://vietinfo.eu/viet-nam-que-huong/quan-he-uc-viet-va-chinh-sach-%E2%80%9C3-khong%E2%80%9D-cua-cong-dong-nguoi-viet-hai-ngoai.html).

Parmi les exilés, le pouvoir cible surtout les 500.000 intellectuels, experts et entrepreneurs, c’est-à-dire tous ceux ayant réussi en matière culturelle, scientifique et économique dont le ralliement lui apporterait indirectement de la notoriété, un appoint de matière grise et, ce qu’il convoite le plus, des contributions financières (pour rembourser ses dettes et continuer à payer son énorme appareil répressif). Extrapolant à partir des 10 milliards USD envoyés par an, il estime les revenus des Vietnamiens d’outre-mer à au moins dix fois plus (50 milliards USD), fortune dont l’élite détient forcément la plus forte part et dont il veut tirer profit, ce qu’avoue sans ambages le premier ministre Nguyễn Xuân Phúc en appelant les Vietnamiens de l’étranger à «chercher diverses sources pécuniaires dans leur communauté pour envoyer plus d‘argent au Vietnam » lors d’une réunion avec 100 Vietnamiens de l’étranger revenus fêter le Tết 2019 (cf. https://www.sbtn.tv/thu-tuong-csvn-mong-nguoi-viet-hai-ngoai-tim-nhieu-nguon-tien-khac-nhau-de-gui-ve-nuoc/). Le pouvoir enrobe cependant cette soif d’argent sous le besoin de développement du pays, au nom duquel il demande l’appui des personnalités d’influence étrangères d’origine vietnamienne ou non. D’où ces colloques et conférences sur les thèmes de développement organisés à grands frais, souvent avec des subventions de l’ONU (ceux des programmes Tokten et Umbrella), où des spécialistes sont invités à donner leur avis, avec pour résultats des rapports et actes aussitôt mis au panier, les conseils prodigués n’étant jamais suivis sauf si les projets recommandés sont pris à charge par un pays ou un organisme participant.

Le fait est que toutes les propositions pour une gestion efficiente des ressources, l’amélioration des services, ou une réforme du système se heurtent aux pratiques du régime et à son idéologie. Les dirigeants communistes dont le seul souci est la pérennité du Parti ne peuvent que rejeter toutes les mesures risquant d’affaiblir leur pouvoir même au prix de l’enfoncement de leur pays dans la misère et dans la sujétion à l’ennemi héréditaire. Pour empêcher l’effondrement économique et prolonger leur survie, ils ne peuvent compter que sur l’accroissement des investissements étrangers (autres que Chinois lesquels n’investissent et ne prêtent que pour mieux asservir et détruire) et des subsides des exilés. Ce qui explique leurs efforts pour faire croire à leur nationalisme (id est leur indépendance par rapport à la Chine) et à la bonne santé de l’économie nationale en vue de rassurer les éventuels investisseurs (en particulier ceux qui se détournent de la Chine à cause de sa politique prédatrice), ainsi qu’à leur sincère préoccupation pour le bien du pays afin de se concilier les Vietnamiens d’outre-mer.

Dans la réalité, les seules entreprises étrangères qui trouvent leur avantage en délocalisant au Vietnam sont les grandes compagnies internationales qui cherchent à minimiser leurs coûts salariaux lesquels constituent autrement 50% de leurs frais généraux. Le gouvernement vietnamien, incapable de procurer du travail à ses citoyens, déroule le tapis rouge pour retenir les gros employeurs, non seulement en maintenant le bas niveau des salaires, mais encore en les exemptant de taxes et d’impôts. Les petits et moyens entrepreneurs, négligés par l’Etat, qui jouissent de moins d’avantages fiscaux, sont à la merci des apparatchiks locaux ; ils peuvent jouir d’une certaine tranquillité tant qu’ils sont des gagne-petit et servent de publicité pour le régime, mais dès qu’ils prospèrent, soit ils s’entendent avec les autorités en payant des pots-de-vin conséquents, soit ils finissent par se faire voler leur affaire et plier bagage. Les entrepreneurs d’origine vietnamienne floués retournent en général au pays dont ils sont citoyens en gardant le profil bas par crainte de moquerie à propos de leur naïveté, à l’exception de Trịnh Vĩnh Bình dont les déboires, assez représentatifs sont devenus célèbres grâce à sa réaction audacieuse :  Hollandais d’origine vietnamienne revenu investir avec succès au Vietnam en 1987 dès l’ouverture du pays, il se vit arrêté une dizaine d’années après pour des motifs infondés, dépouillé de son usine, ses terrains et immeubles, puis condamné en 1999 à 11 ans de prison sur instigation des dirigeants locaux (à Vũng Tàu où s’est développée son entreprise d’exportation de crevettes) ;  évadé de prison à l’aide de l’achat de ses geôliers, il fit traîner en 2003-2006 le gouvernement vietnamien devant le tribunal d’arbitrage international de Stockholm obligeant la partie adverse à un compromis constitué par la restitution de ses biens en plus d’un dédommagement de 15 millions USD. Cet engagement n’étant pas observé malgré ses relances, il intenta en 2015 contre le gouvernement vietnamien une nouvelle action auprès du tribunal d’arbitrage international, et le procès tenu à Paris en août 2017 vient d’aboutir à un verdict rendu le 10/4/2019 qui contraint le Vietnam à lui payer 38,51 millions USD pour les pertes et le préjudice subis en plus des 7,9 millions de prise en charge des frais de justice.

A part les Chinois qui considèrent déjà le Vietnam comme une province sujette (la propagande de Pékin l’enseigne ainsi à ses citoyens) et y investissent à tout va, achetant et rachetant tout ce qu’ils peuvent, au point que la Chine devient officiellement (officieusement on la crédite de la possession de 80% des entreprises et au moins de la moitié de l’immobilier du pays) depuis ce premier trimestre 2019 le 1er investisseur du pays (cf. https://congthuong.vn/trung-quoc-la-nha-dau-tu-nuoc-ngoai-lon-nhat-trong-quy-i2019-tai-viet-nam-118253.html ), les entrepreneurs étrangers au Vietnam originaires ou non du pays, autres que les profiteurs de main d’œuvre à bon marché, qui s’attendent, sur la foi des avis optimistes du FMI ou de la Banque mondiale comme de la propagande du Parti, à faire de bonnes affaires dans un pays « normal » à fort potentiel, déchantent tôt ou tard, à force d’être confrontés à la corruption généralisée, à l‘inconsistance juridique, à la bureaucratie tatillonne et à un environnement de plus en plus pollué.  Signe de la débandade généralisée : le retrait des grandes banques internationales du Vietnam depuis 2012 (avec intensification en 2017) sous la forme de vente de leur part d’actions dans les banques vietnamiennes pour un total correspondant à 400 millions USD , alarmées par le montant des créances douteuses de ces dernières ((600.000 milliards VND ou environ 27 milliards USD, auxquels il faut ajouter 300.000 milliards VND confiés à la société vietnamienne de gestion d’actifs ou VAMC (Vietnam asset management company), créée par l’Etat pour soulager les banques, ce qui les fait monter à 40 milliards USD – cf. https://www.nguoi-viet.com/binh-luan/ngan-hang-ngoai-quoc-rut-von-khoi-viet-nam-vi-bat-chinh-tri/ )) et par le vote le 15/1/2018 d’une loi sur la restructuration des banques qui permet la banqueroute sans garantie de l’Etat. Ainsi, à l’instar de la Standard Chartered (de Grande-Bretagne et Hong Kong), de la HSBC (Hong Kong and Singapore banking corporation), de la CBA (Commonweath bank of Australia), de l’ANZ (Australia and New Zealand banking group), le 26/12/2017, après 10 ans de présence au Vietnam, BNP-Paribas l’a quitté en se débarrassant de ses 17 millions d’actions – équivalant à 18,68% du capital – de l’OCB (Orient commercial bank / Ngân hàng đông phương).

Quant aux intellectuels ayant réussi dans le monde académique et scientifique que le régime s’évertue à attirer dans les filets de propagande de ses associations pour qu’ils reviennent faire profiter étudiants, chercheurs et cadres vietnamiens de leur matière grise et leur réseau professionnel, rares sont ceux qui répondent positivement à cet appel. Des 200 qui reviennent chaque année, la plupart ne reste que pour des périodes limitées, ceux qui se réinstallent pour de bon au Vietnam se comptent sur les doigts de la main. Ces derniers, touchés par l’appel à leur patriotisme et assez naïfs pour faire confiance aux promesses de Hanoï, veulent aider leurs compatriotes en servant dans l’enseignement et parfois l’administration. Pétris d’idéalisme, ils ont quitté une position enviée, bien rémunérée, afin de venir travailler au Vietnam comme professeurs ou administrateurs pour un salaire dix fois moindre. Mais leur bonne volonté et leur « sacrifice » s’avèrent vains. Malgré les déclarations d’amour des gouvernants à leur égard, leur présence n’est pas vraiment souhaitée par les autorités et leurs collègues locaux, les premières parce qu’elles redoutent l’influence sur les étudiants et leur entourage de leur esprit libéré sinon libéral acquis durant leur séjour et leurs études dans les pays démocratiques, et les seconds parce qu’ils jalousent leur chance et leur succès et les voient souvent comme des rivaux. En vivant en permanence au pays, à moins de se rendre volontairement sourds, aveugles et muets devant la réalité sociale et trahir ainsi autant le peuple qu’ils veulent aider que leur qualité d’intellectuels, ils ne peuvent que constater les injustices régnantes et l’inanité de leurs efforts d’amélioration du secteur dont ils s’occupent. Mais gare à eux s’ils se mettent à agir selon leur conscience, c’est-à-dire au moins dénoncer les faits négatifs dans leur métier et transmettre des notions de liberté et de démocratie à leurs étudiants. Aussitôt, ils se voient virés de leur poste et obligés de repartir d’où ils sont venus. Tels sont les deux cas typiques suivants, parmi les plus récents : 

Trương Nguyện Thành, de nationalité américaine, professeur de chimie à l’université d’Utah de 1992 à 2002, après de nombreux brefs séjours au Vietnam pour s’occuper de la création et de la direction de l’Institut des sciences et mathématiques de Saïgon sur invitation de la municipalité de la ville (2007-2017), est revenu s’y installer en permanence pour exercer la fonction de vice-président de l’université privée Hoa Sen en fin 2016. Au bout d’un an, comme convenu, il a été élevé au poste de président par le Conseil d’administration de l’établissement en mai 2018, mais le ministère de l’éducation y a mis son veto en invoquant la disposition 2a de l’article 20 de la loi sur les universités qui exige du candidat une expérience de 5 ans dans une fonction administrative similaire, condition que ne remplit pas l’intéressé. Dépité, M. Thành a regagné les Etats-Unis poursuivre ses recherches à l’université d’Utah. Pour les initiés, le prétexte utilisé par le ministère n’est qu’un paravent – la nomination de sa prédécesseuse, peu qualifiée académiquement et ne répondant pas plus à la condition susdite, n’a soulevé aucune objection ministérielle – pour dissimuler les vraies raisons de l’éviction du professeur : dans la querelle de pouvoir entre les actionnaires de l’université, il est la bête noire des conservateurs en phase avec les cadres du ministère ; ses manières anticonformistes et ses discours réformistes en faveur de la créativité ne correspondent pas à la première exigence de la même disposition légale à savoir «  être pourvu des qualités politiques » c’est-à-dire être docile à l’égard du Parti en s’adaptant au système (cf. http://www.viet-studies.net/QuachHaoNhien_VuTruongNguyenThanh.html).

Le centralien français Lê Nguyễn Minh Quang a décidé aussi en 2016 de quitter son poste de Directeur général de l‘entreprise française Bachy Soletanche Vietnam afin de devenir Directeur du Service administratif du chemin de fer urbain de Saïgon (MAUR ou Management authority urban railways), chargé de la construction du métro de la ville dont la première étape est la ligne Bến Thành – Suối Tiên (19,7 km). Plus de deux ans après, en début de janvier 2019, voilà qu’il est débarqué brutalement de son poste avec des poursuites en perspective pour avoir pris l’initiative de réduire l’épaisseur du mur diaphragme de 2m à 1,5m – sans impact sur la sécurité selon lui – pour raison d’économie d’argent et de temps. Son évincement entre en fait dans le cadre d’un règlement de compte entre communistes du nord partisans de la politique fortement prochinoise et les communistes du sud plus méfiants envers Pékin, ce qui explique leur réticence à confier la maîtrise d’œuvre des grands projets au Sud aux Chinois comme c’est l’usage au Nord. Le projet du métro lancé en 2007, financé en grande partie par un prêt APD du Japon et par suite confié pour la réalisation à des entreprises japonaises, devait coûter au départ 17.399 milliards VND (780 millions USD), mais en 2011 des lenteurs et ajustements et certainement aussi des malversations ont fait monter la somme à 47.235 milliards VND (2 milliards USD) que ratifient le président du Comité populaire de Hochiminhville Lê Hoàng Quân et le Vice-directeur du MAUR en même temps Secrétaire délégué du Parti au sein de ce service Hoàng Như Cương. Or, la loi vietnamienne oblige tous les projets dépassant 30.000 milliards VND (1,5 milliards USD) à être soumis à l’approbation du premier ministre. Saisissant ce vice de procédure, le pouvoir central refuse de débloquer une somme redevable aux entreprises de construction (110 millions USD) pour venir en aide à la municipalité de Saïgon à court d’argent – ce qui provoque la colère de l’ambassadeur du Japon – tout en procédant à une enquête gouvernementale sur la gestion du métro. Par peur des sanctions ou ennuis, 52 des 173 cadres gestionnaires et spécialistes (dont M. Quang) donnent leur démission, le dénommé Hoàng Như Cương s’enfuyant même aux Etats-Unis. Le refus de Hanoï de payer pour Saïgon obéit-il à une pression de Pékin ? Toujours est-il que, profitant du mécontentement du Japon, la Chine se met aussitôt sur les rangs, proclamant déjà dans ses journaux sa reprise du projet. Pour ne pas laisser le champ libre à la Chine, le Japon a mis de l’eau dans son vin (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/blog/metro-benthanh-suoitien-replace-japan-by-china-12312018214442.html ).

Par idéologie, angélisme ou simplement intérêt, les Vietnamiens qui rentrent au Vietnam actuel se voilent l’esprit sur la situation dramatique du pays sous l’emprise de deux pouvoirs totalitaires aussi féroces que mensongers, celles de Hanoï et de Pékin son patron. Les dirigeants communistes vietnamiens sont tellement englués dans leurs compromissions et leurs combines pour s’enrichir et se maintenir aux commandes qu’ils ne changeront jamais d’eux-mêmes le système et empêcheront toujours toute velléité de réforme structurelle, de changement de pensée et de comportement. Ils n’ont rien à faire des intellectuels de l’étranger imbus de leur savoir qui se mêlent de perturber le statu quo. Quel besoin le régime a-t-il des individus de talent étrangers quand ils se font proposeurs de réformes et d’améliorations, alors que les préconiseurs de changement, tous de dangereux fauteurs de troubles avec leur discours sur la liberté, le patriotisme et la démocratie regorgent déjà dans le pays même, où il n’y a pas assez de prison pour les enfermer tous ? L’exemple de Trần Huỳnh Duy Thức (cf. https://tranhuynhduythucofficial.wordpress.com/tieng-viet/tieu-su/ ), ingénieur et entrepreneur de la trempe des Bill Gates si on l’avait laissé faire, précurseur de l’industrie informatique au Vietnam avec sa compagnie EIS (Electronic information system) et de la téléphonie sur internet avec sa compagnie OCI (One connection inc.) dotée de filiales à Singapour et en Californie, qui croupit en prison depuis 2010 pour avoir osé prôner des réformes économiques libérales, devrait pourtant faire réfléchir les VGL ralliés au régime. Derrière le motif politique invoqué pour justifier la peine de 16 ans d’enfermement à son égard, ces intellectuels ne discernent-ils donc pas la jalousie des autorités devant toute supériorité, intelligence et pensée indépendante qui constituent une menace mortelle pour tout pouvoir basé sur l’ignorance et l’abrutissement de ses citoyens tel le pouvoir communiste ? Raison pour laquelle les inventeurs lui portent ombrage et ne sont guère encouragés. Tel est le cas de Trần Quốc Hải ou Hai Lúa paysan imaginatif et féru d’inventions, habitant de la commune de Suối Dây, district de Tân Châu, province Tây Ninh, qui défraie la chronique : constructeur de nombreuses machines agricoles et d’hélicoptère téléguidé pour la pulvérisation dans les champs, dédaigné par les autorités locales et interdit même de continuer ses essais d’hélicoptère, engagé par contre par l’armée cambodgienne d’abord pour développer la culture du manioc avec une machine de son cru, il réussit à réparer pour elle 11 tanks russes que les ingénieurs russes, polonais et aussi vietnamiens ont été incapables de remettre en état et même à lui construire un tank de bien meilleure qualité, à la suite de quoi il a été décoré et promu en 2014, avec son fils et assistant, général de corps d’armée par le roi du Cambodge (cf. https://viettimes.vn/hai-lua-viet-che-tao-xe-boc-thep-nguoi-campuchia-ne-phuc-236036.h

L’invitation à revenir contribuer au développement du Vietnam adressée aux VGL par le gouvernement vietnamien n’est donc en réalité qu’une « invitation du bout de langue » utilisée hypocritement au Vietnam envers les indésirables. Des intellectuels dignes de ce nom devraient se montrer sagaces et ne pas se laisser abuser par les flatteries et mensonges. Qu’ils se renseignent auprès des divers media officiels et officieux afin de s’éclairer sur la situation réelle du pays ! Ils comprendront alors que tant que sévit le régime actuel, ils ne peuvent en rien contribuer au développement du pays de leurs ancêtres et influer sur le sort de son malheureux peuple. S’ils ont vraiment à cœur l’intérêt de leurs anciens compatriotes, qu’ils les aident plutôt à prendre conscience de leurs droits et à dépasser leur peur des répressions pour se lever contre le régime et sauver le Vietnam de la mainmise chinoise ! Et qu’ils gardent leur argent pour l’après-communisme, quand il faudra reconstruire tout ce que près d’un siècle de dictature basse et incompétente a détruit !

La prolifération des « Dân oan » (peuple victime d’injustice) ou expropriés indûment sans compensation convenable, spécificité inédite du régime communiste vietnamien


La non-reconnaissance de la propriété individuelle, en particulier foncière, un des principes fondateurs du communisme, est devenue, avec l’accession des communistes au pouvoir, une justification commode pour les pillages en vue d’enrichissement personnel des apparatchiks ainsi qu’une épée de Damoclès pour tous les citoyens menacés de perdre tous leurs biens du jour au lendemain.

Au Vietnam, l’habitude des expropriations qui commençait avec celle des ennemis du pouvoir (bourgeois, réactionnaires, partisans de l’ancienne république du Sud) pour des raisons surtout politiques s’est développée depuis l’ouverture du pays au capitalisme en s’exerçant sur de simples citoyens pour cause officielle de développement économique. Tout projet d’urbanisme, d’industrialisation … nécessitant l’utilisation d’un terrain donne lieu aussitôt au déplacement de la population qui y vit, parfois depuis plusieurs générations, d’ordinaire sans concertation ni ménagement ; et les familles chassées de leurs maisons et de leurs terres sont déjà bien chanceuses si on leur procure en retour un lopin bien plus petit et plus ingrat pour s’y reloger ; quant au dédommagement matériel, elles doivent s’estimer contentes s’il se monte à la somme fixée légalement, toujours beaucoup plus faible que le prix du marché.

Depuis une dizaine d’années, le rythme d’expropriation s’intensifie avec l’expansionnisme chinois : Non seulement la Chine se fait céder par le Vietnam de plus en plus de terres pour ses usines et son personnel, les citoyens chinois poussés par leur gouvernement à s’installer en masse au Vietnam, y  achètent à tour de bras de l’immobilier, opération qu’ils peuvent payer avec de la monnaie de singe – les billets de banque vietnamiens étant imprimés par la Chine qui ne se gêne pas pour inonder le pays en faux vrais billets – excepté une commission en dollars pour les cadres corrompus.

En théorie, la loi vietnamienne interdit aux étrangers d’acquérir des biens fonciers. Pour les aider à contourner la loi, cadres et dirigeants corrompus ferment les yeux sur la pratique des prête-nom vietnamiens puis trouvent une faille de la loi pour permettre auxdits prête-nom, après avoir converti la maison ou le terrain en part d’actions d’une entreprise conjointe bidon avec le vrai acheteur chinois, de céder cette part à leur partenaire qui devient alors propriétaire à 100% de l’entreprise et donc du bien immobilier en question (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/does-china-hidden-undercover-vietnam-companies-to-grab-lands-and-property-11022018160101.html ) ; et les autorités ont même sorti une disposition en vigueur depuis 2015 permettant aux promoteurs immobiliers de vendre 30/% de leur immeuble aux étrangers, ouverture dans laquelle les Chinois se sont aussitôt engouffrés, d’autant plus que le prix de l’immobilier au Vietnam est, au maximum à 6000 USD/m2, de 14% moins cher qu’à Hong Kong et 18% qu’à Singapour. En 2018, après avoir investi les diverses localités du nord et du centre du Vietnam, les nouveaux colonisateurs chinois se ruent vers le sud, marquant de leur présence agressive toutes les grandes villes du delta, et détenant 31% (contre 24% des acheteurs vietnamiens) des appartements mis en vente à Saïgon pendant les 9 premiers mois de 2018. Ce chiffre, donné par la société de conseil en immobilier d’entreprise CBRE, ne compte que les Chinois du continent, si on y ajoute les Chinois de Hong Kong, le pourcentage se monte à 41% (cf. https://dantri.com.vn/su-kien/nguoi-trung-quoc-mua-nha-dat-tang-cao-lo-ngai-nhat-la-viec-dung-ten-ho-201812180643279.htm ).

La revente aux Chinois des terrains confisqués via des sociétés bidons ou complices puis des promoteurs immobiliers s’est avérée tellement lucrative que tous les détenteurs d’autorité, même au niveau des communes, se mettent à rendre des arrêtés d’expropriation de leurs administrés vivant sur des sites convoités, à l’encontre de la loi qui ne concède ce droit qu’aux chefs de province au moins. Et avec l’accélération des expropriations s’allonge la cohorte des dân oan dont l’union, si elle se réalise, ébranlera sûrement le régime, vu leur nombre qui atteint des centaines de mille, voire des millions. Dernièrement, les 4-8/1/2018, la destruction et le rasage des habitations et jardins de 200 familles sis sur 4,8 ha dans le quartier de Lộc Hưng dans le 6e arrondissement de Saïgon, sous un faux prétexte, sans préavis et donc sans possibilité pour les concernés de mettre en sécurité leurs pauvres biens matériels, et dans la plus grande brutalité, a suscité une vive émotion internationale, d’autant plus que les victimes sont toutes chrétiennes avec lesquelles l’Occident chrétien se sent en empathie. Devant la réprobation générale, les autorités de la ville et de l’arrondissement, embarrassées, promettent une indemnisation plus substantielle que pour d’autres (7 millions de đồng ou environ 43,5 USD au lieu de 2 millions le m2) cependant toujours bien plus basse que le prix du marché (40 – 50 USD/m2).

Photo des nouveaux dân oan dans le quartier de Lộc Hưng, tirée de
https://baotiengdan.com/2019/01/08/ban-tin-ngay-8-1-2019/

Dans un petit pays à forte densité de population (160 personnes/km2 en moyenne) trouver de l’espace pour y construire usines, logements… n’est pas facile car immanquablement il faudra sacrifier forêts, terres cultivées et habitations : avant de trancher, la moindre des choses qu’un gouvernement doit faire est d’étudier sérieusement la faisabilité du projet, de peser les avantages et les inconvénients de l’implantation, tout comme ses conséquences sur les habitants et leur environnement. Malheureusement au Vietnam, les dirigeants ne se fient qu’à leur tête ou leurs intérêts (dont fait partie leur sujétion à Pékin) faisant fi de l’avis des experts et de l’opinion ; souvent même leur décision se prend dans le plus grand secret, la population n’étant informée qu’au moment du fait accompli comme l’est le cas de la concession du territoire de Vân Đồn à la Chine.

C’est ainsi que sans tenir compte des dommages causés au pays et à la population, le pouvoir vietnamien a procédé depuis une vingtaine d’années à des confiscations de centaines de milliers d’hectares de terrain et à des milliers d’expropriations musclées. Les indemnisations, quand elles ont lieu (dans les coins reculés les exactions sont nombreuses), sont dérisoires, nettement inférieures à la valeur du bien perdu – bien souvent précieux, acquis depuis plusieurs générations -, ne permettant pas à l’exproprié de racheter un bien équivalent ni même convenable. Si la terre ou l’habitation était leur seul bien ou leur unique instrument de travail (cas des paysans et boutiquiers), les dépossédés se retrouvent brusquement sans toit, sans travail et par suite sans ressources.

Devant les sombres perspectives d’une vie de sans abri décent, ces dân oan s’accrochent et en viennent aux pires extrémités contre les autres ou eux-mêmes. L’année 2018 a été marquée par deux cas de ce genre : Le 18/4/2018, Đỗ Thị Lăng, une habitante du quartier de Đống Đa (Quy Nhơn), s’est enfermée dans sa chambre pour s’immoler par le feu à l’arrivée des forces de l’ordre venues raser sa maison, mais a pu heureusement être sauvée à temps (pour avoir une idée, voir ce clip daté du 24/12/2015 d’un autre cas d’immolation par le feu d’une dân oan désespérée https://www.youtube.com/watch?v=5pQwU1rYFBo ) ; le 12/7/2018 a été condamné à mort Đặng Văn Hiến, un ex-militaire devenu paysan coupable d’avoir tué au fusil le 23/10/2016 trois employés de la société Long Sơn, bénéficiaire d’une concession de terrain comprenant ses champs, venus en force avec les sbires de ladite société détruire ses plantations et le déloger.

Leur famille décimée par la misère qui pousse leurs membres à se séparer pour une recherche plus aisée d’un moyen de vivre (les hommes sont souvent poussés à émigrer, laissant leurs femmes s’occuper seules des enfants), ces expropriés sont condamnés à mener une vie de squatters sans domicile fixe, vivant de petits trafics souvent avec l’aide leurs jeunes enfants déscolarisés que l’on voit dans tous les quartiers animés se démener pour vendre des billets de loterie. Avec la meilleure intention du monde, comment pourraient-ils envoyer leurs enfants à l’école quand l’instruction au Vietnam n’est plus publique mais payante, même l’enseignement primaire, pourtant censé gratuit, étant grevé de multiples frais fantaisistes mais obligatoires ?

Les nouvelles victimes d’expropriation (celles d’après 1990), parce qu’elles se sentent innocentes et injustement traitées, à la différence des anciens expropriés tout de même coupables de faire partie des réactionnaires honnis du régime, se dénomment « dân oan » c’est-à-dire peuple victime d’injustice. Si la majorité d’entre elles est révoltée, perd sa confiance dans le régime et en vient à rejoindre les opposants, un bon nombre reste persuadé de la justesse du Parti et, amené par la propagande à imputer les défauts du régime seulement à l’action individuelle des cadres corrompus, s’obstine à réclamer justice auprès du pouvoir central, certains depuis près de vingt ans.

Ces derniers plaignants, si opiniâtres, constituent une fraction des 60.000 personnes, membres de 15.000 familles expulsées manu militari entre 1996 et 2008 puis entre 2009 et 2018 des 650 ha du quartier « d’or » de Thủ Thiêm dans le 2e arrondissement de Saïgon, pour cause de rénovation urbaine : en fait d’urbanisme, depuis près de 20 ans le terrain dégagé demeure à l’état d’abandon, à part une route à 4 embranchements de 11,8 km dont la réalisation est confiée à trois entreprises conjointes (Vietnam-Chine), laquelle reste toujours inachevée au bout de 5 ans, malgré son coût exorbitant (12.000 milliards VND ou environ 516 millions USD, soit environ 43 millions USD/km, à comparer aux 6,2 millions €/km d’autoroute en France) qui en fait la route la plus chère de la planète. Pendant que la majorité des expropriés, non relogée selon les promesses de la ville, mal indemnisée et donc incapable de se payer un nouveau logement correct, végète dans l’amertume, les édiles et leurs complices se partagent une manne de plusieurs milliards USD (6 selon certains calculs) provenant de la différence entre le montant total de l’indemnisation et le prix de la vente du terrain confisqué à de multiples sociétés au prix du marché. L’affaire de Thủ Thiêm, longtemps balayée par le pouvoir, est revenue sur le tapis des media depuis septembre 2018, pas tellement parce que la justice enfin se réveille, mais parce qu’elle sert d’arme contre les partisans de Nguyễn Tấn Dũng dans les mains du Président-Secrétaire général Nguyễn Phú Trọng dans sa politique d’épuration du Parti.

S’est donc constitué à Hanoï un rassemblement permanent de dân oan originaires de tous les coins du pays dans le parc Mai Xuân Thưởng – Lý Tự Trọng, venus manifester ou supplier les plus hautes autorités de se pencher sur leur cas. De temps en temps chassés par la police, ils reviennent y camper et ceux qui repartent fatigués et déçus sont vite remplacés par de nouveaux venus gonflés d’espoir. Touristes qui visitez Hanoï, allez- y faire un tour pour juger de l’état où sont tombés des citoyens victimes d’un pouvoir mafieux dont certains étaient et veulent rester les soutiens.

Car beaucoup de dân oan demeurent (pour un temps au moins) fidèles au Parti malgré leurs déboires, s’habillent de maillot rouge à l’étoile jaune (couleurs du drapeau communiste vietnamien), appellent au secours le Parti et l’oncle Hồ sur leur pancarte et banderole, écrivent supplique sur supplique aux dirigeants, sollicitent en vain une entrevue avec le chef du Parti Nguyễn Phú Trọng ou à la rigueur un de ses ministres (de la police, de la justice ou du plan). De voir et d’entendre sur les clips montrés sur le Net certains de ces fanatiques devenus victimes protester contre l’expropriation en se prévalant de leurs dizaines d’années au service du parti ou dans l’armée populaire, brandissant médailles et certificats de félicitation comme preuves, on ne sait s’il faut en rire ou pleurer, surtout quand le terrain en question leur a été distribué par le Parti après spoliation des « mauvais éléments ».

Dans le phénomène des dân oan se manifeste un terrorisme d’Etat devenu tellement fou et dégénéré qu’il dévore ses propres enfants. Il mobilise contre ses citoyens démunis non seulement police à pied, police motorisée et armée, mais aussi voyous de tout acabit, et la brutalité de ses serviteurs zélés dépasse tout commentaire : on les voit sur des clips et photos volés (l’interdiction de les photographier est plus rigoureusement appliquée depuis la manifestation générale du 10/6/2018) violenter femmes et enfants suppliants, et même un vieillard qui les implore à genoux, toute résistance à l’expulsion étant suivie de tabassage et d’arrestation. Si l’affaire de Lộc Hưng choque tellement, c’est parce que l’opération a eu lieu sur une grande échelle, dans la plus grande ville du pays, au vu et au su de possibles touristes étrangers.

L’existence des dân oan, quoique scandaleuse, n’émeut au Vietnam qu’une minorité des autres citoyens, habitués aux exactions arbitraires des autorités. Les dân oan eux-mêmes, avant de le devenir, n’étaient-ils pas indifférents envers les autres expropriés, surtout quand ce sont des réactionnaires que certains pensent même mériter leur sort ? Obligés de réfléchir à leur malheur et grâce à l’action de contre-propagande sur internet, la quasi-totalité a fini par comprendre que leur bourreau-ennemi est le pouvoir communiste vietnamien dont l’instrument est en dernière analyse l’article 4 de la loi foncière (lequel ne fait que répéter les articles 53 et 54 de la Constitution de 2013) : « La terre appartient au peuple entier dont l’Etat est le représentant pour la possession et la gestion unitaire », article qui permet aux dirigeants de ne reconnaître aux citoyens que le droit d’utilisation de la terre, droit révocable à volonté par eux-mêmes au nom de l’Etat. Pour que cesse le phénomène des dân oan, destiné à se développer avec le temps, doit être renversé le régime communiste ou tout au moins doivent être retirés les articles cités.  

Le Vietnam prêt pour l’invasion des troupes chinoises facilitée grâce à la traîtrise du pouvoir de Hanoï


Nous donnons ci-dessous la traduction d’un témoignage concret sur la situation catastrophique du Vietnam (catastrophique bien entendu pour seulement le peuple vietnamien, tétanisé par les mensonges et la répression). Pour comprendre les faits, il faut savoir que la collusion de Hanoï et Pékin pour une annexion en douceur du Vietnam n’écarte pas par prudence de la part de Pékin une intervention militaire. Car, fort de l’expérience des anciennes guerres avec le Vietnam, en particulier celle de 1979-89, et déterminé à garder définitivement le Vietnam dans le giron de la Chine, Pékin veut empêcher tout revirement ou rébellion en préparant la voie à une rapide et facile invasion militaire avec la complicité des vendus de Hanoï.

Cet article ne parle que d’une éventuelle invasion chinoise par la voie maritime. Il faut savoir que la situation est pire à la frontière terrestre grandement ouverte depuis une vingtaine d’années à tous les Chinois civils et militaires, et surtout à tous les produits mortels dont ils inondent le marché vietnamien

Le territoire vietnamien tout entier est arrangé pour tomber aux mains de la Chine

 (article de Phan Châu Thành publié dans Dân làm báo et repris dans STBN le 8/4/2018 – https://www.sbtn.tv/toan )

Photo d’une réunion de militaires vietnamiens et chinois. Sans les drapeaux indicatifs, qui peut les distinguer?

J’ai un ancien condisciple actuellement général dans la marine vietnamienne auquel j’avais demandé lors d’un repas entre copains il y a quelques années à Hanoï :

« Si aujourd’hui la Chine nous attaque par la voie maritime, combien de temps résistera ton armée ? » « Pas tout à fait trois jours », dit-il en riant.

« Pourquoi mourrez-vous si vite ? » m’étonnai-je.  Il rit de nouveau : « Il ne s’agit pas de mourir, mais de s’enfuir. En ces temps personne n’est assez sot pour mourir pour un autre ».

« Tu parles des soldats ou de vous autres les officiers ? »

« Des deux, mais les officiers sont les premiers à s’enfuir, ensuite seulement les soldats. Les soldats n’osent pas s’enfuir les premiers, ils se cachent seulement d’abord. Ce sont les officiers qui s’enfuient. »

Je m’inquiétai : « Pourquoi donc ? Les officiers n’ont-ils pas un mental plus élevé et ne doivent-ils pas donner l’exemple aux soldats ? »

« Si, mais les officiers savent qu’ils mentent du tout au tout et voient que leurs supérieurs mentent aussi du tout au tout, et chacun sait que la mort c’est à lui de la subir, alors que la victoire appartient aux chefs, quelle idiotie serait-ce de mourir en ce cas ! »

Nous rîmes de concert, considérant cette conversation comme une plaisanterie, étant donné que mon ami qui travaille à l’Etat-Major à Hanoï n’a pas à aller au combat. Mais il n’avait pas nécessairement plaisanté avec moi, car la plupart de ce qu’il me dit est vrai. C’est pourquoi je ne peux oublier [cette conversation].

Une autre fois, il y a environ un semestre, dans le train de nuit Saigon – Nha Trang, j’étais allongé à côté d’un jeune soldat revenant de permission à Cam Ranh. Je l’interrogeai sur la vie des soldats en service en ces lieux, et il me répondit sincèrement :

« Je ne suis conscrit que depuis quelques mois ; grâce au « concours » d’une connaissance je n’ai pas dû partir pour un poste lointain ou pour les îles [des Spratly], j’ai dû partir seulement pour Cam Ranh ; j’ai des permissions régulières, et si je sais offrir des cadeaux aux officiers je pourrai prolonger mes périodes de permission… »

« Les officiers ont-ils aussi des permissions régulières ? »

« Nos officiers sont tous des officiers de carrière, leurs familles habitent en permanence à Cam Ranh et Nha Trang, ils n’ont pas besoin de permission et peuvent rentrer chez eux quand ils le veulent, ils sont très heureux ! »

« Prennent-ils les repas avec vous ? »

« Non, ils ont des standards à eux, beaucoup plus élevés que ceux de nous autres les soldats ! Ils mangent séparément. »

« Quels sont donc les standards des soldats ? »

« Nous percevons 35.000 đồng [ environ 1,5 USD] par jour. C’est beaucoup, oncle, parce que nous vivons près du Commandement de la Région. Mes copains qui tiennent garnison au loin se plaignent énormément, ils n’ont que 28.000 đồng [1,2 USD] »

« Pourquoi seulement 28.000 ? » Je calcule mentalement, le cœur serré : mes soldats (mes ouvriers et ingénieurs) au chantier du port de Vân Phong peuvent manger pour 80.000 đồng [3,2 USD]/jour ces dernières années, somme augmentée l’année-ci pour s’élever à 100.000 [4,35 USD]/jour à cause de la hausse des prix, pourtant je m’apitoie de les voir souffrir, maigrir et brunir, je les oblige à se forcer à manger et m’inquiète de les voir quitter le chantier pour revenir à Saïgon, cependant que nos soldats …

Je m’égare encore hors de mon sujet. Mon idée est que, rien qu’en matière des repas, nos soldats manquent déjà de force combattante, sans parler de l’esprit combatif et de la confiance envers les gradés.

Revenons maintenant au sujet principal, la défense du territoire. Permettez-moi de raconter une troisième histoire. Il y a quelques mois, nous avons organisé un voyage de groupe de tourisme et d’exploration à l’extrême est continental de notre pays dans le but de vivre une journée au point méridien le plus proche des Paracels et Spratly.

Y aller est très difficile par la route ; nous ne soupçonnions pas que tout un secteur d’une vaste presqu’île avec un littoral de plusieurs dizaines de kilomètres ne comporte aucun habitant (ils ont été tous chassés) mais seulement un poste de frontière près du point extrême-oriental à l’abandon du fait que l’unité a été déplacée pour se rapprocher de la route nationale n°1, cependant que de larges routes construites pour le joindre du temps du « grand projet » de Vinalines sont désertées sans l’ombre d’un humain. Après renseignement, nous sûmes que c’est le sort d’une série de postes de frontière situés sur le littoral et les presqu’îles du nord et du sud de Vân Phong (dépendant de Khánh Hòa et Tuy Hòa) : Ces unités se sont retirées pour aller vivre parmi la population et la contrôler, sans surveiller la mer. De centaines de kilomètres du littoral sont laissés sans garde, mais avec de larges routes rejoignant la route nationale… Autrefois, elles y étaient postées pour seulement attraper ceux qui voulaient quitter le pays [boat-people]… Les gardes de frontière vietnamiens ne pointent pas leurs fusils vers la mer mais les tournent contre le peuple !

Quatrième histoire :  Notre unité participe à beaucoup de grands ouvrages le long du littoral du Centre, afin d’assembler des équipements techniques modernes (rarement des produits chinois). De Dung Quất à Vũng Áng, Vân Phong… Mais partout nous voyons des chinois participer aux appels d’offres et les remporter pour réaliser la partie ponts et ports. Ils ne s’intéressent qu’à cela et mettent n’importe quel prix pour se faire confier ces travaux quoique nombre d’entrepreneurs vietnamiens peuvent les réaliser, mais ces derniers doivent tirer la langue parce que le prix proposé par les Chinois est trop bas…Ensuite, toujours, ces derniers enclosent toute une région maritime et tout un long littoral, empêchant les autres d’y accéder afin d’y réaliser les travaux des années entières.

Et souvent ces Chinois traînent les projets sans que personne puisse agir contre eux. Lorsque les travaux sont finis, alors seulement nous y allons assembler les équipements et personne ne sait ce qui peut être enfermé en dessous et à l’intérieur des blocs de béton des ponts et ports. Nous plaisantons souvent entre nous : le premier jour où la Chine attaque le Vietnam, ils feront sauter tous les ponts et ports d’une valeur de dizaines à de centaines millions de dollars (pouvant accueillir des bateaux de 150.000 à 300.000 dwt)… ou alors ils en prendront le contrôle pour en faire des super-points  de débarquement militaire à Dung Quất, Vân Phong, Vũng Áng et bien d’autres endroits au nord et au sud, particulièrement à Kiên Giang prêt aussi à cet effet.

Cinquième histoire : Je rentre du village natal de ma mère à Quảng Ninh ; à Hạ Long je rencontre quelques vieux amis, parmi lesquels un gros ponte spécialisé dans le nivelage de terrain et le remplissage de la mer pour vendre la plate-forme, riche à ne pas savoir où mettre son argent, qui se vante toujours de posséder une escouade de bulldozers archi-nombreuse ayant détruit on ne sait combien de collines et montagnes, rempli on ne sait combien de bord de baies de corail et de mangroves pour les vendre sur papier, depuis Quảng Yên à Hải Hà… Le voyant, je lui dis :

« Ton crime de destruction de l’environnement de la baie d’Along et de la plage de Tử Long mérite la fusillade ! »

Il ricane : « C’est difficile de me fusiller ! Tu dois d’abord fusiller tous les secrétaires, présidents et vice-présidents de la province et des districts de cette province de Quảng Ninh ! » Puis il entoure l’épaule de son voisin : « Eh, celui-ci aussi, qui est directeur du service des ressources et de l’environnement … » Je grimace et pense : C’est vrai, si je veux protéger l’environnement de la baie de Hạ Long et de la plage de Tử Long que je chéris, je dois fusiller presque tous mes anciens condisciples, parce qu’ils pullulent aux postes officiels de cette province natale de ma mère…

Je décrète ensuite : « Tu es encore coupable d’un autre crime ! Tu as amené tes bulldozers jusqu’à Tiên Yên et Ba Chẽ (deux districts frontaliers montagneux) pour y construire des routes descendant de la frontière pour que les Chinetoques puissent venir nous attaquer de nouveau. Lors de la dernière attaque, il n’y avait pas de route descendante et nos miliciens ont pu les arrêter. Cette fois-ci, il suffit de quelques heures pour que leurs voitures roulent jusqu’à Hạ Long ; de plus il y a le pont de Bãi Chấy. Vos mérites [envers la Chine] sont trop grands ! »

Le gros ponte se dégonfle nettement et murmure : « Qu’ils niquent leur mère les Chinetoques ! Ils ne veulent plus me payer mon travail ! Cela fait trop mal !  (Il injurie là les entreprises taïwanaises qui ont la concession des forêts pour 50 ans et l’ont engagé pour construire des routes permettant de monter « planter des bois ». Une fois les routes montant jusqu’aux sommets des montagnes terminées, elles n’ont payé ni pour son travail ni naturellement pour les bois).

Une dernière histoire : J’ai emmené tout récemment mon fils en visite sur les Hauts plateaux (Tây Nguyên), pour qu’il puisse connaître cette région. Certains tronçons de route passant par la piste Hồ Chí Minh venant d’être construits en grand mais étant extrêmement déserts, l’enfant me demande étonné : « Papa, pourquoi construisons-nous de grandes, belles et longues routes si personne ne l’emprunte, c’est pour quoi faire alors ? » Je soupire, amer : « Je donne ma langue au chat ! » Je ne peux quand même pas donner ma réelle opinion : « J’ai peur que l’on construise les routes pour que lorsque les Chinois attaqueront le Vietnam, ils pourront facilement s’emparer des Hauts plateaux et en prendre le contrôle puis s’emparer et prendre le contrôle de tout ce pays.

De retour de ce voyage sur les Hauts plateaux, je plaisante avec mon fils : « Fiston, apprends bien l’anglais pour aller étudier à l’étranger puis reste-s-y, comme c’est pour ta sœur. Sinon, apprends le chinois ! Notre pays va changer de langue nationale ! »

Oui, c’est ce que je pense. Le Vietnamien, le pouvoir vietnamien actuel a préparé le terrain et toutes les portes d’entrée dans le territoire pour que les Chinois l’envahissent le plus facilement possible. Le moral de l’armée et sa force combative sont déjà très déficients, sur-le-qui-vive elle … tourne les fusils sur le peuple. Les combattants chinois peuvent venir l’esprit tranquille !…

Ce pays semble avoir reçu des directives pour une douce passation de pouvoir en vue de son annexion à la Chine.

Reste un seul point : Notre peuple Việt consent-t-il à cela ?

La France complice des menées annexionnistes de la Chine contre le Vietnam ?

Une avancée sournoise dans l’annexion avec l’invention d’un peuple Kinh lancé par le couple Pékin-Hanoï, soudain mise en lumière avec l’affaire Bussy Saint-Georges

C’est avec consternation puis colère que la communauté des internautes vietnamiens a pris connaissance d’une vidéo relatant une réunion le 21/5/2018 entre le Maire de Bussy Saint-Georges, une petite municipalité d’Ile-de-France (77) et une délégation sino-vietnamienne chapeautée par des officiels chinois. ( Cf. https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share ).

On y apprend que cette réunion suit la signature d’un projet consistant en la vente par la mairie de Bussy Saint-Georges de 85 ha (dont 35 ha dans un premier temps) de terrain à des financiers chinois (de Guangzhou/Canton) dans le but pour la Chine d’y ouvrir des organismes culturels (30 ha pour la promotion des arts chinois dont les arts martiaux de Shaolin et une école internationale avec enseignement du chinois depuis la maternelle jusqu’à la fin du secondaire ; 1 ha pour la construction d’un « Parc de la paix des peuples et des nations dans le monde » construit par le peuple Kinh ; les 4 ha restants étant réservés à des universités chinoises et une école supérieure française de géopolitique que les promoteurs comptent faire venir ainsi qu’un centre de recherche et d’administration du peuple Kinh).

C’est cette mention d’un peuple Kinh et la composition de la délégation avec une représentation sino-vietnamienne de ce peuple qui fait problème. Pour la bonne raison qu’il n’existe en réalité aucun peuple ou ethnie Kinh. C’est une fable de fraîche date propagée par Pékin, du même tonneau que la ligne U en Mer d’Asie orientale au service de sa politique expansionniste.

Le terme « Kinh », un mot vietnamien et non chinois, dont le premier sens est « capitale » ne prit une nouvelle acception dans le langage vietnamien qu’au début du 19e siècle sous les premiers empereurs Nguyễn pour désigner les habitants proches de la capitale, puis par extension tous les Vietnamiens des plaines ou basses terres quelle que soit leur origine ethnique ( Việt venant du sud de la Chine, fondateurs historiques de la nation, qui donnent leur nom au Vietnam, Muong autochtones du Tonkin et du Centre Vietnam, Cham, Khmers, Malais, immigrés chinois, indiens etc.) par opposition aux  Thượng (= haut, en hauteur), les Vietnamiens des hautes terres (montagnes et hauts plateaux) qui étaient pour la plupart des membres d’ethnies minoritaires à culture spécifique.. Kinh n’a jamais été le nom d’une ethnie quelconque, et encore moins celui d’une ethnie majoritaire vietnamienne. Le Vietnam, comme la France, est un creuset de populations de diverses origines lesquelles, au fil des siècles, se sont mélangées de façon inextricable, et parler d’une ethnie majoritaire Việt ou Kinh pour désigner le peuple vietnamien actuel est aussi faux et ridicule que prétendre que la majorité du peuple français d’aujourd’hui est composée d’une ethnie franque ou gauloise ! Cependant, depuis une vingtaine d’années, à l’imitation de la politique de discrimination ethnique de Pékin, au lieu de parler du peuple Việt, le pouvoir de Hanoï s’est mis à imposer la notion d’appartenance des Vietnamiens majoritaires à une ethnie dénommée Kinh (traduction ci-dessous du témoignage de deux citoyens vietnamiens), raison pour laquelle on trouve la mention de cette ethnie « officielle » dans tous les textes récents (Wikipedia ou autres) d’auteurs ayant des rapports directs ou indirects avec le régime. Vous ne trouverez aucune mention d’ethnie Kinh ni même d’ethnie majoritaire Việt (sauf en référence à l’ethnie primitive des Việt), mais seulement de population ou peuple Việt dans les textes antérieurs à 1990 comme dans les écrits actuels de tout historien ou ethnographe digne de ce nom.

Il n’existe pas non plus d’ethnie Kinh en Chine avant que le pouvoir communiste chinois ne se mette à en inventer une de toute pièce pour nommer Jing (équivalent chinois de Kinh) le groupe d’environ 20.000 Vietnamiens piégés en 1887 en Chine à l’issue d’un nouveau tracé des frontières vietnamo-chinois décidé entre la Chine et la France après le traité de Tien Tsin (Tianjin), tracé par lequel leurs terres (Tam Đảo) passèrent du côté chinois (dans le Guangxi). Des Vietnamiens immigrés en Chine, il y en a toujours eu le long des siècles au hasard des événements historiques, et ils étaient appelés du nom que prenait le Vietnam à l’époque et finissaient par se fondre dans la masse chinoise. Mais les Kinh/Jing de Tam Đảo, immigrés relativement récents (malgré eux) avec toute leur communauté, ont su garder des traditions et coutumes vietnamiennes qui leur permettent de ne pas être complètement sinisés, ce qui fait d’eux une sorte d’ethnie au sein de la nation chinoise.

Carte de la région où vivent les Jing/Kinh en Chine (presqu’île montrée par la flècheVị trí Tam Đảo mà người Kinh sinh sống

Logiquement cette minorité devrait être appelée Việt puisqu’elle est composée de Vietnamiens, d’autant plus qu’à l’origine le groupe ethnique des Việt vivait dans les territoires de l’actuelle Chine du Sud, mais les différents régimes chinois ont toujours été allergiques au peuple Việt opposé depuis des millénaires au pouvoir des Han (ethnie dont la majorité des Chinois se réclament) qui n’a cessé de les combattre puis de les assimiler, les plus récalcitrants, établis sur les terres de l’actuel Nord-Vietnam (vers les derniers siècles du 1er millénaire avant JC), étant les seuls à avoir su résister à cette sinisation en leur infligeant maintes fois des branlées mémorables.

Pourquoi donc cette soudaine invention d’un peuple Kinh ? Parce que depuis 1990, les dirigeants communistes de Hanoï se sont rendus à la Chine et ont fomenté avec le pouvoir de Pékin une annexion programmée du Vietnam qui doit être rendue officielle dans un avenir proche. Dans ce projet annexionniste qui réalise le rêve millénaire de Pékin, le Vietnam sera gommé de l’histoire pour devenir une simple province chinoise rattachée à celle de Guangzhou (Canton) et les Vietnamiens, englobés dans un peuple Kinh imaginaire partagé entre les deux pays, perdront autant leur identité que leur nom.  Dans le but de faire accepter par la communauté internationale ce coup de force, la Chine, par le biais de ses agents chinois et vietnamiens (aux ordres de Pékin) lance une vaste entreprise de propagande consistant à faire croire que le Vietnam était un territoire chinois avant l’occupation française, que presque tous les Vietnamiens sont d’origine chinoise et forment avec les Chinois du Sud une même entité, dont le « retour à la mère patrie chinoise » est somme toute normale. Plus ou moins le même genre d’assertion que celle tenue à propos du Tibet.

Pour faire croire à des édiles français peu au courant de l’histoire ancienne autant que contemporaine du Vietnam, la délégation chinoise a procédé à une mise en scène grossière qui choque par les mensonges et les contre-vérités proférés que l’assistance gobe complaisamment (cf. commentaires ci-dessous de la vidéo en question). L’argent et les promesses chinois ont-ils donc le pouvoir de faire perdre tout esprit critique ?

En choisissant la France pour y installer une sorte de siège du soi-disant peuple Kinh, Pékin veut faire cautionner par un grand pays européen une audacieuse opération mystificatrice, prélude à une criminelle annexion du Vietnam accompagnée du génocide insidieux aussi bien physique que spirituel de ses ressortissants. Le grand projet culturel proposé à Bussy Saint-Georges, certes utile pour la propagande et l’espionnage (danger dont la France n’a pas assez conscience alors que des pays comme le Canada et la Suède commencent à s’en protéger) a surtout pour objet de masquer ce vrai but : préparer l’opinion internationale à la conquête d’un pays voisin et à l’effaçage d’un peuple qui jouit encore d’un capital de sympathie mondiale de par ses malheurs successifs. Les autorités françaises que nous avons alertées vont-elles accepter le fait accompli et laisser la mairie de Bussy les rendre complices d’un crime odieux contre l’humanité ?

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Nous donnons ici la traduction d’extraits de deux articles sur l’imposition d’un peuple Kinh imaginaire à la place de peuple Việt par le gouvernement communiste vietnamien :

Article de Vương Sinh paru en 2003 dans « Hùng sử việt », Journal de l’association d’histoire et des arts culturels vietnamiens » (http://www.hungsuviet.us/lichsu/Dantockinhlagi.html ), intitulé :

Qu’est-ce que c’est que le peuple Kinh ?

 Au Vietnam il n’existe que le peuple Việt, homogène au point de vue de la culture, du langage et des coutumes, qui représente la majorité (87%) des 54 peuples. Au Vietnam il n’existe pas de peuple Kinh.

Le peuple Kinh est une minorité ethnique (environ 15.000 personnes) parmi les 56 peuples de Chine.

A la lecture des documents relatifs au peuple vietnamien diffusés récemment sur internet, nous ne pouvons nous empêcher d’être étonnés au sujet de l’expression « peuple Kinh » servant à désigner le peuple vietnamien.

Qu’est-ce donc que ce peuple Kinh ? Pourquoi le peuple Việt s’est -il transformé en peuple Kinh ?

Cherchons à comprendre l’origine des termes « Kinh » et « Thượng »

Avant 1975, dans le Sud nous avions coutume de dire « Kinh et Thượng, même maison » pour exprimer la solidarité entre compatriotes vivant dans les basses régions (plaines, villes, capitale) et compatriotes vivant sur les hauts plateaux (montagnes, hautes régions). « Kinh » est l’appellation usitée par les montagnards pour désigner les Vietnamiens (la majorité) habitant dans les plaines, les villes et la capitale… En retour, les habitants des plaines appellent ceux qui vivent sur les hauts plateaux « Thượng », englobant sous ce mot de nombreuses ethnies minoritaires telles que les Thổ, Mán, H’Mông, BaNa, Gia Rai, Ê Đê…

Dans la langue vietnamienne, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » se comprend « les gens de cette localité ». Par exemple, les gens vivant à Hanoï sont dits gens de Hanoï. Si quelqu’un habite Saïgon, il est appelé personne de Saïgon.

Ainsi, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » ne désigne pas une ethnie du Vietnam, autrement dit, notre pays ne comporte nullement un peuple Hanoï, un peuple Saïgon, un peuple Kinh, un peuple Thượng, mais seulement des gens de Hanoï, des gens de Saïgon, des gens des (régions) Kinh (la majorité qui appartient au peuple Việt ou Lạc Việt), des gens des (régions) Thượng (qui comprennent de nombreuses ethnies ou peuples).

Origine du peuple Việt

Beaucoup de thèses existent. Acceptons provisoirement que « le peuple Việt a pour origine les Lạc Việt, du groupe ethnique des Bách Việt (ndt = les Cent Việt) qui vivaient au Lĩnh Nam (au Sud des montagnes Ngũ Lĩnh et du lac Động Đình) de l’ancienne Chine. A rappeler qu’avant que les Qin n’envahissent le pays, le Lĩnh Nam ne faisait pas partie de la Chine. Evidemment, les Bách Việt qui comprenaient de nombreuses ethnies Việt n’étaient pas des Chinois et le Nam Việt ultérieur n’était pas non plus chinois. Si le Nam Việt était chinois ou appartenait à la Chine, comment se fait-il que les Han durent envoyer Lộ Bác Đức avec une armée envahir le Nam Việt ? »

Le peuple Kinh est une ethnie minoritaire parmi les 56 ethnies chinoises

Au Vietnam il n’existe que des gens Kinh (à la différence des gens Thượng) qui vivent dans les plaines, il n’y existe pas de peuple Kinh. Mais en Chine il y a un peuple Kinh qui est une ethnie minoritaire d’environ 15.000 personnes parmi les 56 ethnies chinoises. Ce sont des Vietnamiens originaires de la région de Đồ Sơn au Vietnam qui s’étaient établis sur trois petites îles Vạn Vĩ, Vu Đầu et Sơn Tâm dépendant de la province Guangxi près de la frontière sino-vietnamienne du fait que « par malchance » ces trois îles furent allouées à la Chine [par la France après le traité de Tien Tsin …]

Ceci est-il une manigance chinoise dans l’esprit Grand Han ?

Les Vietnamiens que nous sommes savons que les Cours chinoises dans l’esprit Grand Han pensent toujours « que le Vietnam n’est qu’un district chinois et que les Vietnamiens descendent des Chinois. Ils exècrent Triệu Đà et le Nam Việt parce que ce roi, originaire du nord avait osé s’opposer à l’empire céleste (en fait auparavant Triệu Đà venait du pays des Triệu que Qin Shi Huang anéantit pour l’annexer à la Chine), et abominent particulièrement Lữ Gia, un natif du Nam Việt, qui osa résister ouvertement contre les armées des Han du Sud. Depuis la destruction du Nam Việt en 111 AD par Lộ Bác Đức sur ordre des Han, les pouvoirs chinois successifs n’appellent jamais notre peuple du nom de « Việt », et n’acceptent point de nommer notre pays sous les noms « Đại Cồ Việt », « Đại Việt », « Việt Nam » … donnés par nos rois. Ils ne désignent notre peuple que par le nom « Giao chỉ » puis « An Nam », et ne concèdent à nos souverains que le titre de « prince de Giao Chỉ » ou de « roi d’An Nam ». Les colonialistes français aussi se sont concertés avec les Chinois pour appeler les Vietnamiens Annamites. Cela parce qu’à certaines époques notre peuple a dû courber la tête et a été asservi pendant près de mille ans d’occupation chinoise et près d’un siècle d’occupation française.

C’est seulement pendant des périodes d’indépendance que nous pouvons être droit debout pour nous reconnaître comme des Việt, que nous sommes fiers que le peuple Việt soit un peuple héroïque.

En changeant le « peuple Việt » en « peuple Kinh » – une ethnie minoritaire parmi les 56 peuples chinois -ceux qui s’occupent de la culture dans notre pays ont-ils involontairement ou volontairement agi de connivence avec les Chinois « Grand Han » pour transformer notre peuple Việt en une minorité chinoise ?

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Article de  Nguyễn Văn Mỹ publié le 27/11/2017 dans la revue « Chúng ta »(= Nous autres)  (http ://www.chungta.com/nd/tu-lieu-tra-cuu/khong-co-dan-toc-kinh.html ) intitulé :

Il n’existe pas de peuple Kinh

Le plus tragi-comique est la déclaration d’état-civil. A l’époque des subventions (ndt : terme pour les temps d’économie complètement dirigiste), il y avait des années où il fallait faire des dizaines de déclaration, on ne sait pour quoi faire.  Les enfants entrant en maternelle doivent aussi présenter une déclaration d’état-civil avec des renseignements sur la période d’avant 1975 alors que leurs parents ne sont pas encore nés à cette date. Et le vocabulaire (des formulaires) est tout à fait vague. Le plus dur est la partie de déclaration des « Qualités et défauts ». On ne sait pas comment s’évaluer justement afin de ne pas nuire à son emploi. Pour ce qui est du « Niveau culturel », comment le mesurer, le déterminer ? Généralement on ne parle que de niveau d’instruction. On se raconte la plaisanterie sur la question relative au « Lieu de naissance », selon laquelle un membre d’une ethnie minoritaire a donné cette réponse : « Qui donc ne naît pas de ce lieu, pourquoi interroger là-dessus ? ». Et puis il y a des questions sur les « Relations familiales », les « Relations sociales ». Ce terme de relations ne serait-il pas pareil que « relations illégitimes » ?

La partie de déclaration de l’ethnie est encore plus incompréhensible. Tous les Vietnamiens sont obligés de déclarer de façon absurde qu’ils sont d’ethnie Kinh. Que veut dire Kinh ? En cherchant à comprendre par moi-même, j’ai vérifié qu’il n’existe aucune ethnie Kinh. Seulement des « personnes Kinh » dans la langue parlée. Cette notion Kinh remonte à l’époque des Nguyễn.  […]

L’expression « personne Kinh » désignait les habitants de la capitale. Progressivement, cette notion de « personne Kinh » s’est élargie pour désigner les habitants des basses régions, y compris les Chinois, les Cham… Opposés à eux sont les personnes « Thượng » c’est-à-dire les habitants des montagnes, des hautes régions. Si nous déclarons que nous sommes d’ethnie Kinh, tous les habitants des hautes régions devraient-ils alors se déclarer appartenir à une même ethnie « Thượng » ? Dans ce cas le peuple vietnamien se partage entre deux ethnies « Kinh » et « Thượng » et non pas entre 54 ethnies comme actuellement.

Les Việt devraient se déclarer d’« ethnie Việt » dans la communauté des Vietnamiens qui comprend 54 ethnies sœurs dont les Việt forment l’ethnie majoritaire. […] Certains disent : « C’est une mince affaire, qu’importe le terme par lequel on nomme le peuple pourvu que le pays soit riche et puissant. Restent tellement de grands sujets de société embrouillés ». Il est vrai que notre pays a plein de problèmes pressants mais je ne considère pas une fausse appellation de notre peuple comme une mince affaire qui n’a pas besoin d’être redressée. Une mince affaire dont l’effet est énorme sur l’entendement et l’action ? Si on ne peut résoudre une mince affaire, comment peut-on s’attaquer à une grande ?

Je souhaite que cette bévue soit vite réparée. Je ne veux appartenir qu’au peuple Việt, je n’aime pas faire partie du peuple Kinh.

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Observations à propos de la video concernant une rencontre entre la municipalité de Busy St Georges et une délégation sino-Jing/King le 25/5/2018 (https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share )

Sur les participants :

1/ Du côté chinois :

  • Le projet concerne en premier lieu un « peuple Kinh » mais ce dernier n’est vraiment représenté que par une soi-disant princesse Kinh. L’ethnie Jing/Kinh en Chine ne comprend qu’environ 20.000 personnes, descendants de pêcheurs vietnamiens habitants de 3 îles appelées Tam Đảo transférées par la France à la Chine après le traité de Tien Tsin en 1884. Quoiqu’ayant gardé quelques coutumes qui les différencient d’autres ethnies, ils sont très sinisés et peu parlent encore vietnamien. Cette communauté de paysans et pêcheurs (et maintenant aussi commerçants) n’a jamais formé une royauté quelconque, alors d’où vient cette princesse qui en plus ne parle pas la langue de ses ancêtres vietnamiens ? Tout au plus, elle peut être la fille d’un chef élu de la petite communauté.

Quant à la famille royale vietnamienne, les seules princesses reconnues ayant droit à ce titre sont les trois filles de feu l’empereur Bảo Đại, des dames déjà très âgées. Faire donc passer pour une « princesse d’Annam » une Chinoise inconnue et sans classe évidente c’est commettre une pure escroquerie.

  • Les Kinh/Jing de Chine vivent dans le GuangXi mais le chef de la délégation représente le Guangzhou. Cela se comprend seulement si l’on sait que la Chine a le dessein d’annexer le Vietnam pour en faire une province dépendant du gouverneur de Guangzhou qui donc a pleine autorité sur tous les Kinh (auxquels elle assimile les Vietnamiens avec la complicité du pouvoir de Hanoï).
  • La Chinoise qui agit comme porte-parole de la délégation chinoise grâce à son trilinguisme (français-chinois-vietnamien) est en réalité une Chinoise émigrée du Vietnam (Saïgon-Chợ Lớn). Bien qu’elle parle plusieurs langues, elle ne les maîtrise guère et fait des traductions ou explications plus qu’approximatives.

2/ Du côté des soi-disant Kinh de France :

  • D’abord ces participants sont des Vietnamo-français originaires du Vietnam, un pays distinct de la Chine. Ils ne représentent qu’eux-mêmes, aucune organisation ou association vietnamienne de France ayant pignon sur rue n’étant au courant de l’élaboration du projet et encore moins ne les a délégués.
  • En venant à cette réunion, implicitement ils reconnaissent faire partie de l’ethnie imaginaire Kinh décrétée par le Parti communiste vietnamien au pouvoir, et agissent donc dans l’intérêt de ce dernier ainsi que dans celui de la Chine dont dépend le PCVN contre leur propre peuple d’origine, les Việt.
  • La personnalité du « bonze » qui sert d’intermédiaire entre la mairie et les autres pose problème. En Asie l’habit ne fait pas le bonze, étant donné que dans le milieu bouddhiste, il n’existe pas d’institution organisée et hiérarchique qui nomme et contrôle ses ministres du culte comme dans l’Eglise catholique. C’est par une conduite exemplaire et la renommée bouche-à-bouche que l’on reconnaît un bonze authentique. En principe un homme de religion ne s’occupe pas de lobbying surtout quand elle concerne une politique aussi tortueuse que celle de Pékin et Hanoï. Les propos évasifs sur les Kinh et le suivisme à l’égard des Chinois du bonze MT le classent comme un opportuniste et un traître envers son pays natal.

Sur le projet :

1/ Nous ne discutons ici que des points concernant le Vietnam, même si nous avons des sérieux doutes sur le bien-fondé des promesses de rentabilité (les 100.000 emplois !) et de rayonnement culturel que les Chinois font miroiter aux autorités françaises.  

2/ Le clou du projet est un « Parc de la paix des peuples et des nations du monde », expression ronflante et plus est mensongère puisque ce projet loin d’être pacifique constitue une machination agressive contre le peuple vietnamien et sert de tremplin à la reconnaissance par la France d’une future annexion ou tibétisation du Vietnam.

3/ Le parc sera construit aux frais du peuple Kinh. Lequel ? La seule ethnie Kinh en tant que groupe humain homogène de même culture et de même origine est celle des Jing/Kinh de Chine, une communauté de quelques 20.000 paysans, pêcheurs et commerçants modestes. Comment peut-elle avoir l’argent nécessaire pour financer ce projet ? Les Vietnamiens auxquels Pékin et Hanoï veulent appliquer le terme Kinh rejettent quasi (car il y a toujours une minorité de collabos et traîtres) unanimement cette appellation qui ne correspond à aucune réalité, et donc ne voudront jamais s’associer à une manœuvre contre leur identité. Derrière le peuple Kinh se profile en fait le gouvernement chinois à travers la province de Guangzhou et ses capitalistes rouges.

3/ Dans le projet est prévu un organisme éducatif et culturel qui s’occupe en même temps de « l’administration du peuple Kinh ». Quèsaco ? L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. Comment des Chinois osent-ils envisager installer un gouvernement officiel en France et pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas tiqué devant une telle visée ? Et puis de quel peuple Kinh s’agit-il, puisque les Kinh/Jing vivent en Chine ? Restent les Vietnamiens que les Chinois veulent assimiler aux Kinh contre toute vraisemblance malgré la complicité servile du pouvoir de Hanoï. Qui donc va s’arroger le droit de les administrer ? Les financiers du projet, c’est-à-dire les Chinois ? Au Vietnam ils ont déjà un gouvernement. Les auteurs du projet visent donc les Vietnamiens émigrés à l’étranger, en particulier ceux vivant en France. Or, pour la plupart ils sont devenus citoyens des pays qui les accueillent. Les Chinois prétendent-ils administrer des citoyens français, à supposer qu’ils l’acceptent ?

Sur la réunion elle-même :

1/ 15.25 – : Selon le bonze la réunion marque « la célébration de la renaissance du peuple Kinh ». Ces quelques mots qui énoncent deux contre-vérités dévoilent cyniquement le dessein maléfique de Pékin :

  • Pour qu’un peuple renaisse il faut d’abord qu’il ait existé et soit en voie de disparition. Or le seul peuple Kinh existant est l’ethnie Jing/Kinh en Chine qui y prospère et donc n’est pas mourant. Et même cette ethnie Kinh est une invention chinoise pour désigner une minorité de Vietnamiens immigrés malgré eux en Chine en 1887 ; la désignation exacte pour cette minorité doit être Việt, mais le terme Việt est tabou pour le pouvoir chinois car il évoque trop d’humiliation infligée par les Vietnamiens aux armées chinoises
  • Quand les participants parlent des qualités et du nombre des Kinh, ils parlent en réalité des Vietnamiens mais sans jamais les nommer comme tels et sans jamais citer leur pays, le Vietnam. Ils profitent du fait que le pouvoir de Hanoï, soumis à Pékin, s’est mis à appliquer depuis les années 1990 une politique discriminatoire de division de la population par ethnies à l’imitation du pouvoir chinois, et à imposer par suite l’appartenance des Vietnamiens à une ethnie Kinh imaginaire. Ce décret du pouvoir ne change pas au fait qu’historiquement il n’existe aucune ethnie Kinh, seulement une ethnie Việt ou plus précisément Lạc Việt dont tout le peuple se réclame. Peuple qui brille par son dynamisme et n’a pas à renaître, à moins que la Chine ne réussisse à le génocider comme c’est son intention et que montrent ses manigances.
  • Pourquoi vouloir faire renaître un peuple qui n’a pas réellement existé ? Le but de Pékin n’est-il pas plutôt au contraire de faire naître ce qui n’a jamais existé (les Kinh) dans le but d’effacer ce qui a existé (les Việt) au moins officiellement sur le papier ?

2/ 15.26 – : Le bonze se pare de l’autorité de l’Unesco pour appuyer ses dires. Qu’a dit ou fait exactement l’Unesco, il ne le précise pas.

  • S’il s’agit de « l’ethnie Kinh du Vietnam, il faut savoir que l’Unesco n’a pas à approuver ou non le changement de nom d’un pays ou d’un peuple quand c’est décidé par son propre gouvernement, il n’en commente pas la justesse et se contente d’en prendre acte, comme par exemple quand le Dahomey devient le Bénin. Cependant, pour désigner les ressortissants du Vietnam, aucun organisme international ne les désigne par » Kinh » mais par « Vietnamiens ».
  • S’il veut parler du « Parc mondial de la paix des peuples et des nations » soi-disant « construit par le peuple Kinh », l’avis de l’Unesco est a priori positif dès qu’un projet se pare d’un but pacifique. Parions que si l’Unesco a vent de la mystification et des arrière-pensées politiques chinoises, cet organisme se tiendrait à l’écart du projet s’il ne le dénonce pas.

3/ 16.21 – : Le projet comporte un bâtiment réservé à « l’étude et à l’administration du peuple Kinh » :

  • L’ethnie Kinh proprement dite, les Jing/Kinh ne comporte que 20.000 personnes et est déjà le sujet de nombreuses études, et les recherches à leur sujet doivent avoir lieu chez eux, en Chine et non pas en France. Quant aux Vietnamiens, les institutions qui les prennent comme objet d’études abondent au Vietnam et de par le monde, en particulier en France qui n’a pas besoin d’un autre organisme pour cela, et encore moins d’un organisme dont l’objectif est trompeur et mensonger.
  • L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. En acceptant sur son territoire un terrain consacré à une telle activité, la France admet la création d’un Etat dans son propre Etat, une concession de type HongKong autrefois. Comment une proposition aussi extravagante peut-elle passer sans réaction de la mairie ?
  • De plus quel est ce peuple que l’on veut administrer ? Les Kinh/Jing vivent dans le Guangxi en Chine où ils sont sous la dépendance de Pékin via les autorités provinciales. Quel besoin de leur administration en France loin de chez eux ? Vise-t-on les Vietnamiens assimilés contre toute vraisemblance aux Kinh ? ils ont un pays (le Vietnam) qui s’occupe d’eux et des ambassades pour ce faire quand ils séjournent à l’étranger. S’ils ont pris la nationalité de leur pays d’accueil, ils dépendent des seules autorités de ce dernier. Que cache alors le projet insolite proposé ?

4/ 19.30 – : Remise des 3 premiers « drapeaux » :

  • D’abord, les ethnies en Chine n’ont pas le droit d’avoir des drapeaux spécifiques, genre drapeau national. On n’a qu’à voir comment les grands peuples comme les Tibétains et les Ouighours sont réprimés dès qu’ils veulent brandir leur emblème. C’est une tromperie de présenter des panneaux-étendards comme des drapeaux du peuple Kinh.
  • Les soi-disant drapeaux ne symbolisent rien du tout et ne sont que des banderoles de tissu sur lesquels sont inscrites des phrases indicatives, en l’occurrence pour 3 panneaux : « ancêtres à travers les âges (époques – le bonze a mal transcrit en vietnamien le caractère correspondant qui est đại et non  triều ) de l’ethnie Kinh » ; d’après cette phrase indicative ils doivent servir non au culte qui est interdit en Chine mais à la commémoration des ancêtres des Kinh/Jing que l’on déploie certainement lors des fêtes folkloriques de l’ethnie. Or, ces ancêtres sont des Vietnamiens puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam. Veulent-ils remonter plus loin dans la nuit des temps, qu’ils honorent les Việt dont il ne reste rien en Chine mais des traces dans une histoire mythifiée au Vietnam. S’ils ont tellement de vénération pour leurs ancêtres, qu’ils viennent bâtir un monument au Vietnam pour leur rendre hommage, mais pas en France !
  • La phrase en petits caractères à gauche est expliquée comme « le symbole des hautes autorités en Chine et dans le monde » ! Du n’importe quoi ! Les phrases en marge d’un panneau décoratif n’ont aucune valeur symbolique ou autre, et ne font que donner d’un côté le nom ou le titre de la personne qui reçoit le panneau et de l’autre côté celui de la personne qui en est le donateur. Ainsi la mairie de Bussy St Georges qui reçoit le panneau-étendard est notée à droite du panneau ; à gauche c’est par exemple dans le 1er panneau la mention du « chef de secteur » de l’ethnie Kinh/Jing, c’est-à-dire l’administrateur des 20.000 Kinh/Jing de Chine, qui n’est donc qu’un fonctionnaire et non pas un personnage à l’égal du pape comme le vante la porte-parole.

5/  29.20 – : Remise des 4 autres « drapeaux »

  • Les quatre banderoles à un seul gros caractère signifient dans l’ordre de la présentation : « La patrie ordonne à l’ethnie », phrase plutôt vague et ambiguë.
  • Les caractères « ancêtres » et « pays » sur les 4e et 5e banderoles forment ensemble le mot patrie, la patrie étant étymologiquement le pays des ancêtres. Dans le contexte, de quelle patrie les auteurs du projet parlent-ils ? Là réside leur duplicité et leur intention mensongère. Si l’on prend le mot dans son sens originel, cette patrie doit être le Vietnam où reposent les ancêtres reculés des Kinh/Jing. Si c’est le pays où ils vivent depuis quelques générations et où reposent leurs proches aïeux, c’est la Chine. Or, la porte-parole parle d’une patrie à venir. Qu’est-ce donc ? Rêverait-elle de transformer la France en pays des Kinh puisqu’elle demande à une municipalité française de garder en gage les étendards « patrie » des Kinh comme symbole ?
  • Le bonze parle de la création d’une patrie Kinh à l’exemple d’Israel. Mais les Juifs n’avaient pas de pays à eux, alors que les Vietnamiens (que Pékin-Hanoï veulent assimiler aux Kinh) en ont un, le Vietnam, où il y a de la place pour accueillir les Jing/Kinh s’ils veulent revenir au pays de leurs ancêtres. Pourquoi vouloir créer une autre patrie ? Pour qui et où ?
  • La porte-parole et le bonze vantent l’existence de 3 millions de Kinh vivant de par le monde et cite l’ONU pour appuyer leurs dires. Il s’agit en réalité des réfugiés vietnamiens qui ont fui le communisme après la chute de Saïgon (1975), en particulier les boat people des années 1980, comptabilisés par l’Organisation internationale pour les migrations des Nations Unies qui se réfère à eux comme des Vietnamiens et non des Kinh (invention récente de Pékin-Hanoï). Avec leurs descendants et en comptant aussi les émigrés économiques dont font partie les travailleurs envoyés à l’étranger par le pouvoir vietnamien pour résoudre le chômage et récolter les devises qu’ils envoient au pays, la diaspora vietnamienne compte actuellement environ 4,5 millions de personnes dont 1,8 million aux Etats-Unis et 300.000 en France. La plupart ont pris la nationalité du pays d’accueil ; ils restent attachés au Vietnam, se considèrent comme d’origine Việt et nullement Kinh. Leur affubler le terme Kinh constitue une idiotie sinon une injure. Même le pouvoir de Hanoï qui l’impose doit parler du peuple Việt et ne se sert du terme Kinh que pour les différencier des autres ethnies.
  • En déclarant que « 27 nations qui ont des peuples Kinh sont venus rejoindre le peuple Kinh à Bussy », le bonze profère moins un mensonge qu’une ânerie ou une absurdité. Comment des nations peuvent-elle rejoindre un peuple ? Et dans une petite ville française ?
  • En présentant la 6e banderole dont le caractère inscrit dessus signifie « ordre ou ordonner » la porte-parole falsifie l’histoire du Vietnam : elle vante l’esprit irréductible des Kinh sans préciser que c’est celui des Việt, et déclare que les Kinh ont toujours « accompagné » la Chine, alors qu’en fait d’accompagnement, c’est une lutte continuelle contre ce puissant voisin. Elle fait croire que les Kinh/Vietnamiens ont toujours été pour la Chine, que la Chine n’a accordé l’indépendance au Vietnam (qu’elle s’obstine à appeler de ses vieux noms Giao Chỉ et An Nam (des noms donnés au Vietnam par les conquérants Han et Tang) qu’en 1884 (traité de Tien Tsin). Sachez qu’au cours de ses 4 millénaires d’existence, à part des périodes d’occupation chinoise (la dernière s’arrêtant en 1428) lesquelles additionnées durèrent certes mille ans, et une occupation française de près d’un siècle, le Vietnam était un pays indépendant, et les Vietnamiens sont d’autant plus chatouilleux sur cette question d’indépendance qu’ils en connaissent le prix.
  • L’ordre de la patrie, dans l’explication de la porte-parole, c’est « l’ordre à tous les Kinh de se rassembler » à Bussy Saint-Georges (comment ?) en attendant d’avoir une patrie ( ?) pour le développement du peuple ( ?). Encore une phrase ou une idée absurde. Et quelle est donc cette patrie qui donne l’ordre puisqu’au dire de la porte-parole elle n’existe pas encore ? Comme les Kinh/Jing sont citoyens chinois et que leur patrie est donc la Chine (laquelle d’ailleurs finance le projet), l’ordre de la patrie n’est-il pas en réalité l’ordre de la Chine ? Laquelle, faisant croire que les Vietnamiens sont des Kinh parents d’une ethnie chinoise Kinh/Jing, a l’intention de les rassembler sous un pays des Kinh imaginaire qui se concrétiserait en 2020 (selon un traité secret – mais éventé – entre les deux pouvoirs communistes) par la dissolution du Vietnam dans une province autonome englobant la petite communauté Jing/king, placée sous la domination de Pékin avant son annexion définitive 20 ans après. Il va sans dire qu’un gouvernement vietnamien non inféodé à Pékin comme le pouvoir communiste actuel pourrait facilement retourner l’argument en sa faveur : puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam et que la majorité des Kinh/Việt vivent au Vietnam, c’est plutôt à Hanoï de les rassembler sur un même territoire englobant donc une portion du GuangXi.
  • Dans l’« allocution » de la soi-disant princesse lors de la présentation de la 7e banderole, il est à souligner la phrase « we hope a new government in the future ». Que veut-elle dire par là ? Les Jing/King de Chine dont elle est la représentante ne sont qu’une poignée infime (20.000) par rapport à la masse des 1,4 milliards de Chinois, et ont déjà un gouvernement qui siège à Pékin. La petite communauté voudrait-elle faire sécession ? ou plutôt, se prétendant fille du roi ( ?) des Kinh, elle entend représenter un peuple Kinh élargi comprenant 85% de la population vietnamienne et voudrait régner sur tout le Vietnam avec l’appui de la Chine ?

6/ 43.25 Discours du chef de la délégation chinoise :

  • Ce représentant de la province de Guangzhou répète les désinformations historiques sur le Vietnam de la porte-parole et vers la fin souhaite que les Kinh « accompagnent le Guanzhou dans son développement ». Cette phrase ambiguë lève en fait le voile sur le sort que la Chine réserve au Vietnam après l’annexion programmée : être rattaché à la province de Guangzhou.
  • C’est d’ailleurs cette province via ses capitalistes qui financent le projet. Pourquoi le Guanzhou et non le Guangxi où vivent les Jing/Kinh ? ¨Parce que la frontière entre le Guangzhou et le Vietnam sont plus perméables et facilitent l’annexion.

Bref, tout le projet est une mise en scène qui a pour but d’installer dans l’esprit des Français et du monde entier l’idée d’un peuple Kinh imaginaire, de l’assimiler au peuple vietnamien puis d’effacer les mots Viêt, Vietnam et Vietnamien du vocabulaire des nations, ensuite de faire croire que les Kinh (du Vietnam) ne sont qu’une ethnie chinoise pour un temps séparée de la mère patrie chinoise, et enfin de faire accepter sans protestation internationale (en particulièrement de la France, complice avec l’approbation de ce projet) l’annexion du Vietnam baptisée alors retour de l’ethnie à la mère-patrie.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sinisation et annexion en marche : Eradication en cours de la langue vietnamienne au profit du chinois

Le jour du fonctionnement à l’essai de la voie ferrée aérienne Cát Linh – Hà Đông à Hanoï  (11/8/2018) – une voie de 13 km dont les travaux réalisés par un entrepreneur général chinois ont duré près de 10 ans et ont coûté au pays 868 millions USD (alors qu’une ligne de type hyperloop bien plus sophistiquée est estimée en Europe à environ 20 millions de dollars le km, soit 260 millions USD pour 13 km) -, les Vietnamiens se sont aperçus avec stupeur et indignation que les billets de train sont rédigés en deux langues, vietnamien et chinois avec le chinois en plus gros caractère et en première position (cf. https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-45167800  ).

Même la presse gouvernementale s’en est émue, et s’est mise à rappeler que depuis un an tous les panneaux et pancartes d’indication dans les nouvelles gares desservies par le train urbain comportent aussi du chinois en plus gros caractères que le vietnamien (cf. http://baotreonline.com/hang-loat-be-boi-tu-duong-sat-cat-linh-ha-dong ) Sommé de s’expliquer, le directeur du projet de la ligne ferroviaire urbaine a déclaré que le billet n’est valable qu’un seul jour, et que sa rédaction relève d’une maladresse de l’entreprise de construction chinoise qui voulait se faire comprendre des 40 (sur 200) invités chinois – réponse insatisfaisante qui en plus élude l’insultante primauté du chinois sur le billet – et a assuré que seuls le vietnamien et l’anglais seront en usage officiellement en ce qui concerne la ligne. Quant aux panneaux, ils servent, proteste-t-il, à l’usage interne des ouvriers chinois, argument que la direction du projet trouve elle-même peu convaincante puisqu’elle les a fait enlever.

Dans la foulée, nous apprenons grâce aux internautes (photos à l’appui dans clip du facebooker Huy Đức https://www.youtube.com/watch?v=PcqNbPM4IMk , de 1.05.53 à 1.12.26) que : les poteaux  frontaliers marquant la séparation entre la Chine et le Vietnam et plantés sur le territoire vietnamien sont gravés en chinois avec du vietnamien en bien plus petits caractères, et surtout comportant l’indication «  Chine, Province Vietnam » ! Cela au su et au vu de tout le monde frontalier sans que les autorités s’offusquent. Nul étonnement à ce que les millions de touristes Chinois se conduisent après au Vietnam comme chez eux ou plutôt comme en un pays conquis. Sur des routes du Vietnam apparaissent maintenant des panneaux de mise en garde (contre des nids de poule par exemple) en chinois au-dessus de la phrase en vietnamien en petites lettres. Idem pour des bornes kilométriques !

Insidieusement, le pouvoir vendu de Hanoï laisse ainsi cours à une éradication de la langue vietnamienne au profit du chinois. Des millions de smartphones chinois sont vendus avec explication uniquement en chinois. Déjà les distributeurs de billets de banque avec formules indicatives en vietnamien sont remplacés au fur et à mesure par des distributeurs avec des instructions en chinois (adoptés déjà par au moins 3 banques d’Etat dont la BIVD et Agribank).

Toujours dans les provinces frontalières, le pouvoir projette d’enseigner aux élèves des écoles primaires à la prochaine rentrée scolaire la nouvelle écriture vietnamienne calquée sur le pinyin (voir l’article à ce sujet dans ce blog) en attente de la suppression complète du vietnamien (depuis 2017, la langue chinoise est introduite comme première langue étrangère dès le primaire, en classe élémentaire), ce qui suscite une rébellion de la population qui parle de boycottage de l’ école et de confier collectivement leurs enfants à des instituteurs privés à domicile (cf. https://www.youtube.com/watch?v=ANd6QRBjcHI  à partir de 1.48). Autre projet mijoté : un nouveau passeport où le chinois figure parallèlement avec le vietnamien, dont un exemplaire modèle a fuité à l’étranger (cf. https://www.youtube.com/watch?v=pv9a25mVIuY&t=799s, à 2.45 ).

En même temps, dans les entreprises appartenant aux Chinois (60% des entreprises du pays selon une estimation officieuse), la direction pousse les employés à apprendre le chinois en leur promettant actuellement une augmentation de salaire en contrepartie ; mais à l’avenir, ce ne sera sûrement plus une incitation mais une obligation avec le choix entre sinisation ou renvoi.

La plate soumission du pouvoir de Hanoï à Pékin et la mainmise de plus en plus ostensible de la Chine sur le Vietnam sont enfin perçues par la population vietnamienne, suscitant une vaste révolte de la part de tous les citoyens inquiets pour l’existence même de leur pays) : depuis deux mois les esprits s’échauffent et les appels (par de nombreux internautes vivant au Vietnam même et pas seulement à l’étranger) à des manifestations générales et continues (à partir du 2-4/9/2018) bruissent sur le net. Le mot d’ordre ne sera plus halte à telle ou telle loi, mais « à bas le communisme » et « à bas le pouvoir vendu ». Espérons que leur patriotisme l’emporte sur leur peur d’une sanglante répression.

 

 

Inondations 2018 : Hanoï sous les flots

Tous les ans, de juin à septembre s’abattent sur le Vietnam des pluies diluviennes causant inondations et malheurs. En même temps, depuis une dizaine d’années, les centrales hydrauliques, peu prévoyantes dans leur gestion, choisissent toujours ces périodes pour déverser en aval les eaux de leur bassin de retenue, par peur de voir leur barrage s’écrouler sous la pression des flots, aggravant ainsi les crues et redoublant de la sorte les dégâts causés aux habitants et à leurs biens.

Cette année, les inondations au Nord du pays sont particulièrement dévastatrices à cause du déversement en plus exprès des eaux des barrages chinois en amont du Fleuve rouge, lesquelles s’ajoutant aux eaux de pluie, pèsent davantage sur les barrages vietnamiens et donc les poussent à ouvrir plus largement et plus longtemps leurs vannes, provoquant ainsi la rupture de nombreuses digues. Rien que pour les crues du 22 au 26/6/2018 le bilan des dommages s’élève à 15 morts, 11 disparus, 7 blessés, 1500 habitations démolies et emportées par les flots, 1200 ha de rizières et plantations diverses détruites, 5500 animaux de ferme et de basse-cour décimés, de nombreuses routes effondrées.

L’événement remarquable est que les fortes pluies quasiment ininterrompues du 18/7/2018 au 5/8/2018 dans la région de Hanoï ont causé une inondation spectaculaire dans la capitale. L’urbanisation sauvage de la ville depuis 10 ans sans aucun plan pour l’écoulement des eaux a rendu Hanoï sujet à inondation dès que la pluie dépasse 100mm. Les pluies torrentielles du mois dernier ont ainsi transformé de nombreuses rues en fleuves (voir http://dantri.com.vn/xa-hoi/khu-dan-cu-ha-noi-thanh-oc-dao-hinh-ca-giua-bien-nuoc-ngap-20180803100421402.htm ) qui mettent du temps à tarir, les lacs et étangs servant à l’épanchement des eaux étant pour la plupart comblés pour y construire des immeubles. Il est à noter que plusieurs quartiers particulièrement touchés par l’inondation étaient auparavant des banlieues campagnardes que le pouvoir a rattachées à la capitale et fait bétonner à tout va sans se préoccuper des infrastructures, faisant subir à ces villages naguère riants les mêmes problèmes sanitaires que la ville (cf. clip de Lê Dũng Vô Va https://www.youtube.com/watch?v=1di_PZDqW2w&t=1456s ).

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Car avec la crue les eaux des rivières et fleuves polluées par toutes sortes de rejets industriels et ménagers se mêlent aux eaux de pluie pour envahir maisons et lieux publics, avec pour conséquence la contamination des habitants par les bactéries et produits chimiques dangereux (arsenic, antibiotiques …) au point qu’au bout de deux semaines tous ceux qui y ont barboté se retrouvent avec des maladies de la peau. Pire encore, ces eaux entraînent avec elles des milliers de tonnes d’ordures que citoyens et entreprises déposent sauvagement dans divers endroits, à défaut de système de voirie efficient : actuellement chaque jour Hanoï produit 6500 tonnes de déchets solides dont seulement 70% sont enlevés pour être non pas incinérés mais entassés et enfouis dans un champ de 83,5 ha dans la région, le reste étant accumulé partout où il y a un espace plus ou moins libre (cf. http://daidoanket.vn/do-thi/ha-noi-truoc-van-nan-rac-thai-tintuc398855 ).

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Les quartiers périphériques de la capitale étant les derniers servis par la voirie, c’est là que les habitants souffrent en premier de la dispersion des ordures par les flots ; celui de Chương Mỹ qui abrite sur son territoire le plus de dépotoirs avec 15.000 tonnes de déchets entassés est complètement plongé dans des eaux devenues, avec les ordures, les cadavres d’animaux et les déjections humaines qui y flottent, d’immenses soupes aux microbes, bactéries et poisons chimiques, menaçantes pour la santé de ses habitants. (cf. . http://dantri.com.vn/xa-hoi/ngap-lut-o-chuong-my-thon-xom-ngap-chim-trong-bien-rac-20180806103203977.htm). Les médecins redoutent une série d’épidémies après la décrue.

Tricheries dans la notation au bac : une éducation en déroute

 

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Le 11/7/2018, après la proclamation des résultats de l’examen de fin d’études secondaires (trung học phổ thông, équivalent du baccalauréat, que nous appellerons bac par commodité) quantité de doutes et d’interrogations se sont exprimés sur la performance exceptionnelle des élèves de la province de Hà Giang (à l’extrême nord), qui représentent à eux seuls 43% des meilleurs lauréats ayant obtenu plus de 27 points sur 30 aux trois épreuves principales (mathématiques, vietnamien et langue étrangère). Sous la pression de l’opinion publique, le Ministère de l’Education et de la Formation a dû se concerter avec le Ministère de la Police pour procéder à une enquête à la suite de laquelle il reconnaît l’existence d’une majoration frauduleuse des notes (relevées de 1 à 8,5 points) de 330 copies d’examen appartenant à 114 candidats dans la province de Hà Giang lors d’une conférence de presse tenue en commun avec le Comité populaire de la province de Hà Giang le 17/7.

Le coupable désigné est le vice-directeur du Bureau des examens et de la gestion de qualité du Service provincial de l’Education et de la Formation Vũ Trọng Lương qui aurait sorti les 330 copies de leur enveloppe scellée pour en corriger les réponses et les notes en seulement deux heures (c’est-à-dire 6 secondes par copie). L’opinion sceptique ne croit donc guère qu’il a agi seul et encore moins de sa propre initiative. Le fait est que les candidats bénéficiaires de la fraude sont quasiment tous des enfants de la noklamentura provinciale, en particulier la fille du Secrétaire général du parti à Hà Giang, Trịnh Tài Vinh, connu d’ailleurs pour son népotisme, pour avoir placé neuf membres de sa famille aux postes les plus juteux de la province. Devant les critiques, les autorités ont arrêté le 23/7 le supérieur direct de M. Lương, le Directeur du Bureau des examens Nguyễn Thanh Hoài.

La fraude à l’examen est un mal récurrent dans un pays à l’administration aussi corrompue que le Vietnam, mais elle n’a jamais atteint un niveau aussi scandaleux. Par le nombre de cas concernés Hà Giang est l’arbre qui cache la forêt des provinces fautives. Ainsi à Sơn La (autre province à l’extrême nord du pays) où, selon la déclaration devant la presse le 23/7 du Directeur du Département de gestion de qualité du Ministère de l’Education-Formation, la fraude est plus grave et plus complexe à cause de la négligence dans la procédure de maniement des copies et de l’implication dans le forfait de cinq cadres chargés des examens, on compte au moins 42 candidats aux notes falsifiées. L’opinion et la presse notent aussi des résultats anormaux au bac dans d’autres provinces, Lạng Sơn, Điện Biên, Lai Châu, Hòa Bình au nord et Bạc Liêu au sud, et réclament des enquêtes dans toutes les provinces.

Pourquoi cette recrudescence de la fraude aux notes d’examen de fin d’études secondaires ? Pour comprendre il faut savoir que jusqu’en 2015 le bac ne permettait pas l’entrée directe aux grandes universités et écoles, les bacheliers devaient encore se soumettre à une sélection spécifique pour s’inscrire à l’établissement de leur choix et la concussion se portait sur cet examen sélectif, de façon relativement limitée. Depuis, cet examen de sélection dans les universités est supprimé et remplacé par l’exigence de certaines notes au bac, d’autant plus élevées que l’établissement est plus coté, lesquelles deviennent du coup l’objet de malversations. Et c’est dans les provinces les plus reculées où les cadres locaux s’érigent en potentats comme à Hà Giang que la fraude est la plus considérable.

Mais quelles sont donc ces universités si recherchées mettant si haut leur condition d’entrée (note supérieure à 27/30) ? Les universités de la Police ! Vous n’avez pas mal lu ; dans le Vietnam communiste du 21e siècle, le premier rêve des étudiants (si ce n’est pas seulement celui de leurs parents) n’est pas de devenir médecin ou ingénieur… comme partout ailleurs, mais de devenir policier en intégrant les 7 écoles supérieures de police : Institut politique de la Police populaire ; Institut de  Sécurité populaire ; Institut de Police populaire ; Université de Sécurité populaire ; Université de Police populaire ; Université de Prévention et d’extinction des incendies ; Université de techniques et de logistique de la Police populaire.

Comment se fait-il que les meilleurs élèves veuillent faire carrière dans un métier vilipendé par la population, lequel peut, dans le contexte politique actuel, les amener à commettre les pires atrocités (cf. les vidéos des exactions et tabassages barbares des policiers de diverses unités contre des citoyens sans défense) ? Entrent en jeu plusieurs facteurs :

Les frais de scolarité : Paradoxalement, sous le régime communiste de Hanoï censé être au service du peuple, l’instruction publique est payante. Depuis 1992, en même temps que se diffuse un nouveau discours mercantile sur le savoir comme une marchandise comme une autre et que l’éducation s’ouvre au privé, c’en est fini de la gratuité scolaire sauf pour les cinq années du primaire. Certes, les frais scolaires en maternelle et dans le secondaire restent minimes (moins d’un dollar par mois), mais pour permettre aux enseignants d’arrondir leur salaire, très bas (en moyenne de 100 à 200 dollars par mois), le gouvernement donne le feu vert aux diverses écoles publiques pour la perception de nombreux frais annexes du genre : heures d’études complémentaires, hygiène, boisson, etc. ; malgré un arrêté de 2011 limitant ces contributions supplémentaires, les écoles, quasiment autonomes, ne cessent d’inventer de nouvelles cotisations : pour l’embellissement ou la réfection de la classe, pour des plantations, pour remercier le corps enseignant, etc. Et le total des sommes versées par les parents pour chaque enfant peut atteindre 100 fois les frais officiels de scolarité, ce qui explique l’abandon de l’école de nombreux enfants de famille pauvre après le primaire.

Pour ce qui est des frais universitaires – toujours dans le public et non dans le privé, laissé à la discrétion des propriétaires – ils sont fort élevés par rapport au salaire mensuel moyen de la population (3 millions đồng  soit 145 USD) , le coût des études (année scolaire 2017-2018)  équivalant chaque mois à la moitié de ce montant pour les établissements les moins cotés et le dépassant pour les écoles les plus chères (médecine et pharmacie ; ajoutez à ces frais les dépenses de gîte, couvert et fournitures diverses et vous comprenez que pour la majorité des parents vietnamiens entretenir un enfant étudiant demande un énorme sacrifice.

Les écoles de police sont les seules, non seulement à être exemptes de frais scolaires, mais encore à rémunérer ses étudiants, considérés déjà comme des agents de l’Etat.

Le débouché : Alors qu’au Vietnam le taux de chômage général est de 2,3% (selon un rapport de Bloomberg de 2017), celui des diplômés de l’université atteint 17%. D’après le Ministère de l’Education et de la Formation, le nombre des étudiants dans les universités et écoles supérieures en 2017 est d’environ 1,1 million dont environ 300.000 sortent avec un diplôme (de licence, un peu moins de 200.000, 4 ans d’études, de maîtrise 105.801, 5 ans et de doctorat, 15.112, 6 ans). Mais 200.000 d’entre eux ne trouvent pas d’emploi, et parmi les 100.000 qui en trouvent ce sera souvent dans une branche n’ayant aucun rapport avec leur diplôme (par exemple en tant que chauffeur de voiture pour Grab et Uber), ce qui en résulte que seulement 15% des diplômés ont un emploi correspondant à leurs études. Gâchis colossal pour l’Etat comme pour les familles ! Au lieu de réformer le programme universitaire complètement inadapté et abrutissant (sachez que les deux premières années universitaires sont surtout consacrées à la pensée Hồ Chí Minh et à l’histoire du parti communiste !), le gouvernement préfère pousser les jeunes chômeurs à émigrer (chaque année environ 100.000 Vietnamiens – 134.751 en 2017 – quittent le pays pour aller travailler à l’étranger).

Les étudiants des écoles de police n’ont pas de souci à se faire quant au chômage. Devenus les bras armés du parti, ils sont assurés d’un emploi à vie, avec des avantages supérieurs à ceux des autres fonctionnaires.

Le retour sur investissement : Sauf s’ils ont des qualités particulières, les employés diplômés ne touchent pas plus que des employés sans diplôme. Il faut dire qu’à de rares exceptions, à cause d’un enseignement obsolète, les diplômes universitaires vietnamiens n’assurent aucune compétence certaine, ne sont guère reconnus à l’étranger et aucune université vietnamienne, (sur 235, y compris les universités privées, selon le chiffre officiel ou sur 450 selon le chiffre officieux ; pourquoi une telle différence entre ces deux comptages, nous n’avons pas trouvé d’explication) n’est classée par THE (Times higher education rankings) parmi les meilleurs établissements asiatiques. Pourtant, les cadres du parti prisent ces bouts de papier car ils sont indispensables à leur promotion. Et comme nombre d’entre eux ont été de mauvais élèves mais sont recrutés par népotisme ou par concussion, pour mériter leur position, ils se livrent à l’achat de ce que l’on appelle des faux vrais diplômes, dénoncés de temps en temps à l’occasion d’une disgrâce. Et face à l’état lamentable des universités locales, tous ceux qui peuvent se le permettre envoient leurs enfants étudier à l’étranger (dans les autres pays d’Asie aussi bien qu’en Occident), pratiquant ce que l’on appelle « l’exil éducatif » (qui concerne actuellement 64.000 étudiants).

Certains des jeunes déçus n’hésitent pas à déchirer leur diplôme en public (via internet) en guise de protestation contre l’insignifiance de leur formation. Ils ne peuvent que se révolter en constatant que leurs parents ont investi en vain dans leurs études, surtout si ces derniers ont dû vendre maison ou terre pour les financer. En plus, à moins de disposer de relations opportunes, avec la corruption généralisée des cadres, aucune embauche ne peut se faire au Vietnam sans « enveloppe » remise aux décisionnaires petits et grands. Et le salaire, plutôt bas au Vietnam, permet difficilement aux nouvelles recrues d’amortir les investissements consentis avant plusieurs années de travail.

Pour les diplômés des écoles de police, à l’exception des élèves dont l’admission a été « achetée », le problème de retour sur investissement ne se pose pas puisque les études sont gratuites et même rémunérées. De plus, avec le pouvoir qui leur est dévolu, ils peuvent rapidement s’enrichir sur le dos de leurs concitoyens, avec un brin de malhonnêteté ou de mauvaise foi.

Or, depuis des dizaines d’années le système éducatif vietnamien institué dans un but purement politique : « former des enfants sages de l’oncle Hồ » et des « citoyens fidèles au parti au pouvoir » entré en collision avec la nouvelle valeur sociale de l’argent roi, ne cesse de se détériorer. Les jeunes, passés pendant de 5 à 12 ans à la moulinette d’une propagande intense basée sur des manuels officiels dont il est interdit de s’écarter, deviennent pour la plupart passifs, sans réflexion critique et esprit d’initiative, et donc inaptes à construire une économie moderne. En outre, habitués à l’injustice et au double langage de leurs enseignants qui prêchent le sacrifice au nom du bien commun mais mettent leur profit personnel avant l’intérêt de leurs élèves ou leur devoir professionnel en les obligeant, par exemple, à prendre des cours de soutien payants auprès d’eux s’ils veulent la transmission d’un savoir plus fourni, nécessaire au passage en classe supérieure, ils finissent par trouver le mensonge et l’hypocrisie normaux, d’autant plus qu’ils les retrouvent dans leur entourage, même chez leurs parents.

Par ailleurs, le manque de probité des enseignants les porte facilement à l’amoralité et même à l’immoralité qu’ils communiquent à leurs élèves. Violence et sexe s’introduisent dans l’école à tel point que journaux et vidéos ne cessent d’évoquer des cas de viols d’élèves perpétrés par des enseignants pédophiles, de punitions barbares infligées aux élèves par les institutrices de maternelle et de primaire, de bagarres sauvages entre élèves, garçons comme filles, pour des motifs les plus futiles… On voit même dans les vidéos des lycéens et lycéennes se livrer en récréation à des jeux de mime d’actes sexuels explicites et vulgaires.

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C’est cette accoutumance à l’injustice, au mensonge et à l’immoralité donnés en exemple dès l’âge tendre qui encourage l’indifférence au malheur d’autrui, à la malhonnêteté et la corruption dans tout le pays, de haut en bas, pour toutes les relations humaines impliquant un intérêt et un semblant de pouvoir. Et comme l’emploi est ce que tout un chacun vise pour gagner sa vie, on assiste à la vénalité générale des offices, même dans les postes les plus modestes comme celui d’éboueur. Ceux d’enseignants n’échappent pas à cette règle. En mars dernier a éclaté à Krông Pak (province Dak Lak) un scandale sur la résiliation du contrat de plus de 500 instituteurs en surnombre, qui a mis en lumière cette pratique de vente et d’achat de poste (de 60 millions đồng pour chaque instit dont le salaire n’est que de 1,5 million đồng soit 67 USD par mois) tellement avantageuse que les services concernés n’avaient pas hésité à recruter à tout va alors qu’il n’est prévu que 83 postes pour ce district.

Les enseignants sont si mal payés que les meilleurs bacheliers rechignent à s’inscrire dans les facultés de pédagogie (écoles normales supérieures), ce qui dissuade ces dernières de se montrer exigeantes pour les notes requises, lesquelles sont tellement basses (9 points) que tous les candidats peuvent être admis, avec ce résultat que les transmetteurs du savoir sont cependant les moins savants. Pour remédier à cette médiocrité du corps enseignant, le gouvernement veut que ces écoles relèvent leurs conditions d’entrée, mais si les salaires ne suivent pas, le problème ne fera que se changer en celui du manque de candidats admissibles.

La déliquescence de l’éducation nationale et le peu d’empressement du gouvernement à la remettre en question fait le jeu de Pékin qui ne demande pas mieux que de voir la jeunesse vietnamienne décérébrée, égotiste et ignare, et donc prête à accepter le joug chinois. En même temps, pour se procurer de futurs bons collabos, Pékin distribue largement des bourses aux étudiants pour des études (non pas en sciences exactes, utiles au développement du pays, mais en sciences sociales et en langue chinoise) en Chine sans exiger de niveau préalable. Heureusement que la contre-propagande des amis de la liberté de l’intérieur comme de l’extérieur du pays diffusée largement grâce à Internet depuis deux ans commence à porter ses fruits en éveillant la conscience des jeunes Vietnamiens à la situation de leur patrie et donc à la nécessité d’une révolution pour changer la donne.

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