SOS Vietnam

STOP à son annexion génocidaire par la Chine Communiste

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La France complice des menées annexionnistes de la Chine contre le Vietnam ?

Une avancée sournoise dans l’annexion avec l’invention d’un peuple Kinh lancé par le couple Pékin-Hanoï, soudain mise en lumière avec l’affaire Bussy Saint-Georges

C’est avec consternation puis colère que la communauté des internautes vietnamiens a pris connaissance d’une vidéo relatant une réunion le 21/5/2018 entre le Maire de Bussy Saint-Georges, une petite municipalité d’Ile-de-France (77) et une délégation sino-vietnamienne chapeautée par des officiels chinois. ( Cf. https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share ).

On y apprend que cette réunion suit la signature d’un projet consistant en la vente par la mairie de Bussy Saint-Georges de 85 ha (dont 35 ha dans un premier temps) de terrain à des financiers chinois (de Guangzhou/Canton) dans le but pour la Chine d’y ouvrir des organismes culturels (30 ha pour la promotion des arts chinois dont les arts martiaux de Shaolin et une école internationale avec enseignement du chinois depuis la maternelle jusqu’à la fin du secondaire ; 1 ha pour la construction d’un « Parc de la paix des peuples et des nations dans le monde » construit par le peuple Kinh ; les 4 ha restants étant réservés à des universités chinoises et une école supérieure française de géopolitique que les promoteurs comptent faire venir ainsi qu’un centre de recherche et d’administration du peuple Kinh).

C’est cette mention d’un peuple Kinh et la composition de la délégation avec une représentation sino-vietnamienne de ce peuple qui fait problème. Pour la bonne raison qu’il n’existe en réalité aucun peuple ou ethnie Kinh. C’est une fable de fraîche date propagée par Pékin, du même tonneau que la ligne U en Mer d’Asie orientale au service de sa politique expansionniste.

Le terme « Kinh », un mot vietnamien et non chinois, dont le premier sens est « capitale » ne prit une nouvelle acception dans le langage vietnamien qu’au début du 19e siècle sous les premiers empereurs Nguyễn pour désigner les habitants proches de la capitale, puis par extension tous les Vietnamiens des plaines ou basses terres quelle que soit leur origine ethnique ( Việt venant du sud de la Chine, fondateurs historiques de la nation, qui donnent leur nom au Vietnam, Muong autochtones du Tonkin et du Centre Vietnam, Cham, Khmers, Malais, immigrés chinois, indiens etc.) par opposition aux  Thượng (= haut, en hauteur), les Vietnamiens des hautes terres (montagnes et hauts plateaux) qui étaient pour la plupart des membres d’ethnies minoritaires à culture spécifique.. Kinh n’a jamais été le nom d’une ethnie quelconque, et encore moins celui d’une ethnie majoritaire vietnamienne. Le Vietnam, comme la France, est un creuset de populations de diverses origines lesquelles, au fil des siècles, se sont mélangées de façon inextricable, et parler d’une ethnie majoritaire Việt ou Kinh pour désigner le peuple vietnamien actuel est aussi faux et ridicule que prétendre que la majorité du peuple français d’aujourd’hui est composée d’une ethnie franque ou gauloise ! Cependant, depuis une vingtaine d’années, à l’imitation de la politique de discrimination ethnique de Pékin, au lieu de parler du peuple Việt, le pouvoir de Hanoï s’est mis à imposer la notion d’appartenance des Vietnamiens majoritaires à une ethnie dénommée Kinh (traduction ci-dessous du témoignage de deux citoyens vietnamiens), raison pour laquelle on trouve la mention de cette ethnie « officielle » dans tous les textes récents (Wikipedia ou autres) d’auteurs ayant des rapports directs ou indirects avec le régime. Vous ne trouverez aucune mention d’ethnie Kinh ni même d’ethnie majoritaire Việt (sauf en référence à l’ethnie primitive des Việt), mais seulement de population ou peuple Việt dans les textes antérieurs à 1990 comme dans les écrits actuels de tout historien ou ethnographe digne de ce nom.

Il n’existe pas non plus d’ethnie Kinh en Chine avant que le pouvoir communiste chinois ne se mette à en inventer une de toute pièce pour nommer Jing (équivalent chinois de Kinh) le groupe d’environ 20.000 Vietnamiens piégés en 1887 en Chine à l’issue d’un nouveau tracé des frontières vietnamo-chinois décidé entre la Chine et la France après le traité de Tien Tsin (Tianjin), tracé par lequel leurs terres (Tam Đảo) passèrent du côté chinois (dans le Guangxi). Des Vietnamiens immigrés en Chine, il y en a toujours eu le long des siècles au hasard des événements historiques, et ils étaient appelés du nom que prenait le Vietnam à l’époque et finissaient par se fondre dans la masse chinoise. Mais les Kinh/Jing de Tam Đảo, immigrés relativement récents (malgré eux) avec toute leur communauté, ont su garder des traditions et coutumes vietnamiennes qui leur permettent de ne pas être complètement sinisés, ce qui fait d’eux une sorte d’ethnie au sein de la nation chinoise.

Carte de la région où vivent les Jing/Kinh en Chine (presqu’île montrée par la flècheVị trí Tam Đảo mà người Kinh sinh sống

Logiquement cette minorité devrait être appelée Việt puisqu’elle est composée de Vietnamiens, d’autant plus qu’à l’origine le groupe ethnique des Việt vivait dans les territoires de l’actuelle Chine du Sud, mais les différents régimes chinois ont toujours été allergiques au peuple Việt opposé depuis des millénaires au pouvoir des Han (ethnie dont la majorité des Chinois se réclament) qui n’a cessé de les combattre puis de les assimiler, les plus récalcitrants, établis sur les terres de l’actuel Nord-Vietnam (vers les derniers siècles du 1er millénaire avant JC), étant les seuls à avoir su résister à cette sinisation en leur infligeant maintes fois des branlées mémorables.

Pourquoi donc cette soudaine invention d’un peuple Kinh ? Parce que depuis 1990, les dirigeants communistes de Hanoï se sont rendus à la Chine et ont fomenté avec le pouvoir de Pékin une annexion programmée du Vietnam qui doit être rendue officielle dans un avenir proche. Dans ce projet annexionniste qui réalise le rêve millénaire de Pékin, le Vietnam sera gommé de l’histoire pour devenir une simple province chinoise rattachée à celle de Guangzhou (Canton) et les Vietnamiens, englobés dans un peuple Kinh imaginaire partagé entre les deux pays, perdront autant leur identité que leur nom.  Dans le but de faire accepter par la communauté internationale ce coup de force, la Chine, par le biais de ses agents chinois et vietnamiens (aux ordres de Pékin) lance une vaste entreprise de propagande consistant à faire croire que le Vietnam était un territoire chinois avant l’occupation française, que presque tous les Vietnamiens sont d’origine chinoise et forment avec les Chinois du Sud une même entité, dont le « retour à la mère patrie chinoise » est somme toute normale. Plus ou moins le même genre d’assertion que celle tenue à propos du Tibet.

Pour faire croire à des édiles français peu au courant de l’histoire ancienne autant que contemporaine du Vietnam, la délégation chinoise a procédé à une mise en scène grossière qui choque par les mensonges et les contre-vérités proférés que l’assistance gobe complaisamment (cf. commentaires ci-dessous de la vidéo en question). L’argent et les promesses chinois ont-ils donc le pouvoir de faire perdre tout esprit critique ?

En choisissant la France pour y installer une sorte de siège du soi-disant peuple Kinh, Pékin veut faire cautionner par un grand pays européen une audacieuse opération mystificatrice, prélude à une criminelle annexion du Vietnam accompagnée du génocide insidieux aussi bien physique que spirituel de ses ressortissants. Le grand projet culturel proposé à Bussy Saint-Georges, certes utile pour la propagande et l’espionnage (danger dont la France n’a pas assez conscience alors que des pays comme le Canada et la Suède commencent à s’en protéger) a surtout pour objet de masquer ce vrai but : préparer l’opinion internationale à la conquête d’un pays voisin et à l’effaçage d’un peuple qui jouit encore d’un capital de sympathie mondiale de par ses malheurs successifs. Les autorités françaises que nous avons alertées vont-elles accepter le fait accompli et laisser la mairie de Bussy les rendre complices d’un crime odieux contre l’humanité ?

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Nous donnons ici la traduction d’extraits de deux articles sur l’imposition d’un peuple Kinh imaginaire à la place de peuple Việt par le gouvernement communiste vietnamien :

Article de Vương Sinh paru en 2003 dans « Hùng sử việt », Journal de l’association d’histoire et des arts culturels vietnamiens » (http://www.hungsuviet.us/lichsu/Dantockinhlagi.html ), intitulé :

Qu’est-ce que c’est que le peuple Kinh ?

 Au Vietnam il n’existe que le peuple Việt, homogène au point de vue de la culture, du langage et des coutumes, qui représente la majorité (87%) des 54 peuples. Au Vietnam il n’existe pas de peuple Kinh.

Le peuple Kinh est une minorité ethnique (environ 15.000 personnes) parmi les 56 peuples de Chine.

A la lecture des documents relatifs au peuple vietnamien diffusés récemment sur internet, nous ne pouvons nous empêcher d’être étonnés au sujet de l’expression « peuple Kinh » servant à désigner le peuple vietnamien.

Qu’est-ce donc que ce peuple Kinh ? Pourquoi le peuple Việt s’est -il transformé en peuple Kinh ?

Cherchons à comprendre l’origine des termes « Kinh » et « Thượng »

Avant 1975, dans le Sud nous avions coutume de dire « Kinh et Thượng, même maison » pour exprimer la solidarité entre compatriotes vivant dans les basses régions (plaines, villes, capitale) et compatriotes vivant sur les hauts plateaux (montagnes, hautes régions). « Kinh » est l’appellation usitée par les montagnards pour désigner les Vietnamiens (la majorité) habitant dans les plaines, les villes et la capitale… En retour, les habitants des plaines appellent ceux qui vivent sur les hauts plateaux « Thượng », englobant sous ce mot de nombreuses ethnies minoritaires telles que les Thổ, Mán, H’Mông, BaNa, Gia Rai, Ê Đê…

Dans la langue vietnamienne, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » se comprend « les gens de cette localité ». Par exemple, les gens vivant à Hanoï sont dits gens de Hanoï. Si quelqu’un habite Saïgon, il est appelé personne de Saïgon.

Ainsi, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » ne désigne pas une ethnie du Vietnam, autrement dit, notre pays ne comporte nullement un peuple Hanoï, un peuple Saïgon, un peuple Kinh, un peuple Thượng, mais seulement des gens de Hanoï, des gens de Saïgon, des gens des (régions) Kinh (la majorité qui appartient au peuple Việt ou Lạc Việt), des gens des (régions) Thượng (qui comprennent de nombreuses ethnies ou peuples).

Origine du peuple Việt

Beaucoup de thèses existent. Acceptons provisoirement que « le peuple Việt a pour origine les Lạc Việt, du groupe ethnique des Bách Việt (ndt = les Cent Việt) qui vivaient au Lĩnh Nam (au Sud des montagnes Ngũ Lĩnh et du lac Động Đình) de l’ancienne Chine. A rappeler qu’avant que les Qin n’envahissent le pays, le Lĩnh Nam ne faisait pas partie de la Chine. Evidemment, les Bách Việt qui comprenaient de nombreuses ethnies Việt n’étaient pas des Chinois et le Nam Việt ultérieur n’était pas non plus chinois. Si le Nam Việt était chinois ou appartenait à la Chine, comment se fait-il que les Han durent envoyer Lộ Bác Đức avec une armée envahir le Nam Việt ? »

Le peuple Kinh est une ethnie minoritaire parmi les 56 ethnies chinoises

Au Vietnam il n’existe que des gens Kinh (à la différence des gens Thượng) qui vivent dans les plaines, il n’y existe pas de peuple Kinh. Mais en Chine il y a un peuple Kinh qui est une ethnie minoritaire d’environ 15.000 personnes parmi les 56 ethnies chinoises. Ce sont des Vietnamiens originaires de la région de Đồ Sơn au Vietnam qui s’étaient établis sur trois petites îles Vạn Vĩ, Vu Đầu et Sơn Tâm dépendant de la province Guangxi près de la frontière sino-vietnamienne du fait que « par malchance » ces trois îles furent allouées à la Chine [par la France après le traité de Tien Tsin …]

Ceci est-il une manigance chinoise dans l’esprit Grand Han ?

Les Vietnamiens que nous sommes savons que les Cours chinoises dans l’esprit Grand Han pensent toujours « que le Vietnam n’est qu’un district chinois et que les Vietnamiens descendent des Chinois. Ils exècrent Triệu Đà et le Nam Việt parce que ce roi, originaire du nord avait osé s’opposer à l’empire céleste (en fait auparavant Triệu Đà venait du pays des Triệu que Qin Shi Huang anéantit pour l’annexer à la Chine), et abominent particulièrement Lữ Gia, un natif du Nam Việt, qui osa résister ouvertement contre les armées des Han du Sud. Depuis la destruction du Nam Việt en 111 AD par Lộ Bác Đức sur ordre des Han, les pouvoirs chinois successifs n’appellent jamais notre peuple du nom de « Việt », et n’acceptent point de nommer notre pays sous les noms « Đại Cồ Việt », « Đại Việt », « Việt Nam » … donnés par nos rois. Ils ne désignent notre peuple que par le nom « Giao chỉ » puis « An Nam », et ne concèdent à nos souverains que le titre de « prince de Giao Chỉ » ou de « roi d’An Nam ». Les colonialistes français aussi se sont concertés avec les Chinois pour appeler les Vietnamiens Annamites. Cela parce qu’à certaines époques notre peuple a dû courber la tête et a été asservi pendant près de mille ans d’occupation chinoise et près d’un siècle d’occupation française.

C’est seulement pendant des périodes d’indépendance que nous pouvons être droit debout pour nous reconnaître comme des Việt, que nous sommes fiers que le peuple Việt soit un peuple héroïque.

En changeant le « peuple Việt » en « peuple Kinh » – une ethnie minoritaire parmi les 56 peuples chinois -ceux qui s’occupent de la culture dans notre pays ont-ils involontairement ou volontairement agi de connivence avec les Chinois « Grand Han » pour transformer notre peuple Việt en une minorité chinoise ?

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Article de  Nguyễn Văn Mỹ publié le 27/11/2017 dans la revue « Chúng ta »(= Nous autres)  (http ://www.chungta.com/nd/tu-lieu-tra-cuu/khong-co-dan-toc-kinh.html ) intitulé :

Il n’existe pas de peuple Kinh

Le plus tragi-comique est la déclaration d’état-civil. A l’époque des subventions (ndt : terme pour les temps d’économie complètement dirigiste), il y avait des années où il fallait faire des dizaines de déclaration, on ne sait pour quoi faire.  Les enfants entrant en maternelle doivent aussi présenter une déclaration d’état-civil avec des renseignements sur la période d’avant 1975 alors que leurs parents ne sont pas encore nés à cette date. Et le vocabulaire (des formulaires) est tout à fait vague. Le plus dur est la partie de déclaration des « Qualités et défauts ». On ne sait pas comment s’évaluer justement afin de ne pas nuire à son emploi. Pour ce qui est du « Niveau culturel », comment le mesurer, le déterminer ? Généralement on ne parle que de niveau d’instruction. On se raconte la plaisanterie sur la question relative au « Lieu de naissance », selon laquelle un membre d’une ethnie minoritaire a donné cette réponse : « Qui donc ne naît pas de ce lieu, pourquoi interroger là-dessus ? ». Et puis il y a des questions sur les « Relations familiales », les « Relations sociales ». Ce terme de relations ne serait-il pas pareil que « relations illégitimes » ?

La partie de déclaration de l’ethnie est encore plus incompréhensible. Tous les Vietnamiens sont obligés de déclarer de façon absurde qu’ils sont d’ethnie Kinh. Que veut dire Kinh ? En cherchant à comprendre par moi-même, j’ai vérifié qu’il n’existe aucune ethnie Kinh. Seulement des « personnes Kinh » dans la langue parlée. Cette notion Kinh remonte à l’époque des Nguyễn.  […]

L’expression « personne Kinh » désignait les habitants de la capitale. Progressivement, cette notion de « personne Kinh » s’est élargie pour désigner les habitants des basses régions, y compris les Chinois, les Cham… Opposés à eux sont les personnes « Thượng » c’est-à-dire les habitants des montagnes, des hautes régions. Si nous déclarons que nous sommes d’ethnie Kinh, tous les habitants des hautes régions devraient-ils alors se déclarer appartenir à une même ethnie « Thượng » ? Dans ce cas le peuple vietnamien se partage entre deux ethnies « Kinh » et « Thượng » et non pas entre 54 ethnies comme actuellement.

Les Việt devraient se déclarer d’« ethnie Việt » dans la communauté des Vietnamiens qui comprend 54 ethnies sœurs dont les Việt forment l’ethnie majoritaire. […] Certains disent : « C’est une mince affaire, qu’importe le terme par lequel on nomme le peuple pourvu que le pays soit riche et puissant. Restent tellement de grands sujets de société embrouillés ». Il est vrai que notre pays a plein de problèmes pressants mais je ne considère pas une fausse appellation de notre peuple comme une mince affaire qui n’a pas besoin d’être redressée. Une mince affaire dont l’effet est énorme sur l’entendement et l’action ? Si on ne peut résoudre une mince affaire, comment peut-on s’attaquer à une grande ?

Je souhaite que cette bévue soit vite réparée. Je ne veux appartenir qu’au peuple Việt, je n’aime pas faire partie du peuple Kinh.

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Observations à propos de la video concernant une rencontre entre la municipalité de Busy St Georges et une délégation sino-Jing/King le 25/5/2018 (https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share )

Sur les participants :

1/ Du côté chinois :

  • Le projet concerne en premier lieu un « peuple Kinh » mais ce dernier n’est vraiment représenté que par une soi-disant princesse Kinh. L’ethnie Jing/Kinh en Chine ne comprend qu’environ 20.000 personnes, descendants de pêcheurs vietnamiens habitants de 3 îles appelées Tam Đảo transférées par la France à la Chine après le traité de Tien Tsin en 1884. Quoiqu’ayant gardé quelques coutumes qui les différencient d’autres ethnies, ils sont très sinisés et peu parlent encore vietnamien. Cette communauté de paysans et pêcheurs (et maintenant aussi commerçants) n’a jamais formé une royauté quelconque, alors d’où vient cette princesse qui en plus ne parle pas la langue de ses ancêtres vietnamiens ? Tout au plus, elle peut être la fille d’un chef élu de la petite communauté.

Quant à la famille royale vietnamienne, les seules princesses reconnues ayant droit à ce titre sont les trois filles de feu l’empereur Bảo Đại, des dames déjà très âgées. Faire donc passer pour une « princesse d’Annam » une Chinoise inconnue et sans classe évidente c’est commettre une pure escroquerie.

  • Les Kinh/Jing de Chine vivent dans le GuangXi mais le chef de la délégation représente le Guangzhou. Cela se comprend seulement si l’on sait que la Chine a le dessein d’annexer le Vietnam pour en faire une province dépendant du gouverneur de Guangzhou qui donc a pleine autorité sur tous les Kinh (auxquels elle assimile les Vietnamiens avec la complicité du pouvoir de Hanoï).
  • La Chinoise qui agit comme porte-parole de la délégation chinoise grâce à son trilinguisme (français-chinois-vietnamien) est en réalité une Chinoise émigrée du Vietnam (Saïgon-Chợ Lớn). Bien qu’elle parle plusieurs langues, elle ne les maîtrise guère et fait des traductions ou explications plus qu’approximatives.

2/ Du côté des soi-disant Kinh de France :

  • D’abord ces participants sont des Vietnamo-français originaires du Vietnam, un pays distinct de la Chine. Ils ne représentent qu’eux-mêmes, aucune organisation ou association vietnamienne de France ayant pignon sur rue n’étant au courant de l’élaboration du projet et encore moins ne les a délégués.
  • En venant à cette réunion, implicitement ils reconnaissent faire partie de l’ethnie imaginaire Kinh décrétée par le Parti communiste vietnamien au pouvoir, et agissent donc dans l’intérêt de ce dernier ainsi que dans celui de la Chine dont dépend le PCVN contre leur propre peuple d’origine, les Việt.
  • La personnalité du « bonze » qui sert d’intermédiaire entre la mairie et les autres pose problème. En Asie l’habit ne fait pas le bonze, étant donné que dans le milieu bouddhiste, il n’existe pas d’institution organisée et hiérarchique qui nomme et contrôle ses ministres du culte comme dans l’Eglise catholique. C’est par une conduite exemplaire et la renommée bouche-à-bouche que l’on reconnaît un bonze authentique. En principe un homme de religion ne s’occupe pas de lobbying surtout quand elle concerne une politique aussi tortueuse que celle de Pékin et Hanoï. Les propos évasifs sur les Kinh et le suivisme à l’égard des Chinois du bonze MT le classent comme un opportuniste et un traître envers son pays natal.

Sur le projet :

1/ Nous ne discutons ici que des points concernant le Vietnam, même si nous avons des sérieux doutes sur le bien-fondé des promesses de rentabilité (les 100.000 emplois !) et de rayonnement culturel que les Chinois font miroiter aux autorités françaises.  

2/ Le clou du projet est un « Parc de la paix des peuples et des nations du monde », expression ronflante et plus est mensongère puisque ce projet loin d’être pacifique constitue une machination agressive contre le peuple vietnamien et sert de tremplin à la reconnaissance par la France d’une future annexion ou tibétisation du Vietnam.

3/ Le parc sera construit aux frais du peuple Kinh. Lequel ? La seule ethnie Kinh en tant que groupe humain homogène de même culture et de même origine est celle des Jing/Kinh de Chine, une communauté de quelques 20.000 paysans, pêcheurs et commerçants modestes. Comment peut-elle avoir l’argent nécessaire pour financer ce projet ? Les Vietnamiens auxquels Pékin et Hanoï veulent appliquer le terme Kinh rejettent quasi (car il y a toujours une minorité de collabos et traîtres) unanimement cette appellation qui ne correspond à aucune réalité, et donc ne voudront jamais s’associer à une manœuvre contre leur identité. Derrière le peuple Kinh se profile en fait le gouvernement chinois à travers la province de Guangzhou et ses capitalistes rouges.

3/ Dans le projet est prévu un organisme éducatif et culturel qui s’occupe en même temps de « l’administration du peuple Kinh ». Quèsaco ? L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. Comment des Chinois osent-ils envisager installer un gouvernement officiel en France et pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas tiqué devant une telle visée ? Et puis de quel peuple Kinh s’agit-il, puisque les Kinh/Jing vivent en Chine ? Restent les Vietnamiens que les Chinois veulent assimiler aux Kinh contre toute vraisemblance malgré la complicité servile du pouvoir de Hanoï. Qui donc va s’arroger le droit de les administrer ? Les financiers du projet, c’est-à-dire les Chinois ? Au Vietnam ils ont déjà un gouvernement. Les auteurs du projet visent donc les Vietnamiens émigrés à l’étranger, en particulier ceux vivant en France. Or, pour la plupart ils sont devenus citoyens des pays qui les accueillent. Les Chinois prétendent-ils administrer des citoyens français, à supposer qu’ils l’acceptent ?

Sur la réunion elle-même :

1/ 15.25 – : Selon le bonze la réunion marque « la célébration de la renaissance du peuple Kinh ». Ces quelques mots qui énoncent deux contre-vérités dévoilent cyniquement le dessein maléfique de Pékin :

  • Pour qu’un peuple renaisse il faut d’abord qu’il ait existé et soit en voie de disparition. Or le seul peuple Kinh existant est l’ethnie Jing/Kinh en Chine qui y prospère et donc n’est pas mourant. Et même cette ethnie Kinh est une invention chinoise pour désigner une minorité de Vietnamiens immigrés malgré eux en Chine en 1887 ; la désignation exacte pour cette minorité doit être Việt, mais le terme Việt est tabou pour le pouvoir chinois car il évoque trop d’humiliation infligée par les Vietnamiens aux armées chinoises
  • Quand les participants parlent des qualités et du nombre des Kinh, ils parlent en réalité des Vietnamiens mais sans jamais les nommer comme tels et sans jamais citer leur pays, le Vietnam. Ils profitent du fait que le pouvoir de Hanoï, soumis à Pékin, s’est mis à appliquer depuis les années 1990 une politique discriminatoire de division de la population par ethnies à l’imitation du pouvoir chinois, et à imposer par suite l’appartenance des Vietnamiens à une ethnie Kinh imaginaire. Ce décret du pouvoir ne change pas au fait qu’historiquement il n’existe aucune ethnie Kinh, seulement une ethnie Việt ou plus précisément Lạc Việt dont tout le peuple se réclame. Peuple qui brille par son dynamisme et n’a pas à renaître, à moins que la Chine ne réussisse à le génocider comme c’est son intention et que montrent ses manigances.
  • Pourquoi vouloir faire renaître un peuple qui n’a pas réellement existé ? Le but de Pékin n’est-il pas plutôt au contraire de faire naître ce qui n’a jamais existé (les Kinh) dans le but d’effacer ce qui a existé (les Việt) au moins officiellement sur le papier ?

2/ 15.26 – : Le bonze se pare de l’autorité de l’Unesco pour appuyer ses dires. Qu’a dit ou fait exactement l’Unesco, il ne le précise pas.

  • S’il s’agit de « l’ethnie Kinh du Vietnam, il faut savoir que l’Unesco n’a pas à approuver ou non le changement de nom d’un pays ou d’un peuple quand c’est décidé par son propre gouvernement, il n’en commente pas la justesse et se contente d’en prendre acte, comme par exemple quand le Dahomey devient le Bénin. Cependant, pour désigner les ressortissants du Vietnam, aucun organisme international ne les désigne par » Kinh » mais par « Vietnamiens ».
  • S’il veut parler du « Parc mondial de la paix des peuples et des nations » soi-disant « construit par le peuple Kinh », l’avis de l’Unesco est a priori positif dès qu’un projet se pare d’un but pacifique. Parions que si l’Unesco a vent de la mystification et des arrière-pensées politiques chinoises, cet organisme se tiendrait à l’écart du projet s’il ne le dénonce pas.

3/ 16.21 – : Le projet comporte un bâtiment réservé à « l’étude et à l’administration du peuple Kinh » :

  • L’ethnie Kinh proprement dite, les Jing/Kinh ne comporte que 20.000 personnes et est déjà le sujet de nombreuses études, et les recherches à leur sujet doivent avoir lieu chez eux, en Chine et non pas en France. Quant aux Vietnamiens, les institutions qui les prennent comme objet d’études abondent au Vietnam et de par le monde, en particulier en France qui n’a pas besoin d’un autre organisme pour cela, et encore moins d’un organisme dont l’objectif est trompeur et mensonger.
  • L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. En acceptant sur son territoire un terrain consacré à une telle activité, la France admet la création d’un Etat dans son propre Etat, une concession de type HongKong autrefois. Comment une proposition aussi extravagante peut-elle passer sans réaction de la mairie ?
  • De plus quel est ce peuple que l’on veut administrer ? Les Kinh/Jing vivent dans le Guangxi en Chine où ils sont sous la dépendance de Pékin via les autorités provinciales. Quel besoin de leur administration en France loin de chez eux ? Vise-t-on les Vietnamiens assimilés contre toute vraisemblance aux Kinh ? ils ont un pays (le Vietnam) qui s’occupe d’eux et des ambassades pour ce faire quand ils séjournent à l’étranger. S’ils ont pris la nationalité de leur pays d’accueil, ils dépendent des seules autorités de ce dernier. Que cache alors le projet insolite proposé ?

4/ 19.30 – : Remise des 3 premiers « drapeaux » :

  • D’abord, les ethnies en Chine n’ont pas le droit d’avoir des drapeaux spécifiques, genre drapeau national. On n’a qu’à voir comment les grands peuples comme les Tibétains et les Ouighours sont réprimés dès qu’ils veulent brandir leur emblème. C’est une tromperie de présenter des panneaux-étendards comme des drapeaux du peuple Kinh.
  • Les soi-disant drapeaux ne symbolisent rien du tout et ne sont que des banderoles de tissu sur lesquels sont inscrites des phrases indicatives, en l’occurrence pour 3 panneaux : « ancêtres à travers les âges (époques – le bonze a mal transcrit en vietnamien le caractère correspondant qui est đại et non  triều ) de l’ethnie Kinh » ; d’après cette phrase indicative ils doivent servir non au culte qui est interdit en Chine mais à la commémoration des ancêtres des Kinh/Jing que l’on déploie certainement lors des fêtes folkloriques de l’ethnie. Or, ces ancêtres sont des Vietnamiens puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam. Veulent-ils remonter plus loin dans la nuit des temps, qu’ils honorent les Việt dont il ne reste rien en Chine mais des traces dans une histoire mythifiée au Vietnam. S’ils ont tellement de vénération pour leurs ancêtres, qu’ils viennent bâtir un monument au Vietnam pour leur rendre hommage, mais pas en France !
  • La phrase en petits caractères à gauche est expliquée comme « le symbole des hautes autorités en Chine et dans le monde » ! Du n’importe quoi ! Les phrases en marge d’un panneau décoratif n’ont aucune valeur symbolique ou autre, et ne font que donner d’un côté le nom ou le titre de la personne qui reçoit le panneau et de l’autre côté celui de la personne qui en est le donateur. Ainsi la mairie de Bussy St Georges qui reçoit le panneau-étendard est notée à droite du panneau ; à gauche c’est par exemple dans le 1er panneau la mention du « chef de secteur » de l’ethnie Kinh/Jing, c’est-à-dire l’administrateur des 20.000 Kinh/Jing de Chine, qui n’est donc qu’un fonctionnaire et non pas un personnage à l’égal du pape comme le vante la porte-parole.

5/  29.20 – : Remise des 4 autres « drapeaux »

  • Les quatre banderoles à un seul gros caractère signifient dans l’ordre de la présentation : « La patrie ordonne à l’ethnie », phrase plutôt vague et ambiguë.
  • Les caractères « ancêtres » et « pays » sur les 4e et 5e banderoles forment ensemble le mot patrie, la patrie étant étymologiquement le pays des ancêtres. Dans le contexte, de quelle patrie les auteurs du projet parlent-ils ? Là réside leur duplicité et leur intention mensongère. Si l’on prend le mot dans son sens originel, cette patrie doit être le Vietnam où reposent les ancêtres reculés des Kinh/Jing. Si c’est le pays où ils vivent depuis quelques générations et où reposent leurs proches aïeux, c’est la Chine. Or, la porte-parole parle d’une patrie à venir. Qu’est-ce donc ? Rêverait-elle de transformer la France en pays des Kinh puisqu’elle demande à une municipalité française de garder en gage les étendards « patrie » des Kinh comme symbole ?
  • Le bonze parle de la création d’une patrie Kinh à l’exemple d’Israel. Mais les Juifs n’avaient pas de pays à eux, alors que les Vietnamiens (que Pékin-Hanoï veulent assimiler aux Kinh) en ont un, le Vietnam, où il y a de la place pour accueillir les Jing/Kinh s’ils veulent revenir au pays de leurs ancêtres. Pourquoi vouloir créer une autre patrie ? Pour qui et où ?
  • La porte-parole et le bonze vantent l’existence de 3 millions de Kinh vivant de par le monde et cite l’ONU pour appuyer leurs dires. Il s’agit en réalité des réfugiés vietnamiens qui ont fui le communisme après la chute de Saïgon (1975), en particulier les boat people des années 1980, comptabilisés par l’Organisation internationale pour les migrations des Nations Unies qui se réfère à eux comme des Vietnamiens et non des Kinh (invention récente de Pékin-Hanoï). Avec leurs descendants et en comptant aussi les émigrés économiques dont font partie les travailleurs envoyés à l’étranger par le pouvoir vietnamien pour résoudre le chômage et récolter les devises qu’ils envoient au pays, la diaspora vietnamienne compte actuellement environ 4,5 millions de personnes dont 1,8 million aux Etats-Unis et 300.000 en France. La plupart ont pris la nationalité du pays d’accueil ; ils restent attachés au Vietnam, se considèrent comme d’origine Việt et nullement Kinh. Leur affubler le terme Kinh constitue une idiotie sinon une injure. Même le pouvoir de Hanoï qui l’impose doit parler du peuple Việt et ne se sert du terme Kinh que pour les différencier des autres ethnies.
  • En déclarant que « 27 nations qui ont des peuples Kinh sont venus rejoindre le peuple Kinh à Bussy », le bonze profère moins un mensonge qu’une ânerie ou une absurdité. Comment des nations peuvent-elle rejoindre un peuple ? Et dans une petite ville française ?
  • En présentant la 6e banderole dont le caractère inscrit dessus signifie « ordre ou ordonner » la porte-parole falsifie l’histoire du Vietnam : elle vante l’esprit irréductible des Kinh sans préciser que c’est celui des Việt, et déclare que les Kinh ont toujours « accompagné » la Chine, alors qu’en fait d’accompagnement, c’est une lutte continuelle contre ce puissant voisin. Elle fait croire que les Kinh/Vietnamiens ont toujours été pour la Chine, que la Chine n’a accordé l’indépendance au Vietnam (qu’elle s’obstine à appeler de ses vieux noms Giao Chỉ et An Nam (des noms donnés au Vietnam par les conquérants Han et Tang) qu’en 1884 (traité de Tien Tsin). Sachez qu’au cours de ses 4 millénaires d’existence, à part des périodes d’occupation chinoise (la dernière s’arrêtant en 1428) lesquelles additionnées durèrent certes mille ans, et une occupation française de près d’un siècle, le Vietnam était un pays indépendant, et les Vietnamiens sont d’autant plus chatouilleux sur cette question d’indépendance qu’ils en connaissent le prix.
  • L’ordre de la patrie, dans l’explication de la porte-parole, c’est « l’ordre à tous les Kinh de se rassembler » à Bussy Saint-Georges (comment ?) en attendant d’avoir une patrie ( ?) pour le développement du peuple ( ?). Encore une phrase ou une idée absurde. Et quelle est donc cette patrie qui donne l’ordre puisqu’au dire de la porte-parole elle n’existe pas encore ? Comme les Kinh/Jing sont citoyens chinois et que leur patrie est donc la Chine (laquelle d’ailleurs finance le projet), l’ordre de la patrie n’est-il pas en réalité l’ordre de la Chine ? Laquelle, faisant croire que les Vietnamiens sont des Kinh parents d’une ethnie chinoise Kinh/Jing, a l’intention de les rassembler sous un pays des Kinh imaginaire qui se concrétiserait en 2020 (selon un traité secret – mais éventé – entre les deux pouvoirs communistes) par la dissolution du Vietnam dans une province autonome englobant la petite communauté Jing/king, placée sous la domination de Pékin avant son annexion définitive 20 ans après. Il va sans dire qu’un gouvernement vietnamien non inféodé à Pékin comme le pouvoir communiste actuel pourrait facilement retourner l’argument en sa faveur : puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam et que la majorité des Kinh/Việt vivent au Vietnam, c’est plutôt à Hanoï de les rassembler sur un même territoire englobant donc une portion du GuangXi.
  • Dans l’« allocution » de la soi-disant princesse lors de la présentation de la 7e banderole, il est à souligner la phrase « we hope a new government in the future ». Que veut-elle dire par là ? Les Jing/King de Chine dont elle est la représentante ne sont qu’une poignée infime (20.000) par rapport à la masse des 1,4 milliards de Chinois, et ont déjà un gouvernement qui siège à Pékin. La petite communauté voudrait-elle faire sécession ? ou plutôt, se prétendant fille du roi ( ?) des Kinh, elle entend représenter un peuple Kinh élargi comprenant 85% de la population vietnamienne et voudrait régner sur tout le Vietnam avec l’appui de la Chine ?

6/ 43.25 Discours du chef de la délégation chinoise :

  • Ce représentant de la province de Guangzhou répète les désinformations historiques sur le Vietnam de la porte-parole et vers la fin souhaite que les Kinh « accompagnent le Guanzhou dans son développement ». Cette phrase ambiguë lève en fait le voile sur le sort que la Chine réserve au Vietnam après l’annexion programmée : être rattaché à la province de Guangzhou.
  • C’est d’ailleurs cette province via ses capitalistes qui financent le projet. Pourquoi le Guanzhou et non le Guangxi où vivent les Jing/Kinh ? ¨Parce que la frontière entre le Guangzhou et le Vietnam sont plus perméables et facilitent l’annexion.

Bref, tout le projet est une mise en scène qui a pour but d’installer dans l’esprit des Français et du monde entier l’idée d’un peuple Kinh imaginaire, de l’assimiler au peuple vietnamien puis d’effacer les mots Viêt, Vietnam et Vietnamien du vocabulaire des nations, ensuite de faire croire que les Kinh (du Vietnam) ne sont qu’une ethnie chinoise pour un temps séparée de la mère patrie chinoise, et enfin de faire accepter sans protestation internationale (en particulièrement de la France, complice avec l’approbation de ce projet) l’annexion du Vietnam baptisée alors retour de l’ethnie à la mère-patrie.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sinisation et annexion en marche : Eradication en cours de la langue vietnamienne au profit du chinois

Le jour du fonctionnement à l’essai de la voie ferrée aérienne Cát Linh – Hà Đông à Hanoï  (11/8/2018) – une voie de 13 km dont les travaux réalisés par un entrepreneur général chinois ont duré près de 10 ans et ont coûté au pays 868 millions USD (alors qu’une ligne de type hyperloop bien plus sophistiquée est estimée en Europe à environ 20 millions de dollars le km, soit 260 millions USD pour 13 km) -, les Vietnamiens se sont aperçus avec stupeur et indignation que les billets de train sont rédigés en deux langues, vietnamien et chinois avec le chinois en plus gros caractère et en première position (cf. https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-45167800  ).

Même la presse gouvernementale s’en est émue, et s’est mise à rappeler que depuis un an tous les panneaux et pancartes d’indication dans les nouvelles gares desservies par le train urbain comportent aussi du chinois en plus gros caractères que le vietnamien (cf. http://baotreonline.com/hang-loat-be-boi-tu-duong-sat-cat-linh-ha-dong ) Sommé de s’expliquer, le directeur du projet de la ligne ferroviaire urbaine a déclaré que le billet n’est valable qu’un seul jour, et que sa rédaction relève d’une maladresse de l’entreprise de construction chinoise qui voulait se faire comprendre des 40 (sur 200) invités chinois – réponse insatisfaisante qui en plus élude l’insultante primauté du chinois sur le billet – et a assuré que seuls le vietnamien et l’anglais seront en usage officiellement en ce qui concerne la ligne. Quant aux panneaux, ils servent, proteste-t-il, à l’usage interne des ouvriers chinois, argument que la direction du projet trouve elle-même peu convaincante puisqu’elle les a fait enlever.

Dans la foulée, nous apprenons grâce aux internautes (photos à l’appui dans clip du facebooker Huy Đức https://www.youtube.com/watch?v=PcqNbPM4IMk , de 1.05.53 à 1.12.26) que : les poteaux  frontaliers marquant la séparation entre la Chine et le Vietnam et plantés sur le territoire vietnamien sont gravés en chinois avec du vietnamien en bien plus petits caractères, et surtout comportant l’indication «  Chine, Province Vietnam » ! Cela au su et au vu de tout le monde frontalier sans que les autorités s’offusquent. Nul étonnement à ce que les millions de touristes Chinois se conduisent après au Vietnam comme chez eux ou plutôt comme en un pays conquis. Sur des routes du Vietnam apparaissent maintenant des panneaux de mise en garde (contre des nids de poule par exemple) en chinois au-dessus de la phrase en vietnamien en petites lettres. Idem pour des bornes kilométriques !

Insidieusement, le pouvoir vendu de Hanoï laisse ainsi cours à une éradication de la langue vietnamienne au profit du chinois. Des millions de smartphones chinois sont vendus avec explication uniquement en chinois. Déjà les distributeurs de billets de banque avec formules indicatives en vietnamien sont remplacés au fur et à mesure par des distributeurs avec des instructions en chinois (adoptés déjà par au moins 3 banques d’Etat dont la BIVD et Agribank).

Toujours dans les provinces frontalières, le pouvoir projette d’enseigner aux élèves des écoles primaires à la prochaine rentrée scolaire la nouvelle écriture vietnamienne calquée sur le pinyin (voir l’article à ce sujet dans ce blog) en attente de la suppression complète du vietnamien (depuis 2017, la langue chinoise est introduite comme première langue étrangère dès le primaire, en classe élémentaire), ce qui suscite une rébellion de la population qui parle de boycottage de l’ école et de confier collectivement leurs enfants à des instituteurs privés à domicile (cf. https://www.youtube.com/watch?v=ANd6QRBjcHI  à partir de 1.48). Autre projet mijoté : un nouveau passeport où le chinois figure parallèlement avec le vietnamien, dont un exemplaire modèle a fuité à l’étranger (cf. https://www.youtube.com/watch?v=pv9a25mVIuY&t=799s, à 2.45 ).

En même temps, dans les entreprises appartenant aux Chinois (60% des entreprises du pays selon une estimation officieuse), la direction pousse les employés à apprendre le chinois en leur promettant actuellement une augmentation de salaire en contrepartie ; mais à l’avenir, ce ne sera sûrement plus une incitation mais une obligation avec le choix entre sinisation ou renvoi.

La plate soumission du pouvoir de Hanoï à Pékin et la mainmise de plus en plus ostensible de la Chine sur le Vietnam sont enfin perçues par la population vietnamienne, suscitant une vaste révolte de la part de tous les citoyens inquiets pour l’existence même de leur pays) : depuis deux mois les esprits s’échauffent et les appels (par de nombreux internautes vivant au Vietnam même et pas seulement à l’étranger) à des manifestations générales et continues (à partir du 2-4/9/2018) bruissent sur le net. Le mot d’ordre ne sera plus halte à telle ou telle loi, mais « à bas le communisme » et « à bas le pouvoir vendu ». Espérons que leur patriotisme l’emporte sur leur peur d’une sanglante répression.

 

 

Inondations 2018 : Hanoï sous les flots

Tous les ans, de juin à septembre s’abattent sur le Vietnam des pluies diluviennes causant inondations et malheurs. En même temps, depuis une dizaine d’années, les centrales hydrauliques, peu prévoyantes dans leur gestion, choisissent toujours ces périodes pour déverser en aval les eaux de leur bassin de retenue, par peur de voir leur barrage s’écrouler sous la pression des flots, aggravant ainsi les crues et redoublant de la sorte les dégâts causés aux habitants et à leurs biens.

Cette année, les inondations au Nord du pays sont particulièrement dévastatrices à cause du déversement en plus exprès des eaux des barrages chinois en amont du Fleuve rouge, lesquelles s’ajoutant aux eaux de pluie, pèsent davantage sur les barrages vietnamiens et donc les poussent à ouvrir plus largement et plus longtemps leurs vannes, provoquant ainsi la rupture de nombreuses digues. Rien que pour les crues du 22 au 26/6/2018 le bilan des dommages s’élève à 15 morts, 11 disparus, 7 blessés, 1500 habitations démolies et emportées par les flots, 1200 ha de rizières et plantations diverses détruites, 5500 animaux de ferme et de basse-cour décimés, de nombreuses routes effondrées.

L’événement remarquable est que les fortes pluies quasiment ininterrompues du 18/7/2018 au 5/8/2018 dans la région de Hanoï ont causé une inondation spectaculaire dans la capitale. L’urbanisation sauvage de la ville depuis 10 ans sans aucun plan pour l’écoulement des eaux a rendu Hanoï sujet à inondation dès que la pluie dépasse 100mm. Les pluies torrentielles du mois dernier ont ainsi transformé de nombreuses rues en fleuves (voir http://dantri.com.vn/xa-hoi/khu-dan-cu-ha-noi-thanh-oc-dao-hinh-ca-giua-bien-nuoc-ngap-20180803100421402.htm ) qui mettent du temps à tarir, les lacs et étangs servant à l’épanchement des eaux étant pour la plupart comblés pour y construire des immeubles. Il est à noter que plusieurs quartiers particulièrement touchés par l’inondation étaient auparavant des banlieues campagnardes que le pouvoir a rattachées à la capitale et fait bétonner à tout va sans se préoccuper des infrastructures, faisant subir à ces villages naguère riants les mêmes problèmes sanitaires que la ville (cf. clip de Lê Dũng Vô Va https://www.youtube.com/watch?v=1di_PZDqW2w&t=1456s ).

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Car avec la crue les eaux des rivières et fleuves polluées par toutes sortes de rejets industriels et ménagers se mêlent aux eaux de pluie pour envahir maisons et lieux publics, avec pour conséquence la contamination des habitants par les bactéries et produits chimiques dangereux (arsenic, antibiotiques …) au point qu’au bout de deux semaines tous ceux qui y ont barboté se retrouvent avec des maladies de la peau. Pire encore, ces eaux entraînent avec elles des milliers de tonnes d’ordures que citoyens et entreprises déposent sauvagement dans divers endroits, à défaut de système de voirie efficient : actuellement chaque jour Hanoï produit 6500 tonnes de déchets solides dont seulement 70% sont enlevés pour être non pas incinérés mais entassés et enfouis dans un champ de 83,5 ha dans la région, le reste étant accumulé partout où il y a un espace plus ou moins libre (cf. http://daidoanket.vn/do-thi/ha-noi-truoc-van-nan-rac-thai-tintuc398855 ).

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Les quartiers périphériques de la capitale étant les derniers servis par la voirie, c’est là que les habitants souffrent en premier de la dispersion des ordures par les flots ; celui de Chương Mỹ qui abrite sur son territoire le plus de dépotoirs avec 15.000 tonnes de déchets entassés est complètement plongé dans des eaux devenues, avec les ordures, les cadavres d’animaux et les déjections humaines qui y flottent, d’immenses soupes aux microbes, bactéries et poisons chimiques, menaçantes pour la santé de ses habitants. (cf. . http://dantri.com.vn/xa-hoi/ngap-lut-o-chuong-my-thon-xom-ngap-chim-trong-bien-rac-20180806103203977.htm). Les médecins redoutent une série d’épidémies après la décrue.

Tricheries dans la notation au bac : une éducation en déroute

 

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Le 11/7/2018, après la proclamation des résultats de l’examen de fin d’études secondaires (trung học phổ thông, équivalent du baccalauréat, que nous appellerons bac par commodité) quantité de doutes et d’interrogations se sont exprimés sur la performance exceptionnelle des élèves de la province de Hà Giang (à l’extrême nord), qui représentent à eux seuls 43% des meilleurs lauréats ayant obtenu plus de 27 points sur 30 aux trois épreuves principales (mathématiques, vietnamien et langue étrangère). Sous la pression de l’opinion publique, le Ministère de l’Education et de la Formation a dû se concerter avec le Ministère de la Police pour procéder à une enquête à la suite de laquelle il reconnaît l’existence d’une majoration frauduleuse des notes (relevées de 1 à 8,5 points) de 330 copies d’examen appartenant à 114 candidats dans la province de Hà Giang lors d’une conférence de presse tenue en commun avec le Comité populaire de la province de Hà Giang le 17/7.

Le coupable désigné est le vice-directeur du Bureau des examens et de la gestion de qualité du Service provincial de l’Education et de la Formation Vũ Trọng Lương qui aurait sorti les 330 copies de leur enveloppe scellée pour en corriger les réponses et les notes en seulement deux heures (c’est-à-dire 6 secondes par copie). L’opinion sceptique ne croit donc guère qu’il a agi seul et encore moins de sa propre initiative. Le fait est que les candidats bénéficiaires de la fraude sont quasiment tous des enfants de la noklamentura provinciale, en particulier la fille du Secrétaire général du parti à Hà Giang, Trịnh Tài Vinh, connu d’ailleurs pour son népotisme, pour avoir placé neuf membres de sa famille aux postes les plus juteux de la province. Devant les critiques, les autorités ont arrêté le 23/7 le supérieur direct de M. Lương, le Directeur du Bureau des examens Nguyễn Thanh Hoài.

La fraude à l’examen est un mal récurrent dans un pays à l’administration aussi corrompue que le Vietnam, mais elle n’a jamais atteint un niveau aussi scandaleux. Par le nombre de cas concernés Hà Giang est l’arbre qui cache la forêt des provinces fautives. Ainsi à Sơn La (autre province à l’extrême nord du pays) où, selon la déclaration devant la presse le 23/7 du Directeur du Département de gestion de qualité du Ministère de l’Education-Formation, la fraude est plus grave et plus complexe à cause de la négligence dans la procédure de maniement des copies et de l’implication dans le forfait de cinq cadres chargés des examens, on compte au moins 42 candidats aux notes falsifiées. L’opinion et la presse notent aussi des résultats anormaux au bac dans d’autres provinces, Lạng Sơn, Điện Biên, Lai Châu, Hòa Bình au nord et Bạc Liêu au sud, et réclament des enquêtes dans toutes les provinces.

Pourquoi cette recrudescence de la fraude aux notes d’examen de fin d’études secondaires ? Pour comprendre il faut savoir que jusqu’en 2015 le bac ne permettait pas l’entrée directe aux grandes universités et écoles, les bacheliers devaient encore se soumettre à une sélection spécifique pour s’inscrire à l’établissement de leur choix et la concussion se portait sur cet examen sélectif, de façon relativement limitée. Depuis, cet examen de sélection dans les universités est supprimé et remplacé par l’exigence de certaines notes au bac, d’autant plus élevées que l’établissement est plus coté, lesquelles deviennent du coup l’objet de malversations. Et c’est dans les provinces les plus reculées où les cadres locaux s’érigent en potentats comme à Hà Giang que la fraude est la plus considérable.

Mais quelles sont donc ces universités si recherchées mettant si haut leur condition d’entrée (note supérieure à 27/30) ? Les universités de la Police ! Vous n’avez pas mal lu ; dans le Vietnam communiste du 21e siècle, le premier rêve des étudiants (si ce n’est pas seulement celui de leurs parents) n’est pas de devenir médecin ou ingénieur… comme partout ailleurs, mais de devenir policier en intégrant les 7 écoles supérieures de police : Institut politique de la Police populaire ; Institut de  Sécurité populaire ; Institut de Police populaire ; Université de Sécurité populaire ; Université de Police populaire ; Université de Prévention et d’extinction des incendies ; Université de techniques et de logistique de la Police populaire.

Comment se fait-il que les meilleurs élèves veuillent faire carrière dans un métier vilipendé par la population, lequel peut, dans le contexte politique actuel, les amener à commettre les pires atrocités (cf. les vidéos des exactions et tabassages barbares des policiers de diverses unités contre des citoyens sans défense) ? Entrent en jeu plusieurs facteurs :

Les frais de scolarité : Paradoxalement, sous le régime communiste de Hanoï censé être au service du peuple, l’instruction publique est payante. Depuis 1992, en même temps que se diffuse un nouveau discours mercantile sur le savoir comme une marchandise comme une autre et que l’éducation s’ouvre au privé, c’en est fini de la gratuité scolaire sauf pour les cinq années du primaire. Certes, les frais scolaires en maternelle et dans le secondaire restent minimes (moins d’un dollar par mois), mais pour permettre aux enseignants d’arrondir leur salaire, très bas (en moyenne de 100 à 200 dollars par mois), le gouvernement donne le feu vert aux diverses écoles publiques pour la perception de nombreux frais annexes du genre : heures d’études complémentaires, hygiène, boisson, etc. ; malgré un arrêté de 2011 limitant ces contributions supplémentaires, les écoles, quasiment autonomes, ne cessent d’inventer de nouvelles cotisations : pour l’embellissement ou la réfection de la classe, pour des plantations, pour remercier le corps enseignant, etc. Et le total des sommes versées par les parents pour chaque enfant peut atteindre 100 fois les frais officiels de scolarité, ce qui explique l’abandon de l’école de nombreux enfants de famille pauvre après le primaire.

Pour ce qui est des frais universitaires – toujours dans le public et non dans le privé, laissé à la discrétion des propriétaires – ils sont fort élevés par rapport au salaire mensuel moyen de la population (3 millions đồng  soit 145 USD) , le coût des études (année scolaire 2017-2018)  équivalant chaque mois à la moitié de ce montant pour les établissements les moins cotés et le dépassant pour les écoles les plus chères (médecine et pharmacie ; ajoutez à ces frais les dépenses de gîte, couvert et fournitures diverses et vous comprenez que pour la majorité des parents vietnamiens entretenir un enfant étudiant demande un énorme sacrifice.

Les écoles de police sont les seules, non seulement à être exemptes de frais scolaires, mais encore à rémunérer ses étudiants, considérés déjà comme des agents de l’Etat.

Le débouché : Alors qu’au Vietnam le taux de chômage général est de 2,3% (selon un rapport de Bloomberg de 2017), celui des diplômés de l’université atteint 17%. D’après le Ministère de l’Education et de la Formation, le nombre des étudiants dans les universités et écoles supérieures en 2017 est d’environ 1,1 million dont environ 300.000 sortent avec un diplôme (de licence, un peu moins de 200.000, 4 ans d’études, de maîtrise 105.801, 5 ans et de doctorat, 15.112, 6 ans). Mais 200.000 d’entre eux ne trouvent pas d’emploi, et parmi les 100.000 qui en trouvent ce sera souvent dans une branche n’ayant aucun rapport avec leur diplôme (par exemple en tant que chauffeur de voiture pour Grab et Uber), ce qui en résulte que seulement 15% des diplômés ont un emploi correspondant à leurs études. Gâchis colossal pour l’Etat comme pour les familles ! Au lieu de réformer le programme universitaire complètement inadapté et abrutissant (sachez que les deux premières années universitaires sont surtout consacrées à la pensée Hồ Chí Minh et à l’histoire du parti communiste !), le gouvernement préfère pousser les jeunes chômeurs à émigrer (chaque année environ 100.000 Vietnamiens – 134.751 en 2017 – quittent le pays pour aller travailler à l’étranger).

Les étudiants des écoles de police n’ont pas de souci à se faire quant au chômage. Devenus les bras armés du parti, ils sont assurés d’un emploi à vie, avec des avantages supérieurs à ceux des autres fonctionnaires.

Le retour sur investissement : Sauf s’ils ont des qualités particulières, les employés diplômés ne touchent pas plus que des employés sans diplôme. Il faut dire qu’à de rares exceptions, à cause d’un enseignement obsolète, les diplômes universitaires vietnamiens n’assurent aucune compétence certaine, ne sont guère reconnus à l’étranger et aucune université vietnamienne, (sur 235, y compris les universités privées, selon le chiffre officiel ou sur 450 selon le chiffre officieux ; pourquoi une telle différence entre ces deux comptages, nous n’avons pas trouvé d’explication) n’est classée par THE (Times higher education rankings) parmi les meilleurs établissements asiatiques. Pourtant, les cadres du parti prisent ces bouts de papier car ils sont indispensables à leur promotion. Et comme nombre d’entre eux ont été de mauvais élèves mais sont recrutés par népotisme ou par concussion, pour mériter leur position, ils se livrent à l’achat de ce que l’on appelle des faux vrais diplômes, dénoncés de temps en temps à l’occasion d’une disgrâce. Et face à l’état lamentable des universités locales, tous ceux qui peuvent se le permettre envoient leurs enfants étudier à l’étranger (dans les autres pays d’Asie aussi bien qu’en Occident), pratiquant ce que l’on appelle « l’exil éducatif » (qui concerne actuellement 64.000 étudiants).

Certains des jeunes déçus n’hésitent pas à déchirer leur diplôme en public (via internet) en guise de protestation contre l’insignifiance de leur formation. Ils ne peuvent que se révolter en constatant que leurs parents ont investi en vain dans leurs études, surtout si ces derniers ont dû vendre maison ou terre pour les financer. En plus, à moins de disposer de relations opportunes, avec la corruption généralisée des cadres, aucune embauche ne peut se faire au Vietnam sans « enveloppe » remise aux décisionnaires petits et grands. Et le salaire, plutôt bas au Vietnam, permet difficilement aux nouvelles recrues d’amortir les investissements consentis avant plusieurs années de travail.

Pour les diplômés des écoles de police, à l’exception des élèves dont l’admission a été « achetée », le problème de retour sur investissement ne se pose pas puisque les études sont gratuites et même rémunérées. De plus, avec le pouvoir qui leur est dévolu, ils peuvent rapidement s’enrichir sur le dos de leurs concitoyens, avec un brin de malhonnêteté ou de mauvaise foi.

Or, depuis des dizaines d’années le système éducatif vietnamien institué dans un but purement politique : « former des enfants sages de l’oncle Hồ » et des « citoyens fidèles au parti au pouvoir » entré en collision avec la nouvelle valeur sociale de l’argent roi, ne cesse de se détériorer. Les jeunes, passés pendant de 5 à 12 ans à la moulinette d’une propagande intense basée sur des manuels officiels dont il est interdit de s’écarter, deviennent pour la plupart passifs, sans réflexion critique et esprit d’initiative, et donc inaptes à construire une économie moderne. En outre, habitués à l’injustice et au double langage de leurs enseignants qui prêchent le sacrifice au nom du bien commun mais mettent leur profit personnel avant l’intérêt de leurs élèves ou leur devoir professionnel en les obligeant, par exemple, à prendre des cours de soutien payants auprès d’eux s’ils veulent la transmission d’un savoir plus fourni, nécessaire au passage en classe supérieure, ils finissent par trouver le mensonge et l’hypocrisie normaux, d’autant plus qu’ils les retrouvent dans leur entourage, même chez leurs parents.

Par ailleurs, le manque de probité des enseignants les porte facilement à l’amoralité et même à l’immoralité qu’ils communiquent à leurs élèves. Violence et sexe s’introduisent dans l’école à tel point que journaux et vidéos ne cessent d’évoquer des cas de viols d’élèves perpétrés par des enseignants pédophiles, de punitions barbares infligées aux élèves par les institutrices de maternelle et de primaire, de bagarres sauvages entre élèves, garçons comme filles, pour des motifs les plus futiles… On voit même dans les vidéos des lycéens et lycéennes se livrer en récréation à des jeux de mime d’actes sexuels explicites et vulgaires.

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C’est cette accoutumance à l’injustice, au mensonge et à l’immoralité donnés en exemple dès l’âge tendre qui encourage l’indifférence au malheur d’autrui, à la malhonnêteté et la corruption dans tout le pays, de haut en bas, pour toutes les relations humaines impliquant un intérêt et un semblant de pouvoir. Et comme l’emploi est ce que tout un chacun vise pour gagner sa vie, on assiste à la vénalité générale des offices, même dans les postes les plus modestes comme celui d’éboueur. Ceux d’enseignants n’échappent pas à cette règle. En mars dernier a éclaté à Krông Pak (province Dak Lak) un scandale sur la résiliation du contrat de plus de 500 instituteurs en surnombre, qui a mis en lumière cette pratique de vente et d’achat de poste (de 60 millions đồng pour chaque instit dont le salaire n’est que de 1,5 million đồng soit 67 USD par mois) tellement avantageuse que les services concernés n’avaient pas hésité à recruter à tout va alors qu’il n’est prévu que 83 postes pour ce district.

Les enseignants sont si mal payés que les meilleurs bacheliers rechignent à s’inscrire dans les facultés de pédagogie (écoles normales supérieures), ce qui dissuade ces dernières de se montrer exigeantes pour les notes requises, lesquelles sont tellement basses (9 points) que tous les candidats peuvent être admis, avec ce résultat que les transmetteurs du savoir sont cependant les moins savants. Pour remédier à cette médiocrité du corps enseignant, le gouvernement veut que ces écoles relèvent leurs conditions d’entrée, mais si les salaires ne suivent pas, le problème ne fera que se changer en celui du manque de candidats admissibles.

La déliquescence de l’éducation nationale et le peu d’empressement du gouvernement à la remettre en question fait le jeu de Pékin qui ne demande pas mieux que de voir la jeunesse vietnamienne décérébrée, égotiste et ignare, et donc prête à accepter le joug chinois. En même temps, pour se procurer de futurs bons collabos, Pékin distribue largement des bourses aux étudiants pour des études (non pas en sciences exactes, utiles au développement du pays, mais en sciences sociales et en langue chinoise) en Chine sans exiger de niveau préalable. Heureusement que la contre-propagande des amis de la liberté de l’intérieur comme de l’extérieur du pays diffusée largement grâce à Internet depuis deux ans commence à porter ses fruits en éveillant la conscience des jeunes Vietnamiens à la situation de leur patrie et donc à la nécessité d’une révolution pour changer la donne.

Manifs et répressions

Par DANG PHUONG NGHI

Le matin du 10/6/2016, en réponse à l’appel à une manifestation générale contre les deux lois sur les zones économiques spéciales (ZES, considérées comme des concessions chinoises déguisées) et sur la sécurité sur internet (en fait sur le déni de la liberté d’opinion et d’information), des centaines de milliers de Vietnamiens (400.000 selon l’estimation du facebooker Hoàng Ngọc Diêu), certains avec famille et enfants sont descendus dans les rues de diverses villes du pays : avec moins d’affluence au nord où la population mise au pas depuis plus longtemps et plus surveillée (à Hanoï, quelques centaines de personnes n’ont pu s’assembler que deux heures avant d’être dispersées manu militari par la police) est restée craintive sauf dans les paroisses chrétiennes du centre-nord, en masse dans le sud, de Đà Nẵng à Phú Quốc en passant par les villes du delta du Mékong, en particulier à Saïgon. Leur nombre, impressionnant dans un régime communiste où le peuple est bombardé de propagande prônant l’obéissance absolue envers le parti, a frappé de stupeur les autorités qui ont mis du temps à réagir.

A Saïgon, les policiers, pris par surprise, n’ont pas pu empêcher la foule des manifestants de forcer les barrages pour déambuler pendant des heures (de 8h à 17h) sur les grands axes en hurlant des slogans contre lesdites lois certes, mais surtout contre la Chine et aussi contre le communisme et le parlement vendu aux Chinois, se bornant à frapper et dépouiller les manifestants à l’écart ou en queue de la foule compacte. Mais vers la fin, profitant du relâchement des rangs et de la fatigue des marcheurs, les policiers et leurs nervis en civil et masqués se sont jetés au hasard sur les manifestants quel que soit leur sexe ou leur âge pour les battre sauvagement et les traîner dans le panier à salade (ce qui a causé un incident diplomatique avec les Etats-Unis, l’un des plus de 200 battus et emmenés au poste étant un citoyen américain d’origine vietnamienne). S’il n’y a pas de confirmation sur quelques cas de tabassage à mort, le facebooker Đinh Quang Tuyến cite le cas d’un ami, Trịnh Toàn, battu au point d’être saisi de commotion cérébrale et hospitalisé et la journaliste Phạm Đoan Trang décrit le calvaire d’un jeune homme de sa connaissance battu et torturé par 20 policiers 6h de suite jusqu’à perte complète de connaissance.

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Les manifestants ont partout défilé pacifiquement malgré les provocations des « propagandistes » et même quand certains ont été enlevés par la police. Cependant, dans la province de Bình Thuận des phénomènes de violence de la part des habitants des villes Phan Thiết (préfecture), Phan Rang et Phan Rí ont éclaté en réponse à celle des policiers, surtout quand la police a refusé de relâcher les personnes enlevées. A Phan Thiết, la foule furieuse a forcé les barrages policiers pour s’introduire dans le siège du Comité populaire (alias hôtel de la préfecture) et l’occuper. Délogés le lendemain matin (11/6) par un renfort de policiers qui ont arrêté dans la foulée plus de cent personnes,  ils sont revenus dans l’après-midi s’attaquer au siège de la police provinciale à coups de jets de pierres et de cocktails molotov, mettant le feu à une dizaine de voitures officielles et à genoux une centaine de policiers en déroute ; mais au lieu de les garder prisonniers pour s’en servir comme otages, les manifestants se sont contentés de les obliger à enlever leurs uniformes et à déposer des armes avant de leur permettre de s’enfuir par-dessus le mur de l’immeuble. En même temps, des jeunes de Phan Rí ont fait subir le même sort aux policiers de la caserne des pompiers de la ville. Le calme n’est revenu que le 12/6 avec l’intervention de l’armée et des tanks et l’arrestation d’une centaine de supposés casseurs. Pour intimider les autres, la police vient dans chaque maison interroger ses habitants. Les autorités ayant promis de sévir fermement, la population se déclare déterminée à se révolter si la vengeance étatique se fait sanglante. Or, si la mort non confirmée de deux personnes a eu lieu lors de la manifestation, vient d’être dénoncé (le 19/6) le décès d’un jeune homme de 18 ans pour côtes cassées et blessures internes à la suite d’un tabassage en règle dans le poste de police.

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Si les habitants de Bình Thuận ont été moins patients qu’ailleurs, c’est parce que de toutes les provinces ils ont le plus souffert récemment de la politique pro-chinoise du gouvernement : Depuis près de deux ans, l’air qu’ils respirent et la mer dont ils vivent (pêche, saline et fabrique de nước mắm) sont pollués par quatre grosses centrales thermiques à charbon (Vĩnh Tân dont au moins deux chinoises) qui rejettent directement leurs déchets dans la nature avec la bénédiction du gouvernement. L’eau dont ils ont besoin pour leur activité quotidienne et leur culture est accaparée par 5 entreprises chinoises de titane qui puisent jusque dans la nappe phréatique, causant outre la pénurie d’eau et la destruction des forêts, la pollution terrestre. Les pêcheurs, obligés d’aller au large pour trouver des poissons, se heurtent en mer aux bateaux chinois qui les canardent et coulent leurs embarcations sans que les autorités pipent mot. Leur manifestation contre cet état de fait l’année dernière ayant été fortement réprimée dans l’indifférence générale, ils voient leur vie se détériorer et leur avenir bouché inexorablement. Sans tenir compte de leur désespoir, le pouvoir profite de leur violence pour les présenter comme des terroristes et discréditer du coup tous les manifestants comme des naïfs dont le patriotisme est exploité à mauvais escient par des forces hostiles, justifiant de la sorte la future répression contre toute manifestation qualifiée dans les media officiels d’attroupement illégal.

Il est à remarquer que le droit de manifester ses opinions est reconnu aux citoyens dans la constitution vietnamienne de 2013 en vigueur, rédigée pour être conforme aux réquisits libéraux des organisations internationales auxquelles Hanoï a adhéré. Mais malgré ses promesses, le pouvoir n’a jamais voulu promulguer une loi ou un texte d’application sur ce droit de manifester, parce que la dictature communisme nie par nature ce droit et un texte qui transcrit ce refus et réduit à presque néant le droit de manifester fermerait au pays la porte des dites organisations. Voilà que le 19/6, dans une réunion avec des électeurs, le président Trần Đại Quang déclare la nécessité d’une loi sur les manifestations et promet d’en faire une requête au parlement. Mais les journaux (dont le populaire Tuổi trẻ) ont à peine sorti cette nouvelle que trois heures après, ils ont dû, sur ordre du Bureau de propagande, réimprimer leur numéro pour effacer le contenu de l’information et le remplacer par un autre dénonçant les manifestations à Saïgon et Bình Thuận comme des actes motivés par les incitations d’éléments hostiles. En pays communiste, même le président peut être censuré quand il parle en faveur de la liberté !

Grâce à l’effet catalyseur des 2 lois liberticides , les Vietnamiens prennent conscience que s’ils ne se lèvent pas maintenant pour contrer le régime et changer la donne, le pays tombera fatalement sous peu dans les mains des Chinois dont ils deviendront des esclaves à l’égal des Tibétains et Ouighours (déjà avec un gouvernement soi-disant indépendant, ils sont citoyens de deuxième zone par rapport aux immigrés chinois qui jouissent de facto de l’immunité administrative, judiciaire et fiscale, les autorités osant rarement les inquiéter pour leur comportement et action). Pour faire plier le pouvoir communiste ils n’ont que leur courage et leur nombre, à condition de les montrer chaque jour plus grands et dans la plus grande ténacité. Par suite ils ne peuvent laisser refroidir le feu du patriotisme réveillé en eux. C’est ainsi que des appels à des manifestations continuelles sont transmis de bouche à oreille et à travers les réseaux sociaux (que le gouvernement veut justement contrôler sinon fermer avec sa loi de sécurité sur internet). Aussi voit-on les habitants d’autres villes et d’autres localités manifester à leur tour les jours suivant le 10/6 (tels le 11/6 avec les 30.000 ouvriers de l’usine Pouyuen à Bình Chánh et le 12/6 avec ceux des usines de Long An).

Un mot d’ordre de remettre la partie étant lancé pour les samedi et dimanche 16-17/6, pour empêcher une nouvelle démonstration de force dans les rues surtout dans le sud, le pouvoir de Hanoï a envoyé 25.000 policiers nationaux armés (chính quy) à la rescousse des polices provinciales. Selon la rumeur, ces unités comprennent des militaires chinois dépêchés par Pékin déguisés en policiers vietnamiens, chargés de mater la population afin de sauver le régime, instrument indispensable de l’annexion du Vietnam à la Chine. Les policiers locaux n’étant jusqu’ici munis que de pistolet à gaz lacrymogène, de matraque et de fouet électrique, pour les rendre plus efficaces contre la population révoltée, le pouvoir vient de décider dans la précipitation de leur confier à l’instar de la police nationale des armes létales (fusils et grenades). Au spectacle de barrages et barbelés comme d’une multitude de soldats et de policiers menaçants déployés dans les endroits les plus stratégiques des grandes villes depuis le 15/6, on se croirait en temps de guerre, et guerre il y a, mais du pouvoir communiste contre son propre peuple.

Parallèlement à des mises en garde contre tout attroupement dans les media et par voie des tracts, une rafle générale est organisée contre tout citoyen susceptible de participer à une manifestation : Le week-end des 16-17/6, tout groupe d’au moins trois personnes marchant dans la rue, debout dans une librairie ou attablé dans un café dans les quartiers « sensibles » est interpellé et obligé de montrer sa carte d’identité, celui ou celle ne l’ayant pas sur lui/elle étant frappé(e) d’une forte amende, et si une personne déplaît pour une raison ou une autre aux policiers, elle est aussitôt appréhendée ; de même pour des personnes isolées mais avec un sac à dos douteux ou photographiant avec un smartphone. C’est ainsi qu’à Saïgon rien qu’en la seule journée du 16 /6 près de 200 personnes sont arrêtées. Au poste de police les malchanceux sont soumis à un interrogatoire musclé sur leurs intentions politiques, battus et torturés des heures (par exemple, sous les coups, la facebooker Võ Thị Tuyết Lê a perdu plusieurs dents qu’elle a dues avaler) et parfois des jours durant. Ils finissent par être renvoyés chez eux ou hospitalisés en cas de blessure grave, sauf une minorité, considérée peut-être comme fortement rebelle, qui reste détenue sous le chef d’inculpation « atteinte à l’ordre et à la sécurité ».

A cause donc de la surveillance accrue et de la répression, les Vietnamiens ne sont pas descendus dans la rue le week-end dernier, à l’exception des dizaines de milliers de chrétiens des provinces centrales Nghệ An et Hà Tĩnh, victimes des Chinois de Formosa, conduits par leurs prêtres et bonnes sœurs (le 17/6) ainsi que de milliers d’habitants de Chợ Gạo à Mỹ Tho, forts du statut de berceau de révolutionnaires de leur petite ville, venus assiéger le QG militaire de la province Tiền Giang (siège de la 9e circonscription militaire) aux cris de l’unique slogan  « A bas le communisme qui vend le pays » (le 18/6). Les revendications du peuple n’évoquent plus les lois sur les ZES et l’internet, car la population comprend désormais qu’elles ne sont que secondaires, car c’est sa liberté et son existence en tant que vietnamienne, c’est-à-dire la survie du Vietnam, qui sont en jeu face à l’ambition dévorante de la Chine et la traîtrise éhontée de ses gouvernants. Des appels à d’autres manifestations ce 24/6 et à tous les week-ends futurs quand c’est possible ainsi qu’à la désobéissance civile et même à l’insurrection continuent à circuler sur le net. Les Vietnamiens seront-ils assez nombreux pour avoir la volonté de s’engager dans ce bras de fer avec les autorités sachant qu’ils le paieront avec beaucoup de sang et de larmes ?  

Loi de sécurité sur internet ou loi d’entrave des internautes ?

Par DANG PHUONG NGHI

L’appel à une manifestation générale le 10/6/2018 contre le projet de loi sur les ZES (plus justement contre toute implantation chinoise au Vietnam comme c’est écrit sur certaines pancartes : « nous sommes contre toute location de terre aux Chinois, même pour un seul jour » a été massivement suivie dans toutes les villes vietnamiennes, en particulier à Saigon et Nha Trang, où les citoyens se sont déversés par centaines de milliers dans les rues, une première dans le Vietnam communiste.

Parmi les slogans écrits et scandés figure une protestation « non à la loi de sécurité sur internet ». Pourquoi cette formule au milieu des phrases anti-chinoises ?

Le fait est qu’en même temps que la loi sur les ZES, le pouvoir veut faire passer ce 12/6/2018 une « loi de sécurité sur internet » destinée en principe à la protection de l’espace internet contre les activités « nuisibles à la sécurité nationale, à l’ordre, à la sécurité sociale, aux droits et aux intérêts des organisations et des individus », mais visant en réalité à museler l’opinion, en empêchant la population d’accéder aux informations défavorables au parti et aussi bien sûr de les diffuser et de communiquer pour une action commune, surtout maintenant que, sous la pression de Pékin, Hanoï doit accélérer les transferts de souveraineté du Vietnam à la Chine suivant l’accord secret entre les partis communistes des deux pays.

Ce projet de loi, calquée sur la loi chinoise « Management regulations on internet forum and community » promulguée l’année dernière (25-8-2017, fait fi comme chez les Chinois, des droits les plus élémentaires de l’homme que sont la liberté de parole, la liberté de s’informer et de s‘instruire, le droit à une vie privée. Emue par la teneur de cette loi, le 7/6 l’organisation Human Rights Watch a sonné l’alarme et émis son inquiétude auprès du gouvernement vietnamien, suivie le 8/6 dans cette démarche par le Canada et les Etats-Unis qui rappellent à Hanoï que cette loi contrevient à ses engagements lors de son entrée dans l’organisation du commerce international (OMC).

Comme mesures liberticides dans le projet de loi citons par exemple : l’article 2.9 qui assimile tout « franchissement volontaire » « de la muraille de feu » à un acte d’espionnage ; les articles 8 &15 interdisant tout écrit et toute diffusion des informations « hostiles à la république socialiste du Vietnam » et « offensantes envers … les dirigeants ». Selon l’article 26 les opérateurs d’internet sont obligés de garder toutes les données concernant leurs abonnés, de les communiquer à la police dès réception d’une lettre d’icelle (sans besoin d’ordre de la Justice), d’effacer les informations incriminées dans les 24h suivantes, et, à la demande du Ministère de la police ou de celui de l’information et de la communication, de fermer le compte de l’abonné (particulier ou organisation) et ne plus lui fournir le service d’internet. Les fournisseurs d’internet étrangers (sous-entendus Google, Facebook, Microsoft…) étant inclus dans cet article, nous aimerions connaître leur réaction.

L’organisme FireEye, spécialisé dans la protection des données et de la sécurité des ordinateurs, révèle en 2015 que tous les sites web et le réseau d’ordinateurs du Vietnam sont surveillés et piratés par les Chinois du groupe APT30 depuis une dizaine d’années. Après tergiversation, Vncert, le Centre de secours des ordinateurs dépendant du Ministère de l’information et de la communication a reconnu que toutes les attaques informatiques (quasiment permanentes puisqu’en seulement 2 mois, 7-8/2015 plus de 1000 serveurs et environ 2500 sites furent attaqués – cf. https://www.voatiengviet.com/a/an-ninh-mang-google-facebook/4430229.htm ) sont l’oeuvre de pirates chinois. Les incursions chinoises sont d’autant plus faciles que 6/7 des équipements informatiques utilisés dans les entreprises et les services publics vietnamiens sont de fabrication chinoise (Huawei et ZTE, compagnies connues de surcroît pour l’habitude de cacher des virus espions dans leurs produits). Un problème aussi important pour la sécurité nationale que le contrôle de l’internet vietnamien par les Chinois devrait donc un sujet de préoccupation pour le gouvernement, pourtant le pouvoir de Hanoï ne s’en soucie guère.

Ainsi la future loi, loin de donner des moyens pour se prémunir contre les menées de piratage de la Chine, ne cherche qu’à chercher noise aux citoyens par crainte de leur opposition au régime. En voulant mettre internet sous tutelle et serrer l’accès à l’information, le pouvoir nuit non seulement au développement des entreprises (en informatique en premier) mais aussi à celui de l’éducation nationale. Les Vietnamiens, dont l’esprit s’est ouvert au monde grâce aux livres et articles publiés sur le net, ne peuvent que se révolter contre un projet qui les renvoie aux heures sombres d’avant internet où le parti leur faisait gober les pires âneries et mensonges.

Comme la nouvelle sur le vote de la loi leur est parvenue trop tard et qu’elle coïncide avec celle plus urgente sur la création des ZES, il n’est pas étonnant qu’à défaut d’en faire l’objet d’une action spéciale, les manifestants ont inclus leur refus de la loi de sécurité sur internet dans leurs réclamations pour la défense du pays.   

Zones économiques spéciales : des terres d’occupation chinoise déguisée

 

Trois nouvelles concessions de territoire à la Chine pour 99 ans en des lieux stratégiques bientôt ratifiées par le Parlement vietnamien sous prétexte de création de zones économiques spéciales  

Par DANG PHUONG NGHI

Du 23 au 28/5/2018 dernier, le Parlement vietnamien s’est réuni pour discuter d’un projet de loi sur la création de trois zones économiques et administratives spéciales « appelée Loi sur les unités administratives et économiques » à concéder pour 99 ans aux entreprises étrangères, situées en trois points côtiers stratégiques du pays : au nord Vân Đồn (2.200 km2, dont 551,33 km2 sur terre et 1620 km2 sur mer, province Quảng Ninh) dans la baie de Hạ Long près de la frontière chinoise, au centre Vân Phong Nord (11.000 ha dont 56.000 sur terre et 55.000 en mer, province Khánh Hòa) à 30 km de Nha Trang, face aux Spratly, particulièrement dotée d’un port aussi large et fonctionnel que celui de Cam Ranh sis tout près, et au sud l’île Phú Quốc  (58.923 ha, Kiên Giang) au large de Hà Tiên dans le golfe de Thaïlande. La loi devait être soumise au vote le 12/6/2018 prochain, mais sous la pression populaire la date du vote a été remise à la fin de l’année.

En effet, à peine la nouvelle a-t-elle paru dans les media officiels au début de juin qu’une énorme vague de protestation contre le projet gagne la population, relayée dans la presse officieuse et les réseaux sociaux, avec des appels à une manifestation générale ce 10/6/2018. Alors que contre la catastrophe Formosa en 2016, hors les quatre provinces centrales concernées, le pays ne bougea guère, cette fois-ci, comme en 2014 lors de l’arrivée dans la plate-forme de forage chinoise Hai Yang dans les environs des Spratley, des voix s’élèvent de toutes les 63 provinces du pays. Car pour les Vietnamiens, zone économique spéciale n’est qu’une métaphore destinée à tromper le peuple pour désigner annexion progressive du Vietnam à la Chine via une concession territoriale, car comme le montrent les exemples flagrants du complexe Formosa et des usines de bauxite sur les hauts plateaux, les vastes superficies « louées » aux entreprises chinoises pour 70 ans (maximum d’années permises jusqu’ici par la loi vietnamienne) sont devenues des mini-Chines jouissant de prérogatives d’exterritorialité, strictement interdites aux Vietnamiens, même aux représentants de l’ordre, où vivent par milliers des « ouvriers » chinois importés de Chine qui échappent à tout contrôle des autorités, qui prennent femme dans les familles pauvres de la région et  engendrent des petits métis chinois destinés à repeupler le Vietnam dont les autochtones sont l’objet d’un plan diabolique de génocide (dont nous reparlerons) de la part de Pékin.

Le modèle de zone économique spéciale (ZES), forme moderne de zone franche, dont le but est de créer une dynamique économique dans la région concernée, désigne un espace géographique dans lequel les lois nationales sont plus libérales que dans le reste du pays, où les entreprises se voient accorder des facilités administratives ainsi que des privilèges en matière fiscale et douanière. Il est surtout adopté par les pays en voie de développement dans le but d’attirer des investissements étrangers qui apportent de l’emploi à leurs citoyens tout en les ouvrant aux gestions et aux technologies nouvelles. A l’imitation de la Chine dont le succès de la première ZES à Shenzen est partout cité, alors qu’il est dû plutôt à d’autres raisons que les exemptions légales, comme par exemple l’attrait d’un marché potentiel de plus d’un milliard de consommateurs, le Vietnam a voulu pareillement ses ZES. Formule appliquée par nombre de pays en manque de capitaux depuis les années 1960, la ZES a eu du temps pour démontrer son peu d’efficience, malgré quelques réussites, mais le pouvoir vietnamien ne veut pas voir les échecs.

Des zones économiques (ZE) dotés de privilèges, il en existe au Vietnam : La première, à Vũng Tàu – Côn Đảo, ne dura que quelques années de 1979 à 1991, mais l’idée fut reprise en 2003, (sur instigation de Pékin ?) avec la création de celle de Chu Lai (province Quảng Nam), et à ce jour le pays en compte 18 qui ne sont pas tellement des réussites.  Malgré les déclarations optimistes des dirigeants, à part les deux ZE situées dans les provinces relativement riches de Đà Nẵng et Khánh Hòa, les autres non seulement n’ont suscité aucun essor dans la région, mais encore les provinces où elles se trouvent périclitent au point de réclamer de l’aide à l’Etat. Mais pour les dirigeants si elles ne donnent pas satisfaction c’est parce qu’ils ne sont pas allés assez loin dans les exemptions. Avec plus de faveurs les trois ZES qu’ils établissent rapporteront, selon eux, 50 milliards de dollars par an de taxes et bénéfices divers et entraîneront l’amélioration de la main d’œuvre locale. Quant aux accusations à propos de la Chine, il les rejette sous prétexte que nulle part dans le texte de loi il n’est fait mention de ce pays. Mais les Vietnamiens ne sont pas dupes, car leurs yeux ont fini par s’ouvrir sur la présence chinoise dans tout le pays et l’infamie des gouvernants.

Ils voient bien que les Chinois se sont engouffrés dans les zones économiques en tant qu’entrepreneurs pour finir par s’en rendre maîtres par le rachat des entreprises déficitaires. Au vu de la présence de plus en plus nombreuse des Chinois dans les ZE dont la superficie totale s’étend sur 7.305 km2, soit 2,2% du territoire national, et leur présence exclusive dans certaines comme celle de Vũng Áng (province Hà Tĩnh) où s’est installée l’entreprise Formosa, il est permis de penser qu’il s’agit d’une astuce pour Pékin et Hanoï de faire avaler par les Vietnamiens l’annexion progressive du pays à la Chine. D’ailleurs quel gouvernement sinon complètement vendu alloue-t-il à des ressortissants d’un pays étranger, qui plus est un pays ennemi héréditaire, de vastes portions du territoire national dans les points les plus stratégiques du pays pour s’y installer, et encore plus sans subir aucune contrainte de la part des autorités ?

Déjà, là où la Chine a réussi à arracher au pouvoir communiste de Hanoï de vastes terrains, et pas seulement dans les ZE, pour s’y implanter « économiquement » comme autour de l’usine de bauxite Nhân Cơ sur les hauts plateaux, les Chinois y migrent par milliers et dizaines de milliers grâce à une décision (non publiée mais appliquée) permettant aux Chinois d’entrer au Vietnam sans visa (chaque jour arrivent plus de de 10.000 « touristes chinois » mais on ignore combien repartent), sans limite de séjour, sans risque d’être contrôlés et poursuivis s’ils contreviennent à la loi vietnamienne (même la presse officielle fait état de nombreux cas de « touristes » coupables de grivèlerie, de violence et de vol envers les gens du pays sans que la police, appelée à l’aide, n’intervienne).

Les trois ZES qui font actuellement parler d’elles sont déjà en fait créées en 2007-2014 en tant que ZE, puis élevées au rang de ZES en 2017.  Ce qui fait débat ou plutôt la goutte qui fait déborder le vase est que (sûrement à la demande chinoise) le parlement s’apprête à leur conférer un statut spécial qui prolonge la durée de la « location » du terrain jusqu’à un siècle (99 ans) et leur accorde des privilèges administratifs et l’autonomie juridique : en plus d’énormes exemptions fiscales, les entreprises y ont le droit de créer leur propre banque et leur propre monnaie ou utiliser la monnaie de leur choix, et surtout d’instituer leur propre tribunal ; et, passe-droit tout aussi troublant, elles peuvent disposer d’armes pouvant y être fabriquées. Bien qu’elles soient censées attirer les entreprises de toute nationalité, tout le monde comprend que les Chinois sont les plus intéressés et y ont d’ailleurs déjà acheté directement ou via des prête-nom une bonne partie du terrain sur lequel des constructions sont en train de se faire. Même si au début quelques entreprises autres que chinoises s’y implantent, tôt ou tard les Chinois avec leur force de frappe financière, les auront rachetées, comme ils l’ont déjà fait dans tout le pays au point de devenir le plus gros employeur du Vietnam, ce qui les met dans la position d’exiger des candidats à l’emploi la connaissance de la langue chinoise (un des moyens les plus efficaces de la sinisation).

Dans les trois ZES situées dans de très belles régions, le pouvoir veut y promouvoir le tourisme, mais un tourisme de riches dépravés en y encourageant l’ouverture de casinos et la légalisation de la prostitution. Il faut que les dirigeants de Hanoï soient bien dénaturés pour vouloir introduire dans un pays déjà en proie à de tas de maux sociaux un facteur de déchéance sociale et un foyer virtuel de criminels. Car si le citoyen lambda ne pourra pas y venir s’amuser, jeunes Vietnamiens et jeunes vietnamiennes y seront recrutés pour servir de main d’œuvre servile et d’esclaves sexuels. Ce projet leur est probablement soufflé par Pékin qui cherche entre autres desseins à délocaliser les entreprises les plus polluantes (au sens physique et moral) tout en affaiblissant ses partenaires-rivaux. Il suffit de voir l’exemple de la ZES de Bokea au Laos, près du Triangle d’or, prise en main par la compagnie hongkongaise Kings Romans où sévissent les vices (jeux, sexe et drogue) autour de ses salles de jeux et de ses hôtels de luxe sous la férule d’une loi mafieuse privée, où ne circule que le renminbi et non le kip laotien, où la langue chinoise est de rigueur, sur laquelle le Comité pour le quadrangle économique censé la chapeauter n’a d’autre pouvoir que l’estampage d’un timbre sur le passeport des visiteurs.

Aucune loi n’a paru jusqu’ici nécessaire au pouvoir pour céder de la terre vietnamienne aux Chinois. Le secret entoure toujours les abandons de territoire à la Chine dans le traité de 1999 sur les frontières. La cession aux Chinois de plus de 300.000 ha ou 30.000 km2 de terre abritant des précieuses forêts primaires dans les provinces frontalières du nord n’a été connue que grâce à la dénonciation de deux généraux en 2010 et a entraîné après complète déforestation l’établissement d’une population immigrée chinoise incontrôlée estimée à des millions aux portes du pays, qui serviront sûrement d’argument à Pékin pour s’approprier carrément la région et redessiner ainsi la frontière en sa faveur. La plupart des projets industriels dévolus sans tambour ni trompette aux Chinois comportent toujours la « location » d’une surface importante de terrain dont les habitants sont expropriés manu militari au nom du développement pour venir grossir la masse des sans logis ou « dân oan (peuple victime d’injustice) et être remplacés par des immigrés chinois. D’ailleurs, en ce moment même, se poursuit l’expropriation des familles vivant dans les zones destinées à devenir des ZES.   

La durée consentie aux ZES n’apporte aucun changement à leur statut autonome de fait dès que les Chinois y mettent les pieds. Aucune durée n’était annoncée comme limite à la concession des 110 ha entourant l’usine de bauxite Nhân Cơ et pourtant elle est devenue une chasse gardée chinoise complètement clôturée et fermée aux Vietnamiens fût-ce des agents de l’autorité, où vivent un grand nombre de Chinois dont personne ne sait ce qu’ils y font exactement, ce qui laisse soupçonner qu’il s’agit de militaires camouflés. Elle constitue autant un espace extraterritorial que le complexe Formosa, beaucoup plus étendu (3300 ha dont 2.025 ha sur terre et 1.239 ha sur mer comprenant le port en eaux profondes de Sơn Dương), dûment concédé aux Chinois pour 70 ans avec possibilité de faire venir la main d’œuvre de Chine (estimée actuellement au moins à 10.000 employés, soupçonnés aussi d’être des militaires) pour lesquels ils construisent des logements sur des surfaces supplémentaires que leur loue le pouvoir local. D’ailleurs, dans les trois zones concernées à Vân Đồn, Vân Phong et surtout Phú Quốc une bonne partie du terrain est déjà « achetée » par des Chinois et leur constitution en ZES déjà signée par le premier ministre en 2017. Dans la réalité le projet des ZES est déjà en train de se réaliser.

Pourquoi donc vouloir entériner par une loi leur établissement et prolonger la durée de concession à 99 ans ? Certainement, les dirigeants de Hanoï préfèrent de beaucoup agir avec dissimulation, en laissant les Chinois s’emparer au fur et à mesure du pays mais sans proclamer cet état de fait, c’est-à-dire sans réveiller la fibre patriotique du peuple endormi par la propagande. Le problème est que Pékin a besoin d’asseoir une domination relativement légitime sur la Mer orientale à la fois pour contrer les critiques internationales et pour se prémunir d’une volte-face vietnamienne. Les trois ZES choisies exprès pour leur importante situation géographique, une fois entièrement dans ses mains grâce à sa mainmise sur tous les projets prévus et devenant alors une concession chinoise légale semblable à celle de Hong Kong pour les Anglais, pourront être transformées aisément en bases militaires, étant toutes les trois prévues pour accueillir un port et un aéroport. De ces bases installées sur la côte du Vietnam, la Chine pourra exercer une surveillance plus accrue sur la Mer orientale et la pousser jusqu’au golfe de Thaïlande à partir de Phú Quốc en même temps que de Sihanoukville où elle possède une base navale depuis 2010.

Quant à la durée de 99 ans, elle a été choisie pour son caractère symbolique, qui rappelle l’humiliation chinoise avec Hong Kong, à la fois pour tester la réaction des Vietnamiens que pour la satisfaction revancharde des Chinois. Au sortir de la monarchie mandchoue, la Chine républicaine puis communiste qui se relève difficilement de l’oppression mandchoue (parlant de l’empire des Qing, on oublie souvent que c’est une dynastie étrangère qui y règne et considère les Chinois comme des sujets de deuxième zone, obligés de porter une coiffure à nattes pour les distinguer des maîtres mandchous) et des mortifiantes ingérences internationales, n’a cessé de rêver à une revanche éclatante en redevenant une puissance économique et militaire (projet « Rêve de Chine » officiellement déclaré et enseigné au milliard et demi de citoyens chinois), ce qui est somme toute un désir respectable, mais afin de pouvoir dominer tous les autres, de leur infliger les mêmes humiliations que celles qu’elle avait subie, ce qui est inquiétant et exécrable. La divine surprise de la manne de capitaux apportée après son intégration dans l’ONU en 1971 par les capitalistes occidentaux dans leurs illusions de profits mirifiques a apporté à Pékin les moyens nécessaires à la réalisation de ses folles visées : Grâce aux délocalisations étrangères et aux transferts de technologie, la Chine a pu s’industrialiser, développer l’instruction publique, renforcer et moderniser son armée et surtout accumuler une réserve colossale d’argent qui lui permet de s’étendre à l’étranger en y achetant mines, terres cultivables, ports, entreprises, politiciens et agents d’influence, etc. pour y exploiter les ressources locales et y faire migrer ses ressortissants.

Le gros problème pour les pays qui s’ouvrent aux investissements chinois dans le cadre ou non des zones économiques est justement cette volonté de Pékin de régler son problème de surpopulation par l’imposition d’une abondante main d’œuvre chinoise constituée d’êtres frustes, difficilement assimilables, destinés à faire souche dans le pays endetté, par le biais des projets financés par les banques chinoises. Où qu’ils s’installent, leur présence et leur comportement suscitent des heurts avec la population locale. A cause de ce facteur humain, les implantations chinoises deviennent des colonisations de peuplement, autrement plus pernicieuses que les colonisations pour le seul profit. C’est ainsi que des centaines de milliers, voire des millions de Chinois vivent déjà plus ou moins ouvertement dans toutes les provinces vietnamiennes. L’ hostilité à l’immigration chinoise fait craindre à l’opinion que dans les ZES où leur est concédé un siècle de présence autonome, où ils peuvent vivre comme chez eux sans avoir à s’adapter à la société vietnamienne, forts de leur nombre au bout de plusieurs générations, ils risqueront de faire sécession à la façon de la Crimée de Poutine.

L’inquiétude et la colère des Vietnamiens n’a jamais été aussi forte et partagée ces jours-ci. Sauront-ils dans leur révolte manifester assez de résolution pour réclamer non pas seulement le retrait du projet de loi lequel, même accordé, n’influe guère sur le cours des événements, mais un véritable changement de politique et dans la foulée le renversement du régime, afin de sauver le pays d’une annexion programmée ?

Upheaval in East Asia Sea 

Progress of the stranglehold of China on the Paracel and Spratly at the expense of Vietnam

By Dang Phuong Nghi

Firstly, let us agree on the right name for the Sea that all western media call China Sea while no coastal country in the region calls it by this name. In these times where China wants to take control of all the Sea at the expense of other riparian countries, especially the south part of it beyond the 18th parallel which does not bath any of Chinese coast, to call Chinese, even by acquired use, a sea which shelters the territorial waters of other countries and is the subject of conflicting claims, is to comfort the China’s delirium of predatory power and to espouse its claims.

As the concerned sea borders the East Asia countries, we propose to call it simply East Asia Sea (EAS), leave to clarify North of East Asia Sea (NEAS) and South of East Asia Sea (SEAS) if we want to refer to its North and South parts.

Until the beginning of the 20th century, before the prospect of large hydrocarbon deposits beneath its waters arouses the greed of East Asia Sea riparian countries, the ten or so nations that share it did not make it a subject of contention, and Vietnam’s authority on the two archipelagos, Paracel (15.000 km2) and Spratly (160.000 km2), administered by the Nguyễn rulers since the 17th century, was not disputed by any country, including China, whose border governors made it a duty to escort to Vietnam the boats stranded on their beaches as the result of storms in the vicinity of the Paracel and Spratly, on the pretext that everything related to these archipelagos belonged to Huế court. It must be said that these archipelagos composed of islets, atolls and reefs, mostly submerged, whipped by the wind, were of interest to anyone, except fishermen and guano collectors.

Things changed starting in 1921 with the “dreams of a great China” of the leaders of the new Republic of China (concerning the archipelagos, the claims of non-communist China and communist China are similar), determined to establish Chinese presence in the South of the East Asia Sea, the crossing point for all ships trading between Europe and Asia : based on the report of a reconnaissance trip beyond Hainan island by a small fleet of Qing’s admiral Lý Chuẩn (name phonetized in Vietnamese) in 1909 which refers to the discovery of islands in the southwest of Hainan, the government of South China declared them Chinese under the name of Xisha (name then appeared for the first time), despite the fact that these islands which had already the name of Hoàng Sa in Vietnamese and Paracel in French, were already under the jurisdiction of Vietnam, or rather under that of the General government of Indochina, Vietnam having become French colony ; some Vietnamese fishing families lived there but a pre-reconnaissance patrol under Ngô Kính Vinh’s (name phonetized in Vietnamese) command took them prisoners and brought them to Hainan so that the admiral could say them deserted. The Chinese attached the islands to the district of Châu Nhai (name phonetized in Vietnamese) in Hainan, whereas they depended since the 17th century of the provinces of Quảng Nam, then of Thừa Thiên, again of Quảng Nam (the Spratly were incorporated for a long time into the Paracel before being administered separately by the province of Bà Rịa in 1933, then of Phước Tuy in 1956). The manoeuvre of the government of Canton, not recognized by the international community, was not taken seriously by colonial France. But in 1935 the Republic of China officially claimed the property of all the islands of the South East Asia Sea, and to reinforce its claims ordered the surreptitiously erecting of backdated stelae on four of Paracel islands!

During the second world war, in 1939, Japan took over the Paracel it occupied until 1946. That year, taking advantage of the disarmament of the Japanese entrusted to it by the Allies according to the Postdam agreements, the Republic of China seized the largest island in the Paracel (Phú Lâm, Woody island, 2.6 km2), then in 1947 the largest island in the Spratly (Ba Bình, Itu-Aba, 46 ha), the only one in this archipelago to have potable water, but following its expulsion from the mainland to Formosa, it had to withdraw from these islands in 1950. At the time of the San Francisco conference in 1951 by which treaty Japan returned the two archipelagos to the Vietnamese government, and where Chinese claims on them were unanimously minus three rejected, Trần Văn Hữu, king Bảo Đại’s Prime minister, was able to declare Vietnam sovereignty on the Paracel and the Spratly without any protestation from the 50 other conference attendees from which, it must be said, the two China were excluded.

In 1948, before packing for Formosa, Tchang Kai Chek (Jiang JieShi) had a map of China printed with a fancy U shape line called buffalo tongue as its maritime boundary, obtained by joining 11 traits supposed to delimit the territorial waters of China and thus attributing to China 70% of the area of the South East Asia Sea at the expense of the other coastal countries. This map went unnoticed, but in 1953, Beijing made it reprinted with modification to the number of traits, reduced to 9 but located so that the portion of sea the Chinese attributed to themselves now comprised 80% of the total area (3.5 million km2). For internal use, the U line was hardly invoked before 1998 in the various declarations of China on its maritime zones ; however this map is a time bomb because, introduced in teaching, it had since inculcated in the minds of all the Chinese the conviction that the archipelagos and the sea around belong rightfully to China, exacerbating an easily manipulated nationalism.

In 1956, making use of the evacuation of French troops and the quandaries of the new government of South Vietnam to which was devolved the sovereignty over the two archipelagos according to the Geneva Treaty (1954), the two China took over Itu-Aba the largest Spratly island and some coral banks nearby for Taipei, and the Eastern part of the Paracel (which includes Woody island) for Beijing, that they hold since. The government of South Vietnam could only protest and strengthen the guard on the remaining islands. In 1959, Beijing sent 82 soldiers disguised as fishers to attack the Western Paracel, but they were unmasked and made prisoners by South Vietnamese soldiers before being sent back to China.

The withdrawing of US troops after the Paris treaty (1973) and the entanglements of the South Vietnam army (ARVN) now alone against Hanoï and its Sino-Russian allies were an opportunity for Beijing to send on the 1/14/1974 two warships to the Paracel to take over its western islands still under Vietnamese administration ; the four South Vietnamese destroyers sent to the rescue could not get through in the ensuing naval battle (1/17-20/1974) although they were more numerous, because the technical staff of the destroyers recently handed over to the ARVN by the US army had not yet received any serious training and because the Americans had removed sophisticated equipment from these ships. The Vietnamese had to retreat after losing 75 sailors against 21 on Chinese side, leaving the Chinese now masters of the whole Paracel archipelago. The most outrageous is that the US 7th fleet that sailed off the East Asia Sea refused to lend a hand to the South Vietnamese Navy, on the order of Washington itself, supposedly allied to Saïgon, and this despite Nixon’s promise to intervene in case South Vietnam was attacked. Even worse, Washington put pressure on president Nguyễn Văn Thiệu so that he did not let the 5 already paired planes take off to go repel the Chinese from the islands. The fact is that the United States had just renewed relations with China and had somehow “sold” the Paracel to their new partner.

In the 1970s, the weakness of South Vietnam struggling with a murderous war aroused the desire of the other coastal countries to seize at least part of the Spratly, the richness of which in hydrocarbons and fish were now well known. In 1977, president Ferdinand Marcos of the Philippines, under the pretext that one of his citizens, Tomas Cloma, had taken possession in 1947 of some Spratly islets deserted by the Japanese to install a Freedom land (Kelayaan) before being expelled in 1956 by the Taïwanese who came to reoccupy Itu-Aba, claimed the sovereignty of his country over the islets and reefs thought to be part of the Kelayaan and over those near its territorial waters. Actually, as early as 1968 the Filipinos had already laid hold of some islets and reefs without garrison. As they were South Vietnam’s ally in the war, the Saïgon government let it go without protest, but managed at the end of the war to take back one islet. And since, the Philippines control 3 reefs and 7 islets (out of 14 in total) including the 2nd largest of the archipelago (Thitu island, Thị Tứ), leaving to Vietnam 21 reefs and 6 islets including Spratly island which gives its name to the archipelago.

In 1979, it was Malaysia’s turn to proclaim its sovereignty over all the reefs it believed to be on its continental shelf, and from 1983 garrisoned there to overrun and defend them. Among the 5 reefs and banks it holds, two are also claimed by the Philippines and one by Brunei. However, Brunei has no Navy and has so far been content to assert its right without indulging in military violence.

The appetite of the other riparians revived that of China which took part on a much larger scale. At the end of the Sino-Vietnamese war, seizing the defeatist reversal of Hanoï leaders, China decided to take over the Spratly. In 1987-1988, after laying hold of several Vietnamese reefs (Fiery Cross reef, London reef, Gaven reef, Hugh reef) left without guard, three Chinese frigates were sailing towards Johnson South reef (Gạc Ma) when, as they were about to disembark, they saw arrive a hundred of Vietnamese on three transport boats that came to build a terminal and plant a flag ; according to the official version, a battle arose (3/14/1988) as the result of which 64 Vietnamese were killed and 9 taken prisoner against 6 dead and 18 wounded on the Chinese side ; unable to withstand the fires of the enemy, the Vietnamese had to run away and let the Chinese take over the reefs. The reality unveiled by General Lê Mã Lương, general director of Vietnam’s military history museum, was more tragic and revolting : (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/who-ord-no-fir-in-garma-03122015052720 ) The Defence minister Lê Đức Anh, acquired with other leaders at the idea of a general capitulation to China, had prevented the arming of boats and banned the distribution of guns to sailors, and had therefore deliberately sent the hundred or so soldiers to death under Chinese cannons, history to make believe in the opinion that the transfer of the reefs to China was not decided in advance but due to a military defeat. Note in this South Johnson reef case the collusion between Taïwan and the People’s republic of China : the Chinese frigates were supplied by  Taïwanese soldiers from Itu-Aba (as they will be later in 1995 at the moment of the attack of Filipino Mischief reef) ; besides, their solidarity in the conquest of the archipelagos is confirmed in a statement from the then Taïwan defence minister Cheng Wei-Yuan : “If war breaks out, the national army (of Taïwan) will attend the Popular army in its fight” (cf. https://vi.wikipedia.org/wiki/H%E1%BA%A3i_chi%E1%BA%BFn_G%E1%BA%A1c_Ma-C%C3%B4_Lin-Len_%C4%90ao_(14-3-1988 ).   

From the Chengdu treaty in 1990, China feels stimulated to accelerate its stranglehold on the East Asia Sea, sure now of the tacit submission of Vietnam, its main opponent : Far from protesting violently against China’s growing encroachments in its possessions, even in its exclusive economic  zone (EEZ) then in its territorial waters as defined by the United Nations Convention on the Law of the sea (UNCLOS) – according to this Convention a coastal State is sovereign on the soil, the subsoil and the airspace of its territorial waters up to 12 miles or to about 20 km, and beyond up to 200 miles or about 370 km, it is entitled to fishing, building and exploitation of the soil and the subsoil, but cannot oppose the free movement on the waters and above -, in the name of the preservation of peace with the mighty “friend” of the north, Hanoï jails any citizen daring to manifest loudly its hostility to China. Beijing first began by having its parliament ratify in 1992 the historical sovereignty of China over the South East Asia Sea then ordered its historians to search the Chinese archives for supporting evidence. Taipei followed it in 1995 to raise the same claim over the whole sea included in the U line, but unlike China, suspended it in 2015 except for Taiping island (Itu-Aba) and the Pratas already in its hands.

Afterwards, with bogus historical proofs that speak mostly of island discoveries during exploration trips, Beijing presented them to UNO in 2009 with the map of its territorial waters delimited by a 9 traits line or in buffalo tongue shape, to claim sovereign rights over 80% of the Eat Asia Sea, line on which it added in 2014 a 10th feature to encompass this time 90% of the sea. But its evidence has no convincing force, especially since UNCLOS considers historical rights only in the case of continuity of peaceful occupation. Besides, in all the maps of China from the oldest to 1933, Chinese territory stops at Hainan island, its extreme point in the south, and the South East Asia Sea as well as the archipelagos within were foreign to it. And in June 2012, regardless of international opinion, Beijing gave the archipelagos and the surrounding U-sea the administrative status of a town named Sansha (ie. the three archipelagos : the Paracel, the Spratly and the Macclesfield bank / Xisha, Nansha and Zhongsha) whose municipal seat is Woody island. This provocation in addition to the attacks on Vietnamese fishermen triggered among the Vietnamese people regular demonstrations, for once allowed as remotely guided by the faction of power hostile to subjection to China. Actually, this creation of Sansha was already decided in November 2007 but was not officially declared and had raised many protests and demonstrations of Vietnamese from abroad as much as in the country.

Notwithstanding unanimous protests against its pretensions, China consolidates the conquered areas and deploys its new military power there, putting everyday a little more before the fait accompli the world, paralyzed as much by its threats as by its financial blackmails. As soon as 1990, it began to build an aircraft runway on Woody island (Paracel) and one thing leading to another constructed there a real military base with port, airport and missile hangar. In 2013, it was the Spratly’s turn to be polderized and militarized on a much larger scale ; on the 9 reefs it occupies, China erected artificial islands which form a set of 13,5 km2 with ports, airports, etc. (while the total area of the 14 natural islets of the entire archipelago is only 2 km2), at the cost of immense ecological destruction : nearly 5 million m3 of sand and corals pumped, displaced and destroyed, 15 km2 of coral reefs extremely valuable by the diversity of species that nest there forever extinct, not to mention 104 km2 of corals devastated by Chinese trawlers with their scraping of seabed in search of big clams their people are fond of (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/southchinaseadispute/china-s-activities-in-the-scs-take-up-huge-toll-on-the-marine-environment-vh-11022016103953.html ).

The first stated goal of the stranglehold on the Spratly is the appropriation of its oil reserves (estimated at only 1,5 billion tons by the Americans, but up to 50 billion tons recoverable by the Chinese). The problem of the Chinese is that 90% of the oil is in the continental margins of the riparian countries : a part in its waters of Hainan and Guangdong certainly, but especially in the gulf of Tonkin, the continental shelves of Vietnam and Sonde, north-west of Borneo. As the two last and larger deposits belong to relatively prosperous countries (Indonesia, Malaysia, Brunei), to get their hands on more oil in the East Asia Sea, China has no choice but to plunder the submissive Vietnam whose hydrocarbon reserves are in the 3rd place in Asia-Pacific. In 1992, the Chinese national offshore oil company (CNOOC) signed with the Creston Energy company an agreement for oil exploration in Vanguard Bank (bãi Tư Chính) in the Vietnamese EEZ, and the Chinese pushed the plug further by preventing PetroVietnam and Conoco Philipps from prospecting in Vietnamese waters near Vanguard Bank (1994) – incidents that led Vietnam to join ASEAN in 1995 -, then kept on causing obstacles to other prospecting or simply scientific research projects of PetroVietnam with other foreign companies (as in 2007 with British Petroleum, in 2008 with Exxon Mobil, in 2011 with Veritas, more recently in 2017 with Repsol). In front of these illegal Chinese oil prospections in the Vietnamese EEZ and the aggressive attacks of the Chinese Navy, what does Hanoï do? It remains silent or declares its concern and at best sends some vessels to take a tour near the incident sites without allowing them to act!

In May 2014, the arrival of the Chinese drilling and extraction platform HYSY 981 at 20 miles from Vietnamese coast and 30 miles from the Paracel, accompanied by 80 ships including 7 warships, aroused strong indignation in the Vietnamese population, whose demonstrations against China continued sporadically for a year, and gave rise to anti-Chinese riots (attacks of Chinese factories and on Chinese migrants). In fear of Beijing’s ire and at its instigation, Hanoï leaders turned then against the “progressist” faction and indulged in a relentless crackdown on the demonstrators, thus muzzling the opposition for several years. On the other hand, in the face of the negative reactions of international opinion, the Chinese withdrew their platform in July of the same year, but it is to bring it back some months later, in January 2015, with a threatening escort of military ships. And, sure of their impunity, they continue to drill and extract in the Vietnamese fields in the Gulf of Tonkin, even sending other platforms lend a hand to the HYSY 981 (the HYSY 943 in 2016). Since 2017, it is the Spratly reserves’ turn to be sacked with the platform HYSY 270 which came in July, accompanied by 40 military vessels and 40 armed fishing boats, taunting Vietnam at 210 km from its coast, around the Vanguard bank where PetroVietnam practiced drilling and mining the Red Emperor Fish deposit with the Spanish Repsol company ; the Chinese were so aggressive that Vietnam had to stop its partnership project with Repsol and let the field free to the invaders, always according to the capitulary policy of Hanoï which did not allow its navy to react. For not having to pay compensation to Repsol which had already paid 200 million USD for the project, PetroVietnam wanted recently to relaunch it, but on the 3/23/2018 had to stop it again under very strong pressure from China, determined to get its hands on all the oil and gas located in the Vietnamese EEZ (https://www.compuserve.com/entertainment/story/0002/20180323/KBN1GZ0JN_1 ).  

Fishes and crustaceans, another richness of the Spratly, are another object of Chinese lust. As in the East Asia region 15 million people live off fishing, the products of which represent 38% of the world fishery (figures of FAO 2012), China’s claims of sovereignty over 90% of this sea can only generate numerous conflicts with the other riparians. Especially as, like oil, 90% of the fish stocks are within 200 miles of the coast, that is in their waters and EEZs. Yet, as a self-proclaimed sovereign of the East Asia Sea, China has unilaterally imposed since 1999 an annual moratory on fishing for all fishermen, even foreign, and in 2014 obliges any foreign trawler to ask for its permission to fish there: offenders are exposed to fines (nearly 8000 USD), confiscation of material, up to destruction of the ship and physical violence. To implement its arbitrary measures, it can count on its thousands of armed trawlers (28000 sent to the South East Asia Sea in 8/2012; 18000 after the 8/16/2017 at the end of a general ban of 108 days), a veritable shock troop acting as avant-garde of its navy, always present in the vicinity, ready to come after other fishermen in the area and to drive them out of their “personal” sea.

Regarding Vietnam, after having obtained in 2000 the surrender of 9% of its territorial waters in the Gulf of Tonkin by a treaty on maritime borders more advantageous for China (which now holds 47% of the gulf instead of 39% before), Beijing has forced its hands for fisheries “cooperation” in a common area that bites further in 13,5% of Vietnamese waters, which reduces correspondingly the fish stock for the Vietnamese. Moreover, with this agreement, the Chinese don’t hesitate to compete with the small and medium-sized Vietnamese fishing boats by means of their big trawlers and even their huge factory boats which often exceed the limit of the common area to fish near the Vietnamese coast (7781 violations of the “cooperation” treaty by Chinese fishing boats and 1800 by other kinds of Chinese boats in 10 years, according to the report of the Ministry of Agriculture and Rural Development in 2014). With, as a consequence, the depletion of the stocks already steadily declining because of its widespread overfishing. To this is added the poisoning of coastal waters by Chinese factories located along the Vietnamese coast since 2016. To find fishes, Vietnamese fishermen are forced to move away into the national EEZ in the vicinity of the Paracel and Spratly where they are harassed, attacked, sunk and killed by armed Chinese trawlers and military ships. We do not count the Chinese exactions on these poor fishermen to whom China refuses even the refuge on a Paracel island in case of a big storm as required by the law of the sea (cf. https://www.voatiengviet.com/a/3465438.html ).  

With more prosperous Malaysians and Indonesians, China is more cautious and Chinese fishermen venture less often into their waters. If Malaysia which is expecting a lot of Chinese investments turns a blind eye to their incursions, since 2016 Indonesia shows its teeth and stands ready to stop them. Remain the Philippines without military means against which China multiplies the provocations. In 2012 it sent a real armada to seize the Scarborough reef occupied by the Filipinos to whom it now bans reef access. However, the waters around this reef, rich in high quality fish, provided Filipinos with much of their food. That the Chinese make the Spratly their preserve, “it is a formula for famine; more than a matter of national security, it engages food security” (senator Rudolph Recto). Comparing this annexation of Scarborough reef with that of Czechoslovakia by Hitler, president Benigno Aquino III brought the case before the International Court of Justice in The Hague (Permanent Court of Arbitration, PCA), which gave its verdict on 7/12/2016, ruling in favour of Manila : “There was no legal basis for China to claim historic right to resources within the sea areas falling within the nine-dash lines”. At the same time, the Court denies to islets, reefs and artificial islands included in the Paracel and Spratly the status of island that is to say the possibility to be entitled to an EEZ, which is also a disavowal of Taïwan claims on Taiping/Itu-Aba. No wonder then that not only Beijing but also Taïpei declared that they did not recognize the authority of the PCA, whose judgment “will be a sheet of paper good to throw away”, dixit a Taiwanese press agency.

Logically, the PCA verdict should push the other coastal countries to sue China for the same reason and use the sentence in principle favourable as a weapon in their quarrel with Beijing ; or at least the Asian countries should rely on the verdict to form an united front against China which is bullying them. But Beijing’s blackmails and financial promises in bilateral negotiations with each of them break any solidarity between them, the first to dissociate being the Philippines whose new president Rodrigo Duterte places himself under Chinese banner in exchange of fisheries cooperation and monetary arrangements. As for Vietnam which has the biggest litigation with China, its leaders too subservient to Beijing do not dare to call on the PCA despite the demand of public opinion.

Just the day after the sentence, the furious China, in defiance, threatened to establish an Air defense identification zone (ADIZ) on the SEA sea, as it had already done on the NEA sea in 2013 to the great anger of Japan whose Senkaku islands (Diaoyu, claimed by China) fall under this zone. It even pushed the provocation by organizing few days after (7/18/2016) military exercises north of the Paracel. The use of  ADIZ as well as the demonstrations of force reveal that the real objective pursued by Beijing by taking control of the archipelagos (Paracel and Spratly) and the surrounding sea is mostly military : to master a highly strategic territory, a transit point for maritime transport linking Europe to Far-East-Asia via the Middle-East, accounting for 40% of global sea freight worth 5000 billion dollars a year and especially through which pass ¾ of China’s hydrocarbon imports, just upstream of the Strait of Malacca, obligatory passage of international traffic. Having already several naval bases in costal islands of the Bay of Bengal and Andaman Sea ceded by Myanmar (Burma) in 1992 and 1994, downstream of the Strait, also with bases in the Spratly, China will military control the Strait it will have the opportunity to block at its own discretion to harm the economy of such or such enemy country.

The stranglehold on the whole East Asia Sea with the archipelagos within to make it its “Mare Nostrum” is thus a vital necessity for the imperialist China which reinforces every day its military presence in the region, providing the artificial islands with the most modern equipment : ground to air missiles HQ9, radars, control towers, etc., not to mention housing for about 10,000 soldiers, and soon floating nuclear plants (portable fast neutron reactors, capable of holding in a 6.1 x 2.6 m container, able to supply electricity for 100,000 inhabitants, very worrying for neighboring countries because of the risk of deadly disaster, the technology for this kind of plant remaining unsafe), and deploying its flotillas of armed trawlers under the protection of helicopters, missile planes, warships, sometimes accompanied by the aircraft carrier Liaoning, and especially submarines. Now, the latter with the missiles play a key role in the race for maritime supremacy, even for global one, with the USA, and the SEA Sea would offer Chinese submarines an immense undetectable and unassailable shelter (3 million km2) directly connected to their base in Longpo, Yulin (Hainan). Indeed, under the Spratly, at an average depth of 3000m, winding corridors along east-west and north-south axes allow submarines to move or hide without the knowledge of all spy devices. The fear expressed at the Filipino Ministry of Defence in 1982 : “If a hostile nation can map this region to such a degree it can sail a submarine carrying ballistic missiles, this nation can station Polaris nuclear submarines and may be able to control or threaten an area within a 4000 km radius containing one-third of the world’s population including the entire ASEAN. The bathymetry of the area is such that it is not possible to detect a submarine, so it is impossible to counter-attack” is about to materialize  (cf. https://asialyst.com/fr/2016/10/20/mer-de-chine-du-sud-le-secret-des-routes-sous-marines /). Since July 2017, Chinese submarine robots explore the SEA Sea in order to collect images and measure chemical and physical parameters, while 12 underwater gliders are deployed there to collect data on the marine environment (temperature, salinity, turbidity …); and the Chinese class JIN 094 submarines are capable of launching the Julang II ballistic missile with a range of 8000 km!

Unperturbed in the face of international disapproval, China behaves in the East Asia Sea as at home, exercising its self-proclaimed sovereignty, and considering the waters surrounding the sea’s reefs, atolls and artificial islands as its territorial waters. Thanks to its port and airport facilities, its submarines and its missiles, it is able to establish an Anti Access / Area Denial (A2/AD) system. Ubiquitous patrollers and coastguards monitor all foreign boats and prevent them from approaching the archipelagos within the limit of 12 miles, although the law of the sea authorizes the harmless passage of all foreign ships, including military ships. And in the air space above these waters, its fighters threaten and turn away foreign planes, especially military ones. With Vietnam China shows no compunction and acts already as with a conquered country : From 8/29 to 9/4/2017, it carried out military maneuvers with live ammunition in the Vietnamese EEZ of the Gulf of Tonkin, only 75 miles  from the town of Đà Nẵng, prohibiting Vietnamese vessels from approaching the area! Moreover, even on ordinary days Vietnamese boats sailing in their own waters are regularly harassed, ransomed and boarded for having violated the imaginary U line. And in the air overhanging their “territory”, if the Chinese are content to hunt and accompany the planes of other countries, with the Vietnamese they shoot without warning, as was the case of two Sukhoi aircrafts of the Vietnamese Air Force shot down on the 6/10/2016 by Chinese missiles fired from one of their submarines parked under the waters of Woody Island while they were doing an exercise flight at 32 miles from Vietnamese coast, and thus above Vietnamese EEZ – an act of criminal war that did not raise any protest from the cowardly Hanoï leaders, and that would even be concealed from the population if one of the pilots had not been rescued by fishermen. And since, for fear of firing without warning, the Hanoi-Saigon airliners carefully join their destination by a detour over Laos rather than by the coastline!

Against the aggressive ambition of China whose military budget increases by 132% in 10 years (191 billion USD in 2016, according to France-Info), its Asian neighbours (Japan, South Korea, Taïwan, Indonesia, Malaysia, Vietnam) are pushed to the arms race while pursuing economic relations with it. Even Australia, located far from the East Asia Sea and previously complacent towards Beijing, worries to see China threaten peace in the region and has just ordered 12 submarines to France as part of a program of renewal of its military paraphernalia. By not firmly opposing Beijing’s baseless pretensions from the outset, the world ends up with an unrestrained power that brutally appropriates the riches of others, and in order to achieve its ends, engages in blackmail to showdown as well as in the ruse of “fabulous” investments and loans against an asymmetric cooperation that will prove detrimental to the beneficiary. In front of the hold-up of the East Asia Sea and the potential danger it contains, the free states begin to realize that the words peace and peaceful constantly in the mouth of the Beijing leaders must be understood in their opposite meaning like in Oceania of “1984”. To make his readers understand the seriousness of the problem, an author, Antoine Brunet, compares the situation to that of a Turkey claiming full sovereignty over the Mediterranean Sea where no riparian country would have access without its permission (cf. http://www.atlantico.fr/decryptage/asie-se-livre-plus-grande-course-aux-armements-de ) . In fact this hegemonic aim has already taken place in the 16th century, but was halted by a coalition led by Austria which defeated the Turks in Lepanto (1570).

Is such a coalition against Chinese hegemony possible today? It is doubtful, given the force of attraction of the portfolio stirred by Beijing, to which will gladly give in most countries, especially corrupt, in need of capital and eager for contracts ; and as long as general opinion is not enlightened on the deceitful, cynical and cruel nature of the Chinese communist dictatorship. Yet, there is no shortage of leftists fed against American imperialism to salute the rise of Chinese imperialism, supposed to be fair and generous (let them learn about ongoing Tibetan and Vietnamese genocides!). The USA itself, the only power able to thwart China and that the latter wants to oust from Asia, only worried when the Chinese began to backfill the reefs and raise their “Great wall of sand”. Their call to stop this polderization remaining without effect, and not be able to pulverize the Chinese constructions without risking a destructive war, they have no other solution but to advocate the maintenance of the liberty of navigation in the vicinity of the archipelagos, because according the law of the sea only inland waters can prohibit the passage of foreign ships. For this, since 2015 they have decided Freedom of navigation operations (FONOP) that is to send several times a year ships and planes in the archipelagos including within 12 miles of the islands claimed by China. Each operation provokes protests by Beijing which, however, merely gets the violating vessel or aircraft escorted by its patrollers, except in December 2016 when the oceanographic vessel USNS Bowditch was robbed of a drone, but this stealing as well as that of a sonar of the USNS Impeccable in 2009 is rather in the context of the theft of technological novelties to copy them, practiced systematically by the Chinese. Also attached to the freedom of navigation, Canada decides to participate in the FONOP program with two frigates sent in the contested waters in July 2017, and the Great Britain promises to do the same soon. As for France, without joining the FONOP, it has got a dozen ships transit the same zones since 2014, as in October 2017 with the frigate Auvergne, for as admiral Denis Bertrand says, “if the freedom of navigation is flouted in the China Sea, it will be everywhere”(cf. Le Monde, 30/10/2017).

These symbolic operations that irritate Beijing do not prevent it from continuing the consolidation of its immense marine fortress from where it can control international trade and threaten all states which oppose its hegemony, a fierce hegemony, disrespectful of international law and carefree of the life of others, compared with which US imperialism is a good-natured domination. De facto China reigns already on the East Asia Sea where it is impregnable; but for this authority to be internationally accepted, it must be de jure. Although China has nothing to do with the law and thus sits on the verdict of the PCA, it needs the law to justify its annexation. It is why it is planning the creation of another international court under its thumb which will legalize its actions (cf. http://www.epochtimes.fr/chine-envisage-de-creer-propres-tribunaux-internationaux-revendications- ), whilst knowing that the judgments of the latter will have no more value than its pseudo-historical documents. In the end, it is still through Vietnam, the only country whose right to the archipelagos has long been recognized, that it will be able to obtain, following an official transfer of sovereignty, a certain legitimacy. Fortunately, so far, despite its tacit submission, for fear of unanimous disapproval as the revolt of its nationals, the power of Hanoï refuses to publicly declare its surrender to China. If the free world wants to stay free, it is in its interest to take advantage of this reluctance, that will not last, to help the Vietnamese people to shake off the communist yoke and therefore the dependence on Beijing, against which free Vietnam will be a strong bulwark.

200 milliards pour les Paracels

Nouveau stratagème chinois pour légaliser le hold-up de la Mer orientale

Relayant un article du journal chinois Global Times, le très officiel journal numérique vietnamien Pháp Luật (Loi) du 21/3/2018 fait état d’une proposition d’achat de l’archipel Paracels du Vietnam au prix de 200 milliards USD émis par le général chinois Kim Nhất Nam (nom phonétisé à la vienamienne), professeur en recherche de stratégie internationale de l’armée chinoise (cf. http://luatphapso.com/trung-quoc-ngo-y-muon-dung-200-ty-usd-mua-lai-hoang-sa-cua-viet-nam.html )..

Pourquoi ce pavé dans la mare lancé par un organe officiel au moment où l’opinion publique (brimée mais non silencieuse car s’exprimant par des voies détournées) s’indigne de l’immobilisme du pouvoir face aux exactions chinoises en Mer orientale ?

1/ Les communistes au pouvoir de Hanoï avaient déjà « vendu » les archipels (Paracels et Spratly) à la Chine. Après le traité « secret » d’allégeance de 1990 à Chengdu, ils se sont entendus avec Pékin pour lui céder progressivement tout le territoire vietnamien en vue d’une annexion prévue à partir de 2020. Et tout le monde peut constater (de visu en se rendant sur place ou par la lecture des documents glanés sur internet y compris les media officiels) l’existence au Vietnam d’immenses superficies de terrain situées aux endroits les plus stratégiques sous le couvert de zones économiques où les Vietnamiens n’ont pas droit de cité, ainsi que la multiplication de quartiers voire de villes chinois où l’unique langue utilisée est le chinois et où le yuan seul a cours. Les Paracels ont été livrés aux Chinois en 1988 après un simulacre de défaite navale (en fait un massacre de marins vietnamiens non armés perpétré par les Chinois avec la complicité du pouvoir vietnamien), quant aux Spratly, depuis juillet 2017 Hanoï laisse les Chinois y régner en maître sans réagir concrètement.

2/ Malgré l’insistance de Pékin qui cherche à obtenir du pouvoir vietnamien la reconnaissance officielle du transfert à la Chine de la souveraineté sur les archipels auquel Hanoï avait consenti en échange d’une aide militaire lors des guerres du Vietnam, dont témoigne une note diplomatique de 1958 du premier ministre Phạm Văn Đồng (voir à ce sujet notre article « SOS Vietnam…), par peur de l’opprobre général et de la révolte populaire, les dirigeants vietnamiens y ont toujours rechigné, optant pour une cession tacite et des déclarations nationalistes à l’intention du peuple, attitude hypocrite consistant à ménager la chèvre et le chou.

3/ Pour rendre son hold-up sur les archipels et la mer qui les entoure acceptable devant l’opinion internationale, la Chine a besoin de le légaliser. A défaut d’un transfert de souveraineté par décision politique de la part du Vietnam, Pékin adopte maintenant la solution de l’achat, un achat plutôt fictif puisque les 200 milliards proposés ne seront pas payés, à la rigueur décomptés de la dette contractée par le pouvoir de Hanoï à son égard (la dette publique du Vietnam en 2017 est estimée officiellement à 95 milliards USD, mais la dette des entreprises garanties par l’Etat non comprise dans ce chiffre qui est de 2 à 3 fois plus élevée est faite en grande partie auprès des banques chinoises – cf. http://ndh.vn/neu-no-cong-la-431-ty-usd-ai-tra-no-cho-dnnn-thua-lo–20170602032447449p145c151.news ).

4/ La solution de la vente semble être un prétexte « présentable » à l’opinion vietnamienne pour justifier la cession des archipels. La population sait que l’Etat est en quasi-faillite et la vente pourrait passer pour une mesure nécessaire et sauver « l’honneur » du Parti au pouvoir.

5/ Comme pour la sinisation de l’écriture vietnamienne, la publicité faite à la proposition d’achat des Paracels du général chinois par un journal officiel sert de ballon d’essai auprès de la population. Selon la réaction des Vietnamiens, la vente sera effective ou écartée comme juste un simple avis personnel.

A supposer que le régime communiste de Hanoi accepte et déclare la vente, quelle légalité juridique peut donc avoir une cession sous pression devant le fait accompli du vol ? Et de quel droit un parti qui s’est imposé par la violence, qui ne représente rien d’autre que lui-même, que les citoyens n’ont pas élu (il existe bien un parlement mais avec des candidats choisis d’avance dont le peuple ne connaît rien), peut-il attenter à l’intégrité du territoire national et s’en servir comme marchandise sans que le peuple ait son mot à dire ? Nous ne vivons plus à l’époque des monarchies absolues où le souverain considère la terre et les sujets d’un pays comme sa propriété personnelle dont il peut disposer à volonté que je sache !

La comédie de l’achat-vente des Paracels ne doit donc tromper personne. Reste cependant un point positif : en élevant une proposition d’achat, le général chinois a, sans le vouloir, reconnu officiellement le droit souverain du Vietnam sur les archipels, et donc la nullité des revendications de la Chine en Mer orientale. Que voilà un bon argument pour tous ceux qui veulent contrer l’ambition hégémonique de Pékin !

 

Visite du porte-avions Carl Vinson à Đà Nẵng

Dang Phuong-Nghi

Le 5/3/2018, pour la première fois depuis la guerre du Vietnam (1975), des navires de guerre américains sont entrés dans un port vietnamien, à savoir celui de Sa Tiên à Đà Nẵng. Il s’agit du porte-avions nucléaire USS Carl Vinson avec son escadre de 72 avions, escorté d’un croiseur, l’USS Lake Champlain et d’un destroyer, l’USS Wagner E. Meyer, avec à son bord 5500 marines.

Le porte-avion Carl Vinson, qui opérait auparavant dans le Golfe persique puis dans l’Océan indien, a été mis à la disposition du commandement de la 7è flotte depuis avril 2017, suite aux menaces de la Corée du Nord.

Cette visite historique de 5 jours, décidée lors de la rencontre au Vietnam entre le Ministre de la défense US James Mattis et celui du Vietnam Ngô Xuân Lịch le 25/1/2018, qui va « contribuer à maintenir la paix, la stabilité, la sécurité, la coopération et le développement dans la région », selon la porte-parole du Ministère des affaires étrangères Lê Thị Thu Hằng, est saluée par les média aussi bien vietnamiens qu’étrangers comme le signe d’un rapprochement Etats-Unis – Vietnam et un message envoyé à la Chine conquérante en Mer de l’Asie de l’Est.

N’en déplaise aux commentateurs, la réalité est moins encourageante. Pour ce qui est du message, il faut savoir que la présence du porte-avion Carl Vinson dans le Pacifique Ouest a été discutée avec Pékin et approuvée par elle. Sa visite amicale au Vietnam, quoique chasse gardée de la Chine, l’irrite moins que les manœuvres militaires menées par lui avec l’Australie et le Japon en 2017. Quant au rapprochement US-VN, il faut remarquer que pour marquer l’événement et accueillir le porte-avion aucun personnage de l’Etat, aucun haut gradé militaire de l’Etat-major ou de la marine n’est venu : La délégation vietnamienne se compose uniquement de quelques sous-grades représentants de la 5e région militaire et de la 3e région maritime (dont dépend Đà Nẵng), de l’Unité des garde-frontières de la province et du Service des affaires étrangères du Ministère de la défense, chapeautés par le Directeur des affaires étrangères de la ville, alors qu’en face s’est présenté le contre-amiral commandant en chef de la 7e flotte US Philip G. Sawyer. Mais pour le plus grand plaisir des Américains, pour compenser l’impolitesse des officiels, la population vietnamienne s’est déplacée en grand nombre pour leur faire fête.

Par contraste, l’arrivée officielle à Saigon le 22/10/2016 de trois bâtiments de guerre chinois commandés par le chef d’état-major de la flotte de la Mer orientale Vương Hồng Lý (Wang Hongli) — après deux visites en catimini, c’est-à-dire cachées au peuple car non relatées dans les media officiels, d’autres navires militaires en 4/2012 (1 navire) et 1/2013 (3 navires) – a donné lieu à un accueil solennel suivi d’agapes  de la part du plus important personnage du Sud-Vietnam, le Secrétaire général du parti à Saigon Lê Thanh Hải, ainsi que les plus hauts gradés militaires de la région. Mais, à la différence des autorités, le peuple saïgonnais s’est montré tout juste curieux et résolument hostile envers les « envahisseurs » invités.

Pour les initiés, toutes les démonstrations de bonne entente avec les pays du monde libre du pouvoir communiste de Hanoï ne sont au mieux que l’application d’une politique oscillatoire (đu dây) qui consiste à changer de partenaire selon l’intérêt du moment, dans le cas du Vietnam à passer de la « grande amitié » avec la Chine au flirt avec ses rivaux, et correspondent à des velléités d’indépendance par rapport au maître chinois chez une faction dirigeante temporairement prédominante. Au pire, ce sont des simagrées pour cacher au monde et surtout au peuple vietnamien la soumission déjà complète du Parti à Pékin.

Avec l’arrivée du porte-avion Carl Vinson, le pouvoir a ainsi réussi à insuffler de faux espoirs de changement de politique à un peuple excédé par les difficultés de la vie quotidienne (dégradation de tous les « services » publics, augmentation des taxes et impôts, insécurité alimentaire…) et la corruption généralisée, et donc à endormir pour un bon moment son envie de révolte.

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