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Derrière la pandémie du virus de Wuhan, une guerre biologique sournoisement engagée par la Chine dans son ambition d’hégémonie mondiale

Par DANG PHUONG-NGHI

Maintenant que la pandémie du virus de Wuhan sévit partout, infectant au moins (car on n’a pas tous les chiffres et ceux communiqués par certains pays sont minimisés) plus de 7,2 millions de personnes dans le monde et tuant 411.436 d’entre elles (à la date du 9/6/2020) mettant près de 200 pays knock-out, sapant leur économie, réduisant leurs ressortissants à des individus isolés dans l’impossibilité de vaquer normalement à leurs affaires par crainte de contagion, les yeux de nombre d‘Occidentaux commencent à s’ouvrir sur la nature du régime chinois, les amenant à se poser des questions sur le danger qu’il représente pour leur prospérité et survie. Divers groupes politiques (sénateurs, députés, ONG), professionnels (avocats, entrepreneurs) et des milliers de particuliers dans plusieurs pays ont décidé d’intenter un procès au pouvoir chinois pour avoir menti avec la complicité de l’OMS sur la gravité et le pouvoir de contagion du virus et retardé de proclamer les risques de pandémie, empêchant ainsi les autres pays de prendre à temps des mesures de protection qui en limiteraient les effets. Plusieurs pays, les Etats-Unis en tête, réclament une enquête poussée sur l’origine du virus, naturelle ou artificielle, tant pèsent les soupçons d’une fuite accidentelle ou délibérée du virus hors d’un des deux laboratoires de virologie de Wuhan : le P2/BSL2 (Pathogène 2/Bio safety level 2 – classification selon la dangerosité croissante de 1 à 4 des micro-organismes étudiés) du Centre de contrôle et de prévention de maladies (CDC), et le premier laboratoire de virologie P4 chinois construit en 2010-2015 à Wuhan avec l’assistance technique de la France malgré l’opposition des responsables de la Sécurité nationale dont les réserves sont balayées par les gouvernements de J. Chirac et F. Hollande par la promesse d’un droit de regard français sous forme d’une coopération du P4 de Wuhan avec l’institut Mérieux de Lyon, promesse évidemment non tenue, les Chinois refusant toute collaboration une fois la construction finie et l’accréditation comme P4 obtenue en 2017. D’ailleurs, la technologie pour la fabrication d’un tel laboratoire une fois connue grâce aux Français, la Chine en a mis sur le chantier trois autres, à Harbin, Beijing et Kunming, les quatre laboratoires P4 s’ajoutant ainsi aux quatre P3 mobiles livrés par la France en 2015 pour former un réseau de recherche sur les micro-organismes mis sous le contrôle de l’armée, même si officiellement le P4 de Wuhan qui fait partie de l’Institut de virologie dépend comme ce dernier de l’Académie des sciences. C’est ainsi qu’à la mi-janvier c’est dans ce P4 même que la major-générale de l’APL, Chen Wei, une spécialiste des armes biochimiques, dépêchée à Wuhan pour coordonner la lutte contre l’épidémie, a établi son QG.  

Jusqu’ici la version officielle chinoise, adoptée par un grand nombre de scientifiques internationaux et relayée par tous les partisans de la Chine – et ils sont nombreux les progressistes et les organismes noyautés par les espions chinois à être complaisants envers ce pays totalitaire, par cupidité et auto aveuglement – attribue l’épidémie à une malheureuse contamination sur humain d’un virus de chauve-souris ayant muté après infection d’un autre animal – hôte intermédiaire indispensable -, probablement un pangolin, avec lequel est entré en contact le patient zéro, celui-ci ayant pu attraper le virus en se faisant mordre par l’animal vecteur ou après avoir mangé de la viande d’animal vecteur ayant servi aux expériences que des employés des laboratoires vendent illégalement sur les marchés locaux. Pour appuyer ces dires, est présentée comme ce patient zéro une marchande de crevettes de 57 ans travaillant au marché humide (de fruits de mer et de faune sauvage) Huanan de la ville de Wuhan dans la province de Hubei, tombée malade le 10/12/2019. Une étude chinoise publiée dans The Lancet (https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30183-5/fulltext ) cite par contre comme premier cas confirmé de victime du nouveau coronavirus celui d’un Wuhanais âgé atteint d’Alzheimer, n’ayant jamais eu de contact avec le marché humide. Se basant sur un rapport interne du gouvernement chinois, le journal hongkongais South China Morning Post situe bien avant l’infection (https://www.scmp.com/news/china/society/article/3074991/coronavirus-chinas-first-confirmed-covid- ), au moins le 17/11 chez un résident de 57 ans de la province de Hubei, sans lien avec le marché Huanan, le premier d’un groupe de 9 cas de 39 à 79 ans, les cas se montant à 27 à la mi-décembre pour grimper à 60 le 20/12, 180 le 27/12 et 266 la fin de l’année, date vers laquelle les médecins comprennent qu’ils ont affaire à une nouvelle maladie. Zhang Jixian, médecin de l’Hôpital provincial de Hubei avertit ainsi dès le 27/12 les autorités qu’il ne s’agit pas d’une simple pneumonie mais d’une pneumonie causée par une forme inconnue de coronavirus, mais l’information est tenue secrète et est arrêté le groupe des 8 médecins dont fait partie l’ophtalmologiste Li Wenliang (considéré comme héros martyr par les internautes chinois après sa mort par infection du virus le 7/2) qui lance l’alerte le 30/12. Une étude récente des scientifiques de Harvard publiée le 9/6/2020 vient de suggérer que le coronavirus peut avoir déjà sévi à Wuhan à la fin d’août 2019 sur la foi des augmentations anormales de voitures parqués dans les hôpitaux de la ville ainsi que de celles des recherches sur le net portant sur la toux et la diarrhée (cf. https://healthpolicy-watch.news/covid-19-may-have-been-occuring-as-early-as-august-2019-study-of-wuhan-hospital-traffic-online-searches-of-symptoms/ ).

Les dignitaires chinois devraient accueillir cette étude avec sympathie car elle implique une origine naturelle du virus qui pourrait circuler depuis longtemps en Chine du Sud et aurait fini par se transmettre d’homme à homme en automne 2019. Le problème est qu’elle rendrait la dissimulation de Pékin beaucoup plus longue et délibérée. En s’obstinant à situer son apparition en décembre 2019 sur le marché humide, ils rendent improbable l’origine naturelle du nouveau coronavirus, baptisé par l’OMS (à l’instigation de Pékin qui refuse tout nom le reliant à la Chine) successivement nCov-2019 puis SARS-Cov-2 et enfin Covid-19 (CoV =Coronavirus, SARS = Syndrome aigu respiratoire sévère, Covid = Coronavirus disease). Reste la thèse d’une échappée d’un laboratoire de ce virus. Cette éventualité, fermement rejetée par Pékin et ses défenseurs, est pourtant plus plausible que l’apparition soudaine du virus sur le marché en décembre alors que la maladie s’installe déjà au moins en novembre ! Envisagée sérieusement par les enquêteurs américains, elle est confortée par deux câbles de diplomates américains, Jamison Fouss consul général à Wuhan et Rick Switzer conseiller scientifique à l’ambassade US à Pékin, après des visites le 19/1 et le 25/3 2018 à l’Institut de virologie de Wuhan, publiés par Josh Rogin dans le Washington Post du 14/4/2020 (cf. https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/laboratoires-de-wuhan-des-cables-confidentiels-americains-avaient-alerte-sur-les-risques-de-pandemie-118150 ). Il y est révélé que les deux laboratoires de l’Institut de virologie (à 12 km de la ville) et du Centre de contrôle et de prévention de maladies (situé seulement à 280 m du marché humide) qui étudient tous les deux entre autres les coronavirus de chauve-souris souffrent de faille dans la sécurité et la gestion avec un manque flagrant de personnel compétent, et les auteurs y poussent les Etats-Unis (qui contribuent au budget du P4 par l’allocation de bourses d‘études attribuées par le National Institutes of Health /NIH) à aider les Chinois à renforcer la sécurisation de ces laboratoires pour empêcher tout risque de fuite de germes dangereux. Ces câbles suggèrent l’idée qu’en raison de l’insuffisance de leurs mesures de sécurité l’un de ces deux laboratoires a laissé s’échapper le virus meurtrier. 

Mais comment expliquer la présence du néo-coronavirus dans ce laboratoire ? Selon les scientifiques, à l’exception du COVID 19 et auparavant du SRAS/SARS (aussi supposé apparu sur un marché ou échappé d’un laboratoire chinois de Guangdong, responsable d’une épidémie qui toucha plus de 8000 personnes et fit près de 800 morts dans 30 pays en 8 mois mais semble éradiqué!) puis du MERS (d’origine méconnue, apparu en 2012 en Arabie Saoudite, peu contagieux mais plus létal, lequel perdure et a infecté depuis jusqu’à 2019 dans 26 pays 2428 personnes dont 837 en sont morts), les coronavirus, bénins chez l’animal porteur qui en est immunisé, ne se transmettent pas directement à l’homme à moins de muter auparavant dans un autre animal mammifère devenu vecteur d’une maladie plus ou moins dangereuse pour l’homme ; et même si certains, heureusement les moins virulents, infectent directement l’homme, il lui faut une longue adaptation pour que la contamination interhumaine se fasse. Pour que le coronavirus de Wuhan, échappé d’un des deux laboratoires, contamine les gens, il faut donc que ce soit un coronavirus qui ait déjà muté, puisqu’en principe les coronavirus conservés dans les deux laboratoires de Wuhan, recueillis directement sur les chauves-souris, ne peuvent en cet état naturel contaminer les humains. Si un de ces virus devient dangereux dans un environnement confiné, c’est qu’on l’a rendu tel soit en manipulant ses gènes, soit en l’inoculant dans divers animaux mammifères pour susciter sa mutation, mais même dans ce dernier cas on ne peut plus dire que le coronavirus infectieux issu d’un laboratoire de Wuhan est naturel, puisqu’il est artificiellement devenu transmissible à l’homme. D’ailleurs, un aspect actuel de la recherche dans certains laboratoires P4 vise « le gain de fonction » qui consiste à manipuler les virus de telle sorte que leur effet devienne plus fort (activation accrue) ou même anormal ; en pratique cela revient pour les virologistes à faire muter de façon empirique un virus et même à créer un virus chimérique par encodage d’une (et aussi plusieurs) protéine(s) zoonotique(s) dans son génome afin d’en faire un virus transmissible à l’homme dans le but d’étudier les risques qui lui sont liés. 

Bizarre procédé que celui de crier au loup avec les alertes sur les risques jugés potentiels des virus d’animaux pour faire advenir exprès dans la réalité ces risques ! Pourtant, malgré la dénonciation de la dangerosité de la recherche du gain de fonction par des experts sérieux comme le biologiste Richard Ebright de l’Université Rutgers dans le New Jersey (« Le seul impact de ces travaux est la création dans un laboratoire d’un nouveau risque non naturel ») ou le virologue Simon Wain-Hobson de l’Institut Pasteur (« Si le virus s’échappait, personne ne pourrait en prédire la trajectoire » – cf. http://www.wikistrike.com/2020/02/la-militarisation-du-laboratoire-p4-de-wuhan ), elle est fermement soutenue à titre de lutte préventive contre les futures épidémies par l’OMS et des tas de particuliers et d’autres organismes qui y trouvent leur compte : les militaires qui y voient un bon paravent pour fabriquer des armes biologiques, l’industrie pharmaceutique qui y trouve l’occasion de s’enrichir encore plus avec les vaccins réclamés par les populations affolées par la peur d’une contagion mortelle, et les apprentis dictateurs qui peuvent avec l’obligation de vaccination et la nécessité de son contrôle imposer un flicage de leurs administrés infantilisés grâce à des outils numériques, en particulier des puces (déjà préparées par des opportunistes comme Bill Gates dont le rôle dans les vaccins est plus que trouble – cf. https://www.nexus.fr/actualite/technoscience/billy-the-king/) .  

Or, des deux laboratoires de Wuhan, seul le P4 a des spécialistes capables de recombiner les virus, à commencer par sa directrice Zhengli Shi, surnommée Batwoman pour son expertise en chauves-souris, connue pour avoir réussi à co-créer en 2015 un coronavirus chimérique en hybridant un coronavirus de chauve-souris fer-à-cheval et celui du SRAS. Bien entendu, Mme Shi comme son supérieur, le Directeur de l’Institut de virologie rejettent toute implication dans l’existence et la propagation du néovirus. Le mystère reste entier, donnant lieu à des querelles de spécialistes dont la majeure partie penche pour l’apparition spontanée du virus déclaré naturel. Dans un article de Nature medecine du 17/3/2020 des auteurs vont au secours de cette théorie du virus naturel en postulant une évolution lente dans la nature d’un virus du genre Sras/Sars devenu virulent après être resté longtemps inoffensif chez l’homme, sans toutefois écarter absolument la possibilité de sa fuite hors d’un laboratoire où il a muté artificiellement (cf. https://www.nature.com/articles/s41591-020-0820-9). Quant à la supposition d’une échappée de laboratoire, elle a reçu l’appui du prof. Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008 pour ses travaux sur le virus du Sida mais très controversé pour ses prises de position iconoclastes comme par exemple son soutien à la théorie de la mémoire de l’eau du prof. Jacques Benveniste ou son opposition à l’obligation des vaccins, qui voit dans le virus de Wuhan une création de laboratoire obtenue par insertion d’éléments du virus du Sida dans le génome d’un coronavirus (cf. https://www.doctissimo.fr/sante/news/Coronavirus-Luc-Montagnier-Prix-Nobel-virus-sorti-laboratoire), à l’instar de deux auteurs indiens (cf.  https://greatgameindia.com/indian-scientists-discover-coronavirus-engineered-with-aids-like- acceinsertions/ ) fort critiqués mais aussi appréciés (ce que taisent les partisans de la version officielle) qui retirent leur article et promettent de revenir avec une étude plus poussée. La bronca contre l’hypothèse du virus trafiqué vient du fait qu’elle laisse ouverte celle d’un coronavirus à usage d’arme biologique lâchée à l’air libre, délibérément ou non. Tous les esprits pacifiques qui tiennent à leur confort matériel et moral répugnent à envisager un acte aussi malveillant de la part de la Chine et taxent dédaigneusement d’adeptes du complotisme ceux qui assument cette éventualité, même si elle est plus logique et conforme à ce que l’on sait de la Chine communiste. Font pourtant partie de ces pestiférés des experts sérieux et respectés, tels Anthony Tu, professeur émérite en toxicologie à l’Université de Colorado (cf. https://www.nippon.com/fr/in-depth/g00842/ ) et Francis Boyle, professeur de droit international à l’université de l’Illinois et rédacteur de la loi anti-terroriste sur les armes biologiques votée aux USA en 1989 (cf. https://greatgameindia.com/dr-francis-boyle-creator-of-bioweapons-act-says-coronavirus-is-biological-warfare-weapon/ ).

Le développement et la conservation d’armes biologiques dans les laboratoires des pays qui disposent des moyens nécessaires est pourtant une triste réalité. La Convention internationale sur l’interdiction des armes biologiques votée en 1972, en vigueur en 1975 comme celle sur l’interdiction des armes chimiques votée en 1993, en vigueur en 1997, ne sont guère contraignantes car non seulement elles ne prévoient point des contrôles efficients, elles n’interdisent pas tout à fait la fabrication et la conservation des agents biologiques et toxines mais s’élèvent seulement contre leur emploi à des fins hostiles. Ce qui permet aux Etats de continuer la recherche et le stockage de dangereux micro-organismes et produits toxiques sous prétexte de souci défensif, dans un but pacifique. Mais alors que les pays libres et démocratiques sont assez retenus par une certaine tradition éthique et le jugement de leur opinion publique pour manigancer une guerre biologique contre leurs adversaires ou rivaux, il n’en est pas ainsi des dictatures, en particulier de la Chine. Comme Hitler qui exposait sans aucune gêne son funeste programme dans Mein Kampf dès 1925, bien avant sa prise de pouvoir, les dirigeants communistes chinois depuis Mao n’ont jamais caché leur rêve d’hégémonie mondiale à n’importe quel prix. En 2005, le général Chi Haotian, ministre de la défense chinoise de 1993 à 2003, fit deux discours (textes fuités sur le net chinois, aussitôt analysés par Epoch Times pour vérifier leur authenticité et traduits en anglais par des auteurs indiens en 2009 et 2011 – cf. https://defence.pk/pdf/threads/war-is-not-far-from-us-and-is-the-midwife-of-the-chinese-century.3 et http://www.indiandefencereview.com/spotlights/is-nazi-china-emerging/)  où il évoquait la nécessité pour la Chine surpeuplée de faire une guerre de conquête des Etats-Unis (l’Europe et le reste du monde seront aisément soumis une fois les USA défaits), et insistait sur la guerre biologique comme moyen le plus efficace pour « nettoyer » l’Amérique et procurer de « l’espace vital » aux Chinois. Dans le discours « La guerre s’approche de nous », il loue Deng Xiaoping d’avoir développé les armes biologiques « qui peuvent éliminer en masse des populations du pays ennemi ». « Si nos armes biologiques réussissent l’attaque surprise, le peuple chinois pourra garder les pertes au minimum dans le combat contre les Etats-Unis. Peut-être la Chine subirait-elle une catastrophe dans laquelle la moitié de sa population pourrait mourir… La population, même si plus de sa moitié meurt, peut se reproduire. Mais si le Parti tombe, tout s’en va et pour toujours ». Dans l’autre discours, intitulé « La guerre n’est pas éloignée de nous et accouche du siècle chinois », il répète et précise ses propos : « Nous devons combiner le développement économique avec la préparation de la guerre et la conduite de notre peuple hors du pays… Notre développement économique réside entièrement dans une préparation en vue du besoin de la guerre. Publiquement nous affirmons toujours que le développement économique est notre préoccupation centrale, mais en réalité le développement économique est centré sur la guerre ». « Il y a eu un rapide développement de la technologie biologique moderne, et de nouvelles armes biologiques ont été inventées l’une après l’autre. Naturellement nous ne sommes pas restés oisifs ; les années passées, nous avons saisi l’opportunité de maîtriser ce genre d’armes. Nous sommes capables de réaliser notre but qui est de nettoyer tout d’un coup l’Amérique ».

Ces deux discours qui ressemblent à des élucubrations d’un fou reflètent pourtant les pensées de la classe dirigeante chinoise qui ne les a guère démentis et continue d’éduquer la population chinoise dans la haine du monde libre, la préconisation de la violence contre l’ennemi et la glorification du Parti. Ils confirment au moins l’étude et la fabrication des armes biologiques en Chine depuis une vingtaine d’années et la détermination de Pékin à les utiliser pour s’assurer l’hégémonie mondiale. Dans cette optique « complotiste » le virus de Wuhan serait l’attaque surprise projeté, décidé suite aux humiliants revers subis dans la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Mais dans ce cas le virus devrait être lâché aux Etats-Unis et non sur une ville chinoise ! Empoisonner en masse ses propres concitoyens, au lieu des ennemis, cela n’a pas de sens. Mais là justement que réside la « beauté » de la chose : quel pays devant l’hécatombe à Wuhan irait accuser la Chine de fauteur de guerre biologique ? Or, Mao et ses successeurs ayant toujours déclaré qu’ils sont prêts à sacrifier jusqu’à la moitié de leur population pour arriver à leur fin dominatrice, condamner à la maladie et à la mort quelques millions n’est point un problème pour eux, et déclencher la guerre de façon sinueuse entre dans la stratégie de la dissimulation prônée par Sun Tzu qui nécessite une longue préparation. La difficulté c’est de trouver un agent pathogène que l’on connait bien mais pas l’ennemi, qui soit à la fois très contagieux et assez virulent pour créer la panique et que les symptômes de son infection soient assez semblables à une infection bénigne pour endormir l’ennemi quand l’épidémie s’installe, et le néocoronavirus remplit ces conditions. A supposer donc que le virus ait été intentionnellement libéré, reste à trouver le lieu adéquat et le moment le plus propice pour propager la maladie et la diffuser dans le monde et donc chez les ennemis. L’idéal pour le lieu c’est une grande ville avec une concentration importante d’habitants dont une partie a émigré un peu partout et comportant une classe moyenne relativement aisée susceptible de voyager, qui ne soit ni la capitale ni la ville-vitrine Shanghai ; ce sera donc Wuhan, province Hubei, dans le centre, la 9e ville du pays avec 8.365.000 habitants, agglomérations comprises (selon Population stat, alors que les journaux citent le chiffre de 11 millions !) où se trouve en plus des laboratoires de virologie. Pour la date, il faut la calculer de sorte que la contamination de la population soit assez forte au moment de sa dissémination, c’est-à-dire de préférence pendant les fêtes du nouvel an lunaire qui tombe cette année le 25/1, période de rassemblements et de réunions familiales. Comme il faut environ 2-3 mois pour que la maladie atteigne son cap, si l’on veut lâcher le virus, ce doit être vers la fin d’octobre, ce qui coïncide avec l’apparition des premiers cas en novembre. 

Même si le virus n’a pas été volontairement lâché sur Wuhan mais s’est échappé accidentellement, après les morts suspectes apparentées à celles causées par le SRAS signalées en novembre par les médecins de la ville, le pouvoir chinois humilié par l’obligation de signer le traité commercial avec les USA a aussitôt saisi l’occasion pour l’utiliser comme arme biologique en appliquant la même ruse qu’en cas de guerre ourdie. A savoir laisser la maladie se répandre pendant deux-trois mois en faisant taire les lanceurs d’alerte et interdisant toute référence au néocoronavirus – les rares journalistes et particuliers osant passer outre tels Fan Bin et Chen Quishi étant aussitôt arrêtés et amenés on ne sait où -, en minimisant le nombre des victimes tout en donnant des fausses informations pour tromper l’opinion nationale et internationale avec la connivence de l’OMS dont le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus est une marionnette du PCC au point que le vice premier ministre japonais Taro Aso propose de rebaptiser l’OMS/WHO OC(hinoise)S/C(hinese)HO. Cette obédience à la Chine pousse l’OMS à dédaigner les nombreux courriels de Taïwan dès le 31/12 l’alertant d’une possible contagion interhumaine de la nouvelle maladie et à préférer répéter les affirmations de Pékin sans se donner la peine d’enquêter sur place, déclarant encore le 14/1 qu’« il n’existe aucune preuve d’une transmission d’humain à humain » puisque la maladie s’attrape selon les autorités chinoises par les contacts avec des animaux sauvages infectés ou par l’ingestion de leur viande. En signe de corroboration de la bénignité du virus, le grand banquet annuel rassemblant 40.000 familles à Wuhan n’est-il pas maintenu le 18/1 ? La transmission interhumaine ne sera reconnue par la Chine que le 20/1 lorsque les témoignages sur le net des hôpitaux bondés, des Wuhanais désespérés, des crematoriums tournant à plein régime et des nuées de corbeaux attirés par l’odeur de la chair brûlée, ne permettent plus de la nier. Mais pour rassurer l’opinion nationale aussi bien qu’internationale, les données officielles sur le bilan de la maladie sont révisées à l’extrême baisse (jusqu’au 26/5, dans ce pays de 1,4 milliard d’habitants, berceau de l’épidémie, le covid-19 n’a tué que 4638 personnes et contaminé 83.001 dont 3212/67803 dans la province de Hubei, contre par exemple 28.530/145.555 en France, pays de 66,99 millions d’habitants), et ces chiffres très bas des victimes ne seront jamais remis en question par l’OMS, au point que jusqu’en avril les media du monde entier continuent de se baser dessus pour les comparer avec les pertes occidentales et louer la bonne gestion de l’épidémie par Pékin ! 

La Chine s’enfermant dans le mensonge, on ne peut évaluer l’ampleur des décès à Wuhan que par 3 indices : 1° Une erreur ou fuite sur le site de Tencent le 1/2 (une autre eut lieu le 26/1 mais il n’en reste pas de capture d’image) qui doit tenir deux listes de données différentes, l’une réelle à usage interne et l’autre officielle, et a donc donné l’espace de quelques heures les chiffres réels : 24.589 morts sur 154.023 contaminés (cf. https://www.taiwannews.com.tw/en/news/3871594). 2° Le nombre d’urnes rendues aux familles par les 7 salons funéraires de la ville vers la fin du confinement du 25/3 au 4/4, à savoir environ 3500 par jour pendant 12 jours qui donnent un chiffre de 42.000 morts, certes pas tous du coronavirus, pour la période datant du 23/1, jour du confinement, au 23/3 ; l’ambassadeur chinois en France estimant la mortalité normale à Wuhan par mois d’hiver à 5000 par mois c’est-à-dire 10.000 pour 2 mois, la différence de 32.000 est donc due au virus, et cela sans compter les victimes d’avant le 23/1!  (cf. https://www.huffingtonpost.fr/entry/en-chine-la-ruee-vers-les-urnes-funeraires-reflete-t-elle-le-nombre-reel-de-morts-du coronavirus_fr_5e82f6bec5b62dd9f5d5202c ). 3° Les ruptures d’abonnement au téléphone : d’après l’annonce le 19/3 du ministère chinois de l’industrie et des technologies de l’information, alors que d’ordinaire le nombre des utilisateurs du téléphone ne cesse d’augmenter, par rapport aux chiffres de novembre 2019, le nombre d’abonnés en février 2020 a chuté de 21,03 millions pour le téléphone portable et de 840.000 pour le téléphone fixe ; pour l’expliquer, on évoque la fermeture de nombreuses entreprises, la fuite de 5 millions de Wuhanais hors de la ville, dont une grande partie à l’étranger dès le constat de la contagion, l’augmentation du chômage qui pousse les Chinois souvent possesseurs de plusieurs téléphones portables (5 au maximum permis) à n’en plus garder qu’un seul (obligatoire en Chine pour le suivi du code sanitaire), et aussi la vague de décès dus au coronavirus ; à supposer que ces derniers représentent seulement 10% des 21 millions de comptes fermés, le bilan des morts dans toute la Chine à cause du virus jusqu’en fin février s’élèverait à plus de 2 millions (cf. https://fr.theepochtimes.com/21-millions-dutilisateurs-de-telephones-portables-en-moins-en-chine-pourrait-suggerer-un-nombre-eleve-de-deces-dus-au-virus-du-pcc-1303947.html )! 

C’est seulement le 23/1, début du congé de fin d’année, lorsque le piège s’est refermé avec l’infection inévitable d’un nombre conséquent de Wuhanais dont des expatriés en congé, que Pékin met en quarantaine la ville de Wuhan, quarantaine étendue ensuite à toute la province de Hubei le 25/1, puis moins drastiquement en février à nombre de villes de l’est et du nord ; cependant parmi les 5 millions de Wuhanais enfuis et partis ailleurs avant le 23/1, nombre de contaminés sont allés à l’étranger, et avec les étrangers revenant de Wuhan avant et après cette date ils vont pouvoir propager le virus dans le monde entier. Un monde dont la plupart des dirigeants restent insouciants du danger, bien que des chefs de l’Etat (au moins français et américain) aient été alertés par leurs services de renseignements, tant ils se reposent sur l’idée d’une épidémie localisée entretenue par les propos lénifiants du directeur général de l’OMS. Ce dernier se contente de s’aligner sur les dires de Pékin qui refuse de permettre l’inspection des foyers d’infection par une équipe d’experts internationaux : Il ne reconnaît la contagion interhumaine qu’à la suite des Chinois le 23/1, vante « la réactivité chinoise » sous « le formidable leadership » de son président Xi Jinping, parle le 30/1 d’une « urgence de santé publique internationale » mais laisse chaque Etat touché faire face à sa façon au virus tout en vilipendant les fermetures de frontières avec la Chine comme du manque de solidarité et marque de stigmatisation, et ne consent à proclamer la pandémie du covid-19 que le 11/3 quand 114 pays sont concernés. C’est seulement alors que, hors de Chine où le virus circule dès novembre grâce aux touristes chinois ou des gens revenant de Chine et où les premiers cas reconnus y apparaissent en janvier (2 cas en France le 24/1), à part quelques pays comme Taïwan, la Corée du Sud, l’Allemagne… les Etats se réveillent vraiment de leur inaction pour s’apercevoir qu’ils ne sont pas du tout préparés à lutter contre la pandémie qui commence à exploser chez eux : manque de lits et surtout de matériel médical (masques, gants, testeurs, vêtements de protection, respirateurs…), d’autant plus que, sans vérifier les stocks nationaux, ils ont fait don à la Chine des tonnes de ces produits à titre humanitaire (17 tonnes pour la France le 19/2, 2 tonnes pour l’Italie).

Pire encore, la plupart des gouvernements ont laissé sans s’alarmer ni réagir les agents de Pékin faire main basse sur toutes les fournitures médicales dans leur pays pour les envoyer en Chine, non pas tant pour les besoins des malades chinois (en interdisant en janvier l’exportation du matériel médical des usines étrangères délocalisées en Chine, avec en plus du matériel fabriqué par les usines chinoises, Pékin dispose déjà de la moitié de la production mondiale) mais pour créer la pénurie chez les autres et les réduire à l’impuissance et à la merci de l’empire du milieu (cf. https://fr.theepochtimes.com/le-regime-chinois-accumule-les-stocks-mondiaux-de-materiel-medical-entrainant-une-penurie-croissante-en-dehors-de-la-chine-1321519.html ) au moment crucial. Par exemple, en Australie une entreprise immobilière, Risland, détenue par les Chinois a envoyé en Chine 90 tonnes de fournitures médicales, tandis qu’une autre, Greenland group, a amassé pour la Chine 3 millions de masques chirurgicaux, ½ million de paires de gants et de lingettes bactériologiques. Il faut regarder les clips montrant une chinoise vivant aux USA exprimer sa joie triomphante d’avoir acheté pour son pays tous les masques disponibles dans sa région et de ne rien laisser aux Américains (https://twitter.com/WBYeats1865/status/1245017730169724931?fbclid=IwAR15ImIBXe2kgd7ZA40zfU3j26fCM-nYWSwQn9GdzS6RHKM1tDRu7V2FGw8 ) ou une grande banderole décorant un restaurant de Chine continentale saluant l’arrivée du coronavirus aux Etats-Unis et au Japon (https://www.youtube.com/watch?v=7LbPUfK-_zg ) pour voir combien les intentions des Chinois communistes envers les autres nations sont hostiles. Si bien que lorsque la pandémie s’installe dans d’autres pays au moment où elle décroît en Chine, presque tous les Etats se sont trouvés démunis d’assez de matériel de protection et de traitement pour leur population et obligés de s’adresser à la Chine pour s’approvisionner, donnant à Pékin non seulement l’occasion de retourner la situation en gommant son rôle dans le développement sinon le déclenchement de la maladie et de jouer au donneur de leçon (vu son expérience dans la « victoire » sur le virus) ainsi qu’au bienfaiteur avec la distribution de masques et de gants médicaux aux pays et organismes pauvres ou inféodés, mais aussi de s’enrichir en permettant à ses entreprises de vendre ou revendre partout les fournitures médicales à dix fois leurs prix antérieurs. 

L’opération de propagande auto-promotionnelle de Pékin s’est révélée toutefois un flop à cause de l’insistance ostentatoire et souvent mensongère sur sa générosité et surtout en raison de la mauvaise qualité du matériel médical vendu aux autres pays à un prix pourtant surestimé et au paiement exigé à l’avance. Même avec l’Italie, seul Etat de l’union européenne à adhérer au projet des routes de la soie de Xi Jinping avec la signature d’un Protocole d’entente (Memorandum of understanding) en avril 2019, le comportement de Pékin a été déplorable : Sur les 31 tonnes de matériel médical proclamées envoyées en aide à l’Italie le 12/3, une partie fait partie du lot donné par l’Italie elle-même en février, et encore après livraison Pékin lui a soumis une facture ! (cf https://fr.theepochtimes.com/covid-19-le-parti-communiste-chinois-pcc-est-un-danger-pour-la-planete-fustige-un-depute-italien-1299408.html et https://fr.gatestoneinstitute.org/15849/chine-materiel-medical-defectueux ). Plus encore, le 15/3 un porte-parole du gouvernement chinois, Zhao Lijian, déclare dans son tweet que les Italiens se mettent sur leurs balcons en chantant l’hymne national chinois pour remercier la Chine, alors qu’en réalité ils s’encouragent en chantant leur propre hymne national ainsi que leurs airs préférés (cf. https://www.thequint.com/voices/blogs/coronavirus-pandemic-italy-china-propaganda-media-chinese-strategy-beijing-cpec-bri et https://www.youtube.com/watch?v=Jo4OfB57zdg ). En outre, alors que ses ventes et reventes de matériel médical aux autres pays accablés à cause d’elle par les ravages du néocoronavirus lui rapportent rien que pour le mois de mars l’équivalent de 1,4 milliard d’euros, la Chine n’a aucune parole d’excuse (seulement des arguties et une promesse de faire le ménage parmi les fabricants) pour les millions d’articles défectueux livrés. La liste des pays floués est longue, attestant de la malhonnêteté et de la médiocrité de l’entreprenariat chinois : L’Espagne ayant fait une commande de 467 millions USD à des entreprises chinoises pour 950 respirateurs, 5,5 millions de kits de test du Covid, 11 millions de gants médicaux et un ½ milliard de masques, se retrouve  en début et fin mars avec une livraison de 1.640.000 kits de test inefficaces (70% donnent de faux diagnostics) puis le 23/4 avec une 1ère livraison de 2,1 millions de masques non conformes ; sont aussi déficients 80% des 300.000 kits de test payés 2,1 millions USD par la Tchéquie, ainsi qu’un lot de tests livré à la Turquie qui le rejette pour en commander un autre toujours à la Chine (!) ; un autre lot de tests fiable seulement à 5% ont été livrés à l’Inde qui a annulé du coup la commande d’un ½ million de cet article ; la Slovaquie a quant à elle perdu 16 millions USD avec plus d’un million de tests chinois déficients achetés par l’ex-premier ministre Peter Pellegrini : « nous avons une tonne [de ces tests] inutilisables… autant les jeter directement dans le Danube » déclare son successeur Igor Matovic (https://www.washingtonexaminer.com/opinion/yet-another-country-flags-cac ) ; la Grande-Bretagne s’est délestée elle de 20 millions USD pour 2 millions de tests à domicile inefficaces, contaminés même pour une partie, et aussi d’on ne sait combien (sachant toutefois leur prix sur le marché actuel variant de 27.000 à 96.000 USD la pièce) pour 250 respirateurs jugés dangereux voire mortels pour les patients par les médecins anglais  ; les 600.000 masques FFP2, 1ère livraison le 21/3 d’une commande de 1,3 million, vendus à la Hollande ne répondent pas aux normes minimales et donc inutilisables pour le personnel médical, de même que les 2 millions de masques FFP2 livrés début avril à la Finlande et les 3 millions de masques FFP2 livrés à la Belgique vers la même époque, puis 500.000 masques  destinés au Sud Tyrol achetés par l’Autriche ; en mai, en plus des 8 millions sur un lot de 11 millions de masques commandés au prix de 4,5 USD la pièce par un distributeur montréalais pour le  compte du Canada trouvés défectueux, ce pays a reçu 1 million de respirateurs inadaptés et plus de 6400 kits de test destinés au New-Brunswick en outre contaminés (!) ; le 1er/4 la force frontalière australienne a saisi 800.000 masques de mauvaise qualité provenant de Chine ainsi que de nombreux vêtements de protection contrefaits ou défectueux facturés 7,6 millions USD ; Les Etats-Unis n’échappent pas à la mésaventure : En fin janvier, des millions de blouses chirurgicales ont dû être rappelés des hôpitaux lorsque la société qui les a commandées aux Chinois a reconnu qu’elles ne pouvaient être stériles étant donné les conditions sanitaires de l’usine qui les a fabriquées ; 48.000 masques KN95 chinois, vendus au Missouri comme une alternative aux masques N95, ayant été déclarés non conformes aux normes par le Département de la santé de cet Etat, plusieurs autres Etats alertés ont retiré comme lui ceux qu’ils ont achetés, et l’Illinois qui vient d’en commander pour une somme de 17 millions USD a dû faire de même. 

Tous ces pays selon leur poids ou leur importance pour la Chine arrivent parfois à se faire rembourser ou réapprovisionner gratuitement, mais il n’en est pas de même des pays pauvres incapables de se payer une quantité notable de matériel médical, surtout au prix devenu exorbitant, sur lesquels s’exerce la générosité chinoise : tout don est le bienvenu, et s’il s’avère inutilisable peu osent s’en plaindre par peur de fâcher le donateur : la sous-secrétaire à la santé des Philippines ayant déclaré que les kits de dépistage fournis par les Chinois ne sont précis qu’à 40% et que certains d’entre eux méritent d’être jetés à la poubelle, devant l’admonestation immédiate de l’ambassade de Chine, leur ministère de la santé a dû se fendre en excuses (https://fr.gatestoneinstitute.org/15953/coronavirus-chine-intimidation ). Ainsi, bien qu’indignés de recevoir en don des masques N95 faits à partir de la lingerie féminine (soutien-gorge ?), les Pakistanais ne peuvent que ruminer en silence cet affront à leur tradition machiste (https://www.business-standard.com/article/news-ani/covid-19-china-buffoons-all-weather-ally-pakistan-by-sending-underwear-masks-120040500163_1.html ). 

La détention par la Chine d’un quasi-monopole dans la fabrication des produits médicaux aussi bien que pharmaceutiques, en conséquence d’une aveugle cupidité de la part de l’industrie occidentale qui y a délocalisé toutes leurs usines, met désormais (tant que l’Occident n’a pas réussi à les relocaliser) tous les autres pays (à part l’Inde, autre bénéficiaire de la délocalisation) en situation de dépendance en matière sanitaire, considérée pourtant par tous les peuples comme un besoin essentiel. Déjà une telle dépendance envers un pays libre et pacifique n’est guère raisonnable, mais vis-à-vis d’une dictature immorale et brutale telle que la Chine communiste, c’est simplement du suicide, car Pékin s’en sert volontiers comme moyen de chantage pour dicter sa volonté. L’Europe en a fait l’expérience lors de rédaction d’un rapport sur la désinformation liée au coronavirus publié le 24/4 : Selon le South China Morning post du 25/4, « Pékin avait menacé de bloquer l’exportation vers l’Europe de fournitures médicales si le chapitre sur la Chine n’était pas supprimé ». L’UE a démenti avoir cédé aux pressions chinoises mais a toutefois édulcoré ses propos sur les menées chinoises (cf. texte juste ci-dessus et http://www.opex360.com/2020/04/25/la-chine-aurait-fait-pression-sur-l ). Les démonstrations d’amitié et de paix de la Chine communiste sont trop empruntées pour ne pas vite céder aux menaces et chantages, sa marque de fabrique. C’est ainsi que son opération d’assistance humanitaire n’ayant pas rencontré beaucoup de succès, Pékin a constitué une force de frappe diplomatique en transformant ses diplomates en distillateurs de désinformations (rejetant par exemple la responsabilité de l’échappée du virus sur les Etats-Unis ou l’Italie) et gardes-chiourmes prêts à distribuer remontrances, avertissements et promesses de pires représailles à tous ceux qui osent le critiquer. C’est-à-dire tous les gouvernements, organismes et particuliers qui, furieux de s’être fait berner par Pékin et de subir des pertes considérables dues à l’arrêt pendant trois mois de toute vie sociale et économique dans leur pays pour cause de combat contre le virus de Wuhan, veulent lui intenter un procès et réclamer des dédommagements pour le mal causé par ses mensonges et menées frauduleuses, sans lesquels leur prise de conscience plus tôt et leur préparatif concerté auraient permis le contrôle de la pandémie comme lors de la crise du SRAS sous la présidence d’une directrice générale à poigne de l’OMS, Gro Harlem Brundtland, qui a su tenir tête à la Chine et l’obliger à une certaine transparence. 

Heureusement, tous ne se laissent pas intimider : En fin avril, au premier ministre australien Scott Morrison, ardent partisan d’une enquête indépendante sur les responsabilités dans la pandémie, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois conseille « de renoncer à ses préjugés idéologiques » cependant que l’ambassadeur Cheng Jingye brandit la menace de répercussions économiques : « les personnes pourraient se demander pourquoi aller dans un pays aussi peu amical avec la Chine… Peut-être que les gens ordinaires diront : Pourquoi devrions-nous boire du vin australien ? manger du bœuf australien ?… Les parents de ces étudiants pourraient être amenés à se demander si cet endroit est le mieux pour y envoyer leur progéniture alors qu’il n’est pas sympathique, voire même hostile ». Deux semaines après, l’Australie persistant dans sa démarche, Pékin met ses menaces à exécution : suspension de l’importation du bœuf australien et taxation à 80,5% de l’orge australienne dont elle achète jusqu’alors la moitié de la production (2,5 millions de tonnes). Ce à quoi le ministre du commerce australien répond : « Nous ne menons pas des pratiques commerciales sur la base du principe un prêté pour un rendu » et envisage de porter l’affaire devant l’OMC (https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/la-chine-menace-l-australie-de-boycott-apres-sa-demande-d-enquete-sur-la-crise-du-coronavirus-827340.html et https://www.journaldemontreal.com/2020/05/19/laustralie-decue-par-la-decision-de-la-chine-de-surtaxer-lorge ). Le 20/4, dans un article intitulé « Ce que la Chine nous doit », Bild, le plus grand journal allemand estime à 149 milliards d’euros les indemnités que la Chine doit payer à l’Allemagne pour les dommages portés à son économie à cause de la pandémie du virus de Wuhan. Aussitôt l’ambassade de Chine à Berlin via son porte-parole Tao Lil envoie une lettre ouverte au rédacteur en chef du journal pour balayer les accusations portées contre son pays et taxer le quotidien de xénophobie. En réponse il s’attire une diatribe de l’éditeur Julian Reichelt adressée directement à Xi Jinping dénonçant son régime qui se termine par : « Vous avez l’intention de renforcer la Chine grâce à un fléau que vous avez exporté. Vous n’y parviendrez pas. Le coronavirus sera votre fin politique, tôt ou tard » (https://www.dreuz.info/2020/04/19/le-redacteur-en-chef-de-bild-au-president-chinois-vous-avez-mis-le-monde-en-danger/comment-page-1/).

 La chute de Xi Jinping, même si elle est l’issue de l’actuelle lutte de faction au sein du Bureau politique où Xi a des ennemis tenaces qui se servent de la récession économique et de la contre-productivité de sa politique trop arrogante pour poser leurs pions, ne changera pas la nature du régime communiste chinois ni ne signifie l’abandon de son rêve de grandeur. Ce que ses rivaux menés par les descendants de Deng Xiaoping lui reprochent surtout, c’est moins son incompétence économique (ils n’auraient pas fait mieux avec la même idéologie) que son impatience qui l’a fait abattre ses cartes trop vite avec les routes de la soie hégémoniques alors que Deng conseillait la ruse et le grignotage patient. La hâte de Xi est par contre une chance pour le monde même si les peuples la paient cher, parce que la pandémie en cours a dévoilé la face odieuse du pouvoir communiste chinois. Les gouvernements démocratiques les plus acquis à la Chine tels que l’Australie, la Grande-Bretagne ont vu que leur complaisance envers Pékin ne les protège pas de ses mauvaises manières ni leur attire ses bonnes grâces. Et l’Europe qui baigne dans l’antiaméricanisme depuis les années 1960 à force de matraque socialo-communiste dès l’enfance – dans la plupart des pays occidentaux l’éducation et les média sont tombées aux mains de la gauche – se rapproche malgré elle de Donald Trump en se prononçant aussi en faveur d’une enquête sur l’origine et la gestion du coronavirus et en projetant la relocalisation de leur industrie manufacturière. En prévision de l’enquête la Chine a fait détruire dès février tous les documents concernant le coronavirus et vient de déclarer qu’elle se refuse à toute demande d’indemnisation. Quant au déménagement des usines hors de Chine, son coût est très élevé ; sans aide de leurs gouvernements les entreprises des pays démocratiques ne pourront le réaliser dans un avenir proche, mais tous les Etats sont affaiblis avec une grave récession économique du fait de l’arrêt de toute activité pendant 2-3 mois. La Chine se retrouve dans le même cas mais, à la différence des autres pays, elle n’a pas à s’inquiéter de l’opinion publique ou de la révolte de ses habitants et possède sur son territoire les usines avec leurs équipements et même l’argent des entreprises gagné chez elle et déposé dans ses banques (une condition de l’installation des entreprises étrangères en Chine est l’obligation de le dépenser sur place sans possibilité de le rapatrier), dont elle n’hésitera pas à s’approprier en cas de besoin (on l’a déjà vu préempter toutes les fournitures médicales fabriquées sur son sol et interdire leur exportation pendant la pandémie). Dans une interview du 7/5/2020, le général Qiao Liang, co-auteur d’un livre traduit en français « La guerre hors limite » et dont l’opinion reflète celle des faucons au pouvoir, exprime son doute sur la possibilité des pays occidentaux de reconstruire leur industrie manufacturière désormais détenue par la Chine, ainsi que de sa confiance dans la domination future de son pays : « L’essentiel n’est pas de savoir à quel point l’épidémie est terrible, mais de réaliser que les Etats-Unis et l’Occident ont tous les deux connu leur heure de gloire, et qu’ils sont confrontés aujourd’hui à cette épidémie alors qu’ils déclinent. L’épidémie arrive en ce moment, et même si ce n’est qu’une brindille, elle peut faire briser le dos du chameau qui a déjà du mal à marcher » (https://www.revueconflits.com/general-qiao-liang-hegemonie-chine-laurent-gayard/). Pour empêcher cette domination qui condamnera les peuples du monde entier à une servitude dont tout un chacun peut avoir une idée avec en tête l’image de milliers d’étudiants réduits en bouillie sous les chenilles des chars sur la place Tiananmen en 1989 ou les prélèvements d’organes in vivo des adeptes du Falungong, les pays développés doivent d’abord prendre conscience que la Chine communiste est un ennemi comme elle-même les considère, puis mettre de côté leurs différends pour constituer « une sainte alliance » capable de contrer toutes ses manœuvres. En auront-ils la volonté et s’en donneront-ils les moyens ou préféreront-ils, une fois la crise sanitaire passée, par facilité et calcul à court terme retomber dans les anciens plis d’une collaboration honteuse ? Signe d’espoir, ce 5/6 un groupe de parlementaires de dix pays a lancé  l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) dont l’objectif est de « proposer des réponses pertinentes aux défis posés par la République populaire de Chine, mais aussi développer des stratégies proactives… afin de préserver les valeurs fondamentales des droits de l’homme et des libertés partagées par les nations démocratiques » (https://www.nouvelles-du-monde.com/lalliance-parlementaire-mondiale-veut-contrer-la-menace-chinoise/).     

 

 

 

La tombée des masques

2020, 1ère étape de l’annexion mise en place, dévoilée nettement dans la gestion du coronavirus

Il y a trois ans, mon alerte (voir l’article « Sos Vietnam dans ce blog) à propos d’une collusion criminelle entre Hanoï et Pékin pour l’annexion du Vietnam à la Chine prévue pour 2020 rencontrait beaucoup de scepticisme de la part de mes interlocuteurs et lecteurs, heurtés dans leur confort intellectuel d’un monde globalement pacifique et surtout, s’ils sont de gauche, dans leur admiration d’une puissante Chine communiste normalisée et d’un Vietnam communiste jalousement indépendant. Peu s’en faut qu’ils ne m’aient taxée d’adepte du complotisme et des fake news.

Depuis, les concessions de plus en plus nombreuses à la Chine accompagnées de dizaines de pactes non publiés mais communiqués sommairement comme des accords de coopération (évidemment unilatérale) dans divers domaines, qui sont signés pour officialiser l’état de fait de l’immixtion de Pékin dans la vie politique, économique, sociale, culturelle et militaire du Vietnam, ainsi que la présence de plus en plus patente et massive des Chinois dans le pays, montrent qu’à l’approche de la date fatidique de juillet 2020 donnée aux vendus de Hanoï pour accomplir la première étape de l’annexion (faire du Vietnam une province autonome de la Chine), l’inféodation du Vietnam prend forme. Alors que, par peur d’un soulèvement général, Hanoï continue d’intoxiquer les esprits sur la position enviée du Vietnam indépendant et la belle « amitié sino-vietnamienne » par la voie de ses 858 organes de presse (imprimés et numériques) et ses 300 chaînes de télévision (cf.https://thanhnien.vn/thoi-su/viet-nam-co-nhieu-dai-truyen-hinh-nhat-the-gioi-555878.html) tous contrôlés par le régime, qui bercent le peuple d’illusions et de mensonges, Pékin veut qu’il proclame sa sujétion volontaire pour ne pas passer pour un envahisseur agressif et rendre l’annexion acceptable aux yeux du monde.

Partagé entre son envie de jouir des prérogatives d’un Etat indépendant dans le concert des nations, ses engagements de servitude volontaire envers Pékin et son obligation de cacher cet assujettissement aussi bien pour sauver les apparences aux yeux du monde que pour ménager la susceptibilité des Vietnamiens qu’il faut mener par le bout du nez et amener progressivement à l’abattoir, le pouvoir de Hanoi s’est livré constamment à des politiques schizophrènes incompréhensibles sans le fil conducteur de l’annexion consentie mais non proclamée. Tous les termes évoquant la dépendance envers la Chine ou hostiles envers le grand voisin sont bannis du langage officiel et réprimés dans le peuple, au nom de l’amitié et de la paix : La Chine n’est jamais appelée par son nom quand il s’agit d’un acte répréhensible ; pour la désigner les journaux comme les politiciens n’osent utiliser que le mot « pays étranger » lorsqu’ils sont obligés de parler des exactions chinoises contre les pêcheurs vietnamiens et les intérêts économiques du pays, même devant les instances internationales, au point que le 28/9/2019 le Ministre des affaires étrangères en même temps Vice-premier ministre Phạm Bình Minh, invité à l’ONU pour s’exprimer au sujet du conflit en Mer Orientale avec ainsi l’occasion de dénoncer les menées agressives de la Chine dans les eaux vietnamiennes, a fait un discours de 15 minutes sans oser nommer une seule fois la Chine, se contentant d’évoquer « le pays ou la partie concernée » (cf. https://vov.vn/chinh-tri/toan-van-bai-phat-bieu-ptt-pham-binh-minh-tai-lien-hop-quoc-961146.vov ).    

Ignorante de la « vente » du pays à la Chine et refusant souvent d’y croire s’ils en entendent parler, les Vietnamiens, en majorité hostiles à la Chine, prennent leur courage à deux mains pour manifester contre l’expansion chinoise, d’abord par dizaines en 2011 (contre la violation par la marine chinoise des eaux vietnamiennes), par centaines en 2014 (contre la venue d’une plate-forme de forage chinoise dans la ZEE vietnamienne), par milliers en 2016 (contre la pollution de la mer causée par l’entreprise chinoise Formosa), par centaines de milliers en 2018 (contre la création de zones économiques spéciales en faveur de la Chine), mais à chaque fois ils se heurtent à une répression de plus en plus violente de la part de la police. Effrayé par le nombre de manifestants du 6/10/2018, le pouvoir a eu l’idée de mettre d’avance en prison (comme dans le film Minority report) les fortes têtes susceptibles d’agir et d’entraîner d’autres avec eux. Depuis, de milliers de Vietnamiens ont été mis en prison sinon exécutés pour avoir manifesté ou déclaré sur Facebook leur opposition à la Chine ; enfermés sans motif précis autre que « menace contre l’Etat socialiste » et sans jugement excepté pour une minorité de personnes plus ou moins connues – condamnées d’ordinaire à plus de dix ans de réclusion – destinées à servir d’exemples intimidants.

De son côté, la Chine qui n’a cure des pudeurs vietnamiennes enseigne à tous ses citoyens l’annexion du Vietnam comme entrée déjà dans la réalité : dans la carte de la Chine à usage interne, le Vietnam y est englobé, sur les smartphones chinois vendus en Asie la langue vietnamienne est mentionnée comme un dialecte chinois, tout cela au vu et au su de tous sans aucune protestation de Hanoï. Des designers chinois ayant récupéré la traditionnelle tunique vietnamienne (áo dài) pour la faire passer pour un habit de création chinoise (cf. http://netnews.vn/Nhan-vo-ao-dai-Viet-Nam-la-phong-cach-Trung-Quoc-giai-tri- ), l’opinion choquée a demandé aux autorités de faire reconnaître par l’Unesco le « áo dài » comme le costume traditionnel du Vietnam, à l’égal du kimono pour le Japon, mais Hanoï fait le gros dos. Beaucoup de Vietnamiens sont indignés que leurs dirigeants s’aplatissent non seulement devant les maîtres de Pékin mais même devant l’un de leurs sous-fifres, le gouverneur du Guangzhou ; c’est qu’ils ignorent qu’aux termes de l’annexion qui ne sera définitive qu’en 2060, le Vietnam ne sera plus qu’une partie de ladite province, et fort de cette perspective, ce fonctionnaire se permet de donner des directives au pouvoir vietnamien, exigeant quand il vient d’être reçu au moins par un vice premier-ministre. C’est la raison pour laquelle le projet d’un Centre des Kinh en région parisienne a été orchestré par les autorités de cette province (voir article à ce sujet dans ce blog).

Depuis 1991 les Secrétaires généraux successifs du Parti communiste vietnamien sont allés à Pékin signer une multitude de traités destinés à concrétiser la vassalisation du pays, le dernier, Nguyễn Phú Trọng, ayant à lui seul signé en 2017 15 traités finalisant la fusion (baptisée coopération) entre les services réciproques. Ces traités sont d’ordinaire cachés au peuple, au mieux mentionnés de façon lénifiante et présentés comme un pas de plus dans l’étroite amitié sino-vietnamienne. Ce n’est que par leurs applications constatées par la population que l’on s’aperçoit de la tombée du pays dans une servitude de plus en plus ignominieuse : D’abord, une présence massive de Chinois dans tous les coins du Vietnam, y occupant emplois et logements alors que d’après la loi vietnamienne les étrangers n’ont accès ni à l’emploi non spécialisé ni à la propriété (droit d’utilisation) immobilière ; et ces Chinois sont intouchables : la police ne peut les contrôler et les appréhender sauf sur ordre des autorités supérieures ; pire encore, on apprend en août 2019 que le Vietnam est obligé de reconduire en Chine sans possibilité de les juger les criminels chinois coupables de crimes au Vietnam contre des Vietnamiens. Que veut dire tout cela sinon que le Vietnam est déjà colonie chinoise, que les Vietnamiens sont considérés dans leur propre pays comme des citoyens de deuxième zone par rapport aux Chinois qui y vivent et jouissent d’un statut supérieur ? D’ailleurs, c’est parce que pour Pékin le Vietnam est déjà terre chinoise qu’il exige de Hanoï la libre circulation de ses citoyens dans le pays sans besoin de visa (mais les Vietnamiens allant en Chine en ont toujours besoin, la Chine n’étant pas terre vietnamienne !), disposition cachée aux Vietnamiens mais dont ils finissent par se rendre compte en voyant des milliers de Chinois passer les postes frontières sans être contrôlés depuis plusieurs années.

Aussi, est-ce un mensonge éhonté de la part du premier ministre lors de la conférence de presse sur le coronavirus du 31/1/2020 d’énoncer parmi les mesures de prévention contre la propagation de cette maladie, l’arrêt de délivrance de visa d’entrée aux Chinois, mensonge rapporté par tous les media français à l’exception de RFI qui rappelle l’exemption de visa pour les Chinois des années avant ; mensonge que dément justement l’arrivée chaque jour d’une foule massive de Chinois qui se pressent à pied aux 7 postes frontières du Nord, sans compter ceux qui s’introduisent par les petites routes, ceux qui pénètrent directement en voiture par Móng Cái, et tous ceux qui débarquent par fournées dans tous les aéroports du pays en particulier à Đà Nẵng et Nha Trang à la suite de 200 vols par jour en provenance de Chine, au nombre total de 200.000/jour (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/more-than-200-flights-from-china-to-vn-each-day-01262020094551.html ). La réalité est que le pouvoir vendu de Hanoï, devenu depuis longtemps l’instrument de Pékin, n’a aucun pouvoir sur les Chinois et donc ne peut prendre aucune mesure préventive contre les porteurs du coronavirus de Chine sans approbation de Pékin. Alors que la plupart des autres pays frontaliers de la Chine, à commencer par la Mongolie, la Russie et la Corée du Nord, ont rapidement fermé leurs frontières avec ce pays, et même interdit l’entrée dans leur pays à tout Chinois du continent (Russie, Corée du Nord), le Vietnam s’obstine à ouvrir en grand le pays aux Chinois comme à l’accoutumée : Déjà, avant que le blocus de Wuhan ne soit décrété (le 23/1), de nombreux habitants de cette ville sont venus visiter le Vietnam, le dernier vol commercial (le 22/1) de Vietjet Air à partir de cette ville pour Đà Nẵng y transportant précisément 218 citoyens de cette ville, tous rentrés en Chine le 27/2, sauf un couple dont le mari s’est retrouvé malade du coronavirus et soigné avec son fils (venu de Long An où il est installé accueillir ses parents et contaminé donc par son père) à l’hôpital Chợ Rẫy (Saïgon) qui les a guéris ( ?) et relâchés le 12/2. Le problème est que durant leur séjour tous ces touristes wuhanais (à maladie déclarée ou pas encore détectée), sans compter tous les autres touristes de Wuhan venus auparavant à partir de fin novembre 2019, début de l’explosion de la maladie, ont eu le temps de se balader, d’entrer en contact avec des tas de gens et de les mettre en danger.

Hàng vạn ‘người già’ Trung Quốc ồ ạt vào Việt Nam - ảnh 3

Affluence journalière de touristes chinois s’apprêtant à entrer au Vietnam par le poste frontière de Móng Cái, côté Chine (photo: Lã Nghĩa Hiếu

Devant la presse, le premier ministre prétend avoir donné l’ordre d’arrêter les vols de et pour la Chine, mais les vols ont plutôt plus ou moins cessé à la suite d’une décision première de Pékin d’empêcher ses ressortissants de voyager, particulièrement en groupe. De même la soi-disant fermeture des points de passage frontalier secondaires appelés par les Chinois « doubles marchés frontaliers »  (cặp chơ biên giới) utilisés par les trafiquants et les petits commerçants ne suit que leur interdiction par les autorités des provinces chinoises voisines (Yunnan et Guangzhou). Devant l’hésitation du pouvoir central, les conseils municipaux de 5 provinces à forte fréquentation chinoise (Đà Nẵng, Khánh Hòa et Lào Cai le 28/1, Quảng Ninh et  Cần Thơ le 31/1) entreprennent d’arrêter d’accueillir les touristes chinois, et le 3/2 c’est au tour de la province frontalière de Lạng Sơn de contrôler les passages aux postes frontières sur son territoire. Au lieu d’être félicitées, elles ont été accusées de discrimination raciale : Les Chinois ne doivent pas être refoulés mais, à la rigueur, maintenus en quarantaine, s’ils viennent de Wuhan ou après bref examen de température, pendant 14 jours dans les hôtels de la région (cependant que des citoyens vietnamiens de retour de Chine sont confinés dans des pièces ouvertes à tous vents et sans cabinets d’aisance), les frais d’hôtels puis les soins dans des hôpitaux de campagne commandés par le gouvernement devant être pris en charge par les autorités locales !

Mais pourquoi se compliquer la tâche et dilapider ainsi l’argent du contribuable au lieu de fermer simplement sa frontière avec la Chine comme tant d’autres pays ? Devant cette protestation générale relayée par la presse, le pouvoir embarrassé a d’abord justifié le maintien de l’ouverture par des considérations économiques, mais acculé par les objections, le même Ministre des affaires étrangères Phạm Bình Minh sus-cité avoue qu’en vertu d’un traité avec la Chine (signé le 18/11/2009 à Pékin, en vigueur le 14/1/2010) le Vietnam n’a pas le droit de décider unilatéralement de fermer sa frontière terrestre, un tel acte ne pouvant avoir lieu qu’après discussion et en accord avec ce pays. Or, dans l’article 5 disposition 3 de ce traité, il est dit que « Pour protéger les intérêts de la société et la sécurité nationale pour des raisons de catastrophe naturelle grave, d’épidémie importante, d’épizootie, de phytopathologie et d’autres circonstances de force majeure, une Partie peut provisoirement fermer les postes frontières ou y limiter les passages. Cependant, elle doit en avertir l’autre Partie 5 jours auparavant, ou pas moins de 24 heures avant en cas d’urgence » ( Để bảo vệ lợi ích xã hội, an ninh quốc gia hoặc vì lý do thiên tai nghiêm trọng, dịch bệnh truyền nhiễm lớn, dịch bệnh động thực vật và các trường hợp bất khả kháng khác, một Bên có thể tạm thời đóng hoặc hạn chế việc qua lại cửa khẩu. Tuy nhiên, cần phải thông báo cho phía Bên kia trước 5 ngày, trong trường hợp khẩn cấp không được ít hơn 24 giờ – cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/corona-crisis-vietnam-need-an-independent-policy-away-from-china-02042020085903.html ). Mais Hanoï est trop inféodé à Pékin pour oser le mécontenter en invoquant cette exception.

Par contre, sans se préoccuper de l’accord ou non du gouvernement vietnamien, la Chine interdit à sa guise l’entrée des Vietnamiens comme des produits du Vietnam sur son territoire, selon ses besoins ou son bon plaisir. Sous le prétexte par exemple de nouvelle réglementation, elle bloque régulièrement le passage de la frontière aux camions containers de produits périssables vietnamiens dans le but d’obtenir pour ses marchands des prix d’achat très bas par rapport aux prix pourtant convenus, concédés par les agriculteurs vietnamiens affolés par la perspective d’une putréfaction de leurs fruits, légumes, ou fruits de mer durant le blocage. Ce procédé mis à l’œuvre dernièrement – blocage du 31/1 au 8/2 puis ouverture sporadique du 8/2 jusqu’au 28/2 aux deux postes-frontières principaux de la province de Lạng Sơn de 330 camions-containers de produits agricoles dont 190 camions de pitayas ou fruits du dragon -, causant le désespoir des paysans menacés de ruine, a été utilisé comme chantage par Pékin pour interdire au Vietnam de lui faire perdre la face en suivant l’exemple des autres pays frontaliers qui ferment leurs portes aux ressortissants chinois par peur du neovirus de Wuhan.

Découlant de la perte de souveraineté sur sa frontière terrestre, le Vietnam ne peut pas arrêter la circulation sur son territoire des trains venant directement de Chine sans l’aval des compagnies chinoises du rail concernées. Le 2/2, en réponse à la presse sur l’arrivée continuelle des Chinois par rail, le vice-ministre des Transports Nguyễn Ngọc Đông fait savoir qu’en vertu d’un traité sur les chemins de fer avec la Chine, l’arrêt de la circulation par train entre les deux pays ne pourra se faire qu’après échange et accord entre les deux parties, lesquels ont eu lieu les 4 et 5/2. Accessoirement, la Compagnie générale des Chemins de fer vietnamienne fait savoir qu’elle est dans l’impossibilité de payer le salaire de ses 11.000 employés, non payés depuis 2 mois, faute de recevoir du Ministère des transports l’enveloppe nécessaire à son fonctionnement, et parle d’arrêter toute activité à la fin du trimestre si son budget n’est toujours pas pourvu.   

Le Vietnam ne peut pas de toute façon empêcher l’entrée dans le pays de tous les Chinois qui se présentent aux postes frontières car tous ne sont pas des touristes, faciles à refouler si tant qu’on le veuille, mais des travailleurs chinois qui y vivent. C’est à l’occasion de cette crise du coronavirus qu’on apprend par la presse étatique que les autorités vietnamiennes ont accordé 34.423 permis de travail et donc de séjour aux Chinois et continuent à distribuer de nouveaux permis, se limitant toutefois provisoirement d’en attribuer à ceux qui ne proviennent pas des centres d’épidémie (cf. https://thanhnien.vn/thoi-su/phong-chong-dich-covid-19-cach-ly-7155-lao-dong-trung-quoc-tai-viet-nam-1185824.html ). A supposer que ce chiffre soit vrai (il ne tient naturellement pas compte des Chinois clandestins sans permis, très élevés en nombre), il en ressort d’après la presse que des 26.904 travailleurs immigrés retournés chez eux pour les congés du nouvel an lunaire 7.791 sont revenus au Vietnam (qu’en est-il des 18.313 autres on n’en parle pas) en pleine crise coronavirale. Combien sont-ils porteurs du redoutable virus ? Les autorités prétendent les avoir tous mis en quarantaine et n’avoir détecté dans le pays que 16 cas d’infection, tous jugulés, et donc qu’il ne s’y trouve actuellement aucune personne infectée après la guérison du 16e malade le 23/2, le Vice-premier ministre (au Vietnam il y a 5 vice premier-ministre) et Ministre par interim de la Santé Vũ Đức Đam se déclarant même le 4/3 prêt à proclamer pour bientôt la fin de l’épidémie (cf. http://www.medinet.hochiminhcity.gov.vn/tin-tuc-su-kien/mot-tuan-nua-khong-co-ca-nhiem-moi-viet-nam-se-cong-bo-het-dich-cmobile1780-25334.aspx 

Le simple bon sens oblige à douter qu’un pays qui a accueilli et continue d’accueillir sur son territoire au moins des milliers de Chinois dont des centaines d’habitants de Wuhan, épicentre de la pandémie, ne compte aucun malade du coronavirus, alors que le virus s’est propagé dans déjà une centaine d’Etats, faisant des ravages dans des pays moins ouverts aux Chinois, jusqu’en Amérique, au Moyen-Orient (Iran) et en Europe (Italie). D’ailleurs des internautes signalent depuis début février l’existence de nombreux malades et même des morts du coronavirus dans leur localité, mais à ces contradicteurs de la version officielle l’Etat répond par l’imposition de fortes amendes et la menace de prison à l’égard des « lanceurs de fausse nouvelle ». En même temps via ses media il fait du tapage pour faire croire qu’il arrive à maîtriser la situation au point de stopper de nouvelles contaminations, ce que dément pourtant la multiplication des hôpitaux de campagne ; quant aux morts suspectes qu’il ne peut cacher, elles sont attribuées à la méningite, aux infarctus, etc., les familles des décédés étant par ailleurs interdites par la police de parler de leur sort. Mais plus étonnant que « l’exceptionnelle bonne gestion de l’épidémie » par le Vietnam, c’est la crédulité (réelle ou politique) des organisations (comme l’OMS/WHO, le CDC américain) et media internationaux qui la vantent ! Le problème est que ce quitus délivré au régime endort la vigilance de la population locale tout en procurant aux touristes étrangers une confiance inconsidérée risquant d’aboutir à une multiplication de morts subites inexpliquées comme par exemple, le 24/2, celle d’un Canadien de 39 ans en pleine rue de Hanoï (par apoplexie ou plus exactement « trúng gió = frappé par le vent » selon la police – cf. https://thanhnien.vn/thoi-su/du-khach-nuoc-ngoai-tu-vong-tren-via-he-pho-co-ha-noi-nghi-do-dot-tu-1186772.html ) ou celle le 2/3 d’un Allemand de 59 ans dans un hôtel de Dalat (cf. https://kenh14.vn/mot-du-khach-nguoi-duc-nghi-dot-tu-trong-khach-san-o-da-lat-20200302211421605.chn).   

Mais voilà que le 5/3 le FMI annonce la provision d’une enveloppe de 50 milliards USD consacrée à l’aide pour les pays en butte aux ravages du coronavirus. Conscient que ses rodomontades sur sa victoire sur l’épidémie le priveront d’un apport financier et technique dont il a fortement besoin, le pouvoir communiste vietnamien cherche aussitôt à retourner la situation. C’est ainsi que le 6/3 il a été permis à la presse de faire état de la détection d’un 17e cas officiel de malade infecté par le virus, la fille d’un magnat de l’acier revenue le 2/3 d’un voyage en Europe (Angleterre, Italie, France) puis de celle d’un 18e cas, un jeune homme revenu de Daegu en Corée du Sud le 4/3. 15 autres cas décelés les 7-8/3 sont plus ou moins liés au cas 17 : sa tante et son chauffeur devenus les cas 19 et 20, son voisin dans l’avion, un dignitaire du régime (une délégation conduite par le Ministre du Plan prenait le même vol) catalogué cas 21, 10 étrangers (8 Anglais, 1 Irlandais et 1 Mexicain) d’autres passagers sur le même vol. A noter que ces cas concernent uniquement des contagions à partir d’autres pays (Corée du Sud, Italie ?) que la Chine, comme si avec les centaines de milliers d’allées et venues entre diverses régions de la Chine et du Vietnam depuis des mois aucune contamination n’a pu avoir lieu. Mais pour bénéficier d’une aide internationale, le Vietnam devra invoquer un nombre bien plus élevé de malades et sera donc contraint de comptabiliser d’une façon ou d’une autre, au moins en partie, les contaminés au contact des Chinois.

A l‘évidence, le pouvoir vietnamien a menti pour dissimuler une situation plutôt inquiétante dans l’espoir de sauver une économie en berne tout autant que par peur de raviver le sentiment antichinois et par incapacité de désobéir aux injonctions de Pékin. Le 20/2, lors d’une réunion de l’ASEAN à Vientiane, le Ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi a eu un entretien particulier avec son homologue vietnamien, probablement pour lui signifier les exigences de son gouvernement, car juste après le Vietnam a mis fin aux velléités de contenir le coronavirus en restreignant la présence des Chinois dans leur province de quelques dirigeants locaux et ordonné l’ouverture complète du pays aux citoyens du céleste empire (27-28/2) ; en contrepartie la Chine a débloqué les passages aux postes frontières pour les camions de marchandises vietnamiennes et promis d’ouvrir les vannes de ses barrages en amont du Mékong pour sauver les rizières et plantations sud-vietnamiennes de la sécheresse. Cette dernière promesse n’est cependant pas vraiment tenue car les Chinois n’ont laissé s’écouler qu’une faible quantité d’eau qui n’atteindra pas le Vietnam étant déjà absorbée au Laos et Cambodge, ce qui présage la destruction de toute l’agriculture du Bassin du Mékong où la prochaine récolte de riz s’annonce perdue et où la salinisation de la terre oblige les paysans à acheter de l’eau douce (dont le prix a monté aussitôt de 9000 VND à 300.000 VND/m3) pour arroser leurs plantes. Mais comme à l’accoutumée, le pouvoir communiste vietnamien n’ose émettre aucune protestation, aussi sourd aux cris au secours des paysans du Bassin du Mékong assoiffé qu’insoucieux des risques de la contamination massive de la population au contact des milliers de Chinois venant de Chine.

Si les collabos de Hanoï laissent entrer sans broncher dans le pays tous les Chinois qui le veulent et n’osent contrôler leur état de santé que pour la forme, de façon laxiste, ils cherchent en même temps à dissimuler cette lâcheté à la population, par exemple en passant sous silence leur arrivée ou retour et en omettant de donner leur nombre alors que tout ce qui concerne les dispositions contre la contagion provenant des Sud-Coréens et des Italiens (aussitôt interdits de visa à l’annonce de la détection de nombreux cas de maladie chez eux) ) est mis en avant dans les media. Leur servilité par rapport à Pékin dépasse l’entendement quand on sait en plus que pour montrer à leurs maîtres chinois leur dévouement, ils font fi de la santé de leurs concitoyens dans le besoin :  Cependant que les caisses de l’Etat sont vides et que la pénurie en produits de protection médicale au Vietnam est telle que des gens de province doivent parcourir de nuit jusqu’à 20km afin de faire la queue dès 4h du matin devant les grandes pharmacies de Saïgon pour acheter des masques médicaux et rentrer malgré tout bredouilles, le gouvernement vietnamien a envoyé à la Chine une aide de 600.000 USD en matériel médical divers (cf. https://laodong.vn/thoi-su/viet-nam-vien-tro-tri-gia-600000-usd-giup-trung-quoc-chong-virus-corona-781386.ldo ) et ordonné l’exportation en Chine de 3.970.000 masques d’une valeur de 92.000 USD; en outre, les provinces frontalières ont été incitées à suivre l’exemple en envoyant de l’aide à la province chinoise de Guangzhou limitrophe (en fait la province qui les chapeaute dans le projet d’annexion), à la suite de quoi les autorités de Lạng Sơn ont fait main basse sur tous les produits de protection médicaux de la région d’une valeur d’environ 100.000 USD pour en faire cadeau à sa voisine chinoise (cf. https://tuoitre.vn/xuat-khau-gan-4-trieu-chiec-khau-trang-sang-trung-quoc-20200205172430834.htm ) !

Qui peut croire encore à l’indépendance du Vietnam au constat des susdits faits ? Tous ceux qui observent la situation du pays sans se laisser induire à l’optimisme par les dissimulations, mensonges et manipulations des communistes au pouvoir savent que pour la survie du Vietnam en tant que tel, doit s’engager une lutte acharnée pour sa décolonisation, laquelle ne peut se livrer que si la population ne se voile plus la face sur son asservissement. Espérons que la crise du coronavirus en le révélant au grand jour la pousse à se mettre debout !

 

 

 

 

L’Etat communiste vietnamien, premier trafiquant de la traite d’esclaves dans le monde !

Ce titre vous paraît exagéré et même diffamatoire ? Lisez ce texte jusqu’au bout avec dans l’esprit cette définition selon l’article 3 du Protocole additionnel des Nations Unies contre la criminalité organisée… ou Protocole de Palerme : La traite des êtres humains est caractérisée par « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres contraintes, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements et d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes ».

 

Il a fallu la découverte le 23/10/2019 de 39 corps gelés de jeunes Asiatiques sans papiers, qui s’avèrent être tous des Vietnamiens après enquête des policiers anglais terminée le 2/11, dans un container réfrigérant dans une zone industrielle de Grays (Essex, Angleterre) pour que l’opinion mondiale s’émeuve et s’inquiète de l’existence de filières de trafic humain à partir du Vietnam, dont le régime communiste était porté aux nues par tous les gauchistes et gauchisants occidentaux dans les années 1970 et est toujours traité avec indulgence par leurs media. Pourtant c’est lui qui est responsable de ce trafic honteux mais ô combien lucratif, indirectement mais aussi directement.

Après la victoire de Hanoï sur la République du Sud-Vietnam et la réunification du pays, une fois terminée la vague des boat people anti-communistes dans les années 1980, on pensait qu’avec la paix et l’acceptation (au moins passive) du régime l’exode s’arrêterait. C’est sans compter avec la mise sous coupe chinoise du pouvoir vietnamien, sa lâcheté devant Pékin conjuguée avec son incompétence et sa corruption qui lui fait adopter toutes les mesures économiques prônées par la Chine, en particulier une industrialisation désordonnée, extrêmement polluante, gourmande en eau et en électricité, au détriment de la pêche, agonisante par la toxicité des eaux ainsi que l’agressivité chinoise en Mer orientale, et de l’agriculture, dévastée par la retenue des eaux par la Chine en amont et aussi par une politique aberrante qui pousse à une productivité forcenée avec le recours à l’utilisation massive des engrais phosphatés et des pesticides, politique qui accule la majorité des paysans (65% de la population) à la misère et à l’endettement d’autant plus qu’elle se conjugue avec les effets dramatiques du changement climatique, l’imposition des prix de vente très bas à l’exportation et une absence de protection qui les met à la merci des banques et des compradores chinois malveillants.

Le parti communiste vietnamien qui se prétend dans les slogans assenés à longueur de journées « talentueux et sagace » mais est composé surtout, même dans sa classe dirigeante, de gens peu éduqués (exceptés en sabir politique marxiste pour intimider le bon peuple), donc incompétents, avides et filous et donc corrompus, s’est révélé incapable de gérer le pays, se contentant de copier bêtement son « grand frère » chinois (ou d’appliquer en tant que vassal la politique de Pékin pour tout l’empire) . Avec pour résultat les mêmes déboires industriels qu’en Chine : prédilection pour l’industrie lourde avec de grosses entreprises étatiques (au nombre de 2486) engrangeant moins des bénéfices que des pertes, fortement endettées et en situation de perfusion permanente ; petites et moyennes entreprises en principe privées (541.753), lesquelles, à part les entreprises arrière-cours des apparatchiks, quoique harcelées par les bureaucrates et pressurées par le fisc, assurent la survie de l’économie du pays par leur contribution au Trésor (43% des impôts dans le secteur entrepreneurial, le secteur des entreprises englobant E. étatiques, E. privées et E. étrangères ou IDE/FDI, et représentant 60% du PIB/GDP vietnamien) ; gaspillage jusqu’à épuisement des ressources (cas par exemple des mines de charbon de Quảng Ninh) ; destruction de l’environnement (avec entre autres une extrême pollution de l’air due en majeure partie aux 28 centrales thermiques à charbon en activité – imaginez ce qu’il en sera quand les 33 autres en construction et en projet prévus pour d’ici à 2030 fonctionneront ! – cf. https://vi.wikipedia.org/wiki/Danh_s%C3%A1ch_c%C3%A1c_nh%C3%A0_m%C3%A1y_nhi%E1%BB%87t_%C4%91i%E1%BB%87n_than_t%E1%BA%A1i_Vi%E1%BB%87t_Nam ) ; tout cela sans les quelques réussites en matière de produits finis et à forte valeur ajoutée comme en Chine, à cause justement de la mentalité servile des dirigeants de Hanoï ajoutée à la méfiance jalouse de Pékin qui travaillent à saper l’éducation et l’essor d’une jeunesse saine et avisée, susceptible de réagir contre eux. 

Pêcheurs et paysans poussés par la misère quittent leurs villages pour chercher du travail en ville ou dans les zones économiques, mais la capacité d’embauche dans les entreprises est limitée : tout le secteur ne compte que 14,7 millions de personnes sur une population officielle de 96 millions et une population active de 55 millions (chiffres de 2018 – Cf. Wikipédia et Rapports de la direction générale des statistiques), et ce n’est pas un Etat en quasi-faillite avec un fonctionnariat pléthorique de 11 millions de personnes dont 5 millions sont membres du Parti (cf. https://dantri.com.vn/kinh-doanh/cu-7-lao-dong-phai-nuoi-1-cong-chuc-vien-chuc-va-nguoi-huong-luong-2018091910520925.htm ) qui sait susciter la création d’emplois. Que les malchanceux se débrouillent ! Et c’est ce qu’ils font. En dehors des 25,7 millions de salariés susdits, les 29,3 millions de personnes actives restantes, en gros sans qualification, appelées pudiquement « travailleurs simples » (lao động giản đơn) se démènent comme elles peuvent pour vivoter, remplissant des métiers informels, pour la plupart modestes (vendeurs ambulants, personnel domestique, etc.) leur rapportant moins de 100 USD par mois. Leur gagne-bol de riz misérable est cependant comptabilisé par le pouvoir comme de l’emploi, ce qui lui permet d’afficher publiquement un taux de chômage enviable de seulement 2,17% (représentant 1,1 million de chômeurs, chiffres de mars 2019) !  

Le pouvoir a beau maquiller les statistiques, il sait qu’un trop grand nombre de citoyens ne disposant d’aucun travail régulier est une bombe à retardement. Pour éviter les troubles causés par l’oisiveté forcée des millions de chômeurs miséreux, en particulier des jeunes jetés sur le marché (chaque année la population active augmente de 400.000 personnes), il a développé depuis l’ouverture du pays à la mondialisation (décret 370-HĐBT du 9/11/1991) le système de vente de main d’œuvre à bon marché, baptisé « exportation de main d’œuvre » appliqué en 1980 dans le cadre de remboursement des dettes de guerre aux pays de l’Est. L’envoi des travailleurs à l’étranger, décidé au début en fonction des accords de coopération au niveau des Etats, ressort maintenant du Ministère du travail qui a pour mission d’élaborer et d’exécuter les plans « d’exportation », en liaison avec les ambassades et les « sociétés d’exportation de main d’œuvre » légales (362 en 2019), publiques (à capital entièrement ou en partie de l’Etat) ou privées (arrière-cours des apparatchiks), sans compter une multitude d’officines illégales et cependant tolérées tant qu’aucun scandale n’oblige leurs protecteurs (policiers et potentats locaux) à les désavouer, qui se chargent de la négociation des contrats d’embauche avec les autorités ou les sociétés étrangères, du recrutement des candidats au départ, de leur préparation linguistique (réduite d’ordinaire à l’enseignement de quelques phrases usuelles acquises en  5 jours de stage) et psychologique (consistant plus à peindre en rose les avantages de l’émigration qu’à prodiguer des conseils utiles sur les lois et coutumes du pays d’arrivée), du transport comme de toute la paperasserie contre une somme appelée « frais d’intermédiaire » (de 1500 à 5500 USD selon l’emploi pour les officines publiques et de 5000 à 10.000 USD pour les officines privées qui démarchent directement l’employeur) que doit payer l’émigré.

Rien que ces frais extrêmement élevés (sans parler des ristournes de la part des employeurs étrangers pour l’acquisition de main d’œuvre sous-payée) par rapport au service rendu et à la pauvreté de la majorité des partants qui doivent s’endetter pour les payer (en moyenne ils mettent 11 mois à les rembourser en se serrant la ceinture) dans l’espoir d’une vie meilleure, montrent combien l’Etat et ses sbires exploitent la misère du peuple. En comparaison, aux Philippines, en Thaïlande et en Indonésie où se pratiquent aussi une politique d’expatriation des travailleurs, les frais des bureaux de placement se montent seulement à de 1000 à 3000 USD tout compris. D’ailleurs, en  se rendant compte sur place de leur exploitation par les sociétés d’exportation, des travailleurs immigrés vietnamiens à Taipeh, obligés de payer 5000-7000 USD aux sociétés d’exportation de main d’œuvre, se sont décidés le 5/5/2019 à manifester pour réclamer la suppression des intermédiaires en faveur des accords directs entre gouvernements (https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-48187746 ). En plus, souvent, arrivés sur leur lieu de travail, les immigrés s’aperçoivent d’une autre exploitation, celle de leurs patrons qui les paient bien en dessous du salaire local normal et dans des conditions très dures, loin des promesses des sociétés d’exportation qui se lavent les mains, même en cas d’accident ou de mortalité leur survenant, estimant avoir rempli leurs obligations dès leur arrivée à destination. Comme l’argent est leur seule motivation d’expatriation, un bon nombre d’entre eux choisit de casser leur contrat pour trouver un emploi mieux rémunéré quitte à vivre dans la clandestinité ou même rejoindre le monde de la pègre (drogue, prostitution), illégal mais lucratif.  

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Quant aux autorités gouvernementales vietnamiennes représentées à l’étranger par les ambassades et les consulats, au lieu de se constituer comme des organes de protection et d’aide pour leurs ressortissants malchanceux, non seulement elles se désintéressent de leur sort, mais cherchent à soutirer de l’argent à tous les citoyens qui s’adressent à elles pour des questions administratives et autres  (cf. https://thanhnien.vn/thoi-su/co-quan-dai-dien-viet-nam-o-nuoc-ngoai-bi-to-lam-thu-1166447.html ). D’ailleurs que représente le peuple pour les dirigeants et les cadres dégénérés vietnamiens sinon une simple marchandise dont ils veulent tirer le maximum de profit ? C’est ce qu’expriment les termes même d’« exportation de main d’œuvre » (xuất khẩu lao động) pour l’envoi des travailleurs et de « commande de marchandise » (đơn hàng) pour désigner toute demande de main d’œuvre provenant des sociétés étrangères. Le terme « exportation » est tellement choquant pour l’Organisation internationale du travail (OIT/ILO) qu’elle a suggéré récemment au gouvernement vietnamien de le changer en émigration (di cư) ou déplacement (dịch chuyển – cf. https://forbesvietnam.com.vn/tin-cap-nhat/xuat-khau-lao-dong-tiem-nang-nhung-chi-nen-la-giai-phap-ngan-han-8212.html )!

Dans tous les autres pays du monde non touchés par la guerre et les troubles politiques, l’émigration des citoyens est un constat d’échec des dirigeants, qui leur fait honte, qu’ils acceptent et accompagnent comme un pis-aller ou essaient d’endiguer en prenant des mesures de dissuasion plus ou moins efficaces. Aucun n’en fait comme au Vietnam une « mission politique », de portée nationale, vantée dans les media, rappelée à l’attention de la population sur des panneaux routiers. L’Etat fixe même chaque année un quota, à chaque fois plus élevé, de migrants à atteindre et à répartir sur les diverses provinces qui ont l’obligation d’en faire la propagande auprès de leurs administrés pour les pousser à s’expatrier (cf. https://laodong.vn/cong-doan/lo-xuat-khau-lao-dong-chui-cac-tinh-tang-cuong-tuyen-truyen-769595.ldo ). Le nombre de travailleurs exportés (de plus de 100.000 depuis 2014, 142.000 en 2018, 148.000 en 2019) est tous les ans triomphalement annoncé par le premier ministre et ses ministres comme un véritable exploit. Sachant que 99% des migrants dont le tiers se compose de femmes sont envoyés à l’étranger comme OS ou plutôt coolies pour exercer les travaux les plus durs refusés par les autochtones (cf. http://laodongxahoi.net/tang-cuong-thong-tin-hai-chieu-giua-nha-quan-ly-doanh-nghiep-voi-bao-chi-ve-xuat-khau-lao-dong-1313616.html ), et aussi les plus humiliants comme les besognes serviles, surtout dans les Emirats du Golfe (de bons clients et même les premiers approchés par les « exportateurs » vietnamiens) connus pour les mœurs esclavagistes de leurs citoyens (nombre de témoignages de bonnes à tout faire vietnamiennes « exportées » légalement pour se voir exploitées, battues et violées, ignorées sinon intimidées par les services consulaires vietnamiens alertés, sont rapportés sur les réseaux sociaux cf. https://www.voatiengviet.com/a/tinh-canh-osin-viet-o-saudi-bi-boc-lot-bo-doi/4585020.html ), contre un salaire bien plus bas que celui de l’autochtone sur le même emploi (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/vietnamese-workers-still-want-to-come-to-japan-despite-being-treated-unfairly-03192019140512.html )– le bas prix du travail vietnamien est d’ailleurs l’argument avancé par les démarcheurs de contrats — il est surprenant de voir les dirigeants de Hanoï tirer leur fierté d’une telle déchéance de leurs citoyens !

C’est que les communistes ont perdu toute vergogne et simple bon sens, n’ayant en vue que leur intérêt propre et celui de leur parti. L’envoi des citoyens à l’étranger résout en partie le problème du chômage de masse, tandis que l’apologie de cette migration masque la nullité de la gestion du pouvoir. La propagande gouvernementale et l’aisance soudaine de nombreuses familles aux enfants « exportés » amènent tous les Vietnamiens qui végètent sans perspective d’avenir et sont trop abrutis par le décervelage éducatif pour se retourner contre le régime et sauver ainsi leurs descendants et eux-mêmes tout comme leur pays du désastre, à se ruer sur la voie de l’exil comme échappatoire, au point de s’agglutiner par centaines devant les ambassades de Taïwan, du Japon ou de la Corée du Sud, les pays les plus accueillants et les plus enviés au point de vue proximité et salaire, et de s’y battre pour obtenir un formulaire de visa. S’ils n’ont pas la qualification exigée pour les visas directs ni ne sont pas éligibles pour les contrats distribués par les sociétés exportatrices officielles, ils se lancent alors dans l’aventure de l’émigration sauvage avec les officines illégales et les passeurs qui leur promettent même les paradis occidentaux, au prix énorme de 10.000 à 50.000 USD. S’ils sont désargentés, ce n’est pas grave, banques et mafieux sont prêts à leur avancer la somme nécessaire contre hypothèque d’habitation et reconnaissance contraignante de dette.

On comprend que le besoin de rembourser leurs dettes plus ou moins exorbitantes pousse la plupart des immigrés vietnamiens à s’accrocher à l’emploi pourvu dans le contrat signé par l’intermédiaire de la société d’exportation de main d’œuvre malgré l’exploitation dont ils font l’objet. Même dans un pays aussi respectueux des lois que le Japon (et a fortiori dans d’autres pays : d’après une étude de l’OIT/ILO en 2017, 76% des travailleurs vietnamiens en Thaïlande et en Malaisie ont leurs droits violés – cf. https://news.zing.vn/ilo-76-lao-dong-viet-o-thai-lan-malaysia-bi-lam-dung-quyen-lao-dong-post972117.htmlv ), la situation de beaucoup – nous ne parlons même pas des cas limites où les travailleurs sont non payés, battus et violés (cas des femmes) – s’approche de l’esclavage : d’après les témoignages recueillis dans l’article de RFA susdit, non seulement ils ne reçoivent que 700-800 yens/heure c’est-à-dire près de la moitié du salaire horaire de l’autochtone pour le même travail (1000- 1500 yens), ils doivent encore effectuer des heures supplémentaires non payées ou seulement à 25% de cette somme, même parfois les samedis et dimanches ; ils disposent de très peu de jours de congé et comme logement fourni c’est une maison ou un appartement minable dans le(la)quel(le) ils sont entassés.  En 2017, 7000 travailleurs étrangers au Japon dont les Vietnamiens constituent la moitié, ont rompu leur contrat par refus des conditions de travail trop dures et sont entrés dans la clandestinité pour ne pas s’exposer à l’extradition. En négociant directement avec des employeurs en manque de main d’œuvre et prêts à tricher avec le fisc, ils obtiennent un travail moins harassant et mieux payé, et au pire rejoignent le monde de la pègre, dans l’espoir d’acquérir avec les années une certaine qualification professionnelle ou cumuler assez d’argent qui leur donne accès à un meilleur avenir.

Or, si les gouvernements étrangers accueillent et même favorisent la venue de travailleurs immigrés sans qualification chez eux pour exercer des métiers dédaignés par la population locale, ils entendent les contrôler car le gonflement de la population d’étrangers illégaux est pour eux une plaie à cause de leur association avec le crime autant que des réactions négatives des autochtones devant leur nombre. L’exigence des contrats à durée limitée de 1 à 3 ans (le Japon vient de les prolonger pour 5 ans dans plusieurs domaines) rarement renouvelables répond à cette volonté de limiter l’installation des allogènes sur leur sol. C’est justement cette difficulté de revenir, alliée à l’envie de se constituer un capital le plus substantiel possible, qui incite les migrants vietnamiens à entrer dans la clandestinité, ce qui n’est guère du goût des pays d’accueil. Excédée, la Corée du Sud, où jusqu’à 55% des travailleurs vietnamiens embauchés s’ incrustent à la fin de leur contrat, a gelé pendant 4 ans l’arrivage de nouveaux migrants vietnamiens jusqu’à ce que cette proportion d’illégaux baisse au chiffre plus supportable de 33% c’est-à-dire jusqu’en 2018, non sans interdire de visa les candidats originaires des localités ayant fourni plus de 60 migrants clandestins (ce qui revient à pénaliser 58 districts en 2018, 49 en 2019 et 30 en 2020). Il faut dire que la Corée est la destination préférée des travailleurs vietnamiens à cause du salaire élevé de l’ouvrier, proche de celui des Japonais (1000-1200 USD) avec un coût de la vie nettement moins élevé.

Si la pauvreté explique le départ des pauvres, ce n’est pas ce qui motive la migration d’un nombre également important (170.000 en 2019) de jeunes, étudiants et aussi élèves partis à l’étranger, aussi dans une quarantaine de pays, de préférence aux Etats-Unis, au Japon, au Canada et en Australie. Parmi eux seulement 6000 sont boursiers, les 96,5% restants sont des enfants d’apparatchiks (cadres dirigeants et affairistes) que l’on appelle ironiquement des « réfugiés scolaires » tant l’éducation nationale laisse à désirer, dont les études coûtent chaque année environ 3 milliards de dollars à leurs parents (c’est-à-dire en fait au pays sur le dos duquel ces parents se sont enrichis). Ces étudiants rentrent peu chez eux après leurs études et viennent en fin de compte grossir le nombre de travailleurs « exportés », dont ils forment le dessus du panier. Leur installation dans le pays d’accueil est plus facile que pour leurs compatriotes OS, même si en attendant d’être légalisés ils sont obligés comme tout en chacun sans permis de séjour de vivre dans l’illégalité. Leur départ définitif du pays ne chagrine pas tellement leurs parents, au contraire, car une fois installés ils serviront de répondants pour l’immigration de toute la famille au cas où la situation du Vietnam se détériore encore plus.

Car avec la vassalisation à la Chine de plus en plus marquée, le marasme économique, les services publics détruits, l’environnement pollué …, quasiment (car il existe toujours une minorité d’idéalistes tenaces) tous les Vietnamiens quitteraient leur pays s’ils en avaient la possibilité (ce qui les fait tomber aisément dans les pièges des escrocs). Une mentalité de sauve-qui-peut s’est emparée de la population du sommet à la base : Les très riches et apparatchiks n’ont pas à s’en faire, ils peuvent avoir tout de suite un passeport étranger en poche en achetant une nationalité ou une carte de séjour à l’un des 15 pays capitalistes (des Etats-Unis à l’archipel St Christophe et Niévès) qui la vendent contre investissement d’une centaine de milliers à un million de dollars (cf. https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1103774-15-pays-qui-vendent-leur-nationalite/1103776-saint-christophe-et-nieves ). Pour les autres, tous les moyens sont bons pour mettre le pied à l’étranger, même dans les pays peu attirants d’Afrique noire ou chez un voisin plus pauvre comme le Laos, si possible par la voie légale en tant que travailleurs « exportés » ou mariées à l’encan (depuis 2008 chaque année environ 13.000 jeunes femmes partent se marier pour le meilleur mais aussi malheureusement pour le pire avec un étranger qu’elles connaissent à peine, d’ordinaire à la suite d’un arrangement via une agence entremetteuse – cf. http://tphcm.chinhphu.vn/70-000-phu-nu-dbscl-lay-chong-nuoc-ngoai ) si l’on est pauvre, en tant qu’étudiant ou touriste pour les nantis, ou sinon par la voie illégale organisée par des passeurs si dangereuse soit-elle. Outre le drame des 39 morts congelés en Angleterre, deux autres scandales en fin 2018 ont mis la lumière sur cette course folle au départ : Les 21 et 23/12/2018, 152 sur 153 touristes vietnamiens amenés par un tour opérateur à Taïwan ont disparu dans la nature après leur arrivée ; 3 d’entre eux sont revenus de leur propre gré, et 88 ont été attrapés par la suite, mais les 60 restants demeurent introuvables ; d’après la police taïwanaise ce sont des victimes consentantes d’une filière de trafiquants qui les met au travail dans les plantations (pour les hommes) et dans les maisons closes (pour les femmes – cf. https://nld.com.vn/thoi-su-quoc-te/vu-152-khach-viet-mat-tich-o-dai-loan-2-nguoi-viet-bi-ket-an-tu-20191024041852243.htm ). Peu auparavant, ce sont 9 personnes faisant partie de la délégation vietnamienne conduite par la Présidente de l’Assemblée nationale Nguyễn Thị Kim Ngân venue sur invitation de son homologue coréen participer à une conférence économique à Séoul les 4-7/12/2018, qui choisissent de rester illégalement en Corée au lieu de rentrer avec elle ; le peuple n’en saurait rien si la télévision coréenne ne dévoile pas l’affaire dans une émission du 23/9/2019 pour annoncer l’extradition de 2 des transfuges ; gros émoi dans l’opinion vietnamienne que n’arrange pas la déclaration du Secrétaire de l’Assemblée nationale selon laquelle les transfuges ne font pas vraiment partie de la délégation officielle mais ont été transportés gracieusement dans l’avion gouvernemental ; qui sont-ils et pourquoi ce traitement de faveur sans assurance de leur retour ? pire, la Présidente de l’Assemblée serait-elle organisatrice et complice d’une immigration illégale dans un pays ami, étant donné que d’après la rumeur deux des transfuges sont son ex-mari et sa fille ? l’opinion a beau s’interroger, c’est depuis silence radio des officiels sur le sujet, sauf pour dire le 5/11/2019 qu’une 3e personne parmi les transfuges est rentrée au pays (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/3-out-of-9-people-in-na-delegation-of-vn-return-vn-11052019120945.html ).  

Une fois à destination dans le pays étranger, rares sont ceux rentrent au Vietnam à l’expiration de leur visa qu’ils soient travailleurs migrants, étudiants ou touristes, à moins d’y être obligés par la police locale ou par des considérations familiales. Sans permis de résidence, ils se retirent dans la clandestinité, s’adonnant au grand dam du pays hôte malgré lui au travail au noir et se livrant à des activités délictueuses, en particulier la plantation du cannabis dont les Vietnamiens sont devenus les caïds dans certains pays comme par exemple l’Angleterre. Avec l’expérience, les illégaux se constituent ensuite en petits « milieux » qui se renforcent en attirant de nouveaux venus qu’ils exploitent à leur tour sous couvert d’aide et de protection. Tous espèrent finir par être légalisés puis naturalisés dans le pays « hôte ». Aux doléances des pays exaspérés par l’afflux de ces immigrés indésirables, le pouvoir vietnamien joue l’innocent et rejette leur existence sur la malhonnêteté de certaines sociétés d’exportation et des intermédiaires qui trompent les partants et ne font pas leur boulot de tri et d’accompagnement, promettant d’y mettre bon ordre malgré la difficulté de la tâche. Or, dans un pays policier où la moindre activité des habitants est surveillée (en moyenne il y existe 1 policier pour 15 habitants), aucun particulier ou groupe ne peut dévier de la loi et organiser la sortie du pays sans l’accord au moins tacite des autorités.  De plus, la promotion de l’exportation de main d’œuvre étant affaire d’Etat, pousser et aider le maximum de personnes à partir travailler à l’étranger sans s’interroger sur leurs aptitudes c’est faire preuve de civisme et aussi d’humanisme puisqu’on les aide à changer en mieux leur vie ; pourquoi se soucier des problèmes ultérieurs puisque ce sera l’affaire du pays d’accueil ? Parallèlement aux encouragements des autorités, on voit ainsi des sociétés exportatrices de main d’œuvre venir jusque dans les lycées démarcher les élèves de première et terminale et aller chez eux persuader leurs parents de les laisser partir (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/the-benefits-and-disadvantages-of-exporting-labor-10302019123420.htm ). Et si l’on peut s’enrichir au passage pourquoi s’en priver ? Cadres de tous niveaux en rapport direct ou indirect avec la « mission capitale » participent donc à l’exploitation des migrants et à l’essor de la migration, sans se préoccuper de l’effet de cet exode massif sur les autres pays.    

Au fil des temps, depuis 1990, près de 3 millions (déjà plus de 2,5 millions en 2015 selon l’OMI/Organisation internationale pour les migrations de l’Onu) de Vietnamiens issus de la République socialiste ont migré à l’étranger, à la satisfaction du pouvoir communiste de Hanoï qui se félicite de l’apport en devises de ces expatriés dont 650.000 (chiffre de 1/2020) sont des travailleurs exportés légalement : 3 milliards de dollars en 2019 qui viennent s’ajouter aux 13,7 milliards (d’après le chiffre officiel de 16,7 milliards au total, chiffre que met en doute l’économiste-journaliste récemment arrêté Pham Chí Dũng qui voit depuis 2016 une tendance à la baisse de ces envois d’argent – cf. https://www.voatiengviet.com/a/ngan-hang-the-gioi-kieu-hoi-2018/4710815.html ) envoyés et ramenés par les migrants devenus citoyens des pays étrangers en particulier les 2 millions d’ex-réfugiés de l’ancienne République du Sud-Vietnam, pour la plupart aisés. A la différence de ces derniers, les nouveaux migrants partent surtout pour des raisons économiques, la majorité, au cerveau lavé par la propagande officielle depuis l’enfance étant devenue sans morale ni conscience politique et n’aspirant qu’à l’argent ou aux avantages matériels. Comme les otages atteints du syndrome de Stockholm, bon nombre ne voient pas que l’état déliquescent du pays, cause de leur abandon de la terre natale et de leur séparation d’avec leur famille, est dû à la mafiocratie communiste, mais sont reconnaissants à ce pouvoir de leur procurer ce moyen de se bâtir une nouvelle vie.    

La migration coûte que coûte vers des cieux plus cléments est certes un phénomène qui touche tous les pays pauvres et peu développés, mais il n’y a qu’au Vietnam pourtant doté naguère d’abondantes ressources de toutes sortes (gaspillées ou pillées), jouissant de la paix depuis plus de quarante ans et sur lequel sont déversés des milliards d’aide de la communauté internationale (détournés et dépensés en projets calamiteux) qu’elle atteint le degré massif et inquiétant pour l’avenir de la nation autant que pour l’harmonie sociale des pays d’accueil. En ce qui concerne ces derniers, si la présence de nombreux étrangers peu ou mal éduqués fait l’affaire des employeurs avides et peu scrupuleux, leur inaptitude à s’intégrer, leur violation des lois locales ne peuvent que semer le désordre et provoquer des troubles sociaux. Pour la nation, c’est l’exsanguination de ses forces vives que représente cet exode d’une grande partie, qui plus est la plus dynamique, de sa jeunesse que le pouvoir se réjouit cependant de voir partir car, en plus de lui rapporter un montant important de devises sans compter d’énormes sommes à ses officines, restés au pays ces jeunes gens remuants pourraient se joindre aux mécontents et constituer un front intraitable.  

En même temps, l’émigration de ses citoyens permet de réduire la population du Vietnam, trop nombreuse en densité (près de deux fois plus forte qu’en Chine : 291 ha/km2 / 145,27 ha/km2), réduction indispensable à l’implantation des Chinois sur le territoire selon le souhait de Pékin, l’ambition de Mao que ses successeurs veulent réaliser étant l’occupation des pays du Sud-est asiatique par les Chinois en surnombre, comme il l’a cyniquement déclaré dans un entretien avec Lê Duẩn (cf. http://www.talawas.org/?p=26340 ). Le pouvoir se félicitant de compter actuellement près de 3 millions de ses ressortissants à l’étranger partis depuis 1990, cela veut dire que ces 30 dernières années, tous les ans la population vietnamienne diminue en moyenne d’environ 100.000 personnes ; mais les statistiques vietnamiennes ne retranchent que 40.000 habitants par an (cf. https://danso.org/viet-nam/ ) : les 60.000 autres partis et toujours comptabilisés représentent-ils d’autres habitants venus les remplacer c’est-à-dire les colons Chinois qui migrent en masse au Vietnam et comptent y rester sans que leur nombre soit chiffré officiellement, et seraient alors au moins 1.800.000 (chiffre gonflé à 30 millions par la rumeur) ? On peut constater ce remplacement de population voulu par Pékin dans le Centre et le Sud-ouest du pays où des villages entiers se vident de leurs habitants, n’y restant que des vieux et des jeunes enfants en même temps que poussent dans leurs parages des agglomérations composées uniquement de Chinois ! Et paradoxe écoeurant : pendant que des milliers sinon des millions de Vietnamiens doivent quitter leur patrie, abandonner leur foyer pour chercher un emploi à l’étranger, des milliers voire des millions d’emplois dans des entreprises installées sur le sol vietnamien sont par contre donnés à des Chinois qui viennent exprès de Chine les occuper, sous prétexte que ces entreprises sont à capital chinois ! Quel Etat accepterait une telle situation sinon un Etat vendu ou plutôt un pseudo-Etat composé de tétrarques au service de l’Empereur du Milieu ?

Comment s’étonner alors que les communistes veules, incompétents et corrompus qui se partagent le pouvoir au Vietnam se conduisent en super mafieux dans le trafic de main d’œuvre ? Les mafieux simples se contentent de profiter de la misère pour faire leur beurre, avec le pouvoir qu’ils s’arrogent les dirigeants de Hanoï ont en plus la faculté de provoquer cette misère pour ensuite l’exploiter pour leur plus grand bénéfice aussi bien politique que financier. Que les gouvernements et organismes sérieux cessent de considérer ce régime comme normal et n’entrent pas dans son jeu ! Déjà, que l’Europe ne signe pas avec lui le traité de libre-échange EVFTA qui suppose un Vietnam indépendant, respectueux des lois et des droits, ce qu’il n’est nullement vu l’état des faits.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’Etat communiste vietnamien, premier trafiquant de la traite d’esclaves dans le monde !

 

Ce titre vous paraît exagéré et même diffamatoire ? Lisez ce texte jusqu’au bout avec dans l’esprit cette définition selon l’article 3 du Protocole additionnel des Nations Unies contre la criminalité organisée… ou Protocole de Palerme : La traite des êtres humains est caractérisée par « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres contraintes, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements et d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes ».

 

Il a fallu la découverte le 23/10/2019 de 39 corps gelés de jeunes Asiatiques sans papiers, qui s’avèrent être tous des Vietnamiens après enquête des policiers anglais terminée le 2/11, dans un container réfrigérant dans une zone industrielle de Grays (Essex, Angleterre) pour que l’opinion mondiale s’émeuve et s’inquiète de l’existence de filières de trafic humain à partir du Vietnam, dont le régime communiste était porté aux nues par tous les gauchistes et gauchisants occidentaux dans les années 1970 et est toujours traité avec indulgence par leurs media. Pourtant c’est lui qui est responsable de ce trafic honteux mais ô combien lucratif, indirectement mais aussi directement.

Après la victoire de Hanoï sur la République du Sud-Vietnam et la réunification du pays, une fois terminée la vague des boat people anti-communistes dans les années 1980, on pensait qu’avec la paix et l’acceptation (au moins passive) du régime l’exode s’arrêterait. C’est sans compter avec la mise sous coupe chinoise du pouvoir vietnamien, sa lâcheté devant Pékin conjuguée avec son incompétence et sa corruption qui lui fait adopter toutes les mesures économiques prônées par la Chine, en particulier une industrialisation désordonnée, extrêmement polluante, gourmande en eau et en électricité, au détriment de la pêche, agonisante par la toxicité des eaux ainsi que l’agressivité chinoise en Mer orientale, et de l’agriculture, dévastée par la retenue des eaux par la Chine en amont et aussi par une politique aberrante qui pousse à une productivité forcenée avec le recours à l’utilisation massive des engrais phosphatés et des pesticides, politique qui accule la majorité des paysans (65% de la population) à la misère et à l’endettement d’autant plus qu’elle se conjugue avec les effets dramatiques du changement climatique, l’imposition des prix de vente très bas à l’exportation et une absence de protection qui les met à la merci des banques et des compradores chinois malveillants.

Le parti communiste vietnamien qui se prétend dans les slogans assenés à longueur de journées « talentueux et sagace » mais est composé surtout, même dans sa classe dirigeante, de gens peu éduqués (exceptés en sabir politique marxiste pour intimider le bon peuple), donc incompétents, avides et filous et donc corrompus, s’est révélé incapable de gérer le pays, se contentant de copier bêtement son « grand frère » chinois (ou d’appliquer en tant que vassal la politique de Pékin pour tout l’empire) . Avec pour résultat les mêmes déboires industriels qu’en Chine : prédilection pour l’industrie lourde avec de grosses entreprises étatiques (au nombre de 2486) engrangeant moins des bénéfices que des pertes, fortement endettées et en situation de perfusion permanente ; petites et moyennes entreprises en principe privées (541.753), lesquelles, à part les entreprises arrière-cours des apparatchiks, quoique harcelées par les bureaucrates et pressurées par le fisc, assurent la survie de l’économie du pays par leur contribution au Trésor (43% des impôts dans le secteur entrepreneurial, le secteur des entreprises englobant E. étatiques, E. privées et E. étrangères ou IDE/FDI, et représentant 60% du PIB/GDP vietnamien) ; gaspillage jusqu’à épuisement des ressources (cas par exemple des mines de charbon de Quảng Ninh) ; destruction de l’environnement (avec entre autres une extrême pollution de l’air due en majeure partie aux 28 centrales thermiques à charbon en activité – imaginez ce qu’il en sera quand les 33 autres en construction et en projet prévus pour d’ici à 2030 fonctionneront ! – cf. https://vi.wikipedia.org/wiki/Danh_s%C3%A1ch_c%C3%A1c_nh%C3%A0_m%C3%A1y_nhi%E1%BB%87t_%C4%91i%E1%BB%87n_than_t%E1%BA%A1i_Vi%E1%BB%87t_Nam ) ; tout cela sans les quelques réussites en matière de produits finis et à forte valeur ajoutée comme en Chine, à cause justement de la mentalité servile des dirigeants de Hanoï ajoutée à la méfiance jalouse de Pékin qui travaillent à saper l’éducation et l’essor d’une jeunesse saine et avisée, susceptible de réagir contre eux. 

Pêcheurs et paysans poussés par la misère quittent leurs villages pour chercher du travail en ville ou dans les zones économiques, mais la capacité d’embauche dans les entreprises est limitée : tout le secteur ne compte que 14,7 millions de personnes sur une population officielle de 96 millions et une population active de 55 millions (chiffres de 2018 – Cf. Wikipédia et Rapports de la direction générale des statistiques), et ce n’est pas un Etat en quasi-faillite avec un fonctionnariat pléthorique de 11 millions de personnes dont 5 millions sont membres du Parti (cf. https://dantri.com.vn/kinh-doanh/cu-7-lao-dong-phai-nuoi-1-cong-chuc-vien-chuc-va-nguoi-huong-luong-2018091910520925.htm ) qui sait susciter la création d’emplois. Que les malchanceux se débrouillent ! Et c’est ce qu’ils font. En dehors des 25,7 millions de salariés susdits, les 29,3 millions de personnes actives restantes, en gros sans qualification, appelées pudiquement « travailleurs simples » (lao động giản đơn) se démènent comme elles peuvent pour vivoter, remplissant des métiers informels, pour la plupart modestes (vendeurs ambulants, personnel domestique, etc.) leur rapportant moins de 100 USD par mois. Leur gagne-bol de riz misérable est cependant comptabilisé par le pouvoir comme de l’emploi, ce qui lui permet d’afficher publiquement un taux de chômage enviable de seulement 2,17% (représentant 1,1 million de chômeurs, chiffres de mars 2019) !  

Le pouvoir a beau maquiller les statistiques, il sait qu’un trop grand nombre de citoyens ne disposant d’aucun travail régulier est une bombe à retardement. Pour éviter les troubles causés par l’oisiveté forcée des millions de chômeurs miséreux, en particulier des jeunes jetés sur le marché (chaque année la population active augmente de 400.000 personnes), il a développé depuis l’ouverture du pays à la mondialisation (décret 370-HĐBT du 9/11/1991) le système de vente de main d’œuvre à bon marché, baptisé « exportation de main d’œuvre » appliqué en 1980 dans le cadre de remboursement des dettes de guerre aux pays de l’Est. L’envoi des travailleurs à l’étranger, décidé au début en fonction des accords de coopération au niveau des Etats, ressort maintenant du Ministère du travail qui a pour mission d’élaborer et d’exécuter les plans « d’exportation », en liaison avec les ambassades et les « sociétés d’exportation de main d’œuvre » légales (362 en 2019), publiques (à capital entièrement ou en partie de l’Etat) ou privées (arrière-cours des apparatchiks), sans compter une multitude d’officines illégales et cependant tolérées tant qu’aucun scandale n’oblige leurs protecteurs (policiers et potentats locaux) à les désavouer, qui se chargent de la négociation des contrats d’embauche avec les autorités ou les sociétés étrangères, du recrutement des candidats au départ, de leur préparation linguistique (réduite d’ordinaire à l’enseignement de quelques phrases usuelles acquises en  5 jours de stage) et psychologique (consistant plus à peindre en rose les avantages de l’émigration qu’à prodiguer des conseils utiles sur les lois et coutumes du pays d’arrivée), du transport comme de toute la paperasserie contre une somme appelée « frais d’intermédiaire » (de 1500 à 5500 USD selon l’emploi pour les officines publiques et de 5000 à 10.000 USD pour les officines privées qui démarchent directement l’employeur) que doit payer l’émigré.

Rien que ces frais extrêmement élevés (sans parler des ristournes de la part des employeurs étrangers pour l’acquisition de main d’œuvre sous-payée) par rapport au service rendu et à la pauvreté de la majorité des partants qui doivent s’endetter pour les payer (en moyenne ils mettent 11 mois à les rembourser en se serrant la ceinture) dans l’espoir d’une vie meilleure, montrent combien l’Etat et ses sbires exploitent la misère du peuple. En comparaison, aux Philippines, en Thaïlande et en Indonésie où se pratiquent aussi une politique d’expatriation des travailleurs, les frais des bureaux de placement se montent seulement à de 1000 à 3000 USD tout compris. D’ailleurs, en  se rendant compte sur place de leur exploitation par les sociétés d’exportation, des travailleurs immigrés vietnamiens à Taipeh, obligés de payer 5000-7000 USD aux sociétés d’exportation de main d’œuvre, se sont décidés le 5/5/2019 à manifester pour réclamer la suppression des intermédiaires en faveur des accords directs entre gouvernements (https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-48187746 ). En plus, souvent, arrivés sur leur lieu de travail, les immigrés s’aperçoivent d’une autre exploitation, celle de leurs patrons qui les paient bien en dessous du salaire local normal et dans des conditions très dures, loin des promesses des sociétés d’exportation qui se lavent les mains, même en cas d’accident ou de mortalité leur survenant, estimant avoir rempli leurs obligations dès leur arrivée à destination. Comme l’argent est leur seule motivation d’expatriation, un bon nombre d’entre eux choisit de casser leur contrat pour trouver un emploi mieux rémunéré quitte à vivre dans la clandestinité ou même rejoindre le monde de la pègre (drogue, prostitution), illégal mais lucratif.     

Quant aux autorités gouvernementales vietnamiennes représentées à l’étranger par les ambassades et les consulats, au lieu de se constituer comme des organes de protection et d’aide pour leurs ressortissants malchanceux, non seulement elles se désintéressent de leur sort, mais cherchent à soutirer de l’argent à tous les citoyens qui s’adressent à elles pour des questions administratives et autres  (cf. https://thanhnien.vn/thoi-su/co-quan-dai-dien-viet-nam-o-nuoc-ngoai-bi-to-lam-thu-1166447.html ). D’ailleurs que représente le peuple pour les dirigeants et les cadres dégénérés vietnamiens sinon une simple marchandise dont ils veulent tirer le maximum de profit ? C’est ce qu’expriment les termes même d’« exportation de main d’œuvre » (xuất khẩu lao động) pour l’envoi des travailleurs et de « commande de marchandise » (đơn hàng) pour désigner toute demande de main d’œuvre provenant des sociétés étrangères. Le terme « exportation » est tellement choquant pour l’Organisation internationale du travail (OIT/ILO) qu’elle a suggéré récemment au gouvernement vietnamien de le changer en émigration (di cư) ou déplacement (dịch chuyển – cf. https://forbesvietnam.com.vn/tin-cap-nhat/xuat-khau-lao-dong-tiem-nang-nhung-chi-nen-la-giai-phap-ngan-han-8212.html )!

Dans tous les autres pays du monde non touchés par la guerre et les troubles politiques, l’émigration des citoyens est un constat d’échec des dirigeants, qui leur fait honte, qu’ils acceptent et accompagnent comme un pis-aller ou essaient d’endiguer en prenant des mesures de dissuasion plus ou moins efficaces. Aucun n’en fait comme au Vietnam une « mission politique », de portée nationale, vantée dans les media, rappelée à l’attention de la population sur des panneaux routiers. L’Etat fixe même chaque année un quota, à chaque fois plus élevé, de migrants à atteindre et à répartir sur les diverses provinces qui ont l’obligation d’en faire la propagande auprès de leurs administrés pour les pousser à s’expatrier (cf. https://laodong.vn/cong-doan/lo-xuat-khau-lao-dong-chui-cac-tinh-tang-cuong-tuyen-truyen-769595.ldo ). Le nombre de travailleurs exportés (de plus de 100.000 depuis 2014, 142.000 en 2018, 148.000 en 2019) est tous les ans triomphalement annoncé par le premier ministre et ses ministres comme un véritable exploit. Sachant que 99% des migrants dont le tiers se compose de femmes sont envoyés à l’étranger comme OS ou plutôt coolies pour exercer les travaux les plus durs refusés par les autochtones (cf. http://laodongxahoi.net/tang-cuong-thong-tin-hai-chieu-giua-nha-quan-ly-doanh-nghiep-voi-bao-chi-ve-xuat-khau-lao-dong-1313616.html ), et aussi les plus humiliants comme les besognes serviles, surtout dans les Emirats du Golfe (de bons clients et même les premiers approchés par les « exportateurs » vietnamiens) connus pour les mœurs esclavagistes de leurs citoyens (nombre de témoignages de bonnes à tout faire vietnamiennes « exportées » légalement pour se voir exploitées, battues et violées, ignorées sinon intimidées par les services consulaires vietnamiens alertés, sont rapportés sur les réseaux sociaux cf. https://www.voatiengviet.com/a/tinh-canh-osin-viet-o-saudi-bi-boc-lot-bo-doi/4585020.html ), contre un salaire bien plus bas que celui de l’autochtone sur le même emploi (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/vietnamese-workers-still-want-to-come-to-japan-despite-being-treated-unfairly-03192019140512.html )– le bas prix du travail vietnamien est d’ailleurs l’argument avancé par les démarcheurs de contrats — il est surprenant de voir les dirigeants de Hanoï tirer leur fierté d’une telle déchéance de leurs citoyens !

C’est que les communistes ont perdu toute vergogne et simple bon sens, n’ayant en vue que leur intérêt propre et celui de leur parti. L’envoi des citoyens à l’étranger résout en partie le problème du chômage de masse, tandis que l’apologie de cette migration masque la nullité de la gestion du pouvoir. La propagande gouvernementale et l’aisance soudaine de nombreuses familles aux enfants « exportés » amènent tous les Vietnamiens qui végètent sans perspective d’avenir et sont trop abrutis par le décervelage éducatif pour se retourner contre le régime et sauver ainsi leurs descendants et eux-mêmes tout comme leur pays du désastre, à se ruer sur la voie de l’exil comme échappatoire, au point de s’agglutiner par centaines devant les ambassades de Taïwan, du Japon ou de la Corée du Sud, les pays les plus accueillants et les plus enviés au point de vue proximité et salaire, et de s’y battre pour obtenir un formulaire de visa. S’ils n’ont pas la qualification exigée pour les visas directs ni ne sont pas éligibles pour les contrats distribués par les sociétés exportatrices officielles, ils se lancent alors dans l’aventure de l’émigration sauvage avec les officines illégales et les passeurs qui leur promettent même les paradis occidentaux, au prix énorme de 10.000 à 50.000 USD. S’ils sont désargentés, ce n’est pas grave, banques et mafieux sont prêts à leur avancer la somme nécessaire contre hypothèque d’habitation et reconnaissance contraignante de dette.

On comprend que le besoin de rembourser leurs dettes plus ou moins exorbitantes pousse la plupart des immigrés vietnamiens à s’accrocher à l’emploi pourvu dans le contrat signé par l’intermédiaire de la société d’exportation de main d’œuvre malgré l’exploitation dont ils font l’objet. Même dans un pays aussi respectueux des lois que le Japon (et a fortiori dans d’autres pays : d’après une étude de l’OIT/ILO en 2017, 76% des travailleurs vietnamiens en Thaïlande et en Malaisie ont leurs droits violés – cf. https://news.zing.vn/ilo-76-lao-dong-viet-o-thai-lan-malaysia-bi-lam-dung-quyen-lao-dong-post972117.htmlv ), la situation de beaucoup – nous ne parlons même pas des cas limites où les travailleurs sont non payés, battus et violés (cas des femmes) – s’approche de l’esclavage : d’après les témoignages recueillis dans l’article de RFA susdit, non seulement ils ne reçoivent que 700-800 yens/heure c’est-à-dire près de la moitié du salaire horaire de l’autochtone pour le même travail (1000- 1500 yens), ils doivent encore effectuer des heures supplémentaires non payées ou seulement à 25% de cette somme, même parfois les samedis et dimanches ; ils disposent de très peu de jours de congé et comme logement fourni c’est une maison ou un appartement minable dans le(la)quel(le) ils sont entassés.  En 2017, 7000 travailleurs étrangers au Japon dont les Vietnamiens constituent la moitié, ont rompu leur contrat par refus des conditions de travail trop dures et sont entrés dans la clandestinité pour ne pas s’exposer à l’extradition. En négociant directement avec des employeurs en manque de main d’œuvre et prêts à tricher avec le fisc, ils obtiennent un travail moins harassant et mieux payé, et au pire rejoignent le monde de la pègre, dans l’espoir d’acquérir avec les années une certaine qualification professionnelle ou cumuler assez d’argent qui leur donne accès à un meilleur avenir.

Or, si les gouvernements étrangers accueillent et même favorisent la venue de travailleurs immigrés sans qualification chez eux pour exercer des métiers dédaignés par la population locale, ils entendent les contrôler car le gonflement de la population d’étrangers illégaux est pour eux une plaie à cause de leur association avec le crime autant que des réactions négatives des autochtones devant leur nombre. L’exigence des contrats à durée limitée de 1 à 3 ans (le Japon vient de les prolonger pour 5 ans dans plusieurs domaines) rarement renouvelables répond à cette volonté de limiter l’installation des allogènes sur leur sol. C’est justement cette difficulté de revenir, alliée à l’envie de se constituer un capital le plus substantiel possible, qui incite les migrants vietnamiens à entrer dans la clandestinité, ce qui n’est guère du goût des pays d’accueil. Excédée, la Corée du Sud, où jusqu’à 55% des travailleurs vietnamiens embauchés s’y incrustent à la fin de leur contrat, a gelé pendant 4 ans l’arrivage de nouveaux migrants vietnamiens jusqu’à ce que cette proportion d’illégaux baisse au chiffre plus supportable de 33% c’est-à-dire jusqu’en 2018, non sans interdire de visa les candidats originaires des localités ayant fourni plus de 60 migrants clandestins (ce qui revient à pénaliser 58 districts en 2018, 49 en 2019 et 30 en 2020). Il faut dire que la Corée est la destination préférée des travailleurs vietnamiens à cause du salaire élevé de l’ouvrier, proche de celui des Japonais (1000-1200 USD) avec un coût de la vie nettement moins élevé.

Si la pauvreté explique le départ des pauvres, ce n’est pas ce qui motive la migration d’un nombre également important (170.000 en 2019) de jeunes, étudiants et aussi élèves partis à l’étranger, aussi dans une quarantaine de pays, de préférence aux Etats-Unis, au Japon, au Canada et en Australie. Parmi eux seulement 6000 sont boursiers, les 96,5% restants sont des enfants d’apparatchiks (cadres dirigeants et affairistes) que l’on appelle ironiquement des « réfugiés scolaires » tant l’éducation nationale laisse à désirer, dont les études coûtent chaque année environ 3 milliards de dollars à leurs parents (c’est-à-dire en fait au pays sur le dos duquel ces parents se sont enrichis). Ces étudiants rentrent peu chez eux après leurs études et viennent en fin de compte grossir le nombre de travailleurs « exportés », dont ils forment le dessus du panier. Leur installation dans le pays d’accueil est plus facile que pour leurs compatriotes OS, même si en attendant d’être légalisés ils sont obligés comme tout en chacun sans permis de séjour de vivre dans l’illégalité. Leur départ définitif du pays ne chagrine pas tellement leurs parents, au contraire, car une fois installés ils serviront de répondants pour l’immigration de toute la famille au cas où la situation du Vietnam se détériore encore plus.

Car avec la vassalisation à la Chine de plus en plus marquée, le marasme économique, les services publics détruits, l’environnement pollué …, quasiment (car il existe toujours une minorité d’idéalistes tenaces) tous les Vietnamiens quitteraient leur pays s’ils en avaient la possibilité (ce qui les fait tomber aisément dans les pièges des escrocs). Une mentalité de sauve-qui-peut s’est emparée de la population du sommet à la base : Les très riches et apparatchiks n’ont pas à s’en faire, ils peuvent avoir tout de suite un passeport étranger en poche en achetant une nationalité ou une carte de séjour à l’un des 15 pays capitalistes (des Etats-Unis à l’archipel St Christophe et Niévès) qui la vendent contre investissement d’une centaine de milliers à un million de dollars (cf. https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1103774-15-pays-qui-vendent-leur-nationalite/1103776-saint-christophe-et-nieves ). Pour les autres, tous les moyens sont bons pour mettre le pied à l’étranger, même dans les pays peu attirants d’Afrique noire ou chez un voisin plus pauvre comme le Laos, si possible par la voie légale en tant que travailleurs « exportés » ou mariées à l’encan (depuis 2008 chaque année environ 13.000 jeunes femmes partent se marier avec un étranger qu’elles connaissent à peine d’ordinaire à la suite d’un arrangement via une agence entremetteuse – cf. http://tphcm.chinhphu.vn/70-000-phu-nu-dbscl-lay-chong-nuoc-ngoai ) si l’on est pauvre, en tant qu’étudiant ou touriste pour les nantis, ou sinon par la voie illégale organisée par des passeurs si dangereuse soit-elle. Outre le drame des 39 morts congelés en Angleterre, deux autres scandales en fin 2018 ont mis la lumière sur cette course folle au départ : Les 21 et 23/12/2018, 152 sur 153 touristes vietnamiens amenés par un tour opérateur à Taïwan ont disparu dans la nature après leur arrivée ; 3 d’entre eux sont revenus de leur propre gré, et 88 ont été attrapés par la suite, mais les 60 restants demeurent introuvables ; d’après la police taïwanaise ce sont des victimes consentantes d’une filière de trafiquants qui les met au travail dans les plantations (pour les hommes) et dans les maisons closes (pour les femmes – cf. https://nld.com.vn/thoi-su-quoc-te/vu-152-khach-viet-mat-tich-o-dai-loan-2-nguoi-viet-bi-ket-an-tu-20191024041852243.htm ). Peu auparavant, ce sont 9 personnes faisant partie de la délégation vietnamienne conduite par la Présidente de l’Assemblée nationale Nguyễn Thị Kim Ngân venue sur invitation de son homologue coréen participer à une conférence économique à Séoul les 4-7/12/2018, qui choisissent de rester illégalement en Corée au lieu de rentrer avec elle ; le peuple n’en saurait rien si la télévision coréenne ne dévoile pas le fait dans une émission du 23/9/2019 pour annoncer l’extradition de 2 des transfuges ; gros émoi dans l’opinion vietnamienne que n’arrange pas la déclaration du Secrétaire de l’Assemblée nationale selon laquelle les transfuges ne font pas vraiment partie de la délégation officielle mais ont été transportés gracieusement dans l’avion gouvernemental ; qui sont-ils et pourquoi ce traitement de faveur sans assurance de leur retour ? pire, la Présidente de l’Assemblée serait-elle organisatrice et complice d’une immigration illégale dans un pays ami, étant donné que d’après la rumeur deux des transfuges sont son ex-mari et sa fille ? l’opinion a beau s’interroger, c’est depuis silence radio des officiels sur le sujet, sauf pour dire le 5/11/2019 qu’une 3e personne parmi les transfuges est rentrée au pays (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/3-out-of-9-people-in-na-delegation-of-vn-return-vn-11052019120945.html ).  

Une fois à destination dans le pays étranger, rares sont ceux rentrent au Vietnam à l’expiration de leur visa qu’ils soient travailleurs migrants, étudiants ou touristes, à moins d’y être obligés par la police locale ou par des considérations familiales. Sans permis de résidence, ils se retirent dans la clandestinité, s’adonnant au grand dam du pays hôte malgré lui au travail au noir et se livrant à des activités délictueuses, en particulier la plantation du cannabis dont les Vietnamiens sont devenus les caïds dans certains pays comme par exemple l’Angleterre. Avec l’expérience, les illégaux se constituent ensuite en petits « milieux » qui se renforcent en attirant de nouveaux venus qu’ils exploitent à leur tour sous couvert d’aide et de protection. Tous espèrent finir par être légalisés puis naturalisés dans le pays « hôte ». Aux doléances des pays exaspérés par l’afflux de ces immigrés indésirables, le pouvoir vietnamien joue l’innocent et rejette leur existence sur la malhonnêteté de certaines sociétés d’exportation et des intermédiaires qui trompent les partants et ne font pas leur boulot de tri et d’accompagnement, promettant d’y mettre bon ordre malgré la difficulté de la tâche. Or, dans un pays policier où la moindre activité des habitants est surveillée (en moyenne il y existe 1 policier pour 15 habitants), aucun particulier ou groupe ne peut dévier de la loi et organiser la sortie du pays sans l’accord au moins tacite des autorités.  De plus, la promotion de l’exportation de main d’œuvre étant affaire d’Etat, pousser et aider le maximum de personnes à partir travailler à l’étranger sans s’interroger sur leurs aptitudes c’est faire preuve de civisme et aussi d’humanisme puisqu’on les aide à changer en mieux leur vie ; pourquoi se soucier des problèmes ultérieurs puisque ce sera l’affaire du pays d’accueil ? Parallèlement aux encouragements des autorités, on voit ainsi des sociétés exportatrices de main d’œuvre venir jusque dans les lycées démarcher les élèves de première et terminale et aller chez eux persuader leurs parents de les laisser partir (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/the-benefits-and-disadvantages-of-exporting-labor-10302019123420.htm ). Et si l’on peut s’enrichir au passage pourquoi s’en priver ? Cadres de tous niveaux en rapport direct ou indirect avec la « mission capitale » participent donc à l’exploitation des migrants et à l’essor de la migration, sans se préoccuper de l’effet de cet exode massif sur les autres pays.    

Au fil des temps, depuis 1990, près de 3 millions (déjà plus de 2,5 millions en 2015 selon l’OMI/Organisation internationale pour les migrations de l’Onu) de Vietnamiens issus de la République socialiste ont migré à l’étranger, à la satisfaction du pouvoir communiste de Hanoï qui se félicite de l’apport en devises de ces expatriés dont 650.000 (chiffre de 1/2020) sont des travailleurs exportés légalement : 3 milliards en 2019 qui viennent s’ajouter aux 13,7 milliards (d’après le chiffre officiel de 16,7 milliards au total, chiffre que met en doute l’économiste-journaliste récemment arrêté Pham Chí Dũng qui voit depuis 2016 une tendance à la baisse de ces envois d’argent – cf. https://www.voatiengviet.com/a/ngan-hang-the-gioi-kieu-hoi-2018/4710815.html ) envoyés et ramenés par les migrants devenus citoyens des pays étrangers en particulier les 2 millions d’ex-réfugiés de l’ancienne République du Sud-Vietnam, pour la plupart aisés. A la différence de ces derniers, les nouveaux migrants partent surtout pour des raisons économiques, la majorité, au cerveau lavé par la propagande officielle depuis l’enfance étant devenue sans morale ni conscience politique et n’aspirant qu’à l’argent ou aux avantages matériels. Comme les otages atteints du syndrome de Stockholm, bon nombre ne voient pas que l’état déliquescent du pays, cause de leur abandon de la terre natale et de leur séparation d’avec leur famille, est dû à la mafiocratie communiste, mais sont reconnaissants à ce pouvoir de leur procurer ce moyen de se bâtir une nouvelle vie.    

La migration coûte que coûte vers des cieux plus cléments est certes un phénomène qui touche tous les pays pauvres et peu développés, mais il n’y a qu’au Vietnam pourtant doté naguère d’abondantes ressources de toutes sortes (gaspillées ou pillées), jouissant de la paix depuis plus de quarante ans et sur lequel sont déversés des milliards d’aide de la communauté internationale (détournés et dépensés en projets calamiteux) qu‘elle atteint le degré massif et inquiétant pour l’avenir de la nation autant que pour l’harmonie sociale des pays d’accueil. En ce qui concerne ces derniers, si la présence de nombreux étrangers peu ou mal éduqués fait l’affaire des employeurs avides et peu scrupuleux, leur inaptitude à s’intégrer, leur violation des lois locales ne peuvent que semer le désordre et provoquer des troubles sociaux. Pour la nation, c’est l’exsanguination de ses forces vives que représente cet exode d’une grande partie, qui plus est de la plus dynamique de sa jeunesse que le pouvoir se réjouit cependant de voir partir car, en plus de lui rapporter un montant important de devises sans compter d’énormes sommes à ses officines, restés au pays ces jeunes gens remuants pourraient se joindre aux mécontents et constituer un front intraitable.  

En même temps, l’émigration de ses citoyens permet de réduire la population du Vietnam, trop nombreuse en densité (près de deux fois plus forte qu’en Chine : 291 ha/km2 / 145,27 ha/km2), réduction indispensable à l’implantation des Chinois sur le territoire selon le souhait de Pékin, l’ambition de Mao que ses successeurs veulent réaliser étant l’occupation des pays du Sud-est asiatique par les Chinois en surnombre, comme il l’a cyniquement déclaré dans un entretien avec Lê Duẩn (cf. http://www.talawas.org/?p=26340 ). Le pouvoir se félicitant de compter actuellement près de 3 millions de ses ressortissants à l’étranger partis depuis 1990, cela veut dire que ces 30 dernières années, tous les ans la population vietnamienne diminue en moyenne d’environ 100.000 personnes ; mais les statistiques vietnamiennes ne retranchent 40.000 habitants par an (cf. https://danso.org/viet-nam/ ) : les 60.000 autres partis et toujours comptabilisés représentent-ils d’autres habitants venus les remplacer c’est-à-dire les colons Chinois qui vivent en masse au Vietnam et comptent y rester sans que leur nombre soit chiffré officiellement, et seraient alors au moins 1.800.000 (chiffre gonflé à 30 millions par la rumeur) ? On peut constater ce remplacement de population voulu par Pékin dans le Centre et le Sud-ouest du pays où des villages entiers se vident de leurs habitants, n’y restant que des vieux et des jeunes enfants en même temps que poussent dans leurs parages des agglomérations composées uniquement de Chinois ! Et paradoxe écoeurant : pendant que des milliers sinon des millions de Vietnamiens doivent quitter leur patrie, abandonner leur foyer pour chercher un emploi à l’étranger, des milliers voire des millions d’emplois dans des entreprises installées sur le sol vietnamien sont par contre donnés à des Chinois qui viennent exprès de Chine les occuper, sous prétexte que ces entreprises sont à capital chinois ! Quel Etat accepterait une telle situation sinon un Etat vendu ou plutôt un pseudo-Etat composé de tétrarques au service de l’Empereur du Milieu ?

Comment s’étonner alors que les communistes veules, incompétents et corrompus qui se partagent le pouvoir au Vietnam se conduisent en super mafieux dans le trafic de main d’œuvre ? Les mafieux simples se contentent de profiter de la misère pour faire leur beurre, avec le pouvoir qu’ils s’arrogent les dirigeants de Hanoï ont en plus la faculté de provoquer cette misère pour ensuite l’exploiter pour leur plus grand bénéfice aussi bien politique que financier. Que les gouvernements et organismes sérieux cessent de considérer ce régime comme normal et n’entrent pas dans son jeu ! Déjà, que l’Europe ne signe pas avec lui le traité de libre-échange EVFTA qui suppose un Vietnam indépendant, respectueux des lois et des droits, ce qu’il n’est nullement vu l’état des faits.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Đồng Tâm

La mafiocratie vietnamienne dans ses œuvres : Attaque brutale d’un hameau de la commune Đồng Tâm, banlieue de Hanoï, avec une force de milliers de policiers, militaires et nervis dans le but de faire main basse sur ses terres.

Toute lâche devant l’envahisseur chinois qui s’offre sur terre d’immenses portions du territoire de la nation et s’empare impunément sur mer de ses îles et ses eaux, s’appropriant ainsi ses mines d’hydrocarbure et mettant ses millions de pêcheurs au chômage, la mafiocratie de Hanoï se montre par contre fortement agressive envers ses concitoyens qu’elle considère comme des sujets payables et corvéables à merci, réprimés dès la moindre résistance.

Pour réaliser sa politique d’industrialisation du pays, mais trop incompétent et cupide pour la préparer et s’en donner les moyens en portant d’abord ses efforts sur les infrastructures et l’éducation, le pouvoir communiste vietnamien a opté pour la solution facile d’une fausse industrialisation qui consiste à amener les investisseurs étrangers à installer leurs usines et entreprises au Vietnam avec des offres alléchantes d’exemption fiscale, de main d’œuvre à bon marché, de laxisme environnemental et de site d’implantation commode. Comme les terrains disponibles se trouvent dans des régions reculées sans accès routier ou ferroviaire puisque les milliards de capitaux ODA pour les travaux publics sont dilapidés et détournés par les apparatchiks, que font ces derniers à la place pour plaire aux investisseurs ? Les laisser choisir sur carte l’emplacement désiré (avec priorité aux Chinois de Pékin), lequel est inévitablement sis sur des terres cultivables proches du littoral, de la seule grande route nationale et des axes fluviaux. Pour pouvoir attribuer ces terrains aux capitalistes étrangers (et aussi parfois locaux, arrière-cours des dirigeants), le pouvoir n’a d’autre ressource que celle d’exproprier les paysans, fort des articles 53 et 54 de la Constitution de 2013, résumés dans l’article 4 de la loi foncière selon lequel « les terres sont la propriété du peuple entier et gérées unanimement par l’Etat qui en est le représentant », groupes et particuliers en en ayant seulement l’usage, lequel, d’après l’article 54 suscité, peut être repris par l’Etat pour « des objectifs  de défense et sécurité nationales, de développement économique et social, dans l’intérêt national et public ».  Avec pour conséquence des centaines de milliers (sinon des millions, leur chiffre n’étant pas comptabilisé) de paysans délestés de leur outil de travail venus ensuite encombrer les ghettos urbains appelés « dân oan » (peuple victime d’injustice) et surtout la destruction par bétonnage d’une superficie considérable de terres agricoles dans un pays dont 64% de la population sont des campagnards.

La revente aux entrepreneurs (du droit d’usage) des terres confisquées au prix du marché s’avérant extrêmement lucratif pour les dirigeants locaux et leurs protecteurs haut placés par rapport aux compensations pécuniaires dérisoires (même au tarif officiel) payées aux spoliés, s’est développée une pratique d’expropriation de terres, propriétés et même maisons, sans nécessité économique ou de défense, mais dans un but de pure spéculation immobilière. Des « groupes d’intérêts » parmi les riches et puissants se sont constitués pour mettre leur main rapace sur les terrains susceptibles de bénéficier d’un (ré)aménagement politico-économique (constitution de zones économiques, agrandissement urbain, création d’aéroport …) en expulsant de leurs demeures les habitants des quartiers ou villages entiers sans motif valable ou pressant avec l’aide de la police, de l’armée et de la pègre. C’est ainsi que perdure le scandale des 14.600 familles (comptant 60.000 personnes) délogées depuis 1996– du quartier de Thủ Thiêm à Saïgon dont les terrains indemnisés au tarif de 380.000 VND/m2 valent actuellement jusqu’à 350 millions VND/m2, après avoir rapporté des milliards de dollars de bénéfice aux instigateurs du projet d’urbanisation. Il y a un an (les 4 et 8/1/2019) des touristes du monde entier ont pu être témoins de la brutalité avec laquelle un millier de policiers et séides ont rasé sans préavis plus de 500 logements et jardins du quartier chrétien de Lộc Hưng dans le 6e arrondissement de Saïgon dans le but de chasser les habitants des 4,8 ha qui leur ont été alloués en 1955 par le gouvernement du Sud-Vietnam et que convoite la municipalité, terrain pour lequel l’indemnisation proposée (refusée par la moitié des expulsés) est de 7 millions VND/m2 (au lieu des centaines de millions au prix du marché). Le motif noble invoqué était la construction sur l’emplacement de trois écoles mais depuis ce projet d’école est abandonné et les expulsés soupçonnent une simple revente à des promoteurs immobiliers.

Venons maintenant au grand et nouveau scandale qui nous intéresse : l’affaire de l’expropriation des villageois du hameau Hoành, commune de Đồng Tâm, district de Mỹ Đức, ville de Hanoï. Ces villageois ont déjà attiré l’attention publique en avril 2017 (15-22/4) en attrapant et prenant comme otages 38 personnes composées de 2 journalistes (dont le dissident Phạm Chí Dũng récemment arrêté) 5 cadres administratifs et 31 policiers intervenus lors d’un différend foncier entre le hameau et les autorités militaires, en représailles de l’arrestation trois jours auparavant de leurs 4 représentants comme de la violence exercée sur ces derniers (leur leader, âgé de 82 ans s’est fait casser une jambe). Il a fallu que Nguyễn Đức Chung, général de la police et président du Comité populaire de la ville de Hanoï vienne en personne négocier avec eux puis signe une promesse d’examen impartial du litige par le gouvernement et de non-poursuite pénale des mutinés pour que tous les otages soient libérés. Malgré leur harcèlement par les autorités depuis décembre 2016 pour la confiscation de leurs terres, les villageois du hameau Hoành, fidèles communistes et fiers de la qualité d’« héroïques combattants » de leurs aînés, gardent confiance en la justesse du Parti qu’ils continent de glorifier dans leurs panneaux et banderoles. Mal leur en prend car à peine deux mois après (13/6), Nguyễn Đức Chung avale ses paroles et ordonne à la police de Hanoï de procéder à la poursuite des preneurs d’otages. Le mois suivant (7/7), l’Inspection foncière de Hanoï tranche en faveur de l’armée au détriment des villageois. Déçus mais déterminés, ceux-ci refusent le verdict, font appel et déclarent lutter jusqu’au bout.

En quoi consiste exactement le litige ? Il se porte sur un terrain de 59 ha de champs du nom de Đồng Sênh (champs Sênh) cultivés depuis des siècles par les villageois du hameau Hoành. En 1981, pendant la guerre sino-vietnamienne, en fervents communistes patriotes, ils ont fait don à la Défense nationale d’un terrain attenant et faisant partie des champs Sênh d’une surface de 47,36 ha cultivables pour contribuer à la construction d’un aérodrome militaire dénommé Miếu Môn. Le projet d’aérodrome n’a pas abouti mais les villageois ayant accepté une compensation financière, le terrain reste dévolu à la Défense nationale qui le met sous la garde de la Brigade 28 de l’armée de l’air, laquelle permet à 14 familles de le cultiver sous charge de lui payer une rente annuelle. En principe, d’après la planification de 1981 tous les champs Sênh sont réservés à la défense nationale, mais sans nécessité militaire pressante l’armée laisse les 59 ha restants à la libre disposition des villageois du hameau Hoành qui les ont toujours cultivés. Comme pour confirmer cette destination agricole des 59 ha, le 26/3/2018, l’armée fait creuser un fossé à la limite des deux terrains de 47,36ha et 59 ha, au contentement des habitants du hameau. Patatras, le 25/4/2019, l’Inspection foncière du gouvernement réitère en appel le jugement de 2017 et le conflit s’envenime.

Pourquoi cet acharnement des autorités de Hanoï à récupérer les 59 ha des villageois de Hoành ? Le fait est qu’en 2014 le Ministère de la défense nationale confie la gestion des 47,36 ha des champs Sênh à une de ses émanations, la société de télécommunication Viettel (pour ceux qui l’ignorent, afin de s’assurer de la fidélité de ses forces armées, le régime communiste vietnamien, à l’instar de la Chine, permet à ses militaires de s’enrichir en leur octroyant un rôle économique important). N’ayant pas d’usine à y installer, Viettel a l’idée en 2016 d’y construire un complexe de loisir autour d’un parcours de golf (le golf est devenu un sport prisé des militaires et apparatchiks corrompus – ainsi le terrain réservé par le gouvernement sud-vietnamien à l’agrandissement futur de l’aéroport Tân Sơn Nhất à Saïgon, confisqué par l’armée communiste, au lieu d’être rendu à l’aéroport pour son développement, a été converti en centre de loisir avec terrain de golf, obligeant les autorités à construire à grand frais à Long Thành un autre aéroport international plus adapté à l’essor actuel du trafic aérien !). Pour un tel complexe, il faut à Viettel plus de terrain que les 47,36 ha. D’où la connivence avec les dirigeants, en particulier les édiles de Hanoï pour la mainmise sur les 59 ha des villageois en les expropriant sous prétexte de récupération de terres de défense nationale. Mais un parcours de golf n’est pas un besoin d’ordre militaire et sans nécessité évidente, les villageois s’accrochent à leur gagne-bol de riz.  D’où les menaces et intimidations contre les villageois récalcitrants, avec des insultes et dénonciations mensongères comme agents stipendiés par des forces hostiles sur les hauts parleurs publics. D’ailleurs, l’idée du complexe est en suspension car, depuis le rattachement à la capitale du district de Mỹ Đức en 2008, le prix du terrain ne cesse d’augmenter et les mafiocrates tireront plus de profit des 59 ha en les revendant aux promoteurs d’ensembles immobiliers ou en s’alliant avec eux qu’en restant sur leur projet de golf.  

C’est ainsi que dans la nuit du 8-9/1/2020, aux approches du Tết ou nouvel an vietnamien, une armée d’environ 3000 hommes (les chiffres des narrateurs et témoins oscillent de 1000 à 8000) armés jusqu’aux dents, composés de policiers motorisés, de policiers classiques et de militaires et aussi d’incontournables nervis, accompagnée de quelques tanks, est venue encercler la commune de Đồng Tâm après y avoir coupé l’accès à Internet puis fait irruption vers 4h du matin dans le hameau Hoành pour attaquer à coups de gaz lacrymogène, de grenades Sting, de fusil et bien entendu de matraque, les villageois dans leurs maisons, lesquels opposent aux forces de « désordre » une opposition violente à l’aide de pierres, piques et cocktails Molotov. La commune étant toujours encerclée et interdite de communication physique et immatérielle, le bilan exact n’est pas établi. D’après la version officielle, il y eu 3 décès du côté de la police et 1 chez les insurgés. La presse étatique d’une même voix a condamné les villageois accusés de terroristes et chanté le sacrifice des policiers dont elle publie les photos. Manque de pot pour les zélés barbouilleurs, des internautes ont aussitôt dénoncé une duperie au moins pour deux policiers censés morts, car l’un est aperçu le lendemain dans un bar, et un autre est déjà donné comme défunt en 2015 lors d’une descente contre des trafiquants de drogue. Des témoins et amis des villageois déclarent n’avoir ni vu ni entendu parler de policier mort, par contre ils sont sûrs de la mort par balle de M. Lê Đình Kình, 84 ans, membre du Parti depuis plus de 50 ans, ex secrétaire communal du Parti et ex président du comité populaire de la commune ainsi que l’état critique de son fils Lê Đình Chức grièvement blessé, et aussi de l’existence de plusieurs autres blessés dont ils sont sans nouvelle. Très respecté dans sa communauté, M.Kình est tenu par les mafiocrates comme le meneur des insurgés et son assassinat qui les comble risque de dresser l’opinion contre eux ; pour cacher le crime, la police oblige la famille de la victime et ses voisins à signer un papier attestant qu’il est mort dans les champs Sênh et donc non chez lui au moment de l’attaque du hameau, ce que jusqu’ici ils refusent. En même temps, ordre est donné aux 849 organes de presse imprimée, 195 journaux en ligne et 300 chaînes de télévision et radio sous le contrôle du Comité central de propagande et d’éducation du Parti de justifier l’attaque. Mais les media ont beau magnifier l’action des policiers et soldats, noircir les habitants du hameau dépeint comme un repaire de hors-la-loi et un abri pour ramassis de drogués, manipulés par des forces hostiles, ils ne peuvent justifier l’injustifiable, à savoir une attaque armée d’envergure intervenue dans la nuit tel un raid de brigands organisés contre de paysans démunis dont le seul crime est de lutter pour sauvegarder la terre ancestrale dont ils tirent leur subsistance.

Comme en 2017 pour les manifestants de Bình Thuận, les villageois du hameau Hoành sont présentés systématiquement par la mafiocratie comme des terroristes à battre et abattre, alors qu’en fait de terrorisme c’est ce pouvoir vil et cupide qui terrorise ses « sujets ». A Đồng Tâm, les mafiocrates croient avoir ébranlé la résistance des habitants avec leur démonstration de force, l’assassinat de leur chef spirituel et l’arrestation en masse des leurs, mais la répression ne semble pas entamer leur résolution. La seule réussite actuelle de la mafiocratie est d’avoir fait perdre à ces naguère communistes patentés leur reste de foi dans le Parti. Au cas où ces villageois obstinés et courageux doivent renoncer à leurs terres devant une force encore plus brutale, ils iront rejoindre la cohorte des « dân oan » avec lesquels ils constitueront peut-être le fer de lance d’une révolte généralisée contre le régime, prélude à l’instauration de la démocratie au Vietnam.

 

Point de vue d’un Américain sur la situation du Vietnam

Ce videoclip publié sur You tube (en vietnamien et sous-titré anglais) par un Américain très au fait de l’histoire et de l’actualité vietnamiennes, qui donne un aperçu assez désespérant de la situation du pays, mérite lecture et réflexion :

 

https://youtu.be/ZdziP4YhOwQl

 

 

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Preview YouTube video Quan điểm người Mỹ về VN – An American’s view of Vietnam

 

https://youtu.be/ZdziP4YhOwQ

 

 

Les habitants de Hanoï sous le couperet de la Faucheuse : après l’empoisonnement au mercure, vient celui aux particules fines auquel succède celui au styrène

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Dessin humoristique tiré de https://www.baogiaothong.vn/cuoi-ra-nuoc-mat-voi-loat-biem-hoa-nuoc-sach-chua-dau-thai-tai-ha-noi-d438440.html   (légende : le matin, on aspire de la poussière fine, le soir on boit de l’huile, l’après-midi on goûte du mercure, pas moyen d’y échapper! Une vie si belle, où la trouve-t-on ailleurs? Notre capitale culturelle, c’est la meilleure du monde.)

Trente ans de politique aberrante dictée par Pékin aux dirigeants de Hanoï dont l’incompétence, la cupidité et l’irresponsabilité dépassent l’imagination, sont en train de produire les résultats voulus par les génocidaires chinois.

Nous avons déjà donné l’alerte il y a trois ans sur la destruction à grande échelle des ressources naturelles du Vietnam sous prétexte d’une industrialisation inepte sur le modèle chinois sans souci des normes et sans traitement des déchets, et par ricochet sur celle de tout son environnement. Mais tant que les habitants des quartiers bourgeois et touristiques n’en subissent pas les conséquences, ce problème est vite minimisé et balayé par les sympathisants du pouvoir comme un sacrifice nécessaire fait au développement. Ce n’est que depuis un an que tous les yeux se dessillent.

Car la vie des Vietnamiens ne cesse de se détériorer. Les Hanoïens en savent quelque chose ces derniers temps. Nous n’évoquons pas ici les autres maux qu’ils partagent avec leurs concitoyens comme les aliments empoisonnés ou toxiques vendus sur le marché, la vénalité et le bas niveau du personnel médical et éducatif, les embouteillages de la circulation, les inondations jusqu’à la hanche en période de pluie (même sur les hauts-plateaux et dans les villes du littoral), etc., mais seulement ceux qui les touchent particulièrement ces temps-ci.

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photo Vn Express

Les 28/8/2019, l’incendie d’une usine de lampes et thermos du nom de Rạng Đông sise en plein centre de Hạ Đình (district Thanh Xuân), un quartier populeux de la capitale, a causé la panique car avec les 480.000 lampes fluorescentes brûlées, jusqu’à 27 kg de mercure liquide se sont échappés dans le sol ou dégagés dans l’atmosphère. Seul le chef du quartier a eu une réaction immédiate en conseillant aux habitants de ne rien manger de ce qui est produit dans les environs dans un rayon de 1km pendant au moins 21 jours. Devant l’ampleur de la pollution leur causant maux de tête et nausées, plus d’une centaine de familles habitant à proximité de l’usine a pris l’initiative de déménager pour se réfugier ailleurs. Du côté des dignitaires du régime tout comme de celui du maire (président du comité populaire) c’est par contre le silence radio et l’inaction pendant 2 jours, après lesquels, le 30/8, le chef du district a fait une déclaration rassurante pour la population cependant que la société Rạng Đông minimise le danger en parlant d’amalgame et non de mercure. Ce n’est qu’après l’alerte de l’hôpital Bạch Mai où sont venus se faire examiner des personnes intoxiquées que le 31/8, le Ministère des Ressources et de l’Environnement s’est fendu d’un communiqué donnant aux habitants du quartier à peu près les mêmes recommandations que le chef du quartier tout en donnant des mesures de pollution bénigne. Face aux critiques de l’opinion, le gouvernement représenté par le Ministre de l’Environnement a dû donner le 4/9 une conférence de presse au cours de laquelle le Ministre reconnaît l’existence d’un problème de pollution au mercure, mais de pollution moyenne, avec des mesures de mercure de seulement 1,3 à 1,5 fois supérieures au seuil de sécurité dans les environs du site, quoique très supérieures sur le site même (cf. https://baotintuc.vn/thoi-su/toan-canh-vu-chay-va-nhung-bat-nhat-trong-thong-tin-ro-ri-thuy-ngan-cua-cong-ty-rang-dong-20190908231955093.htm). Selon des internautes, la pollution est bien plus grave et les doses de mercure dans l’air et les eaux de surface du quartier sont bien plus fortes ; en tout cas, deux mois sont écoulés et on ne sait toujours pas quand le site et ses alentours seront devenus « propres » et s’il est possible aux familles parties de revenir chez elles. A noter que « le mercure ne se décompose pas dans la nature ; une fois qu’il s’y trouve, il y reste pendant longtemps tout en migrant entre l’air, l’eau, le sol, la flore et la faune » (cf. https://www.ec.gc.ca/doc/mercure-mercury/1241/index_f.htm)

A aucun moment il n’a été question d’indemnité et d’aide aux habitants, ni de la part de l’entreprise ni de celle du gouvernement. En plus de la lâche indifférence des dirigeants, les critiques fusent sur l’installation d’usines dangereuses au milieu de la population (cf. https://vnexpress.net/kinh-doanh/ha-noi-con-113-nha-may-chua-di-doi-3980574.html ) et sur la cause, probablement criminelle, de l’incendie déclaré officiellement causé par un court-circuit. Qui a intérêt à détruire l’usine par le feu ?  Il ne semble pas qu’il y ait enquête. Certains pensent le crime commandité par des cadres haut placés en vue de mettre la main sur les 2,2 ha de terrain de l’usine situés au centre de la capitale, sur lequel ils pourront construire des appartements de luxe à vendre à prix d’or aux Chinois de plus en plus nombreux au Vietnam. D’autres l’imputent aux espions chinois qui pullulent au Vietnam et agissent par malfaisance ainsi que dans le but de donner un avertissement au pouvoir vietnamien dans le cadre du conflit dans les eaux territoriales du Vietnam.  

ha noi chua quan ly tot nguon gay o nhiem khong khi hinh 1

En fin septembre et en début d’octobre 2019, grâce au logiciel gratuit Air Visual, les 8,05 millions (chiffre de 2019) de Hanoïens apprennent que l’air qu’ils respirent est devenu le plus pollué de la planète (Saïgon occupant le 2e rang), avec un indice de qualité de l’air (IQA) aux alentours de 200 et dépassant certains jours 300. Selon les normes internationales, quand cet indice, basé sur la mesure des particules fines PM2,5 et PM10, de l’ozone, des émissions de dioxyde de soufre (SO2) et de monoxyde de carbone (CO), est de 150 à 200 l’air est déjà mauvais pour la santé, de 200 à 300, il est très malsain. Sans attendre les indices de l’application, les problèmes respiratoires dont ils souffrent ont déjà obligé depuis longtemps les Hanoïens à se protéger par des masques, mais hélas contre les particules fines il n’y a rien à faire, excepté peut-être s’enfermer chez soi si on a la chance d’avoir un logement décent. Au lieu d’étudier et de proposer un programme d’assainissement de l’air et en attendant de fournir des conseils et même des aides à la population, que fait tout d’abord le gouvernement ? Minimiser la situation par la voix d’un représentant du Ministère des ressources et de l’environnement : Il s’agit d’une pollution passagère due au changement de saison qui pousse les poussières de l’air froid du nord à se combiner avec celles de l’air chaud du sud, additionné aux fumées des pailles brûlées par les paysans en cette période. Mais le fonctionnaire se garde bien d’expliquer la forte pollution par l’aggravation de tous les facteurs qui vicient l’air de tout le Vietnam : rejet dans l’atmosphère de Hanoï des gaz provenant de 113 usines dans 10 quartiers industriels et de 1350 villages d’artisans, émanations de 5,4 millions de vélomoteurs et 550.000 voitures, (cf. http://thoibaotaichinhvietnam.vn/pages/xa-hoi/2019-08-13/ha-noi-tim-giai-phap-giam-o-nhiem-moi-truong-va-bien-doi-khi-hau-75057.aspx ), poussières résultant des travaux de construction (1000) et de voirie (10.000 m2) incessants, fumées des 528 tonnes de charbon brûlées par jour pour la cuisine, etc. (cf. https://news.zing.vn/doi-pho-5-nguon-gay-o-nhiem-khong-khi-ky-luc-o-ha-noi-post996940.html ). En même temps, le pouvoir pousse son armée de propagandistes à contester les chiffres d’Air Visual et à injurier cette société sur son site ; leurs propos diffamatoires ont tellement choqué que des entreprises de presse internationale comme par exemple Reuters en ont fait un scandale (cf. https://www.reuters.com/article/us-vietnam-pollution-airvisual/air-quality-app-under-coordinated-attack-in-vietnam-amid-heavy-hanoi-smog-idUSKBN1WM18U ), Air Visual stoppant du coup le téléchargement de son logiciel au Vietnam et ne l’y rendant disponible qu’après des excuses de la part du chef des propagandistes responsable de l’attaque. Dans la foulée, les Vietnamiens apprennent que, pour cacher le mauvais état de l’atmosphère dans le pays, le Ministère de la justice (à propos du respect des normes imposées par la loi) utilise dans son rapport annuel à l’Assemblée nationale les chiffres d’il y a 14 ans ! (cf. https://baomoi.com/bao-cao-moi-truong-2019-dung-so-lieu-2005-bo-tu-phap-noi-gi/c/32524460.epi)! 

Eau huileuse d’un bassin d’immeuble fournie par Viwasupco destinée à être distribuée dans les appartements (photo  extraite de Trí thức trẻ)

Le 10/10/2019, c’est au tour de l’eau d’empoisonner les Hanoïens. En ouvrant leurs robinets ce matin-là, les habitants du sud-ouest de la capitale (250.000 familles), abonnés à 5 distributeurs d’eau propre dont le principal, Viwaco, est en même temps propriétaire de la société de traitement des eaux du fleuve Đà Viwasupco, découvrent une eau huileuse, noirâtre et malodorante. Sans eau propre pour se laver et encore moins pour boire et manger, la population concernée a dû se précipiter dans les magasins pour acheter de l‘eau en bouteille (dont les vendeurs en profitent pour augmenter le prix !). Tout le monde ne pouvant se payer des dizaines de litres d’eau en bouteille par jour, que font les pauvres ? Certains utilisent quand même l’eau sale après l’avoir filtrée ; d’autres vont se servir de l’eau des piscines pour leur usage domestique ! Devant les récriminations de la population, le 13/10 le PDG de Viwasupco Nguyễn Văn Tốn est obligé de s’expliquer : le matin du 9/10 des employés de son usine ont remarqué un déversement frauduleux commis la veille d’une grande quantité de déchets huileux dans un ruisselet qui s’épanche dans le ruisseau Trầm lequel se déverse dans le canal d’approvisionnement du lac Đầm Bài où l’usine puise son eau ; la société a tout de suite procédé au nettoyage des lieux et à l’enlèvement de déchets huileux et l’eau quoique encore huileuse n’est pas toxique, la mauvaise odeur provenant d’un excès de chlore ! Loin de reconnaître la forfaiture de ne pas avoir stoppé tout de suite le passage de l’eau polluée dans le système et d’en empêcher la distribution, il refuse de s’excuser, jouant à la victime, se bornant à promettre la soumission de l’eau à des tests. Ce n’est que 4 jours après le début de la catastrophe qui touche environ un million de personnes que le gouvernement, pourtant installé à Hanoï, se prononce par la voix d’un chef de service du ministère de l’Environnement pour demander une enquête sur les auteurs du déversement d’huile. Nguyễn Văn Chung, le maire ou chef du Comité populaire de la capitale (objet de déjà de nombreux scandales) ne daigne s’exprimer que lors d’une conférence de presse le 15/10 pour reconnaître une pollution de l’eau par le styrène, un produit toxique, dont le taux donné par les tests est de 1,3 à 3,65 fois supérieur à la norme, à la suite de quoi Viwasupco décide d’arrêter la distribution d’eau pendant deux jours pour la débarrasser de ce produit ; en attendant le retour à la normale la ville fera venir des camions-citernes pour ravitailler gratuitement la population en eau potable. A ce dernier sujet, il faut dire que le premier jour de l’arrivée des camions, les habitants sont scandalisés de constater que l’eau soit disant propre qu’on leur distribue est elle-même frelatée avec un horrible goût, fait dû, s’avère-t-on plus tard, à la saleté des citernes servant d’ordinaire à l’usage agricole. Autre mini-scandale : pendant que ces malheureux font la queue avec leurs bidons, un groupe de communistes patentés en uniforme aux couleurs du parti dansent à côté sur la même place sur une musique chinoise ! Le 17/10, en même temps que le retour de l’eau courante, les autorités recommandent aux habitants de ne pas utiliser l’eau du robinet pour la boisson et la cuisine et aux gérants des immeubles de laver leurs bassins de réserve d’eau (d’où est pompée l’eau vers les appartements, tous remplis d’eau noirâtre et recouverts d’une sorte de suie noire au vu des photos postées en ligne), et le 22/10 elles déclarent l’eau redevenue propre. Le hic est que les 23 et 24/10 nombre d’abonnés se plaignent sur le réseau, preuves à l’appui, de la nature toujours huileuse de leur eau comme de sa couleur suspecte et de sa mauvaise odeur. Ce n’est guère étonnant, vu l’impossibilité de nettoyer les tuyaux d’eau enterrés – des tuyaux en plastique, importés de Chine – tapissés des déchets d’huile laissés par l’eau polluée sur son passage pendant plusieurs jours. Le 25/10, la société Viwasupco se décide enfin à s’excuser auprès de ses abonnés et à leur concéder un mois d’abonnement gratuit. Son directeur sera d’ailleurs limogé.

Quant aux coupables du déversement d’huile usée, un petit malfrat, Lý Đình Vũ, et deux acolytes, ils ont été vite arrêtés : Selon les aveux de Vũ, c’est la sous-directrice de l’usine de céramique (ex-briqueterie) Thanh Hà (province Phú Thọ) qui l’a engagé pour se débarrasser de 10.000 litres (8,83 tonnes) d’huile usée entreposés à l’usine contre 7 millions VND (environ 310 USD), huile qu’il a par suite filtrée avant de jeter les déchets (2,5 tonnes) dans la nature ;  déclaration plutôt peu crédible quand on sait qu’au Vietnam il existe un commerce assez répandu d’huile usagée laquelle se vend facilement 4500 VND/l (le lot rapporterait donc 450.000.000 VND (1960 USD), ce qui pose la question de l’intérêt pour l’usine de payer pour faire enlever les fûts d’huile usée (cf. https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-50114091), d’autant plus que son directeur déclare avoir signé un contrat à ce sujet avec la société Môi trường xanh (Environnement vert). Qui donc est réellement derrière les agissements des malfrats ? Des yeux se tournent vers la société de traitement des eaux du fleuve Đuống dont l’usine fonctionne depuis un an, qui cherche à couler sa concurrente (en fonction depuis 11 ans) pour lui piquer ses abonnés. D’autres penchent plutôt pour les espions chinois dont la mission est de donner un avertissement au pouvoir (à l’avenir ce ne sera plus une huile visible, mais un produit plus nocif indétectable à l’œil nu !).     

ha noi kenh nuoc day rac boc mui hoi thoi ngay truoc cong truong hoc

Etat d’un canal dans le quartier Cầu Giấy (Hà Nội), puant et bourré de détritus – photo tirée de https://vietnammoi.vn/ha-noi-kenh-nuoc-den-kit-rac-thai-day-dac-boc-mui-hoi-thoi-ngay-truoc-cong-truong-hoc-90665.htm

L’incident du styrène n’a fait que mettre la lumière sur l’état déplorable de l’eau à usage domestique au Vietnam, résultant de la pollution alarmante de tous ses 3450 cours d’eau causée par le déversement direct dans la nature des déchets de toutes sortes (industriels, agricoles, ménagers – cf. https://wikibenhtieuhoa.com/bao-dong-o-nhiem-nguon-nuoc-tai-viet-nam-phuong-phap-xu-ly/ ) autant que d’une éducation civique déficiente et d’une administration paresseuse et corrompue. Sans compter divers bactéries et virus provenant des déchets humains et animaux, l’utilisation massive des produits chimiques en agriculture et l’implantation de nombreuses usines gourmandes en eau et grosses consommatrices d’acides, comme par exemple les acides chlorhydrique et sulfurique dans celles de traitement des minéraux, ou d’alcalis telles la soude dans les usines de papier et l’ammoniaque dans celles d’engrais et de plastique…, avec les rejets de ces produits en même temps que des métaux lourds en fin des processus de transformation, non seulement tarissent les sources d’eau douce même souterraine, mais en plus y tuent toute vie. Si l’eau des puits qu’utilisent directement 17,9% de la population, soit 17,2 millions de personnes, pour l’usage domestique est fortement contaminée par les coliformes et les produits chimiques (selon le Ministère des ressources et de l’environnement cité par EWS, dans le delta du Nord, en particulier à Hanoï, l’ammoniaque renfermée dans les eaux souterraines se monte à 23,3 mg/l alors que le seuil international admis pour l’eau douce est de 1mg/l ; par ailleurs 60% des échantillons examinés contiennent une quantité de manganèse supérieure aux normes et 15% recèlent de l’arsenic – cf. https://ews.com.vn/su-that-dang-so-ve-nguon-cung-cap-nuoc-sinh-hoat-o-viet-nam/ ), l’eau courante distribuée par les usines de traitement d’eau n’est guère « propre » comme le prétendent ces dernières. Tirée des eaux de surface des fleuves et lacs, toutes polluées, particulièrement à l’arsenic (en 2014, lors d’une des nombreuses ruptures de tuyau – 22 cas de 2012 à 2019 – de la même Viwasupco, les habitants de 3 quartiers de Hanoï se sont aperçus que leur eau courante contenait une dose d’arsenic plusieurs fois supérieure à la norme), aucune eau distribuée par les usines de traitement d’eau du pays n’est potable. La gabegie ou plutôt la malhonnêteté est telle que l’usine Viwasupco dont il est question ici qui prétend traiter l’eau du fleuve Đà, polluée mais de couleur seulement trouble, utilise en réalité l’eau croupie et verte (phosphatée) d’un lac servant auparavant de plan d’eau à usage agricole au bord duquel viennent encore déféquer les animaux, qu’alimentent deux ruisseaux dont le Trầm sus cité et un canal à ciel ouvert partant en effet du fleuve Đà, dans lesquels les habitants des hameaux traversés déversent leurs eaux usées et où l’usine elle-même rejette ses déchets ! Comme le traitement de cette eau extrêmement sale consiste juste en un saupoudrage d’alun et de charbon actif (en grande quantité lors de la pollution par le styrène), un séjour dans plusieurs bassins de décantation, d’un filtrage et d’une adjonction de chlore, sans procédé d’élimination spécifique des produits nocifs et que les tests de vérification systématiques sont souvent négligés, l’eau de sortie de l’usine n’est pas vraiment épurée. Les riches se protègent en installant des mini-systèmes de traitement supplémentaires de l’eau du robinet chez eux, mais le gros de la population urbaine doit se contenter de ce qu’on lui fournit. La plupart des usines de traitement d‘eau ne sont guère plus efficaces. La nouvelle usine sur le fleuve Đuống destinée à approvisionner Hanoï en eau propre, qui se prétend ultra-moderne, est entrée en activité sans avoir obtenu une certification du ministère de l’environnement, et sous prétexte de ses équipements modernes (mais toujours avec une tuyauterie chinoise) double son tarif d’abonnement, au grand dam des pauvres. Espérons que les habitants de Long An dans le delta du Mékong bénéficieront avec Nhị Thành, la deuxième station ultra-moderne d’épuration de l’eau du pays récemment construite par la DNP Corp. et financée en partie par la Corporation financière internationale (CFI/IFC), membre de la Banque mondiale, d’une eau courante de qualité. Car la sécurité des eaux domestiques est actuellement un problème plus qu’inquiétant au Vietnam. D’après les chiffres du Ministère de la Santé, en 2018, 9000 personnes sont mortes pour avoir utilisé de l’eau polluée antihygiénique, près de 250.000 ont été hospitalisées pour des diarrhées dues à l’ingestion de l’eau polluée. Et parmi les 200.000 nouveaux cas de cancers par an une bonne partie peut être attribuée à la toxicité de l’eau. A Hanoï où tous les indices de pollution sont au rouge, il faut s’attendre dans les années à venir à une sinistre hécatombe.

Pour vivre, l’être humain a besoin de respirer, de boire et de manger. Or l’air que les Vietnamiens respirent, l’eau qu’ils boivent et les aliments qu’ils avalent sont tous empoisonnés. Grâce à une politique criminelle décidée à Pékin et appliquée docilement au Vietnam par un parti communiste mafieux et vendu, dont les 4,5 millions de membres ne pensent qu’à s’enrichir à tout prix aux dépens de la survie de leur pays comme de leurs compatriotes afin de se constituer un pécule substantiel pour vivre mieux ou, pour les détenteurs de pouvoir, une fortune appréciable qui permette à leur famille de s’établir chez les « capitalistes agonisants », le peuple vietnamien est condamné inexorablement au délabrement physique et moral, prélude à une lente et insidieuse extinction. A moins qu’un sursaut de dignité ne l’emporte chez chacun sur la peur de la répression, et n’aboutisse à une révolution qui instaure un régime de liberté capable d’inverser le processus en mettant l’intérêt de la nation et du peuple au-dessus d’autres considérations.

 

Extradition/reconduction, deux poids pour une même mesure

 Depuis plus de trois mois les Hongkongais descendent dans la rue pour faire retirer la loi d’extradition vers la Chine continentale des personnes estimées coupables de délit aux yeux de Pékin. Par cette loi, le pouvoir communiste chinois n’aura plus besoin de kidnapper ses opposants ou supposés tels vivant à Hong Kong puisqu’ils lui seront remis légalement à sa demande par les autorités de la ville, et une fois aux mains de la police politique, il n’y a guère à douter sur leur sort peu enviable. En se dressant en bloc contre l’empire tout puissant pour défendre leur système libéral et affirmer leur condition d’hommes et de femmes libres, les Hongkongais forcent l’admiration du monde entier et font honte aux Vietnamiens, soumis sans réagir à un diktat analogue quoiqu’aux finalités différentes.

En effet, dans l’indifférence ou plutôt l’ignorance générale, un même genre de pacte a été passé entre Pékin et Hanoï avec des implications autrement préjudiciables, particulièrement humiliantes pour le Vietnam. Le fait est que depuis 1990 les ressortissants chinois ont obtenu le droit de venir (ou revenir pour ceux qui étaient chassés lors de la guerre frontalière) s’installer au Vietnam, en principe une fois munis d’un permis de séjour ad hoc, comme c’est le cas pour tous les étrangers qui y vivent. Cependant, au fur et à mesure de la présence excessive des Chinois dans le pays (à défaut de statistique officielle, les estimations vont bon train, le chiffre de 30 millions de Chinois au Vietnam étant même avancé par de nombreux auteurs), la rumeur sur l’annexion programmée du Vietnam à la Chine prévue dans les accords secrets de Chengdu prend de la consistance. S’expliquent par elle les traités inégaux, l’ouverture des frontières du nord avec pour conséquence le nombre des Chinois dans le pays, leur arrogance, leur implantation économique, leur infiltration dans l’appareil politique et administratif et, ce qui frappe le plus la population, leur impunité, la police rechignant à intervenir quand ils sont en cause.

Longtemps, l’opinion s’est interrogée sur cette inertie de la police vietnamienne face aux Chinois. Voyous et trafiquants sont rarement arrêtés et si des fois la presse fait état de leur arrestation, on n’entend guère parler ensuite de leur condamnation (sauf dans les cas de peine « administrative » passible d’une simple amende). Cependant on se voile la face en invoquant la corruption et la méconnaissance du suivi des faits. Mais depuis la remontée en ligne (provisoire) ces derniers temps de la faction peu favorable à Pékin grâce à la santé déclinante et donc la faiblesse de l’actuel président-secrétaire général prochinois Nguyễn Phú Trọng conjuguée avec les déboires économiques de la Chine dus à la guerre commerciale avec les Etats-Unis, la même police et la même presse qui jusqu’ici se montrent peu loquaces s’agissant des méfaits chinois, se sont soudain enhardies en poussant l’enquête sur des cas de criminels chinois. Et le pays apprend en même temps la raison de cette impunité : Les malfrats chinois arrêtés au Vietnam sont aussitôt reconduits en Chine en vertu d’un accord entre les deux pays.

Les premières mentions d’un tel accord ont paru à propos de l’arrestation le 28/7/2019 d’une bande organisée de 395 Chinois(es) de 18-24 ans, tous clandestins à l’exception de 27 d’entre eux, qui gèrent depuis une zone économique chinoise installée sur un terrain de 43 ha à Haiphong dévolue en 2010 au groupe chinois Giafeng (Hiệp Phong) qui l’a baptisée « Our city » (véritable pied de nez au pays qui l’héberge !) une vaste entreprise de jeux et paris en ligne portant sur 3,6 milliards de yuans (435 millions USD) en 6 mois d’exploitation. L’opinion s’est indignée que la police vietnamienne ait accompagné, en autocars de luxe qui plus est, ces délinquants à la frontière pour les remettre à la police chinoise avec toutes les pièces à conviction (près de 2000 téléphones mobiles, plus de 530 ordinateurs, des cartes de crédit et de l’argent liquide), sans procéder à leur interrogatoire et à l’investigation du délit. Pour se justifier, les autorités vietnamiennes ont invoqué un accord « d’entraide judiciaire » entre le Vietnam et la Chine (cf. http://www.baoquocdan.org/2019/08/viec-dan-o-hon-380-nguoi-trong-uong-day.html ) puis d’un traité d’extradition récent, selon lesquels tous les délinquants chinois violateurs de la loi vietnamienne au Vietnam doivent être jugés en Chine et donc doivent être reconduits à la frontière et remis aux autorités chinoises avec les preuves de leurs méfaits (cf. https://trithucvn.net/tin-tuc-vn/quoc-hoi-trung-quoc-phe-chuan-hiep-uoc-dan-do-voi-viet-nam.html). ). Il va sans dire que le même privilège d’être reconduit au pays n’est point accordé à tous les délinquants vietnamiens en Chine où ils sont à la merci de la justice chinoise ou simplement des citoyens chinois malveillants sans aucune assistance d’un quelconque représentant des autorités vietnamiennes.

Convoi reconduisant les bookmakers chinois à la frontière

Les Vietnamiens n’ont jamais entendu parler d’un tel accord ni d’un tel traité avant que la presse chinoise ne rapporte la nouvelle de l’approbation dudit traité par l’Assemblée nationale chinoise le 26/8/2019 : D’après Xinhua, ce traité en 22 articles, en pourparler depuis 10/2013, a été signé le 7/4/2015 à Pékin mais n’entre en vigueur que depuis sa ratification. Quelle en est exactement la teneur ? on l’ignore, le pouvoir vietnamien n’en ayant jamais soufflé mot. Son existence ne pouvant plus être niée, les acolytes du régime prennent sa défense en déclarant que la coopération judiciaire et le pacte d’extradition sont des usages courants entre pays, la preuve étant que Hanoï a signé des traités analogues avec beaucoup de pays autres que la Chine. Ce qu’ils taisent c’est que les traités avec les autres pays sont accessibles au public et à lire par exemple celui passé avec la Corée du Sud on ne constate rien de répréhensible, l’extradition y étant une pratique cas par cas, appliquée à des criminels ayant commis leurs méfaits au pays demandeur ou contre lui et recherchés par lui, et non une pratique systématique visant moins à l’extradition de criminels qu’à leur soustraction à la justice du pays victime de leur malfaisance. 

Dans le cas des bookmakers clandestins sus cité, les propagandistes de Hanoï, tout en négligeant le délit de résidence sans permis en masse des contrevenants, peuvent encore invoquer le caractère transnational du délit et le dommage subi surtout par la Chine parce que les paris en chinois attirent plutôt les Chinois. Mais comment peuvent-ils défendre le relâchement et la remise à la police chinoise de trois criminels chinois coupables de l’assassinat crapuleux d’un chauffeur de taxi vietnamien le 8/8/2019 dans la région de Lạng Sơn ? Arrêtés par la police vietnamienne le 12/8, ils ont été reconduits à la frontière dès le 13/8, sans possibilité pour la justice vietnamienne de leur faire payer leur crime contre un citoyen vietnamien et surtout dédommager la famille de la victime, sans compter le propriétaire du taxi détérioré (cf. https://www.nguoi-viet.com/viet-nam/viet-nam-khong-dam-xu-3-nguoi-trung-quoc-giet-nguoi-cuop-taxi-o-son-la/ ). De plus, une fois retournés en Chine, quelle garantie a-t-on que les criminels seront jugés et punis ? La destruction des Vietnamiens étant visé par le pouvoir de Pékin, il y a des chances qu’ils seront relaxés et reviendront exercer leur nuisance au Vietnam.

Depuis le début de l’année, on observe au Vietnam une forte augmentation des crimes et délits commis par les Chinois. Etant donné que la plupart des coups de filet de la police, à laquelle aucune conduite anormale de la population n’échappe d’ordinaire, n’a lieu qu’après plusieurs mois d’activité des malfrats, il se peut aussi que le nombre accru de ces crimes est dû plutôt à un sursaut nationaliste d’une partie de la police et de la presse qui se décident à faire leur boulot pour alerter l’opinion sur l’invasion chinoise. Et les affaires relatées sont énormes : Après prospection dans le pays en novembre 2018, un groupe de trafiquants chinois, dirigé par un dénommé Cai Zili, originaire du Fujan a implanté dans trois hangars, 1 loué à la société import-export Đồng An Viên à Dak Hà, province Kontum et 2 à Quy Nhơn, province de Bình Định, pour y entreposer du matériel destiné à fabriquer de la méthamphétamine. A la suite d’une descente simultanée le 8/9/2019 en ces lieux, la police y a trouvé 30 tonnes de précurseurs et de produits chimiques, de centaines de litres de liquide mélangé à de l’amphétamine ainsi que de nombreux équipements ; sont arrêtés à Kontum 7 Chinois, dont 4 sont pourvus de titre de séjour mais sous un faux nom et 3 sans papier, à Bình Định 6 personnes dont 4 Chinois (3 hommes et 1 femme) clandestins que le vice-président du Comité populaire de la province a soumis avant extradition à une amende de 95 millions VNĐ (environ 4200 USD) pour cause de séjour illégal (cf. https://nld.com.vn/thoi-su/danh-up-sao-huyet-ma-tuy-cuc-lon-20190911225930136.htm ). Le fait que les fabricants de drogue s’en tirent sans égratignure choque beaucoup l’opinion car en matière de drogue la condamnation à mort est souvent prononcée envers les coupables autochtones.

Auparavant, en mars 2019, la police de Saïgon a démantelé un réseau tout aussi important de trafiquants de drogue composé de 20 personnes, dont 8 Chinois et 3 Vietnamiens, dirigé par Wu Heshan : elle a saisi 300 kg de drogue d’une valeur de 4,5 millions USD dans un entrepôt de la société d’import-export de textiles Hasan (dont la directrice est la maîtresse vietnamienne de Wu) au quartier Bình Hưng Hòa, arrondissement Bình Tân, qui fait office de centre de distribution du produit dans les pays régionaux. Ce réseau, détenteur de deux autres entrepôts à Dak Nông, sévissait depuis 5 ans avant de tomber (cf. https://dantri.com.vn/phap-luat/vu-danh-sap-duong-day-ma-tuy-lon-nhat-sai-gon-chuyen-an-tuong-vao-ngo-cut-20190329100446861.htm ). Cette fonction de plaque tournante de la drogue risque de devenir internationale avec l’arrivée plus nombreuse de truands chinois qui ne tarderont pas à profiter de la position géographique du Vietnam (à 500 km du Triangle d’or et pas trop loin du Croissant d’or) et de son réseau de ports et aéroports.

Le crime organisé chinois ne peut délaisser l’exploitation du sexe. Le 14/9/2019, la police de la ville de Đà Nẵng a arrêté 5 Chinois et une Vietnamienne, petite amie de l’un d’entre eux, accusés d’enrôler des petites jeunes filles de 13 à 15 ans pour figurer volontairement ou malgré elles (le gang a été agrafé suite à une plainte pour viol de l’une d’elles) des clips érotiques et pornographiques destinés à être diffusés en direct sur internet. Pour visionner les films, le spectateur doit s’enregistrer et s’acquitter d’un droit à verser dans un compte d’une banque chinoise en Chine.

Mais c’est dans la cyber-criminalité (moins fatigante pour un résultat plus que satisfaisant) que les Chinois aiment s’engouffrer. Nous l’avons vu avec les jeux en ligne, très prisés par les délinquants en col blanc. Outre les 395 prévenus de Hải Phòng, la police vietnamienne a remis à la Chine en juin 2019 77 Chinois arrêtés à Đà Nẵng, Khánh Hòa et Quảng Ninh pour s’être aussi livrés à l’organisation des jeux et paris sur internet, accompagnés des pièces à conviction (300 smartphones, 100 ordinateurs, de nombreuses tablettes, 200 cartes de crédit et autres (cf. http://baovanhoa.vn/van-hoa/di-san/artmid/488/articleid/19325/quyet-liet-dau-tranh-toi-pham-cong-nghe-cao ). Les 28 Chinois appréhendés en août/2019 à Móng Cái avec comme preuves 516 téléphones mobiles, 21 ordinateurs, 6 processeurs CPU, 4 portables, une caisse enregistreuse POS et 1 Ipad, de même que les 34 Chinois arrêtés le 17/9 à Đà Nẵng opèrent plutôt dans l’arnaque à la bourse en ligne. Les 24 Chinois arrêtés le 23/5/2019 à Saïgon se servent plutôt de l’internet pour faire du racket en se faisant passer pour des représentants de l’autorité pour exiger de l’argent des personnes fragiles. Trois autres Chinois mis sous les verrous à Nghệ An le 16/9/2019 s’adonnent quant à eux à la confection de fausses cartes de crédit grâce au piratage des données sur les cartes originales via des dispositifs installés dans les distributeurs (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/group-of-chinese-making-fake-atm-card-arrested-09162019085327.html ). Un réseau de 9 personnes ( 6 Chinois et 3 Vietnamiens) dirigé par un Chinois, détenteur de deux sociétés spécialisées dans le crédit, (Kyushu et Star City) avec un personnel de 30 personnes, administrées respectivement par un Chinois et un Vietnamien, s’est spécialisé dans les prêts usuriers avec des méthodes de gangsters numériques (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/vietnamese-police-discovered-a-group-of-chinese-loan-sharkers-in-saigon-09172019091749.html).

La révélation de l’existence d’un traité d’extradition avec la Chine en même temps que la divulgation de l’implication des Chinois dans plusieurs grosses affaires criminelles suscite un émoi compréhensible dans la population (y compris chez les avocats et magistrats) tenue jusqu’ici dans l’ignorance. L’opinion s’inquiète de voir le Vietnam devenir le quartier général, « l’Eden ou la Terre promise », de tous les gibiers de potence chinois qui peuvent désormais venir au pays voler, violer, tuer sans risque de châtiment. En réalité, il y a nul besoin de traité pour que les Chinois jouissent de l’immunité au Vietnam : la soumission depuis Chengdu 1990 du pouvoir communiste de Hanoï au grand parti frère suffit déjà à les y rendre intouchables. La police vietnamienne était dissuadée de s’en prendre à eux autant que possible, ce qui l’arrange bien quand il y a en plus remise « d’enveloppe », d’où cette impression d’impunité perçue par tous. La signature d’un traité d’extradition n’a lieu que pour officialiser et justifier un état de fait qui devient de plus en plus voyant avec le nombre croissant de Chinois qui résident au Vietnam. Pour preuve, alors que le traité n’entre en vigueur que le 26/8, les responsables vietnamiens l’invoquent dès fin juillet et début août pour expliquer la reconduction à la frontière dans les deux cas cités. D’ailleurs, l’année dernière un professeur de l’Institut de recherches sino-vietnamiennes rapporte qu’une espionne chinoise, prise en flagrant délit le 30/10/2019 de photographie de documents de cet institut au moyen de lunettes à caméra numérique, s’est vue relâchée par la police sans être inquiétée et interdite de séjour (cf. https://nghiepdoansinhvien.org/2018/11/01/hoc-gia-trung-cong-lam-gian-diep-cho-trung-cong-tai-ha-noi-dung-ky-thuat-cao-bi-bat-qua-tang/ ). Au moins, aujourd’hui, à défaut de connaître la prison, les espions sont extradés comme c’est le cas de 11 Chinois supposés tels, arrêtés le 17/4/2019 à Móng Cái pour avoir utilisé un répéteur aux effets perturbateurs sur les ondes des téléphones mobiles de la région.      

Or, la remise aux autorités chinoises de tous les Chinois auteurs de crimes et délits au Vietnam (aussi bien touristes que résidents légaux ou illégaux) signifie que les Chinois jouissent d’un droit d’exterritorialité qui les met hors de la poursuite de la justice vietnamienne, vis-à-vis de laquelle les Vietnamiens eux-mêmes ne sont que des citoyens de deuxième zone dans leur propre pays, en-dessous du dernier des malfrats chinois. En acceptant l’exception légale de tous les Chinois vivant sur  le territoire national, les dirigeants de Hanoï ont abandonné avec leur droit régalien leur droit de souveraineté sur le pays dont ils ont la charge. Ils se reconnaissent comme de simples administrateurs coloniaux dont les compétences ne s’appliquent pas aux colons (chinois) et à leurs affaires qui relèvent uniquement de la métropole (Pékin) ! Qu’attend le peuple vietnamien pour se lever contre des despotes aussi vils, pour reprendre sa liberté et sa dignité perdues?

 

 

 

 

 

 

Vietnam global leaders forum : coup de pub et escroquerie d’un régime déliquescent


Après la tentative de récupération des 4 millions de Vietnamiens installés à l’étranger sous la forme d’une fédération d’un soi-disant peuple Kinh expatrié, réuni symboliquement dans un centre prévu à Boissy St Georges, révélée par une escroquerie montée par des entrepreneurs cantonais aux ordres de Pékin avec l’aide d’une poignée de malhonnêtes Vietnamiens (cf. https://sosvietnam.net/?s=Bussy+Saint+Georges), c’est au tour de Hanoï, également en terre française, d’exploiter cette population d’expatriés dans une coûteuse opération de communication destinée à faire croire à l’adhésion à son régime de la crème de ces mêmes millions de Vietnamiens devenus citoyens d’une centaine de pays différents.

Les 30 et 31 mars 2019 s’est tenu à Paris le premier forum d’une association dénommée Vietnam global leaders (VGL), extension d’une association d’experts et de scientifiques vietnamiens (AVSE, Association of Vietnamese scientists and experts, fondée en 2011 sous l’égide de l’ambassade du Vietnam à Paris pour servir d’organe recruteur d’« idiots utiles » au pouvoir communiste de Hanoï. Pour une simple manifestation culturelle destinée à présenter une association en formation, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens en louant un hôtel particulier luxueux pour la réunion avec des agapes fastueuses et en prenant en charge les frais d’avion et d’hôtel des personnalités ciblées et invitées. Pour marquer son intérêt Hanoï a délégué à la réunion un groupe d’apparatchiks du monde universitaire et économique cornaqué par la présidente de l’Assemblée nationale qui y délivre un discours officiel.

Ce ne serait qu’une dépense somptuaire de plus pour une opération de propagande sous couvert économico-culturel dont raffolent les dictatures, si elle n’a lieu au moment où les caisses de l’Etat sont vides, où pour se renflouer les autorités augmentent à tour de bras les taxes et promeuvent la prolifération des postes de péage dénommés BOT installés sur les grands axes routiers contre lesquels les usagers n’en finissent pas de protester, sans compter la vente aux Chinois morceau par morceau du territoire national parmi les plus beaux et les plus stratégiques, laquelle obéit à une autre logique, l’allégeance en vue d‘annexion à la Chine. Pour faire croire à la bonne santé de l’économie vietnamienne, la presse aussi bien vietnamienne qu’étrangère ne cesse de s’extasier sur le fort taux de croissance au Vietnam : 6,8% en 2018 ; mais même si on fait confiance à ce chiffre publié par la Banque mondiale (les taux de croissance qu’elle avait attribués et attribue à la Chine sont très contestés actuellement devant la constatation de la fragilité de l’économie chinoise face à la guerre commerciale déclenchée par les USA), il faut, avant de l’applaudir, comprendre ce que cela signifie : il s’agit d’un indicateur de l’évolution (croissance ou décroissance) du produit intérieur brut (PIB/GDP) d’un pays d’une année à l’autre, lequel PIB se calcule en comptabilisant tous les biens et services produits dans un pays, estimés par leur valeur en argent, c’est-à-dire y compris toutes les sommes déboursées pour des projets inutiles, les dépenses incessantes pour la réparation de routes ou bâtiments mal construits, les gaspillages pour des services déplorables, et bien sûr tous les produits générés par les investissements directs étrangers (IDE/FDI) dont les bénéfices sont destinés à être rapatriés chez les investisseurs (Samsung, dont les produits à eux seuls représentent en 2018 24,9% des exportations totales du Vietnam, a ainsi réalisé en 2017 avec ses 4 usines 5,8 milliards USD de bénéfices qui sont comptabilisés dans le PIB du Vietnam alors que sur cette somme seulement environ 400 millions USD reviennent au Vietnam sous forme de taxe – cf. https://www.bbc.com/vietnamese/forum-46721307 ) ; il ne prend en compte ni l’origine (dette ou vol) de l’argent servant à la production de ces biens, ni les effets néfastes de cette production (sur l’environnement, la qualité de vie).

D’après les statistiques gouvernementales publiées le 13/10/2018 (cf. http://www.gso.gov.vn/default.aspx?tabid=382&ItemID=18970 ) au 31/12/2017 on compte au Vietnam 56.417 entreprises en activité, réparties dans les services (le secteur majoritaire avec 390.765 entreprises), dans l’industrie et la construction (164.189 entreprises) et dans le domaine forestier-agricole-aquaculture (très minoritaire avec 5463 entreprises). D’après l’origine de leur capital, ces entreprises sont classées en :

entreprises étatiques qui représentent 32% du PIB en 2016 (capital public à 100% et plus de 50%) et comprennent 2486 unités appelées par le décret 12-NG/TW du 3/6/2017 à se réduire progressivement, tant elles sont vouées à l’impéritie et sont percluses de dettes (en tout plus de 1,53 millions de milliards VND ou environ 68,85 milliards USD – cf. https://vnexpress.net/kinh-doanh/doanh-nghiep-nha-nuoc-dang-ganh-no-hon-1-5-trieu-ty-dong-3827001.html ) malgré le monopole dont elles jouissent,

entreprises non étatiques (capital privé : le gros de la troupe avec 541.753 entreprises, pour la plupart des petites et moyennes unités qui ne concourent qu’à 9% du PIB et sont mises en vente, d’ordinaire aux Chinois, dès qu’elles se développent – cf. https://baomoi.com/khi-thu-tuong-yeu-cau-xay-dung-nen-kinh-te-tu-chu/c/28108474.epi ) et

entreprises IDE (à capital à 80% – 100% étranger) qui représentent 20% du PIB.

Ces dernières qui disposent d’un capital de 265 milliards USD (contre 427 milliards pour les entreprises étatiques et 787 milliards pour les entreprises privées) et réalisent un chiffre d’affaires de 256 milliards USD (contre 139 milliards pour les entreprises étatiques et 526 milliards pour les entreprises privées) dont elles tirent un bénéfice avant taxe de 17 milliards USD (contre 9 milliards pour les entreprises étatiques et 13 milliards pour les entreprises privées), ne rapportent au budget de l’Etat que 11,9 milliards USD (contre 12,6 milliards pour les entreprises étatiques et 18 milliards pour les entreprises privées). Bien qu’elles concourent à plus de 72% des exportations du Vietnam, elles contribuent peu à sa richesse.  Elles exercent également peu d’influence sur le relèvement du savoir-faire des entreprises vietnamiennes, du fait, il faut le reconnaître aussi, d’un système éducatif en débâcle et d’une politique sectaire : Les usines de haute technologie installées au Vietnam ne sont que des usines d’assemblage et de montage, aux produits desquels aucune des entreprises vietnamiennes, faute de compétence reconnue par l’investisseur, ne participe à la fabrication. De plus, nombre des entreprises IDE, en particulier les entreprises chinoises qui ont importé au Vietnam leurs industries les plus polluantes, peuvent se permettre de détruire l’environnement du pays grâce au laxisme des autorités et à la corruption généralisée. Le seul avantage des entreprises IDE pour le pays, c’est qu’elles donnent du travail à la population ou plus exactement directement à 3,6 millions de travailleurs (Le seul Samsung emploie 160.000 personnes) et indirectement à 5-6 millions d’autres, ce qui représente 70% de la main d’œuvre totale dans le secteur secondaire estimée à 14,5 millions, les entreprises étatiques ne donnant l’emploi qu’à 1,2 millions de personnes et les entreprises privées non dépendantes des entreprises IDE à 2,8–3,8 millions (= 8,8 – 5-6 ; cf. http://vneconomy.vn/thu-hut-fdi-nhieu-nhung-chuyen-giao-cong-nghe-con-han-che-2018062515110821.htm ). Malheureusement, ces emplois très mal payés ne suffisent pas à faire vivre les familles des ouvriers surexploités (d’ordinaire 10h/jour, 6jours/7, dans des conditions drastiques).  

Quant à l’agriculture qui représente 22% du PIB, dont vivent 64% de la population, elle périclite à vue d’œil à cause de :

– La dégradation des terres agricoles due au manque d’alluvions, le lessivage en saison des pluies, l’aridité en saison sèche provoquée par :  la retenue des eaux en amont des fleuves par les gros barrages chinois et sino-laotiens quand le Vietnam est à sec et leur déversement en trombe quand le Vietnam souffre d’inondation  ; le réchauffement climatique qui accentue les crues et l’ensoleillement ; la salification progressive des terres dans le bassin du Fleuve rouge et surtout dans celui du Mékong (déjà 16% des terres à riz perdues pour la culture) ; l’utilisation massive des engrais chimiques et pesticides importés de Chine ;

–  La politique d’industrialisation à outrance du pays au détriment de l’agriculture qui ne cesse de perdre des surfaces grandissantes de terres arables confisquées par les autorités autant pour les besoins réels de l’industrie que pour des raisons de spéculation immobilière pratiquées par des cadres corrompus dont les exactions fabriquent des milliers de paysans sans terre ;

– La surexploitation des eaux de surface comme des eaux souterraines et leur pollution par une industrie à la technologie obsolète importée de Chine, très gourmande en eau, ce qui cause une pénurie d‘eau douce dans tout le pays et par suite un recours renforcé aux eaux souterraines pour l’agriculture et l’usage domestique avec des perspectives dramatiques en cas de sécheresse comme c’est actuellement le cas dans le Sud.

– La politique dirigiste absurde tournée vers l’exportation à tout prix : d’où l’obligation pour les paysans de faire trois récoltes de riz par an pour augmenter la production et par suite le choix d’une variété de semences de riz traitées en Chine et la nécessité de recourir aux engrais pour amender une terre fatiguée ; ce sacrifice de la qualité au profit de la quantité (fini les multiples variétés d’excellent riz spécifiques au Vietnam) qui rend la culture du riz doublement tributaire de la Chine pour les semences et l’engrais n’enrichit même pas le paysan qui doit trimer 2 à 3 fois plus (avant 1975 ils n’avaient besoin de faire qu’une à deux récoltes par an) pour gagner moins parce que son produit de moindre qualité vaut moins cher alors qu’il doit débourser plus pour payer semences, engrais et pesticides, et aussi parce que les entreprises exportatrices liées à l’Etat le pressurent pour obtenir le prix le plus bas afin qu’elles puissent l’emporter sur les marchés internationaux. De plus, comme 70% des produits agricoles sont exportées vers la Chine et que l’Etat laisse les marchands chinois aller et venir à leur guise et approcher directement les producteurs, les paysans isolés (le syndicat officiel des agriculteurs, composé de fonctionnaires, ne se préoccupant guère de leur prêter aide et conseil) se laissent facilement piéger par les ruses de ces derniers qui les met à leur merci pour les obliger à vendre à perte et même les ruiner afin d’acheter leurs terres. Soit dit en passant, la priorité à l’exportation sans souci de la demande domestique associée à l’ouverture en grand des frontières du nord a pour conséquence paradoxale une importation massive de Chine des mêmes genres de produits agricoles vendus aux Chinois, mais de moindre qualité et surtout préalablement trafiqués et empoisonnés aux produits chimiques toxiques !

Le résultat est qu’à part une minorité de gros agriculteurs, la masse paysanne vit dans l’extrême misère, souvent avec moins de 100 USD par mois, au point que l’agriculture manque de main d’œuvre, les jeunes campagnards préférant émigrer en ville et même à l’étranger et que certaines régions dans le sud-ouest et le centre touchées par la disette se désertifient.    

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Sécheresse et pénurie d’eau

Pour ce qui est de la pêche, activité naguère florissante, elle est en voie d’effondrement à cause de la pollution des eaux côtières par les rejets chimiques des usines chinoises dont la fameuse Formosa, ainsi que du fait de l’appropriation de la ZEE vietnamienne par la Chine qui interdit aux Vietnamiens d’y pêcher sous peine d’être abattus. Quant à l’aquaculture, elle se défend tant bien que mal dans le contexte des eaux polluées dont les substances toxiques se retrouvent souvent dans les crevettes et poissons, les rendant impropres à l’exportation à l’étranger (mais jugés quand même propres à la consommation locale !).    

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Relation entre le taux d’ habitants de plus de 5 ans n’étant jamais allé à l’école (les points) et le taux de familles pauvres (les couleurs) – ex. Trithucvn.net

Par suite, un PIB élevé ne signifie pas automatiquement que le pays se développe ou s’enrichit. Si enrichissement il y a, c’est uniquement celui du Parti et de ses séides, celui de tous les détenteurs du pouvoir et de leurs « arrière-cours ». A l’ombre des grands immeubles modernes et des complexes luxueux (pour la plupart propriétés d’étrangers, en particuliers chinois), la majorité du peuple vit dans la misère : La Banque mondiale qui chiffre (pour 2017) le salaire moyen au Vietnam à 2160 USD/an soit 180 USD/mois, n’y compte cependant que 9% de pauvres, comme si la masse de la population qui ne gagne qu’autour de 200 USD n’est pas déjà pauvre ! Les 9 millions qui n’ont accès à aucun service public (dont aucun n’est gratuit au Vietnam, même dans la santé et l’éducation) et ne disposent même pas d’un revenu minimum (qui se monte, d’après l’arrêté 157/2018/NĐ – cf. https://vanbanluat.pro.vn/157-2018-nd-cp-quy-dinh-muc-luong-toi-thieu-vung-doi-voi-nguoi-lao-dong-lam-viec-theo–468e863b29ef9b5.html , à de 2.920.000 à 4.180.000 VND, soit de 92 à 208 USD, selon les 4 régions de départage gouvernemental déterminées de façon plutôt mystérieuse, lequel arrêté ne règle que les salaires sous contrat, ce qui laisse entendre que les salaires libres qui constituent la grande majorité du travail payant peuvent être beaucoup plus bas) ne sont pas des pauvres, mais des miséreux ! Si encore le coût de la vie y est proportionnel aux salaires ! Certes, beaucoup de prix sont fort bas par rapport aux revenus occidentaux, mais ceux de nombre de produits de première nécessité se rapprochent de ceux des pays riches, comme par exemple l’électricité (actuellement : 1864,49 VND/kwh soit 8 cents/kwh par rapport à 12 cents/kwh aux USA) et l’essence (E5, de moindre qualité, à partir du 16/3/2019 : 17210 VND/litre soit 74 cents/l contre 70 cents/l aux USA pour une essence de meilleure qualité). Et cette misère n’est pas fatale mais causée entièrement par la politique insensée et servile (envers la Chine) du pouvoir de Hanoï

Et le sort du peuple ne risque pas de s’améliorer parce que le gouvernement vietnamien tient à attirer les investisseurs étrangers avec le bas niveau des salaires en empêchant leur relèvement (qui aurait par ailleurs fait gonfler ses frais de fonctionnement administratif qui composent déjà 66,3% du budget national (selon le budget prévisionnel de 2018 publié par le Ministère des finances vietnamien le 25/12/2017), le bas coût salarial étant le seul critère qui puisse les persuader, les autres tels un bon ensemble juridique, une infrastructure étendue et une main d’œuvre qualifiée laissant à désirer. Incompétent et corrompu, ce gouvernement a mis l’économie du pays à plat avec des pertes colossales dans les entreprises étatiques dont les dettes sont si énormes (68 milliards USD) que le pouvoir refuse de les comptabiliser dans les dettes nationales comme c’est l’usage, car additionnées aux 3,1 millions de milliards VND ou 139,5 milliards USD des dettes officielles, le vrai montant des dettes nationales sera de 207,5 milliards USD, c’est-à-dire 92,6% du PIB (223,9 milliards USD en 2017) et non plus 61,3% comme s’en félicite le pouvoir qui s’est fixé une limite critique à 65%. Et encore il s’agit ici des chiffres officiels, les économistes de l’opposition estimant les chiffres officiels non fiables et ce taux à 235% du PIB.

A cause de cet endettement, le budget national de 1.319.200 milliards VND, soit environ 59,3 milliards USD (cf. www.mof.gov.vn/webcenter/portal/btc/r/lvtc/slnsnn/sltn/dutoan/sltn_dutoan_chitiet?dID=30141&dDocName=MOFUCM118693&_adf.ctrl-state=ltbiw6lzb_4&_afrLoop=29692670506211302 ), une fois le remboursement obligatoire d’une partie des intérêts et des dettes à échéance (272.000.342 milliards VND ou environ 12,2 milliards USD) payé, ne suffit même pas à assurer l’entretien d’une bureaucratie débridée (1.180.515 milliards VND ou 53,1 milliards USD), a fortiori pour soutenir le développement et faire face aux problèmes urgents. En outre, près de la moitié des dettes étant contractée à l’étranger en dollars, pour remplir ses obligations internationales le pouvoir vietnamien est obligé de réemprunter de l’argent (16 milliards USD en 2018) sur le marché mondial à un taux d’intérêt fluctuant, la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique et les fonds monétaires internationaux ayant retiré au Vietnam le privilège du taux préférentiel depuis 7/2017. La corruption des cadres s’aggravant et les dépenses de l’Etat ne cessant d‘augmenter, ne fût-ce que pour payer les services de police et de propagande (dont le forum VGL est le produit) nécessaires au soutien d’un parti en débandade contre une population de plus en plus désendoctrinée et révoltée, le Trésor se vide de ses réserves :  à l’encontre du gouverneur de la banque du Vietnam qui se félicite d’un record de 57 milliards USD de devises en réserve pour 2018, les statistiques du World Factbook de la CIA estiment ces réserves à 38,75 milliards USD et le journaliste dissident Phạm Chí Dũng à seulement 30 milliards dont 1/3 sous forme de bons du Trésor américain (https://www.voatiengviet.com/a/du-tru-ngoai-hoi-cua-viet-nam-lap-ky-luc-moi/4244946.html ) ; et le chiffre des 57 milliards n’a été avancé que pour faire croire que l’économie se porte bien, puisque ce montant des réserves qui suffit pour pourvoir à trois mois d’importation satisfait au minimum des prescriptions internationales.

C’est dans ce contexte de quasi-faillite de l’Etat qui dure depuis trois ans que le pouvoir communiste de Hanoï s’est mis à courtiser de plus belle les Vietnamiens installés à l’étranger qui lui rapportent chaque année environ 10 milliards USD équivalant à 7% du PIB vietnamien, avec un maximum de 13,5 milliards en 2015, par leurs envois d’argent destinés aux parents restés au pays, leurs dépenses en tant que touristes nostalgiques, et parfois leurs investissements dans des petites entreprises. D’anciens traîtres ou suppôts du capitalisme, les exilés sont devenus dans les discours officiels (mais pas dans la propagande interne) des « tronçons d’intestin d’à mille lieues » (= frères lointains, expression sortie la première fois en 2015 de la bouche du président d’alors M. Trương Tấn Sang lors d’une visite officieuse aux USA) « inséparables de la nation ». Mais malgré les chiffres à la hausse chaque année de la Banque mondiale et des officiels communistes à propos de ces fonds envoyés par les Vietnamiens de l’étranger (dénommés improprement Việt kiều), estimés par eux à 15,9 milliards USD en 2018, la manne des devises gratuites d’outremer baisse inexorablement depuis 2016 selon Phạm Chí Dũng qui ne l’évalue qu’à 8,5 milliards USD cette même année (cf. https://www.voatiengviet.com/a/ngan-hang-the-gioi-kieu-hoi-2018/4710815.html). S’il faut en croire le vice-directeur de la filiale à Saïgon de la Banque nationale Nguyễn Hoàng Minh qui déclare que le Sud du pays reçoit 50% de cette manne et chiffre cette demi-part à 5 milliards USD en 2018 (cf. https://nld.com.vn/kinh-te/kieu-hoi-do-ve-tp-hcm-20190118214803264.htm), le montant de ces fonds s’élève alors à 10 milliards USD et est vraiment sur la pente descendante, loin des rodomontades des dirigeants sur le soutien grandissant des Vietnamiens d’outremer.

Cette baisse du filon venant des exilés à partir de 2016 est un coup dur pour le pouvoir de Hanoï car il coïncide avec le moment où il a un besoin urgent de dollars frais pour s’acquitter des annuités de ses dettes comprenant depuis 2015 celles des 80 milliards USD de prêts APD (aide publique au développement /ODA official development assistance) qui arrivent justement à échéance, lesquels prêts préférentiels à longue durée et à très faible intérêt, ne sont plus renouvelés depuis 2014, vu leur mauvais usage et les rapports mensongers des fonctionnaires vietnamiens dénoncés en premier lieu par le Danemark (2012) et la Norvège (2013), pourtant à l’origine les plus empressés à aider le Vietnam. Si les 80 milliards avaient été utilisés à bon escient pour les infrastructures comme le stipulaient les conditions du prêt, au lieu d’être détournés (20-25%) dans les poches d’une bande d’apparatchiks et d’être déviés de leur but pour renflouer des banques mal gérées et construire bâtiments publics et monuments, etc. (cf. https://www.voatiengviet.com/a/them-bang-chung-xai-tien-oda-sai-muc-dich-o-vn/3673325.html) , le Vietnam serait aujourd’hui pourvu d’un réseau routier et ferroviaire de qualité et d’autres commodités modernes et non d’un chemin de fer vétuste, d’un ensemble clairsemé de routes en mauvais état, d’un système de voirie inefficient, etc.

Loin d’être aussi encourageante que le prétendent les experts internationaux, l’économie vietnamienne bat de l’aile. Pour ses dépenses intérieures en VND, le pouvoir démuni peut toujours imprimer des billets à volonté : A l’approche du nouvel an lunaire (Tết) de cette année 2019 la Banque nationale a fait tourner la machine à billets pour écouler sur le marché 47.500 milliards VND (environ 2 milliards USD) après une même manœuvre au Têt 2018 pour une somme beaucoup plus importante (93.000 milliards VND/4 milliards USD) – cf.  https://www.voatiengviet.com/a/vi-sao-tong-47500-ty-dong-sat-tet/4773363.html ), ce qui a provoqué une grosse inflation d’au moins 30% et non autour de 4% comme le notent les agences internationales, FMI entre autres (leurs experts se sont sûrement contentés de recueillir les données officielles au lieu de se rendre sur place pour écouter les plaintes des ménagères obligées de débourser chaque année près du double pour la même quantité de vivres !). Mais pour le paiement des dettes en monnaie étrangère et des importations, il lui faut trouver des dollars. D’où des campagnes régulières poussant les citoyens à convertir auprès des banques leur bas de laine en or et en dollars (que le pouvoir estime on ne sait par quel moyen à 500 tonnes d’or et 60 milliards USD) en VND pour le dépôt desquels depuis 2018 on leur promet un taux d’intérêt de 4 à 9% au lieu de 0% s’ils gardent l’argent en dollars. Mais ces campagnes ont peu de succès tant la population est méfiante, échaudée par plusieurs banqueroutes légales sans garantie pour les dépôts au-delà de 75 millions VND (environ 3000 USD).

Reste alors l’apport des Vietnamiens de l’étranger flattés plus que jamais par les dirigeants de Hanoï. Or, des 4,5 millions de ces expatriés, 1,5 sont des citoyens du Vietnam communiste en majorité « exportés comme main d’œuvre » inférieure ou servile à l’étranger (surtout les pays d’Asie (Taïwan, Corée du Sud, Japon, Chine, Hong Kong …) dont les envois d’argent au pays ne représentent que 6-7 % de la provende totale, 80 à 90% de cette dernière étant le fait des près de 3 millions vivant dans les pays occidentaux (USA, Canada, France) dont ils sont devenus citoyens (cf. http://nhandan.com.vn/baothoinay/baothoinay-kinhte/item/38394702-on-dinh-nguon-luc-kieu-hoi.html ). Composée pour la plupart des ressortissants de l’ancienne république du Sud-Vietnam et de leurs descendants, cette communauté est fortement anti-communiste, même si nombre d’entre eux comme beaucoup de membres de la jeune génération préfèrent oublier le passé pour mieux jouir de leur nouvelle vie occidentale. Comptant sur cette plage de non activistes opportunistes, le pouvoir vietnamien prend dès 1994 une batterie de mesures destinées autant à les faire revenir en touristes (ces dernières années au nombre de 400.000 à 500.000 par an) ou en investisseurs qu’à neutraliser leur hostilité, les retourner en faveur du régime et exploiter leur position et influence, afin « que notre gouvernement puisse les utiliser comme des têtes de pont à l’étranger », politique explicitée dans l’arrêté n°36 /NQ-TW du Bureau politique du 26/3/2004 (cf. http://nguoiviethaingoai.org/4_8.html ). Parallèlement à des dispositions juridiques permettant aux citoyens étrangers d’origine vietnamienne de revenir s’installer au pays, d’y travailler, d’être exemptés de visa, d’avoir les mêmes droits que les citoyens, des suppôts du régime, anciennement ou récemment émigrés, sont chargés à la fois de noyauter les groupements et associations des Vietnamiens libres ou nationalistes (par opposition aux communistes soumis à la Chine) pour y semer la zizanie et de créer des structures concurrentes dans un but de propagande en s’alliant avec des sympathisants de la gauche locale.  

Pour approcher les Vietnamiens d’outre-mer et susciter leur adhésion, ces organisations d’inspiration gouvernementale s’avancent masquées, se disent souvent apolitiques, font appel au patriotisme ou à l’attachement des exilés envers le pays de leurs ancêtres tout en gommant les aspects dictatoriaux du Vietnam pour le présenter comme un pays en développement normal. Elles n’annoncent jamais leur couleur mais se cachent sous des appellations neutres ou des objectifs nobles pour mieux tromper leur monde : Solidarité, Association des étudiants vietnamiens… Malgré les budgets conséquents qui leur sont attribués, le succès n’est guère au rendez-vous. Depuis l’ouverture du Vietnam aux exilés, sur 4,5 millions seuls 3000 Vietnamiens à passeport étranger, dont environ 400 « intellectuels et experts », sont revenus (au rythme de 200-300 par an) s’installer au pays, apportant avec eux 2 à 4,2 (selon les sources) milliards USD 70% desquels servent à investir dans de petites entreprises et 22% dans l’immobilier, le reste étant distribué à leurs proches (cf. http://www.sggp.org.vn/kieu-hoi-doi-dao-567780.html et https://www.voatiengviet.com/a/ha-noi-tim-cach-chieu-du-kieu-bao-vn/3655470.html ). La grande majorité des Vietnamiens d’outre-mer boycotte ces agences gouvernementales, optant sans le dire à l’instar de la plupart de leurs compatriotes d’Australie (au nombre d’environ 300.000) pour la politique des « trois non » : pas de contact, pas de dialogue, pas de compromission et de réconciliation avec le parti communiste vietnamien (cf. http://vietinfo.eu/viet-nam-que-huong/quan-he-uc-viet-va-chinh-sach-%E2%80%9C3-khong%E2%80%9D-cua-cong-dong-nguoi-viet-hai-ngoai.html).

Parmi les exilés, le pouvoir cible surtout les 500.000 intellectuels, experts et entrepreneurs, c’est-à-dire tous ceux ayant réussi en matière culturelle, scientifique et économique dont le ralliement lui apporterait indirectement de la notoriété, un appoint de matière grise et, ce qu’il convoite le plus, des contributions financières (pour rembourser ses dettes et continuer à payer son énorme appareil répressif). Extrapolant à partir des 10 milliards USD envoyés par an, il estime les revenus des Vietnamiens d’outre-mer à au moins dix fois plus (50 milliards USD), fortune dont l’élite détient forcément la plus forte part et dont il veut tirer profit, ce qu’avoue sans ambages le premier ministre Nguyễn Xuân Phúc en appelant les Vietnamiens de l’étranger à «chercher diverses sources pécuniaires dans leur communauté pour envoyer plus d‘argent au Vietnam » lors d’une réunion avec 100 Vietnamiens de l’étranger revenus fêter le Tết 2019 (cf. https://www.sbtn.tv/thu-tuong-csvn-mong-nguoi-viet-hai-ngoai-tim-nhieu-nguon-tien-khac-nhau-de-gui-ve-nuoc/). Le pouvoir enrobe cependant cette soif d’argent sous le besoin de développement du pays, au nom duquel il demande l’appui des personnalités d’influence étrangères d’origine vietnamienne ou non. D’où ces colloques et conférences sur les thèmes de développement organisés à grands frais, souvent avec des subventions de l’ONU (ceux des programmes Tokten et Umbrella), où des spécialistes sont invités à donner leur avis, avec pour résultats des rapports et actes aussitôt mis au panier, les conseils prodigués n’étant jamais suivis sauf si les projets recommandés sont pris à charge par un pays ou un organisme participant.

Le fait est que toutes les propositions pour une gestion efficiente des ressources, l’amélioration des services, ou une réforme du système se heurtent aux pratiques du régime et à son idéologie. Les dirigeants communistes dont le seul souci est la pérennité du Parti ne peuvent que rejeter toutes les mesures risquant d’affaiblir leur pouvoir même au prix de l’enfoncement de leur pays dans la misère et dans la sujétion à l’ennemi héréditaire. Pour empêcher l’effondrement économique et prolonger leur survie, ils ne peuvent compter que sur l’accroissement des investissements étrangers (autres que Chinois lesquels n’investissent et ne prêtent que pour mieux asservir et détruire) et des subsides des exilés. Ce qui explique leurs efforts pour faire croire à leur nationalisme (id est leur indépendance par rapport à la Chine) et à la bonne santé de l’économie nationale en vue de rassurer les éventuels investisseurs (en particulier ceux qui se détournent de la Chine à cause de sa politique prédatrice), ainsi qu’à leur sincère préoccupation pour le bien du pays afin de se concilier les Vietnamiens d’outre-mer.

Dans la réalité, les seules entreprises étrangères qui trouvent leur avantage en délocalisant au Vietnam sont les grandes compagnies internationales qui cherchent à minimiser leurs coûts salariaux lesquels constituent autrement 50% de leurs frais généraux. Le gouvernement vietnamien, incapable de procurer du travail à ses citoyens, déroule le tapis rouge pour retenir les gros employeurs, non seulement en maintenant le bas niveau des salaires, mais encore en les exemptant de taxes et d’impôts. Les petits et moyens entrepreneurs, négligés par l’Etat, qui jouissent de moins d’avantages fiscaux, sont à la merci des apparatchiks locaux ; ils peuvent jouir d’une certaine tranquillité tant qu’ils sont des gagne-petit et servent de publicité pour le régime, mais dès qu’ils prospèrent, soit ils s’entendent avec les autorités en payant des pots-de-vin conséquents, soit ils finissent par se faire voler leur affaire et plier bagage. Les entrepreneurs d’origine vietnamienne floués retournent en général au pays dont ils sont citoyens en gardant le profil bas par crainte de moquerie à propos de leur naïveté, à l’exception de Trịnh Vĩnh Bình dont les déboires, assez représentatifs sont devenus célèbres grâce à sa réaction audacieuse :  Hollandais d’origine vietnamienne revenu investir avec succès au Vietnam en 1987 dès l’ouverture du pays, il se vit arrêté une dizaine d’années après pour des motifs infondés, dépouillé de son usine, ses terrains et immeubles, puis condamné en 1999 à 11 ans de prison sur instigation des dirigeants locaux (à Vũng Tàu où s’est développée son entreprise d’exportation de crevettes) ;  évadé de prison à l’aide de l’achat de ses geôliers, il fit traîner en 2003-2006 le gouvernement vietnamien devant le tribunal d’arbitrage international de Stockholm obligeant la partie adverse à un compromis constitué par la restitution de ses biens en plus d’un dédommagement de 15 millions USD. Cet engagement n’étant pas observé malgré ses relances, il intenta en 2015 contre le gouvernement vietnamien une nouvelle action auprès du tribunal d’arbitrage international, et le procès tenu à Paris en août 2017 vient d’aboutir à un verdict rendu le 10/4/2019 qui contraint le Vietnam à lui payer 38,51 millions USD pour les pertes et le préjudice subis en plus des 7,9 millions de prise en charge des frais de justice.

A part les Chinois qui considèrent déjà le Vietnam comme une province sujette (la propagande de Pékin l’enseigne ainsi à ses citoyens) et y investissent à tout va, achetant et rachetant tout ce qu’ils peuvent, au point que la Chine devient officiellement (officieusement on la crédite de la possession de 80% des entreprises et au moins de la moitié de l’immobilier du pays) depuis ce premier trimestre 2019 le 1er investisseur du pays (cf. https://congthuong.vn/trung-quoc-la-nha-dau-tu-nuoc-ngoai-lon-nhat-trong-quy-i2019-tai-viet-nam-118253.html ), les entrepreneurs étrangers au Vietnam originaires ou non du pays, autres que les profiteurs de main d’œuvre à bon marché, qui s’attendent, sur la foi des avis optimistes du FMI ou de la Banque mondiale comme de la propagande du Parti, à faire de bonnes affaires dans un pays « normal » à fort potentiel, déchantent tôt ou tard, à force d’être confrontés à la corruption généralisée, à l‘inconsistance juridique, à la bureaucratie tatillonne et à un environnement de plus en plus pollué.  Signe de la débandade généralisée : le retrait des grandes banques internationales du Vietnam depuis 2012 (avec intensification en 2017) sous la forme de vente de leur part d’actions dans les banques vietnamiennes pour un total correspondant à 400 millions USD , alarmées par le montant des créances douteuses de ces dernières ((600.000 milliards VND ou environ 27 milliards USD, auxquels il faut ajouter 300.000 milliards VND confiés à la société vietnamienne de gestion d’actifs ou VAMC (Vietnam asset management company), créée par l’Etat pour soulager les banques, ce qui les fait monter à 40 milliards USD – cf. https://www.nguoi-viet.com/binh-luan/ngan-hang-ngoai-quoc-rut-von-khoi-viet-nam-vi-bat-chinh-tri/ )) et par le vote le 15/1/2018 d’une loi sur la restructuration des banques qui permet la banqueroute sans garantie de l’Etat. Ainsi, à l’instar de la Standard Chartered (de Grande-Bretagne et Hong Kong), de la HSBC (Hong Kong and Singapore banking corporation), de la CBA (Commonweath bank of Australia), de l’ANZ (Australia and New Zealand banking group), le 26/12/2017, après 10 ans de présence au Vietnam, BNP-Paribas l’a quitté en se débarrassant de ses 17 millions d’actions – équivalant à 18,68% du capital – de l’OCB (Orient commercial bank / Ngân hàng đông phương).

Quant aux intellectuels ayant réussi dans le monde académique et scientifique que le régime s’évertue à attirer dans les filets de propagande de ses associations pour qu’ils reviennent faire profiter étudiants, chercheurs et cadres vietnamiens de leur matière grise et leur réseau professionnel, rares sont ceux qui répondent positivement à cet appel. Des 200 qui reviennent chaque année, la plupart ne reste que pour des périodes limitées, ceux qui se réinstallent pour de bon au Vietnam se comptent sur les doigts de la main. Ces derniers, touchés par l’appel à leur patriotisme et assez naïfs pour faire confiance aux promesses de Hanoï, veulent aider leurs compatriotes en servant dans l’enseignement et parfois l’administration. Pétris d’idéalisme, ils ont quitté une position enviée, bien rémunérée, afin de venir travailler au Vietnam comme professeurs ou administrateurs pour un salaire dix fois moindre. Mais leur bonne volonté et leur « sacrifice » s’avèrent vains. Malgré les déclarations d’amour des gouvernants à leur égard, leur présence n’est pas vraiment souhaitée par les autorités et leurs collègues locaux, les premières parce qu’elles redoutent l’influence sur les étudiants et leur entourage de leur esprit libéré sinon libéral acquis durant leur séjour et leurs études dans les pays démocratiques, et les seconds parce qu’ils jalousent leur chance et leur succès et les voient souvent comme des rivaux. En vivant en permanence au pays, à moins de se rendre volontairement sourds, aveugles et muets devant la réalité sociale et trahir ainsi autant le peuple qu’ils veulent aider que leur qualité d’intellectuels, ils ne peuvent que constater les injustices régnantes et l’inanité de leurs efforts d’amélioration du secteur dont ils s’occupent. Mais gare à eux s’ils se mettent à agir selon leur conscience, c’est-à-dire au moins dénoncer les faits négatifs dans leur métier et transmettre des notions de liberté et de démocratie à leurs étudiants. Aussitôt, ils se voient virés de leur poste et obligés de repartir d’où ils sont venus. Tels sont les deux cas typiques suivants, parmi les plus récents : 

Trương Nguyện Thành, de nationalité américaine, professeur de chimie à l’université d’Utah de 1992 à 2002, après de nombreux brefs séjours au Vietnam pour s’occuper de la création et de la direction de l’Institut des sciences et mathématiques de Saïgon sur invitation de la municipalité de la ville (2007-2017), est revenu s’y installer en permanence pour exercer la fonction de vice-président de l’université privée Hoa Sen en fin 2016. Au bout d’un an, comme convenu, il a été élevé au poste de président par le Conseil d’administration de l’établissement en mai 2018, mais le ministère de l’éducation y a mis son veto en invoquant la disposition 2a de l’article 20 de la loi sur les universités qui exige du candidat une expérience de 5 ans dans une fonction administrative similaire, condition que ne remplit pas l’intéressé. Dépité, M. Thành a regagné les Etats-Unis poursuivre ses recherches à l’université d’Utah. Pour les initiés, le prétexte utilisé par le ministère n’est qu’un paravent – la nomination de sa prédécesseuse, peu qualifiée académiquement et ne répondant pas plus à la condition susdite, n’a soulevé aucune objection ministérielle – pour dissimuler les vraies raisons de l’éviction du professeur : dans la querelle de pouvoir entre les actionnaires de l’université, il est la bête noire des conservateurs en phase avec les cadres du ministère ; ses manières anticonformistes et ses discours réformistes en faveur de la créativité ne correspondent pas à la première exigence de la même disposition légale à savoir «  être pourvu des qualités politiques » c’est-à-dire être docile à l’égard du Parti en s’adaptant au système (cf. http://www.viet-studies.net/QuachHaoNhien_VuTruongNguyenThanh.html).

Le centralien français Lê Nguyễn Minh Quang a décidé aussi en 2016 de quitter son poste de Directeur général de l‘entreprise française Bachy Soletanche Vietnam afin de devenir Directeur du Service administratif du chemin de fer urbain de Saïgon (MAUR ou Management authority urban railways), chargé de la construction du métro de la ville dont la première étape est la ligne Bến Thành – Suối Tiên (19,7 km). Plus de deux ans après, en début de janvier 2019, voilà qu’il est débarqué brutalement de son poste avec des poursuites en perspective pour avoir pris l’initiative de réduire l’épaisseur du mur diaphragme de 2m à 1,5m – sans impact sur la sécurité selon lui – pour raison d’économie d’argent et de temps. Son évincement entre en fait dans le cadre d’un règlement de compte entre communistes du nord partisans de la politique fortement prochinoise et les communistes du sud plus méfiants envers Pékin, ce qui explique leur réticence à confier la maîtrise d’œuvre des grands projets au Sud aux Chinois comme c’est l’usage au Nord. Le projet du métro lancé en 2007, financé en grande partie par un prêt APD du Japon et par suite confié pour la réalisation à des entreprises japonaises, devait coûter au départ 17.399 milliards VND (780 millions USD), mais en 2011 des lenteurs et ajustements et certainement aussi des malversations ont fait monter la somme à 47.235 milliards VND (2 milliards USD) que ratifient le président du Comité populaire de Hochiminhville Lê Hoàng Quân et le Vice-directeur du MAUR en même temps Secrétaire délégué du Parti au sein de ce service Hoàng Như Cương. Or, la loi vietnamienne oblige tous les projets dépassant 30.000 milliards VND (1,5 milliards USD) à être soumis à l’approbation du premier ministre. Saisissant ce vice de procédure, le pouvoir central refuse de débloquer une somme redevable aux entreprises de construction (110 millions USD) pour venir en aide à la municipalité de Saïgon à court d’argent – ce qui provoque la colère de l’ambassadeur du Japon – tout en procédant à une enquête gouvernementale sur la gestion du métro. Par peur des sanctions ou ennuis, 52 des 173 cadres gestionnaires et spécialistes (dont M. Quang) donnent leur démission, le dénommé Hoàng Như Cương s’enfuyant même aux Etats-Unis. Le refus de Hanoï de payer pour Saïgon obéit-il à une pression de Pékin ? Toujours est-il que, profitant du mécontentement du Japon, la Chine se met aussitôt sur les rangs, proclamant déjà dans ses journaux sa reprise du projet. Pour ne pas laisser le champ libre à la Chine, le Japon a mis de l’eau dans son vin (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/blog/metro-benthanh-suoitien-replace-japan-by-china-12312018214442.html ).

Par idéologie, angélisme ou simplement intérêt, les Vietnamiens qui rentrent au Vietnam actuel se voilent l’esprit sur la situation dramatique du pays sous l’emprise de deux pouvoirs totalitaires aussi féroces que mensongers, celles de Hanoï et de Pékin son patron. Les dirigeants communistes vietnamiens sont tellement englués dans leurs compromissions et leurs combines pour s’enrichir et se maintenir aux commandes qu’ils ne changeront jamais d’eux-mêmes le système et empêcheront toujours toute velléité de réforme structurelle, de changement de pensée et de comportement. Ils n’ont rien à faire des intellectuels de l’étranger imbus de leur savoir qui se mêlent de perturber le statu quo. Quel besoin le régime a-t-il des individus de talent étrangers quand ils se font proposeurs de réformes et d’améliorations, alors que les préconiseurs de changement, tous de dangereux fauteurs de troubles avec leur discours sur la liberté, le patriotisme et la démocratie regorgent déjà dans le pays même, où il n’y a pas assez de prison pour les enfermer tous ? L’exemple de Trần Huỳnh Duy Thức (cf. https://tranhuynhduythucofficial.wordpress.com/tieng-viet/tieu-su/ ), ingénieur et entrepreneur de la trempe des Bill Gates si on l’avait laissé faire, précurseur de l’industrie informatique au Vietnam avec sa compagnie EIS (Electronic information system) et de la téléphonie sur internet avec sa compagnie OCI (One connection inc.) dotée de filiales à Singapour et en Californie, qui croupit en prison depuis 2010 pour avoir osé prôner des réformes économiques libérales, devrait pourtant faire réfléchir les VGL ralliés au régime. Derrière le motif politique invoqué pour justifier la peine de 16 ans d’enfermement à son égard, ces intellectuels ne discernent-ils donc pas la jalousie des autorités devant toute supériorité, intelligence et pensée indépendante qui constituent une menace mortelle pour tout pouvoir basé sur l’ignorance et l’abrutissement de ses citoyens tel le pouvoir communiste ? Raison pour laquelle les inventeurs lui portent ombrage et ne sont guère encouragés. Tel est le cas de Trần Quốc Hải ou Hai Lúa paysan imaginatif et féru d’inventions, habitant de la commune de Suối Dây, district de Tân Châu, province Tây Ninh, qui défraie la chronique : constructeur de nombreuses machines agricoles et d’hélicoptère téléguidé pour la pulvérisation dans les champs, dédaigné par les autorités locales et interdit même de continuer ses essais d’hélicoptère, engagé par contre par l’armée cambodgienne d’abord pour développer la culture du manioc avec une machine de son cru, il réussit à réparer pour elle 11 tanks russes que les ingénieurs russes, polonais et aussi vietnamiens ont été incapables de remettre en état et même à lui construire un tank de bien meilleure qualité, à la suite de quoi il a été décoré et promu en 2014, avec son fils et assistant, général de corps d’armée par le roi du Cambodge (cf. https://viettimes.vn/hai-lua-viet-che-tao-xe-boc-thep-nguoi-campuchia-ne-phuc-236036.h

L’invitation à revenir contribuer au développement du Vietnam adressée aux VGL par le gouvernement vietnamien n’est donc en réalité qu’une « invitation du bout de langue » utilisée hypocritement au Vietnam envers les indésirables. Des intellectuels dignes de ce nom devraient se montrer sagaces et ne pas se laisser abuser par les flatteries et mensonges. Qu’ils se renseignent auprès des divers media officiels et officieux afin de s’éclairer sur la situation réelle du pays ! Ils comprendront alors que tant que sévit le régime actuel, ils ne peuvent en rien contribuer au développement du pays de leurs ancêtres et influer sur le sort de son malheureux peuple. S’ils ont vraiment à cœur l’intérêt de leurs anciens compatriotes, qu’ils les aident plutôt à prendre conscience de leurs droits et à dépasser leur peur des répressions pour se lever contre le régime et sauver le Vietnam de la mainmise chinoise ! Et qu’ils gardent leur argent pour l’après-communisme, quand il faudra reconstruire tout ce que près d’un siècle de dictature basse et incompétente a détruit !

La prolifération des « Dân oan » (peuple victime d’injustice) ou expropriés indûment sans compensation convenable, spécificité inédite du régime communiste vietnamien


La non-reconnaissance de la propriété individuelle, en particulier foncière, un des principes fondateurs du communisme, est devenue, avec l’accession des communistes au pouvoir, une justification commode pour les pillages en vue d’enrichissement personnel des apparatchiks ainsi qu’une épée de Damoclès pour tous les citoyens menacés de perdre tous leurs biens du jour au lendemain.

Au Vietnam, l’habitude des expropriations qui commençait avec celle des ennemis du pouvoir (bourgeois, réactionnaires, partisans de l’ancienne république du Sud) pour des raisons surtout politiques s’est développée depuis l’ouverture du pays au capitalisme en s’exerçant sur de simples citoyens pour cause officielle de développement économique. Tout projet d’urbanisme, d’industrialisation … nécessitant l’utilisation d’un terrain donne lieu aussitôt au déplacement de la population qui y vit, parfois depuis plusieurs générations, d’ordinaire sans concertation ni ménagement ; et les familles chassées de leurs maisons et de leurs terres sont déjà bien chanceuses si on leur procure en retour un lopin bien plus petit et plus ingrat pour s’y reloger ; quant au dédommagement matériel, elles doivent s’estimer contentes s’il se monte à la somme fixée légalement, toujours beaucoup plus faible que le prix du marché.

Depuis une dizaine d’années, le rythme d’expropriation s’intensifie avec l’expansionnisme chinois : Non seulement la Chine se fait céder par le Vietnam de plus en plus de terres pour ses usines et son personnel, les citoyens chinois poussés par leur gouvernement à s’installer en masse au Vietnam, y  achètent à tour de bras de l’immobilier, opération qu’ils peuvent payer avec de la monnaie de singe – les billets de banque vietnamiens étant imprimés par la Chine qui ne se gêne pas pour inonder le pays en faux vrais billets – excepté une commission en dollars pour les cadres corrompus.

En théorie, la loi vietnamienne interdit aux étrangers d’acquérir des biens fonciers. Pour les aider à contourner la loi, cadres et dirigeants corrompus ferment les yeux sur la pratique des prête-nom vietnamiens puis trouvent une faille de la loi pour permettre auxdits prête-nom, après avoir converti la maison ou le terrain en part d’actions d’une entreprise conjointe bidon avec le vrai acheteur chinois, de céder cette part à leur partenaire qui devient alors propriétaire à 100% de l’entreprise et donc du bien immobilier en question (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/does-china-hidden-undercover-vietnam-companies-to-grab-lands-and-property-11022018160101.html ) ; et les autorités ont même sorti une disposition en vigueur depuis 2015 permettant aux promoteurs immobiliers de vendre 30/% de leur immeuble aux étrangers, ouverture dans laquelle les Chinois se sont aussitôt engouffrés, d’autant plus que le prix de l’immobilier au Vietnam est, au maximum à 6000 USD/m2, de 14% moins cher qu’à Hong Kong et 18% qu’à Singapour. En 2018, après avoir investi les diverses localités du nord et du centre du Vietnam, les nouveaux colonisateurs chinois se ruent vers le sud, marquant de leur présence agressive toutes les grandes villes du delta, et détenant 31% (contre 24% des acheteurs vietnamiens) des appartements mis en vente à Saïgon pendant les 9 premiers mois de 2018. Ce chiffre, donné par la société de conseil en immobilier d’entreprise CBRE, ne compte que les Chinois du continent, si on y ajoute les Chinois de Hong Kong, le pourcentage se monte à 41% (cf. https://dantri.com.vn/su-kien/nguoi-trung-quoc-mua-nha-dat-tang-cao-lo-ngai-nhat-la-viec-dung-ten-ho-201812180643279.htm ).

La revente aux Chinois des terrains confisqués via des sociétés bidons ou complices puis des promoteurs immobiliers s’est avérée tellement lucrative que tous les détenteurs d’autorité, même au niveau des communes, se mettent à rendre des arrêtés d’expropriation de leurs administrés vivant sur des sites convoités, à l’encontre de la loi qui ne concède ce droit qu’aux chefs de province au moins. Et avec l’accélération des expropriations s’allonge la cohorte des dân oan dont l’union, si elle se réalise, ébranlera sûrement le régime, vu leur nombre qui atteint des centaines de mille, voire des millions. Dernièrement, les 4-8/1/2018, la destruction et le rasage des habitations et jardins de 200 familles sis sur 4,8 ha dans le quartier de Lộc Hưng dans le 6e arrondissement de Saïgon, sous un faux prétexte, sans préavis et donc sans possibilité pour les concernés de mettre en sécurité leurs pauvres biens matériels, et dans la plus grande brutalité, a suscité une vive émotion internationale, d’autant plus que les victimes sont toutes chrétiennes avec lesquelles l’Occident chrétien se sent en empathie. Devant la réprobation générale, les autorités de la ville et de l’arrondissement, embarrassées, promettent une indemnisation plus substantielle que pour d’autres (7 millions de đồng ou environ 43,5 USD au lieu de 2 millions le m2) cependant toujours bien plus basse que le prix du marché (40 – 50 USD/m2).

Photo des nouveaux dân oan dans le quartier de Lộc Hưng, tirée de
https://baotiengdan.com/2019/01/08/ban-tin-ngay-8-1-2019/

Dans un petit pays à forte densité de population (160 personnes/km2 en moyenne) trouver de l’espace pour y construire usines, logements… n’est pas facile car immanquablement il faudra sacrifier forêts, terres cultivées et habitations : avant de trancher, la moindre des choses qu’un gouvernement doit faire est d’étudier sérieusement la faisabilité du projet, de peser les avantages et les inconvénients de l’implantation, tout comme ses conséquences sur les habitants et leur environnement. Malheureusement au Vietnam, les dirigeants ne se fient qu’à leur tête ou leurs intérêts (dont fait partie leur sujétion à Pékin) faisant fi de l’avis des experts et de l’opinion ; souvent même leur décision se prend dans le plus grand secret, la population n’étant informée qu’au moment du fait accompli comme l’est le cas de la concession du territoire de Vân Đồn à la Chine.

C’est ainsi que sans tenir compte des dommages causés au pays et à la population, le pouvoir vietnamien a procédé depuis une vingtaine d’années à des confiscations de centaines de milliers d’hectares de terrain et à des milliers d’expropriations musclées. Les indemnisations, quand elles ont lieu (dans les coins reculés les exactions sont nombreuses), sont dérisoires, nettement inférieures à la valeur du bien perdu – bien souvent précieux, acquis depuis plusieurs générations -, ne permettant pas à l’exproprié de racheter un bien équivalent ni même convenable. Si la terre ou l’habitation était leur seul bien ou leur unique instrument de travail (cas des paysans et boutiquiers), les dépossédés se retrouvent brusquement sans toit, sans travail et par suite sans ressources.

Devant les sombres perspectives d’une vie de sans abri décent, ces dân oan s’accrochent et en viennent aux pires extrémités contre les autres ou eux-mêmes. L’année 2018 a été marquée par deux cas de ce genre : Le 18/4/2018, Đỗ Thị Lăng, une habitante du quartier de Đống Đa (Quy Nhơn), s’est enfermée dans sa chambre pour s’immoler par le feu à l’arrivée des forces de l’ordre venues raser sa maison, mais a pu heureusement être sauvée à temps (pour avoir une idée, voir ce clip daté du 24/12/2015 d’un autre cas d’immolation par le feu d’une dân oan désespérée https://www.youtube.com/watch?v=5pQwU1rYFBo ) ; le 12/7/2018 a été condamné à mort Đặng Văn Hiến, un ex-militaire devenu paysan coupable d’avoir tué au fusil le 23/10/2016 trois employés de la société Long Sơn, bénéficiaire d’une concession de terrain comprenant ses champs, venus en force avec les sbires de ladite société détruire ses plantations et le déloger.

Leur famille décimée par la misère qui pousse leurs membres à se séparer pour une recherche plus aisée d’un moyen de vivre (les hommes sont souvent poussés à émigrer, laissant leurs femmes s’occuper seules des enfants), ces expropriés sont condamnés à mener une vie de squatters sans domicile fixe, vivant de petits trafics souvent avec l’aide leurs jeunes enfants déscolarisés que l’on voit dans tous les quartiers animés se démener pour vendre des billets de loterie. Avec la meilleure intention du monde, comment pourraient-ils envoyer leurs enfants à l’école quand l’instruction au Vietnam n’est plus publique mais payante, même l’enseignement primaire, pourtant censé gratuit, étant grevé de multiples frais fantaisistes mais obligatoires ?

Les nouvelles victimes d’expropriation (celles d’après 1990), parce qu’elles se sentent innocentes et injustement traitées, à la différence des anciens expropriés tout de même coupables de faire partie des réactionnaires honnis du régime, se dénomment « dân oan » c’est-à-dire peuple victime d’injustice. Si la majorité d’entre elles est révoltée, perd sa confiance dans le régime et en vient à rejoindre les opposants, un bon nombre reste persuadé de la justesse du Parti et, amené par la propagande à imputer les défauts du régime seulement à l’action individuelle des cadres corrompus, s’obstine à réclamer justice auprès du pouvoir central, certains depuis près de vingt ans.

Ces derniers plaignants, si opiniâtres, constituent une fraction des 60.000 personnes, membres de 15.000 familles expulsées manu militari entre 1996 et 2008 puis entre 2009 et 2018 des 650 ha du quartier « d’or » de Thủ Thiêm dans le 2e arrondissement de Saïgon, pour cause de rénovation urbaine : en fait d’urbanisme, depuis près de 20 ans le terrain dégagé demeure à l’état d’abandon, à part une route à 4 embranchements de 11,8 km dont la réalisation est confiée à trois entreprises conjointes (Vietnam-Chine), laquelle reste toujours inachevée au bout de 5 ans, malgré son coût exorbitant (12.000 milliards VND ou environ 516 millions USD, soit environ 43 millions USD/km, à comparer aux 6,2 millions €/km d’autoroute en France) qui en fait la route la plus chère de la planète. Pendant que la majorité des expropriés, non relogée selon les promesses de la ville, mal indemnisée et donc incapable de se payer un nouveau logement correct, végète dans l’amertume, les édiles et leurs complices se partagent une manne de plusieurs milliards USD (6 selon certains calculs) provenant de la différence entre le montant total de l’indemnisation et le prix de la vente du terrain confisqué à de multiples sociétés au prix du marché. L’affaire de Thủ Thiêm, longtemps balayée par le pouvoir, est revenue sur le tapis des media depuis septembre 2018, pas tellement parce que la justice enfin se réveille, mais parce qu’elle sert d’arme contre les partisans de Nguyễn Tấn Dũng dans les mains du Président-Secrétaire général Nguyễn Phú Trọng dans sa politique d’épuration du Parti.

S’est donc constitué à Hanoï un rassemblement permanent de dân oan originaires de tous les coins du pays dans le parc Mai Xuân Thưởng – Lý Tự Trọng, venus manifester ou supplier les plus hautes autorités de se pencher sur leur cas. De temps en temps chassés par la police, ils reviennent y camper et ceux qui repartent fatigués et déçus sont vite remplacés par de nouveaux venus gonflés d’espoir. Touristes qui visitez Hanoï, allez- y faire un tour pour juger de l’état où sont tombés des citoyens victimes d’un pouvoir mafieux dont certains étaient et veulent rester les soutiens.

Car beaucoup de dân oan demeurent (pour un temps au moins) fidèles au Parti malgré leurs déboires, s’habillent de maillot rouge à l’étoile jaune (couleurs du drapeau communiste vietnamien), appellent au secours le Parti et l’oncle Hồ sur leur pancarte et banderole, écrivent supplique sur supplique aux dirigeants, sollicitent en vain une entrevue avec le chef du Parti Nguyễn Phú Trọng ou à la rigueur un de ses ministres (de la police, de la justice ou du plan). De voir et d’entendre sur les clips montrés sur le Net certains de ces fanatiques devenus victimes protester contre l’expropriation en se prévalant de leurs dizaines d’années au service du parti ou dans l’armée populaire, brandissant médailles et certificats de félicitation comme preuves, on ne sait s’il faut en rire ou pleurer, surtout quand le terrain en question leur a été distribué par le Parti après spoliation des « mauvais éléments ».

Dans le phénomène des dân oan se manifeste un terrorisme d’Etat devenu tellement fou et dégénéré qu’il dévore ses propres enfants. Il mobilise contre ses citoyens démunis non seulement police à pied, police motorisée et armée, mais aussi voyous de tout acabit, et la brutalité de ses serviteurs zélés dépasse tout commentaire : on les voit sur des clips et photos volés (l’interdiction de les photographier est plus rigoureusement appliquée depuis la manifestation générale du 10/6/2018) violenter femmes et enfants suppliants, et même un vieillard qui les implore à genoux, toute résistance à l’expulsion étant suivie de tabassage et d’arrestation. Si l’affaire de Lộc Hưng choque tellement, c’est parce que l’opération a eu lieu sur une grande échelle, dans la plus grande ville du pays, au vu et au su de possibles touristes étrangers.

L’existence des dân oan, quoique scandaleuse, n’émeut au Vietnam qu’une minorité des autres citoyens, habitués aux exactions arbitraires des autorités. Les dân oan eux-mêmes, avant de le devenir, n’étaient-ils pas indifférents envers les autres expropriés, surtout quand ce sont des réactionnaires que certains pensent même mériter leur sort ? Obligés de réfléchir à leur malheur et grâce à l’action de contre-propagande sur internet, la quasi-totalité a fini par comprendre que leur bourreau-ennemi est le pouvoir communiste vietnamien dont l’instrument est en dernière analyse l’article 4 de la loi foncière (lequel ne fait que répéter les articles 53 et 54 de la Constitution de 2013) : « La terre appartient au peuple entier dont l’Etat est le représentant pour la possession et la gestion unitaire », article qui permet aux dirigeants de ne reconnaître aux citoyens que le droit d’utilisation de la terre, droit révocable à volonté par eux-mêmes au nom de l’Etat. Pour que cesse le phénomène des dân oan, destiné à se développer avec le temps, doit être renversé le régime communiste ou tout au moins doivent être retirés les articles cités.  

Le Vietnam prêt pour l’invasion des troupes chinoises facilitée grâce à la traîtrise du pouvoir de Hanoï


Nous donnons ci-dessous la traduction d’un témoignage concret sur la situation catastrophique du Vietnam (catastrophique bien entendu pour seulement le peuple vietnamien, tétanisé par les mensonges et la répression). Pour comprendre les faits, il faut savoir que la collusion de Hanoï et Pékin pour une annexion en douceur du Vietnam n’écarte pas par prudence de la part de Pékin une intervention militaire. Car, fort de l’expérience des anciennes guerres avec le Vietnam, en particulier celle de 1979-89, et déterminé à garder définitivement le Vietnam dans le giron de la Chine, Pékin veut empêcher tout revirement ou rébellion en préparant la voie à une rapide et facile invasion militaire avec la complicité des vendus de Hanoï.

Cet article ne parle que d’une éventuelle invasion chinoise par la voie maritime. Il faut savoir que la situation est pire à la frontière terrestre grandement ouverte depuis une vingtaine d’années à tous les Chinois civils et militaires, et surtout à tous les produits mortels dont ils inondent le marché vietnamien

Le territoire vietnamien tout entier est arrangé pour tomber aux mains de la Chine

 (article de Phan Châu Thành publié dans Dân làm báo et repris dans STBN le 8/4/2018 – https://www.sbtn.tv/toan )

Photo d’une réunion de militaires vietnamiens et chinois. Sans les drapeaux indicatifs, qui peut les distinguer?

J’ai un ancien condisciple actuellement général dans la marine vietnamienne auquel j’avais demandé lors d’un repas entre copains il y a quelques années à Hanoï :

« Si aujourd’hui la Chine nous attaque par la voie maritime, combien de temps résistera ton armée ? » « Pas tout à fait trois jours », dit-il en riant.

« Pourquoi mourrez-vous si vite ? » m’étonnai-je.  Il rit de nouveau : « Il ne s’agit pas de mourir, mais de s’enfuir. En ces temps personne n’est assez sot pour mourir pour un autre ».

« Tu parles des soldats ou de vous autres les officiers ? »

« Des deux, mais les officiers sont les premiers à s’enfuir, ensuite seulement les soldats. Les soldats n’osent pas s’enfuir les premiers, ils se cachent seulement d’abord. Ce sont les officiers qui s’enfuient. »

Je m’inquiétai : « Pourquoi donc ? Les officiers n’ont-ils pas un mental plus élevé et ne doivent-ils pas donner l’exemple aux soldats ? »

« Si, mais les officiers savent qu’ils mentent du tout au tout et voient que leurs supérieurs mentent aussi du tout au tout, et chacun sait que la mort c’est à lui de la subir, alors que la victoire appartient aux chefs, quelle idiotie serait-ce de mourir en ce cas ! »

Nous rîmes de concert, considérant cette conversation comme une plaisanterie, étant donné que mon ami qui travaille à l’Etat-Major à Hanoï n’a pas à aller au combat. Mais il n’avait pas nécessairement plaisanté avec moi, car la plupart de ce qu’il me dit est vrai. C’est pourquoi je ne peux oublier [cette conversation].

Une autre fois, il y a environ un semestre, dans le train de nuit Saigon – Nha Trang, j’étais allongé à côté d’un jeune soldat revenant de permission à Cam Ranh. Je l’interrogeai sur la vie des soldats en service en ces lieux, et il me répondit sincèrement :

« Je ne suis conscrit que depuis quelques mois ; grâce au « concours » d’une connaissance je n’ai pas dû partir pour un poste lointain ou pour les îles [des Spratly], j’ai dû partir seulement pour Cam Ranh ; j’ai des permissions régulières, et si je sais offrir des cadeaux aux officiers je pourrai prolonger mes périodes de permission… »

« Les officiers ont-ils aussi des permissions régulières ? »

« Nos officiers sont tous des officiers de carrière, leurs familles habitent en permanence à Cam Ranh et Nha Trang, ils n’ont pas besoin de permission et peuvent rentrer chez eux quand ils le veulent, ils sont très heureux ! »

« Prennent-ils les repas avec vous ? »

« Non, ils ont des standards à eux, beaucoup plus élevés que ceux de nous autres les soldats ! Ils mangent séparément. »

« Quels sont donc les standards des soldats ? »

« Nous percevons 35.000 đồng [ environ 1,5 USD] par jour. C’est beaucoup, oncle, parce que nous vivons près du Commandement de la Région. Mes copains qui tiennent garnison au loin se plaignent énormément, ils n’ont que 28.000 đồng [1,2 USD] »

« Pourquoi seulement 28.000 ? » Je calcule mentalement, le cœur serré : mes soldats (mes ouvriers et ingénieurs) au chantier du port de Vân Phong peuvent manger pour 80.000 đồng [3,2 USD]/jour ces dernières années, somme augmentée l’année-ci pour s’élever à 100.000 [4,35 USD]/jour à cause de la hausse des prix, pourtant je m’apitoie de les voir souffrir, maigrir et brunir, je les oblige à se forcer à manger et m’inquiète de les voir quitter le chantier pour revenir à Saïgon, cependant que nos soldats …

Je m’égare encore hors de mon sujet. Mon idée est que, rien qu’en matière des repas, nos soldats manquent déjà de force combattante, sans parler de l’esprit combatif et de la confiance envers les gradés.

Revenons maintenant au sujet principal, la défense du territoire. Permettez-moi de raconter une troisième histoire. Il y a quelques mois, nous avons organisé un voyage de groupe de tourisme et d’exploration à l’extrême est continental de notre pays dans le but de vivre une journée au point méridien le plus proche des Paracels et Spratly.

Y aller est très difficile par la route ; nous ne soupçonnions pas que tout un secteur d’une vaste presqu’île avec un littoral de plusieurs dizaines de kilomètres ne comporte aucun habitant (ils ont été tous chassés) mais seulement un poste de frontière près du point extrême-oriental à l’abandon du fait que l’unité a été déplacée pour se rapprocher de la route nationale n°1, cependant que de larges routes construites pour le joindre du temps du « grand projet » de Vinalines sont désertées sans l’ombre d’un humain. Après renseignement, nous sûmes que c’est le sort d’une série de postes de frontière situés sur le littoral et les presqu’îles du nord et du sud de Vân Phong (dépendant de Khánh Hòa et Tuy Hòa) : Ces unités se sont retirées pour aller vivre parmi la population et la contrôler, sans surveiller la mer. De centaines de kilomètres du littoral sont laissés sans garde, mais avec de larges routes rejoignant la route nationale… Autrefois, elles y étaient postées pour seulement attraper ceux qui voulaient quitter le pays [boat-people]… Les gardes de frontière vietnamiens ne pointent pas leurs fusils vers la mer mais les tournent contre le peuple !

Quatrième histoire :  Notre unité participe à beaucoup de grands ouvrages le long du littoral du Centre, afin d’assembler des équipements techniques modernes (rarement des produits chinois). De Dung Quất à Vũng Áng, Vân Phong… Mais partout nous voyons des chinois participer aux appels d’offres et les remporter pour réaliser la partie ponts et ports. Ils ne s’intéressent qu’à cela et mettent n’importe quel prix pour se faire confier ces travaux quoique nombre d’entrepreneurs vietnamiens peuvent les réaliser, mais ces derniers doivent tirer la langue parce que le prix proposé par les Chinois est trop bas…Ensuite, toujours, ces derniers enclosent toute une région maritime et tout un long littoral, empêchant les autres d’y accéder afin d’y réaliser les travaux des années entières.

Et souvent ces Chinois traînent les projets sans que personne puisse agir contre eux. Lorsque les travaux sont finis, alors seulement nous y allons assembler les équipements et personne ne sait ce qui peut être enfermé en dessous et à l’intérieur des blocs de béton des ponts et ports. Nous plaisantons souvent entre nous : le premier jour où la Chine attaque le Vietnam, ils feront sauter tous les ponts et ports d’une valeur de dizaines à de centaines millions de dollars (pouvant accueillir des bateaux de 150.000 à 300.000 dwt)… ou alors ils en prendront le contrôle pour en faire des super-points  de débarquement militaire à Dung Quất, Vân Phong, Vũng Áng et bien d’autres endroits au nord et au sud, particulièrement à Kiên Giang prêt aussi à cet effet.

Cinquième histoire : Je rentre du village natal de ma mère à Quảng Ninh ; à Hạ Long je rencontre quelques vieux amis, parmi lesquels un gros ponte spécialisé dans le nivelage de terrain et le remplissage de la mer pour vendre la plate-forme, riche à ne pas savoir où mettre son argent, qui se vante toujours de posséder une escouade de bulldozers archi-nombreuse ayant détruit on ne sait combien de collines et montagnes, rempli on ne sait combien de bord de baies de corail et de mangroves pour les vendre sur papier, depuis Quảng Yên à Hải Hà… Le voyant, je lui dis :

« Ton crime de destruction de l’environnement de la baie d’Along et de la plage de Tử Long mérite la fusillade ! »

Il ricane : « C’est difficile de me fusiller ! Tu dois d’abord fusiller tous les secrétaires, présidents et vice-présidents de la province et des districts de cette province de Quảng Ninh ! » Puis il entoure l’épaule de son voisin : « Eh, celui-ci aussi, qui est directeur du service des ressources et de l’environnement … » Je grimace et pense : C’est vrai, si je veux protéger l’environnement de la baie de Hạ Long et de la plage de Tử Long que je chéris, je dois fusiller presque tous mes anciens condisciples, parce qu’ils pullulent aux postes officiels de cette province natale de ma mère…

Je décrète ensuite : « Tu es encore coupable d’un autre crime ! Tu as amené tes bulldozers jusqu’à Tiên Yên et Ba Chẽ (deux districts frontaliers montagneux) pour y construire des routes descendant de la frontière pour que les Chinetoques puissent venir nous attaquer de nouveau. Lors de la dernière attaque, il n’y avait pas de route descendante et nos miliciens ont pu les arrêter. Cette fois-ci, il suffit de quelques heures pour que leurs voitures roulent jusqu’à Hạ Long ; de plus il y a le pont de Bãi Chấy. Vos mérites [envers la Chine] sont trop grands ! »

Le gros ponte se dégonfle nettement et murmure : « Qu’ils niquent leur mère les Chinetoques ! Ils ne veulent plus me payer mon travail ! Cela fait trop mal !  (Il injurie là les entreprises taïwanaises qui ont la concession des forêts pour 50 ans et l’ont engagé pour construire des routes permettant de monter « planter des bois ». Une fois les routes montant jusqu’aux sommets des montagnes terminées, elles n’ont payé ni pour son travail ni naturellement pour les bois).

Une dernière histoire : J’ai emmené tout récemment mon fils en visite sur les Hauts plateaux (Tây Nguyên), pour qu’il puisse connaître cette région. Certains tronçons de route passant par la piste Hồ Chí Minh venant d’être construits en grand mais étant extrêmement déserts, l’enfant me demande étonné : « Papa, pourquoi construisons-nous de grandes, belles et longues routes si personne ne l’emprunte, c’est pour quoi faire alors ? » Je soupire, amer : « Je donne ma langue au chat ! » Je ne peux quand même pas donner ma réelle opinion : « J’ai peur que l’on construise les routes pour que lorsque les Chinois attaqueront le Vietnam, ils pourront facilement s’emparer des Hauts plateaux et en prendre le contrôle puis s’emparer et prendre le contrôle de tout ce pays.

De retour de ce voyage sur les Hauts plateaux, je plaisante avec mon fils : « Fiston, apprends bien l’anglais pour aller étudier à l’étranger puis reste-s-y, comme c’est pour ta sœur. Sinon, apprends le chinois ! Notre pays va changer de langue nationale ! »

Oui, c’est ce que je pense. Le Vietnamien, le pouvoir vietnamien actuel a préparé le terrain et toutes les portes d’entrée dans le territoire pour que les Chinois l’envahissent le plus facilement possible. Le moral de l’armée et sa force combative sont déjà très déficients, sur-le-qui-vive elle … tourne les fusils sur le peuple. Les combattants chinois peuvent venir l’esprit tranquille !…

Ce pays semble avoir reçu des directives pour une douce passation de pouvoir en vue de son annexion à la Chine.

Reste un seul point : Notre peuple Việt consent-t-il à cela ?

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