SOS Vietnam

STOP à son annexion génocidaire par la Chine Communiste

Auteur : SOS Vietnam Page 1 of 4

La prolifération des « Dân oan » (peuple victime d’injustice) ou expropriés indûment sans compensation convenable, spécificité inédite du régime communiste vietnamien


La non-reconnaissance de la propriété individuelle, en particulier foncière, un des principes fondateurs du communisme, est devenue, avec l’accession des communistes au pouvoir, une justification commode pour les pillages en vue d’enrichissement personnel des apparatchiks ainsi qu’une épée de Damoclès pour tous les citoyens menacés de perdre tous leurs biens du jour au lendemain.

Au Vietnam, l’habitude des expropriations qui commençait avec celle des ennemis du pouvoir (bourgeois, réactionnaires, partisans de l’ancienne république du Sud) pour des raisons surtout politiques s’est développée depuis l’ouverture du pays au capitalisme en s’exerçant sur de simples citoyens pour cause officielle de développement économique. Tout projet d’urbanisme, d’industrialisation … nécessitant l’utilisation d’un terrain donne lieu aussitôt au déplacement de la population qui y vit, parfois depuis plusieurs générations, d’ordinaire sans concertation ni ménagement ; et les familles chassées de leurs maisons et de leurs terres sont déjà bien chanceuses si on leur procure en retour un lopin bien plus petit et plus ingrat pour s’y reloger ; quant au dédommagement matériel, elles doivent s’estimer contentes s’il se monte à la somme fixée légalement, toujours beaucoup plus faible que le prix du marché.

Depuis une dizaine d’années, le rythme d’expropriation s’intensifie avec l’expansionnisme chinois : Non seulement la Chine se fait céder par le Vietnam de plus en plus de terres pour ses usines et son personnel, les citoyens chinois poussés par leur gouvernement à s’installer en masse au Vietnam, y  achètent à tour de bras de l’immobilier, opération qu’ils peuvent payer avec de la monnaie de singe – les billets de banque vietnamiens étant imprimés par la Chine qui ne se gêne pas pour inonder le pays en faux vrais billets – excepté une commission en dollars pour les cadres corrompus.

En théorie, la loi vietnamienne interdit aux étrangers d’acquérir des biens fonciers. Pour les aider à contourner la loi, cadres et dirigeants corrompus ferment les yeux sur la pratique des prête-nom vietnamiens puis trouvent une faille de la loi pour permettre auxdits prête-nom, après avoir converti la maison ou le terrain en part d’actions d’une entreprise conjointe bidon avec le vrai acheteur chinois, de céder cette part à leur partenaire qui devient alors propriétaire à 100% de l’entreprise et donc du bien immobilier en question (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/in_depth/does-china-hidden-undercover-vietnam-companies-to-grab-lands-and-property-11022018160101.html ) ; et les autorités ont même sorti une disposition en vigueur depuis 2015 permettant aux promoteurs immobiliers de vendre 30/% de leur immeuble aux étrangers, ouverture dans laquelle les Chinois se sont aussitôt engouffrés, d’autant plus que le prix de l’immobilier au Vietnam est, au maximum à 6000 USD/m2, de 14% moins cher qu’à Hong Kong et 18% qu’à Singapour. En 2018, après avoir investi les diverses localités du nord et du centre du Vietnam, les nouveaux colonisateurs chinois se ruent vers le sud, marquant de leur présence agressive toutes les grandes villes du delta, et détenant 31% (contre 24% des acheteurs vietnamiens) des appartements mis en vente à Saïgon pendant les 9 premiers mois de 2018. Ce chiffre, donné par la société de conseil en immobilier d’entreprise CBRE, ne compte que les Chinois du continent, si on y ajoute les Chinois de Hong Kong, le pourcentage se monte à 41% (cf. https://dantri.com.vn/su-kien/nguoi-trung-quoc-mua-nha-dat-tang-cao-lo-ngai-nhat-la-viec-dung-ten-ho-201812180643279.htm ).

La revente aux Chinois des terrains confisqués via des sociétés bidons ou complices puis des promoteurs immobiliers s’est avérée tellement lucrative que tous les détenteurs d’autorité, même au niveau des communes, se mettent à rendre des arrêtés d’expropriation de leurs administrés vivant sur des sites convoités, à l’encontre de la loi qui ne concède ce droit qu’aux chefs de province au moins. Et avec l’accélération des expropriations s’allonge la cohorte des dân oan dont l’union, si elle se réalise, ébranlera sûrement le régime, vu leur nombre qui atteint des centaines de mille, voire des millions. Dernièrement, les 4-8/1/2018, la destruction et le rasage des habitations et jardins de 200 familles sis sur 4,8 ha dans le quartier de Lộc Hưng dans le 6e arrondissement de Saïgon, sous un faux prétexte, sans préavis et donc sans possibilité pour les concernés de mettre en sécurité leurs pauvres biens matériels, et dans la plus grande brutalité, a suscité une vive émotion internationale, d’autant plus que les victimes sont toutes chrétiennes avec lesquelles l’Occident chrétien se sent en empathie. Devant la réprobation générale, les autorités de la ville et de l’arrondissement, embarrassées, promettent une indemnisation plus substantielle que pour d’autres (7 millions de đồng ou environ 43,5 USD au lieu de 2 millions le m2) cependant toujours bien plus basse que le prix du marché (40 – 50 USD/m2).

Photo des nouveaux dân oan dans le quartier de Lộc Hưng, tirée de
https://baotiengdan.com/2019/01/08/ban-tin-ngay-8-1-2019/

Dans un petit pays à forte densité de population (160 personnes/km2 en moyenne) trouver de l’espace pour y construire usines, logements… n’est pas facile car immanquablement il faudra sacrifier forêts, terres cultivées et habitations : avant de trancher, la moindre des choses qu’un gouvernement doit faire est d’étudier sérieusement la faisabilité du projet, de peser les avantages et les inconvénients de l’implantation, tout comme ses conséquences sur les habitants et leur environnement. Malheureusement au Vietnam, les dirigeants ne se fient qu’à leur tête ou leurs intérêts (dont fait partie leur sujétion à Pékin) faisant fi de l’avis des experts et de l’opinion ; souvent même leur décision se prend dans le plus grand secret, la population n’étant informée qu’au moment du fait accompli comme l’est le cas de la concession du territoire de Vân Đồn à la Chine.

C’est ainsi que sans tenir compte des dommages causés au pays et à la population, le pouvoir vietnamien a procédé depuis une vingtaine d’années à des confiscations de centaines de milliers d’hectares de terrain et à des milliers d’expropriations musclées. Les indemnisations, quand elles ont lieu (dans les coins reculés les exactions sont nombreuses), sont dérisoires, nettement inférieures à la valeur du bien perdu – bien souvent précieux, acquis depuis plusieurs générations -, ne permettant pas à l’exproprié de racheter un bien équivalent ni même convenable. Si la terre ou l’habitation était leur seul bien ou leur unique instrument de travail (cas des paysans et boutiquiers), les dépossédés se retrouvent brusquement sans toit, sans travail et par suite sans ressources.

Devant les sombres perspectives d’une vie de sans abri décent, ces dân oan s’accrochent et en viennent aux pires extrémités contre les autres ou eux-mêmes. L’année 2018 a été marquée par deux cas de ce genre : Le 18/4/2018, Đỗ Thị Lăng, une habitante du quartier de Đống Đa (Quy Nhơn), s’est enfermée dans sa chambre pour s’immoler par le feu à l’arrivée des forces de l’ordre venues raser sa maison, mais a pu heureusement être sauvée à temps (pour avoir une idée, voir ce clip daté du 24/12/2015 d’un autre cas d’immolation par le feu d’une dân oan désespérée https://www.youtube.com/watch?v=5pQwU1rYFBo ) ; le 12/7/2018 a été condamné à mort Đặng Văn Hiến, un ex-militaire devenu paysan coupable d’avoir tué au fusil le 23/10/2016 trois employés de la société Long Sơn, bénéficiaire d’une concession de terrain comprenant ses champs, venus en force avec les sbires de ladite société détruire ses plantations et le déloger.

Leur famille décimée par la misère qui pousse leurs membres à se séparer pour une recherche plus aisée d’un moyen de vivre (les hommes sont souvent poussés à émigrer, laissant leurs femmes s’occuper seules des enfants), ces expropriés sont condamnés à mener une vie de squatters sans domicile fixe, vivant de petits trafics souvent avec l’aide leurs jeunes enfants déscolarisés que l’on voit dans tous les quartiers animés se démener pour vendre des billets de loterie. Avec la meilleure intention du monde, comment pourraient-ils envoyer leurs enfants à l’école quand l’instruction au Vietnam n’est plus publique mais payante, même l’enseignement primaire, pourtant censé gratuit, étant grevé de multiples frais fantaisistes mais obligatoires ?

Les nouvelles victimes d’expropriation (celles d’après 1990), parce qu’elles se sentent innocentes et injustement traitées, à la différence des anciens expropriés tout de même coupables de faire partie des réactionnaires honnis du régime, se dénomment « dân oan » c’est-à-dire peuple victime d’injustice. Si la majorité d’entre elles est révoltée, perd sa confiance dans le régime et en vient à rejoindre les opposants, un bon nombre reste persuadé de la justesse du Parti et, amené par la propagande à imputer les défauts du régime seulement à l’action individuelle des cadres corrompus, s’obstine à réclamer justice auprès du pouvoir central, certains depuis près de vingt ans.

Ces derniers plaignants, si opiniâtres, constituent une fraction des 60.000 personnes, membres de 15.000 familles expulsées manu militari entre 1996 et 2008 puis entre 2009 et 2018 des 650 ha du quartier « d’or » de Thủ Thiêm dans le 2e arrondissement de Saïgon, pour cause de rénovation urbaine : en fait d’urbanisme, depuis près de 20 ans le terrain dégagé demeure à l’état d’abandon, à part une route à 4 embranchements de 11,8 km dont la réalisation est confiée à trois entreprises conjointes (Vietnam-Chine), laquelle reste toujours inachevée au bout de 5 ans, malgré son coût exorbitant (12.000 milliards VND ou environ 516 millions USD, soit environ 43 millions USD/km, à comparer aux 6,2 millions €/km d’autoroute en France) qui en fait la route la plus chère de la planète. Pendant que la majorité des expropriés, non relogée selon les promesses de la ville, mal indemnisée et donc incapable de se payer un nouveau logement correct, végète dans l’amertume, les édiles et leurs complices se partagent une manne de plusieurs milliards USD (6 selon certains calculs) provenant de la différence entre le montant total de l’indemnisation et le prix de la vente du terrain confisqué à de multiples sociétés au prix du marché. L’affaire de Thủ Thiêm, longtemps balayée par le pouvoir, est revenue sur le tapis des media depuis septembre 2018, pas tellement parce que la justice enfin se réveille, mais parce qu’elle sert d’arme contre les partisans de Nguyễn Tấn Dũng dans les mains du Président-Secrétaire général Nguyễn Phú Trọng dans sa politique d’épuration du Parti.

S’est donc constitué à Hanoï un rassemblement permanent de dân oan originaires de tous les coins du pays dans le parc Mai Xuân Thưởng – Lý Tự Trọng, venus manifester ou supplier les plus hautes autorités de se pencher sur leur cas. De temps en temps chassés par la police, ils reviennent y camper et ceux qui repartent fatigués et déçus sont vite remplacés par de nouveaux venus gonflés d’espoir. Touristes qui visitez Hanoï, allez- y faire un tour pour juger de l’état où sont tombés des citoyens victimes d’un pouvoir mafieux dont certains étaient et veulent rester les soutiens.

Car beaucoup de dân oan demeurent (pour un temps au moins) fidèles au Parti malgré leurs déboires, s’habillent de maillot rouge à l’étoile jaune (couleurs du drapeau communiste vietnamien), appellent au secours le Parti et l’oncle Hồ sur leur pancarte et banderole, écrivent supplique sur supplique aux dirigeants, sollicitent en vain une entrevue avec le chef du Parti Nguyễn Phú Trọng ou à la rigueur un de ses ministres (de la police, de la justice ou du plan). De voir et d’entendre sur les clips montrés sur le Net certains de ces fanatiques devenus victimes protester contre l’expropriation en se prévalant de leurs dizaines d’années au service du parti ou dans l’armée populaire, brandissant médailles et certificats de félicitation comme preuves, on ne sait s’il faut en rire ou pleurer, surtout quand le terrain en question leur a été distribué par le Parti après spoliation des « mauvais éléments ».

Dans le phénomène des dân oan se manifeste un terrorisme d’Etat devenu tellement fou et dégénéré qu’il dévore ses propres enfants. Il mobilise contre ses citoyens démunis non seulement police à pied, police motorisée et armée, mais aussi voyous de tout acabit, et la brutalité de ses serviteurs zélés dépasse tout commentaire : on les voit sur des clips et photos volés (l’interdiction de les photographier est plus rigoureusement appliquée depuis la manifestation générale du 10/6/2018) violenter femmes et enfants suppliants, et même un vieillard qui les implore à genoux, toute résistance à l’expulsion étant suivie de tabassage et d’arrestation. Si l’affaire de Lộc Hưng choque tellement, c’est parce que l’opération a eu lieu sur une grande échelle, dans la plus grande ville du pays, au vu et au su de possibles touristes étrangers.

L’existence des dân oan, quoique scandaleuse, n’émeut au Vietnam qu’une minorité des autres citoyens, habitués aux exactions arbitraires des autorités. Les dân oan eux-mêmes, avant de le devenir, n’étaient-ils pas indifférents envers les autres expropriés, surtout quand ce sont des réactionnaires que certains pensent même mériter leur sort ? Obligés de réfléchir à leur malheur et grâce à l’action de contre-propagande sur internet, la quasi-totalité a fini par comprendre que leur bourreau-ennemi est le pouvoir communiste vietnamien dont l’instrument est en dernière analyse l’article 4 de la loi foncière (lequel ne fait que répéter les articles 53 et 54 de la Constitution de 2013) : « La terre appartient au peuple entier dont l’Etat est le représentant pour la possession et la gestion unitaire », article qui permet aux dirigeants de ne reconnaître aux citoyens que le droit d’utilisation de la terre, droit révocable à volonté par eux-mêmes au nom de l’Etat. Pour que cesse le phénomène des dân oan, destiné à se développer avec le temps, doit être renversé le régime communiste ou tout au moins doivent être retirés les articles cités.  

Le Vietnam prêt pour l’invasion des troupes chinoises facilitée grâce à la traîtrise du pouvoir de Hanoï


Nous donnons ci-dessous la traduction d’un témoignage concret sur la situation catastrophique du Vietnam (catastrophique bien entendu pour seulement le peuple vietnamien, tétanisé par les mensonges et la répression). Pour comprendre les faits, il faut savoir que la collusion de Hanoï et Pékin pour une annexion en douceur du Vietnam n’écarte pas par prudence de la part de Pékin une intervention militaire. Car, fort de l’expérience des anciennes guerres avec le Vietnam, en particulier celle de 1979-89, et déterminé à garder définitivement le Vietnam dans le giron de la Chine, Pékin veut empêcher tout revirement ou rébellion en préparant la voie à une rapide et facile invasion militaire avec la complicité des vendus de Hanoï.

Cet article ne parle que d’une éventuelle invasion chinoise par la voie maritime. Il faut savoir que la situation est pire à la frontière terrestre grandement ouverte depuis une vingtaine d’années à tous les Chinois civils et militaires, et surtout à tous les produits mortels dont ils inondent le marché vietnamien

Le territoire vietnamien tout entier est arrangé pour tomber aux mains de la Chine

 (article de Phan Châu Thành publié dans Dân làm báo et repris dans STBN le 8/4/2018 – https://www.sbtn.tv/toan )

Photo d’une réunion de militaires vietnamiens et chinois. Sans les drapeaux indicatifs, qui peut les distinguer?

J’ai un ancien condisciple actuellement général dans la marine vietnamienne auquel j’avais demandé lors d’un repas entre copains il y a quelques années à Hanoï :

« Si aujourd’hui la Chine nous attaque par la voie maritime, combien de temps résistera ton armée ? » « Pas tout à fait trois jours », dit-il en riant.

« Pourquoi mourrez-vous si vite ? » m’étonnai-je.  Il rit de nouveau : « Il ne s’agit pas de mourir, mais de s’enfuir. En ces temps personne n’est assez sot pour mourir pour un autre ».

« Tu parles des soldats ou de vous autres les officiers ? »

« Des deux, mais les officiers sont les premiers à s’enfuir, ensuite seulement les soldats. Les soldats n’osent pas s’enfuir les premiers, ils se cachent seulement d’abord. Ce sont les officiers qui s’enfuient. »

Je m’inquiétai : « Pourquoi donc ? Les officiers n’ont-ils pas un mental plus élevé et ne doivent-ils pas donner l’exemple aux soldats ? »

« Si, mais les officiers savent qu’ils mentent du tout au tout et voient que leurs supérieurs mentent aussi du tout au tout, et chacun sait que la mort c’est à lui de la subir, alors que la victoire appartient aux chefs, quelle idiotie serait-ce de mourir en ce cas ! »

Nous rîmes de concert, considérant cette conversation comme une plaisanterie, étant donné que mon ami qui travaille à l’Etat-Major à Hanoï n’a pas à aller au combat. Mais il n’avait pas nécessairement plaisanté avec moi, car la plupart de ce qu’il me dit est vrai. C’est pourquoi je ne peux oublier [cette conversation].

Une autre fois, il y a environ un semestre, dans le train de nuit Saigon – Nha Trang, j’étais allongé à côté d’un jeune soldat revenant de permission à Cam Ranh. Je l’interrogeai sur la vie des soldats en service en ces lieux, et il me répondit sincèrement :

« Je ne suis conscrit que depuis quelques mois ; grâce au « concours » d’une connaissance je n’ai pas dû partir pour un poste lointain ou pour les îles [des Spratly], j’ai dû partir seulement pour Cam Ranh ; j’ai des permissions régulières, et si je sais offrir des cadeaux aux officiers je pourrai prolonger mes périodes de permission… »

« Les officiers ont-ils aussi des permissions régulières ? »

« Nos officiers sont tous des officiers de carrière, leurs familles habitent en permanence à Cam Ranh et Nha Trang, ils n’ont pas besoin de permission et peuvent rentrer chez eux quand ils le veulent, ils sont très heureux ! »

« Prennent-ils les repas avec vous ? »

« Non, ils ont des standards à eux, beaucoup plus élevés que ceux de nous autres les soldats ! Ils mangent séparément. »

« Quels sont donc les standards des soldats ? »

« Nous percevons 35.000 đồng [ environ 1,5 USD] par jour. C’est beaucoup, oncle, parce que nous vivons près du Commandement de la Région. Mes copains qui tiennent garnison au loin se plaignent énormément, ils n’ont que 28.000 đồng [1,2 USD] »

« Pourquoi seulement 28.000 ? » Je calcule mentalement, le cœur serré : mes soldats (mes ouvriers et ingénieurs) au chantier du port de Vân Phong peuvent manger pour 80.000 đồng [3,2 USD]/jour ces dernières années, somme augmentée l’année-ci pour s’élever à 100.000 [4,35 USD]/jour à cause de la hausse des prix, pourtant je m’apitoie de les voir souffrir, maigrir et brunir, je les oblige à se forcer à manger et m’inquiète de les voir quitter le chantier pour revenir à Saïgon, cependant que nos soldats …

Je m’égare encore hors de mon sujet. Mon idée est que, rien qu’en matière des repas, nos soldats manquent déjà de force combattante, sans parler de l’esprit combatif et de la confiance envers les gradés.

Revenons maintenant au sujet principal, la défense du territoire. Permettez-moi de raconter une troisième histoire. Il y a quelques mois, nous avons organisé un voyage de groupe de tourisme et d’exploration à l’extrême est continental de notre pays dans le but de vivre une journée au point méridien le plus proche des Paracels et Spratly.

Y aller est très difficile par la route ; nous ne soupçonnions pas que tout un secteur d’une vaste presqu’île avec un littoral de plusieurs dizaines de kilomètres ne comporte aucun habitant (ils ont été tous chassés) mais seulement un poste de frontière près du point extrême-oriental à l’abandon du fait que l’unité a été déplacée pour se rapprocher de la route nationale n°1, cependant que de larges routes construites pour le joindre du temps du « grand projet » de Vinalines sont désertées sans l’ombre d’un humain. Après renseignement, nous sûmes que c’est le sort d’une série de postes de frontière situés sur le littoral et les presqu’îles du nord et du sud de Vân Phong (dépendant de Khánh Hòa et Tuy Hòa) : Ces unités se sont retirées pour aller vivre parmi la population et la contrôler, sans surveiller la mer. De centaines de kilomètres du littoral sont laissés sans garde, mais avec de larges routes rejoignant la route nationale… Autrefois, elles y étaient postées pour seulement attraper ceux qui voulaient quitter le pays [boat-people]… Les gardes de frontière vietnamiens ne pointent pas leurs fusils vers la mer mais les tournent contre le peuple !

Quatrième histoire :  Notre unité participe à beaucoup de grands ouvrages le long du littoral du Centre, afin d’assembler des équipements techniques modernes (rarement des produits chinois). De Dung Quất à Vũng Áng, Vân Phong… Mais partout nous voyons des chinois participer aux appels d’offres et les remporter pour réaliser la partie ponts et ports. Ils ne s’intéressent qu’à cela et mettent n’importe quel prix pour se faire confier ces travaux quoique nombre d’entrepreneurs vietnamiens peuvent les réaliser, mais ces derniers doivent tirer la langue parce que le prix proposé par les Chinois est trop bas…Ensuite, toujours, ces derniers enclosent toute une région maritime et tout un long littoral, empêchant les autres d’y accéder afin d’y réaliser les travaux des années entières.

Et souvent ces Chinois traînent les projets sans que personne puisse agir contre eux. Lorsque les travaux sont finis, alors seulement nous y allons assembler les équipements et personne ne sait ce qui peut être enfermé en dessous et à l’intérieur des blocs de béton des ponts et ports. Nous plaisantons souvent entre nous : le premier jour où la Chine attaque le Vietnam, ils feront sauter tous les ponts et ports d’une valeur de dizaines à de centaines millions de dollars (pouvant accueillir des bateaux de 150.000 à 300.000 dwt)… ou alors ils en prendront le contrôle pour en faire des super-points  de débarquement militaire à Dung Quất, Vân Phong, Vũng Áng et bien d’autres endroits au nord et au sud, particulièrement à Kiên Giang prêt aussi à cet effet.

Cinquième histoire : Je rentre du village natal de ma mère à Quảng Ninh ; à Hạ Long je rencontre quelques vieux amis, parmi lesquels un gros ponte spécialisé dans le nivelage de terrain et le remplissage de la mer pour vendre la plate-forme, riche à ne pas savoir où mettre son argent, qui se vante toujours de posséder une escouade de bulldozers archi-nombreuse ayant détruit on ne sait combien de collines et montagnes, rempli on ne sait combien de bord de baies de corail et de mangroves pour les vendre sur papier, depuis Quảng Yên à Hải Hà… Le voyant, je lui dis :

« Ton crime de destruction de l’environnement de la baie d’Along et de la plage de Tử Long mérite la fusillade ! »

Il ricane : « C’est difficile de me fusiller ! Tu dois d’abord fusiller tous les secrétaires, présidents et vice-présidents de la province et des districts de cette province de Quảng Ninh ! » Puis il entoure l’épaule de son voisin : « Eh, celui-ci aussi, qui est directeur du service des ressources et de l’environnement … » Je grimace et pense : C’est vrai, si je veux protéger l’environnement de la baie de Hạ Long et de la plage de Tử Long que je chéris, je dois fusiller presque tous mes anciens condisciples, parce qu’ils pullulent aux postes officiels de cette province natale de ma mère…

Je décrète ensuite : « Tu es encore coupable d’un autre crime ! Tu as amené tes bulldozers jusqu’à Tiên Yên et Ba Chẽ (deux districts frontaliers montagneux) pour y construire des routes descendant de la frontière pour que les Chinetoques puissent venir nous attaquer de nouveau. Lors de la dernière attaque, il n’y avait pas de route descendante et nos miliciens ont pu les arrêter. Cette fois-ci, il suffit de quelques heures pour que leurs voitures roulent jusqu’à Hạ Long ; de plus il y a le pont de Bãi Chấy. Vos mérites [envers la Chine] sont trop grands ! »

Le gros ponte se dégonfle nettement et murmure : « Qu’ils niquent leur mère les Chinetoques ! Ils ne veulent plus me payer mon travail ! Cela fait trop mal !  (Il injurie là les entreprises taïwanaises qui ont la concession des forêts pour 50 ans et l’ont engagé pour construire des routes permettant de monter « planter des bois ». Une fois les routes montant jusqu’aux sommets des montagnes terminées, elles n’ont payé ni pour son travail ni naturellement pour les bois).

Une dernière histoire : J’ai emmené tout récemment mon fils en visite sur les Hauts plateaux (Tây Nguyên), pour qu’il puisse connaître cette région. Certains tronçons de route passant par la piste Hồ Chí Minh venant d’être construits en grand mais étant extrêmement déserts, l’enfant me demande étonné : « Papa, pourquoi construisons-nous de grandes, belles et longues routes si personne ne l’emprunte, c’est pour quoi faire alors ? » Je soupire, amer : « Je donne ma langue au chat ! » Je ne peux quand même pas donner ma réelle opinion : « J’ai peur que l’on construise les routes pour que lorsque les Chinois attaqueront le Vietnam, ils pourront facilement s’emparer des Hauts plateaux et en prendre le contrôle puis s’emparer et prendre le contrôle de tout ce pays.

De retour de ce voyage sur les Hauts plateaux, je plaisante avec mon fils : « Fiston, apprends bien l’anglais pour aller étudier à l’étranger puis reste-s-y, comme c’est pour ta sœur. Sinon, apprends le chinois ! Notre pays va changer de langue nationale ! »

Oui, c’est ce que je pense. Le Vietnamien, le pouvoir vietnamien actuel a préparé le terrain et toutes les portes d’entrée dans le territoire pour que les Chinois l’envahissent le plus facilement possible. Le moral de l’armée et sa force combative sont déjà très déficients, sur-le-qui-vive elle … tourne les fusils sur le peuple. Les combattants chinois peuvent venir l’esprit tranquille !…

Ce pays semble avoir reçu des directives pour une douce passation de pouvoir en vue de son annexion à la Chine.

Reste un seul point : Notre peuple Việt consent-t-il à cela ?

Biến dân Việt thành tộc Kinh,

một âm mưu xóa bỏ Việt Nam và dân Việt của Bắc Kinh và bầy nhóm Hán nô Hà Nội

Phải có vụ Trung cộng mua được một thửa đất rộng 85 ha tại Bussy Saint-Georges ở ngoại ô Paris để lập một số cơ sở văn hóa của Tàu trong đó có một công viên do tộc Kinh tài trợ cùng với một cơ quan quản trị tộc Kinh, cộng đồng Việt Nam mới ngã ngửa và biết thêm một hành động bán nước khác của tặc quyền cộng sản Hà Nội.  

Xem viđêo mới được tung ra trên mạng, ghi lại buổi họp ngày 21/5/2018 giữa thị trưởng BSG và một phái đoàn dẫn đầu bởi một viên chức tỉnh Quảng Đông, gồm một vài doanh nhân Quảng Đông và một số người Hoa lẫn Việt đại diên cho tộc Kinh trong đó có một phụ nữ được giới thiệu là “công chúa” Kinh (xem https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share)không người Việt Nam chân chính nào có thể giữ được bình tĩnh trước màn kịch kệch cỡm do Trung cộng đạo diễn với vài diễn viên tay sai Tàu và Pháp gốc Việt nhằm khiến thị xã BSG ủng hộ “sự tái sinh của một tổ quốc Kinh” gồm dân tộc Kinh ở “An Nam” và Trung Quốc!

Ở đâu ra tộc Kinh vậy? Tại Việt Nam cũng như Trung Quốc xưa nay làm gì có tộc Kinh nào? Tra khảo ra tôi mới biết rằng cái tên Tộc Kinh đã được cả nhà cầm quyền Bắc Kinh lẫn Hà Nội bịa đặt và áp đặt  khoảng 20 năm gần đây thôi, tức khoảng sau hiệp ước bán nước Thành Đô.

Tại Việt Nam ai có học một chút cũng biết chữ Kinh có nghĩa là kinh đô, nơi vua trú ngu. Cho nên người Kinh nguyên là từ chỉ những người sống ở gần kinh đô, đến đầu nhà Nguyễn nghĩa của từ này được nới rộng cho chỉ tất cả những người Việt sống ờ đồng bằng hay miền xuôi, bất kể nguồn gốc của họ (có thể là gốc tộc Việt xưa, tộc Mường bản xứ, gốc Chàm, gốc Chân Lạp, gốc Trung Hoa, gốc Mã Lai vv.) để phân biệt họ với người Thượng là những người sống ở vùng núi và cao nguyên, thường là những người thuộc các tộc thiểu số. Bởi Việt Nam, do địa lý, là nơi qua lại rồi sinh sống của những người thuộc chủng tộc khác nhau, dân Việt Nam có trong huyết quản máu của nhiều tộc, chẳng thuộc riêng tộc nào. Nhưng dân Việt vẫn tự nhận mình là con cháu của hai tộc Âu Việt và Lạc Việt thuộc nhóm Bách Việt, xuất phát từ vùng đất hiện là miền Nam Trung Hoa, vì hai tộc ấy đã sáng lập ra nước Việt, đã truyền cho hậu duệ cái tinh thần bất khuất giúp nước Việt tồn tại tới bây giờ.  

Bảo người Kinh là người Việt thuộc tộc Kinh, và ép dân Việt Nam phải khai mình thuộc tộc Kinh trên tờ khai lý lịch hoàn toàn là bố láo và vô lý. Đúng hơn là có lý nhưng một cái lý hết sức khốn nạn : Tuân thủ lệnh của Bắc Kinh. Việt Nam phải theo Trung Quốc áp dụng chính sách phân biệt các tộc (Dân Trung Quốc gồm 56 tộc thì Việt Nam gồm 54 tộc). Cũng theo Trung Quốc gồm vào tộc Hán đa số dân Tàu thuộc rất nhiều tộc bị Hán hóa, Việt Nam dồn đa số dân Việt vào một tộc gọi là tộc Kinh. Nhưng sao không bắt chước hẳn và quy đa số dân Việt vào tộc nguyên thủy, tức tộc Việt ? Bởi đó là ý muốn của Bắc Kinh, bởi Trung Quốc xưa nay rất dị ứng với cái tên “Việt” của dân ta vì tổ tiên Âu Việt, Lạc Việt của chúng ta là hai tộc duy nhất thuộc nhóm Bách Việt cưỡng lại được sự Hán hóa, và vì trải qua lịch sử, mặc dù bị Trung Quốc đô hộ gần 1 nghìn năm, dân Việt vẫn vươn dậy nổi để rồi cho quân đội Trung Quốc nhiều trận đòn đau đớn. Chính do tự ái bị va chạm mà họ quyết không chịu gọi tên nước ta bằng tên do vua nước ta đặt ra mà chỉ gọi nước ta bằng tên do chúng đặt (Giao Chỉ thời Hán và An Nam thời Đường) và luôn luôn nuôi dã tâm xóa sổ dân ta cũng như thôn tính nước ta. Nay với sự tiếp tay của Đảng cộng sản Việt Nam chúng có cơ thực hiện giấc mơ muôn thuở.

Còn tại Trung Quốc, Kinh là tên  Bắc Kinh đặt ra cho một thiểu số rất nhỏ, khoảng 20.000 người Việt Nam sinh sống ở Tam Đảo (ba đảo nhỏ Vạn Vĩ, Vu Đầu và Sơn Tâm, cách Móng Cái 25 km)  chủ yếu bằng nghề đánh cá. Ba đảo này trước kia thuộc về Việt Nam nhưng bị Pháp nhượng lại cho Trung Quốc nhân lúc phân định biên giới Việt-Trung sau hiệp ước Thiên Tân (1884). Thành thử đang là công dân Việt Nam bỗng bất đắc dĩ toàn dân Tam Đảo trở thành công dân Trung Quốc; vì sự đổi quốc tịch này xảy ra tương đối gần đây, lại do họ tiếp tục sống trong cùng cộng đồng, họ chưa bị Hán hóa hoàn toàn, vẫn giữ được một chút tiếng Việt và một số tập quán Việt. Trải qua lịch sử, cũng có hiện tượng một số dân Việt di cư sang Tàu, nhưng họ chỉ được gọi là người Giao Chỉ hoặc An Nam một thời gian trước khi tan biến vào cộng đồng người Hoa. Nhưng lần này, viện cớ dân Tam Đảo (với thời gian ba đảo đã bị đất bồi biến thành bán đảo) có tập quán riêng biệt, Bắc Kinh xếp họ vào một trong số 56 tộc Trung Hoa dưới tên Jing (chữ tương đương với Kinh). Với tư cách là công dân thuộc một tộc của Tàu, phụ nữ  Jing/Kinh được giới chức Trung cộng đưa dự các cuộc trình diễn y phục truyền thống Trung Quốc với bộ áo dài, để rồi họ tuyên truyền với dân Tàu cũng như thế giới rằng áo dài Việt Nam chỉ là y phục của một tộc Trung Quốc!

Vụ Bussy Saint-Georges cho thấy rõ cái quyết định đổi tên dân Việt thành dân Kinh hay dân thuộc tộc Kinh của đám cầm quyền cộng sản Hà Nội không chỉ là một hành động ngu độn vô lối mà còn chính là  một sự toa rập đê tiện của bầy lũ Hán nô với Trung cộng, nhằm dọn đường cho sự sáp nhập Việt Nam vào Trung Quốc. Như phái đoàn Trung cộng tuyên bố tại thị sảnh BSG, trong tương lai toàn thể dân tộc Kinh (ở Trung Quốc và Việt Nam mà chúng vẫn gọi là An Nam) sẽ tập hợp lại theo lệnh của tổ quốc (Trung Hoa)!

Nhờ sự phản đối quyết liệt của cộng đồng Việt Nam tại Pháp, thị trưởng BSG đã lùi bước và ngưng việc bán đất cho Tàu. Nhưng âm mưu tước đi căn cước là người Việt của dân ta, biến dân ta thành một tộc lạ hoắc không có lịch sử, vẫn được tặc quyền Hà Nội thực thi. Người dân Việt Nam còn tự trọng cần phải từ chối ghi mình là tộc Kinh trên các tờ lý lịch, mà khẳng định mình là dân Việt, và tự khai thuộc tộc Việt nếu cần. Mất căn cước quốc gia, mất gốc không phải là chuyện nhỏ đâu. Thiếu ý thức quốc gia, thiếu tinh thần dân tộc thì làm sao chúng ta có động lực để ngăn sự mất nước vào tay giặc Tàu?

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Nhận xét về băng video ghi lại buổi họp ngày 21/5/2018 giữa thị xã Bussy Saint-Georges (ngoại ô Paris, Pháp) và một phái đoàn Trung Quốc – Kinh. (https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share )

 Phái đoàn Trung Quốc -Kinh :

1/ Phía Trung Quốc :

  • Dự án liên quan đặc biệt đến một « tộc Kinh », được đại diện bởi một người tự nhận là « công chúa » Kinh. Tộc Jing/Kinh ở Trung Quốc chỉ gồm khoảng 20.000 người, con cháu của ngư dân Việt tại ba đảo (Tam đảo) gần Móng Cái, bị Pháp nhượng cho Trung Quốc sau hiệp ước Thiên Tân (1884). Mặc dầu họ còn giữ một số phong tục Việt khiến họ khác biệt với các tộc khác ở Trung Quốc, họ đã bị Hán hóa nhiều, ít người còn biết tiếng Việt. Cộng đồng nhỏ bé gồm toàn dân chài nhà nông và con buôn đó có bao giờ họp thành một vương quốc đâu mà có vua với chúa ? Vậy thì cô công chúa không biết nói tiếng Việt này ở đâu ra ? Quá lắm đó là con gái của một người được bầu hoặc bổ làm tộc trưởng.

Tại Việt Nam chỉ con gái của vua được gọi là công chúa ; và hiện còn ba người được công nhận là công chúa Việt Nam, đó là ba bà con gái của cố vua Bảo Đại, đã lớn tuổi lắm rồi. Thành thử giới thiệu một cô Tàu không ai biết đến, chẳng có phong cách gì, như một vị « công chúa An Nam » rõ ràng là một hành vi lừa đảo.

  • Tộc Jing/Kinh sống tại Quảng Tây nhưng người trưởng phái đoàn lại đại diện cho Quảng Đông/Châu. Điều này chỉ có thể hiểu được nếu biết rằng trong mưu đồ sáp nhập Việt Nam vào Trung Quốc, Bắc Kinh tính biến Việt Nam thành một tỉnh dưới sự quản trị của tỉnh trưởng Quảng Đông/Châu, là kẻ như vậy sẽ có toàn quyền trên mọi người thuộc tộc Kinh (gồm toàn dân Việt bị tặc quyền Hà Nội đã biến thành dân tộc Kinh).
  • Bà Tàu cư xử như phát ngôn viên của phái đoàn Trung Quốc – Kinh, nhờ sự biết nói ba tiếng Hoa- Pháp – Việt, thật ra là một người Tàu Chợ Lớn sống tại Pháp. Tuy biết nói ba tiếng, bà ta không thạo tiếng nào nên dịch và giải thích lệch lạc.

2/ Phía người Kinh ở Pháp :

  • Đây là người Pháp gốc Việt, xuất thân từ Việt Nam, môt nước khác biệt với
  • Trung Quốc. Họ chỉ đại diện cho chính họ, không một tổ chức hay hội đoàn có máu mặt nào đã được thông báo về buổi họp và đã phái họ đến.
  • Khi tới họp, họ mặc nhiên tự nhận thuộc cái tộc Kinh do nhà cầm quyền cộng sản Việt Nam bịa ra, và phục vụ cho tặc quyền Hà Nội cũng như quan thầy Trung cộng, chống lại dân Việt, nguyên là đồng bào của họ.
  • Nhân cách của sư ông gốc Việt đứng ra làm trung gian giữa thị xã BSG và quan chức Tàu đáng đặt vấn đề. Bộ áo cà sa không làm ra sư : không giống như đạo công giáo, đạo Phật không có tổ chức chặt chẽ lo việc đào tạo, bổ nhiệm và kiểm soát sư sãi, ai khoác áo cà sa và cạo trọc đầu cũng có thể tự nhận là sư, nhưng muốn được coi là nhà sư chân chính phải đi tu và sống một cuộc đời được công nhận là gương mẫu khổ hạnh. Một nhà sư tử tế không thể hành nghề môi giới nhất là cổ xúy cho một dự án chính trị ngoắt ngoéo. Các phát biểu mập mờ về tộc Kinh và sự vào hùa theo người Tàu của sư ông trong video xếp ông ta vào loại kẻ cơ hội và phản bội quê hương.

Dự án

1/ Nơi đây chỉ bàn về những điều liên quan đến Việt Nam, dù cho có nhiều nghi vấn trong những lời hứa hẹn của phía Trung cộng về số việc làm (tới 100.000 !) và tiếng tăm do dự án mang lại.

2/ Điều nổi nhất trong dự án là một « Công viên hòa bình của các dân tộc và quốc gia trên thế giới », một cái tên rất kêu nhưng cũng rất gian dối vì dự án này không những không đề xướng hòa bình mà là một âm mưu gây hấn với dân tộc Việt Nam, có tác dụng làm bàn đạp cho việc nước Pháp công nhận sự sáp nhập Việt Nam vào Trung Quốc.

3/ Công viên sẽ được tài trợ bởi tộc Kinh. Tộc Kinh nào đây? Cộng đồng thuần nhất cùng một văn hóa và nguồn gốc có tên là tộc Kinh là tộc Jing/kinh ở Trung Quốc : đó là một cộng đồng khoảng 20.000 nhà nông, dân chài và con buôn bình thường, vậy thì làm sao có tiền để tài trợ dự án ? Còn dân Việt mà cặp Bắc Kinh – Hà Nội muốn biến thành tộc Kinh, hầu hết (không hoàn toàn tất cả vì bao giờ cũng có một thành phần Việt gian và phản quốc) họ bác bỏ cái tên ấy vì nó không dựa trên một thực tế nào, và do đó họ sẽ không bao giờ tham gia vào một mưu đồ chống lại căn cước của họ. Thật ra đằng sau tộc Kinh hiển hiện bóng dáng của nhà cầm quyền Bắc Kinh thông qua tỉnh Quảng Đông/Châu với các nhà tư bản đỏ trong tỉnh.

3/ Trong dự án còn có một cơ quan văn hóa giáo dục lo việc quản trị tộc Kinh. Chuyện chi kỳ quặc vậy? Quản trị một dân tộc là việc của chính phủ. Người Hoa tính lập một chính phủ chính thức tại Pháp mà nhà chức trách không có phản ứng gì ư ? Mà tộc Kinh sẽ được quản trị ở Pháp là tộc Kinh nào khi tộc Jing/Kinh sống ở Trung Quốc ? Chỉ còn dân Việt mà Trung cộng muốn đồng hóa với tộc Kinh nghịch lại với mọi sự thể, dầu cho có sự đồng lõa đê hèn của tặc quyền Hà Nội. Ai dám tự phong cho mình quyền quản trị họ ? Những nhà tài trợ dự án tức người Hoa ? Tại Việt Nam dân Việt đã có chính phủ rồi. Những kẻ lập ra dự án chắc nhắm vào những người Việt cư ngụ ở nước ngoài, đặc biệt ở Pháp. Nhưng đại đa số những người này đã nhập quốc tịch nước sở tại. Phải chăng Trung cộng đòi quản trị công dân Pháp, giả định họ bằng lòng ?

Buổi họp :

1/ 15.25 – Theo sư ông, buổi họp “biểu dương sự tái sinh của tộc Kinh”. Cụm từ này đưa ra hai điều trái sự thật đồng thời biểu lộ trắng trợn ý đồ đen tối của Bắc Kinh:

  • Muốn một dân tộc tái sinh, trước tiên dân tộc đó phải đã hiện hữu và đã trên đường suy vong. Thế nhưng tộc Kinh duy nhất hiện hữu là cộng đồng Jing/Kinh đang phát đại tại Trung Quốc. Mà ngay cái tộc Kinh ấy cũng chỉ là một tộc dựng lên bởi Bắc Kinh để chỉ cộng đồng người Việt định cư tại Tam Đảo (ba đảo cách Móng Cái 25km) bỗng trở thành công dân Tàu khi thực dân Pháp nhượng đất của họ cho Triều đình Mãn Thanh tiếp theo hiệp ước Thiên Tân (1884). Nhóm người thiểu số này đáng nhẽ ra phải được goi là tộc Việt vì họ là dân Việt, nhưng cái từ Việt là một từ kiêng kỵ đối với giới cầm quyền Trung Hoa bởi nó gợi ra cho họ nhiều vụ thua trận nhục nhã do dân Việt bắt quân đội thiên triều phải chịu.    
  • Khi phía Trung cộng nói về đức tính và số đông của tộc Kinh, họ thực ra nói về người Việt Nam, nhưng họ không bao giờ gọi người Việt là dân Việt, và cũng không hề nhắc tới nước Việt Nam. Họ lợi dụng sự thể nhà cầm quyền Hà Nội phục tùng Bắc Kinh, đã phỏng theo Trung cộng áp dụng từ sau 1990 một chính sách phân chia dân chúng theo tộc, và đã áp đặt một tộc Kinh bịa đặt cho dân Việt. Quyết định này của Hà Nội không thay đổi sự thật theo đó trải qua lịch sử không có tộc nào tên là Kinh tại Việt Nam, chỉ có tộc Việt hay Lạc Việt mà dân Việt Nam tự cho mình là hậu duệ. Một tộc rất năng động, không cần phải tái sinh, trừ phi Trung cộng thành công trong việc diệt chủng dân ta như chúng mưu toan.
  • Tại sao lại muốn một tộc không thực sự hiện hữu tái sinh? Mục đích của Bắc Kinh phải chăng chính là cho ra đời một cái không hề có (tộc Kinh) để xóa bỏ cái đã từng có (tộc Việt)

2/ 15.26–: Sư ông dựa vào uy tín của Unesco để bênh vực cho lời lẽ của ông ta. Nhưng Unesco nói hay làm gì chính xác thì ông ta không cho biết.

  • Về « tộc Kinh” ở Việt Nam, phải biết rằng Unesco không có tư cách chuẩn y hay không sự đổi tên của một nước hay một dân tộc khi đó là quyết định của nhà cầm quyền của chính nước hay dân ấy, Unesco không bàn về tính đúng đắn hay không của sự đổi tên, chỉ biết ghi nhận, như trong trường hợp nước Dahomey trở thành nước Bénin. Tuy nhiên, để chỉ người dân Việt Nam, không một cơ quan quốc tế nào gọi họ là dân Kinh mà là dân Việt.   
  • Unesco có nhiệm vụ cổ vũ cho hòa bình nên nếu được hỏi ý kiến về “Công viên hòa bình của các dân tộc và quốc gia trên thế giới”, chắc hẳn thoạt đầu cơ quan quốc tế này sẽ tán thành dự án ; nhưng đảm bảo, nếu phát giác ra mục tiêu lừa bịp và ẩn ý chính trị của Trung Quốc, Unesco sẽ tránh xa dự án , nếu không tố cáo nó.

3/ 16.21 –: Dự án bao gồm một tòa nhà dành cho việc “nghiên cứu và quản trị tộc Kinh” :

  • Tộc Kinh/Jing Trung Quốc chỉ có khoảng 20.000 người, đã là đề tài của nhiều cuộc điều tra tìm hiểu ; vả lại muốn nghiên cứu về họ phải đến nơi họ cư ngụ bên Tàu chứ sao lại ngồi ở Pháp? Về dân Việt, bị Trung cộng và Việt cộng đồng hóa với tộc Kinh, họ đã là đối tượng nghiên cứu của nhiều cơ quan văn hóa khắp nơi trên thế giới, đặc biệt tại Pháp, nên không cần đặt thêm cơ quan tại đây để làm việc đó, nhất là khi cơ quan này có mục tiêu lừa đảo dối trá.    
  • Quản trị một dân tộc là việc của chính phủ. Khi chấp nhận trên lãnh thổ của mình một thửa đất dành cho việc quản trị này, nước Pháp thừa nhận sự sáng lập một Nhà nước trong Nhà nước, một tô giới kiểu Hồng Kông xưa. Làm sao một đề nghị ngông cuồng như vậy lại được thông qua mà không có phản ứng gì của thị xă?
  • Ngoài ra người ta muốn quản trị dân nào đây? Dân Kinh/jing sống ở Quảng Tây bên Tàu, dưới sự cai trị vủa Bắc Kinh qua trung gian quan chức tỉnh. Đâu cần quản trị họ tại Pháp xa chỗ cư ngụ của họ? Người ta nhắm dân Việt (bị đồng hóa một cách vô lý với tộc Kinh) chăng? Nhưng họ đã có nước Việt Nam để bận tâm đến họ và các tòa lãnh sự Việt Nam để lo về họ nếu họ ra nước ngoài trú ngụ. Nếu họ đã nhập quốc tịch của nước sở tại thì họ trực thuộc nhà chức trách của nước này . Thế thì dự án lạ đời này che giấu gì ?

4/  19.30 –: Sự trao ba “cờ hiệu” :

  • Thoạt tiên, phải nói rằng các tộc ở Trung Quốc không có quyền trưng cờ riêng, biểu tượng cho cộng đồng họ. Cứ xem dân Tây Tạng hay Duy Ngô Nhĩ bị đàn áp ra sao khi họ muốn giăng cờ hiệu của dân họ. Cho nên gọi mấy tấm biển thêu là cờ hiệu của tộc Kinh là nói dốc.
  • Mấy tấm biển được gọi là cờ không tượng trưng cho gì cả, đó chỉ là những tấm vải trên đó được ghi một số chữ Tàu chỉ dẫn, như ở đây trên ba tấm : “Kinh tộc lịch đại tổ tông” (tổ tiên qua các đời của tộc Kinh) ; theo câu này thì đây là những tấm biểu ngữ được giăng cạnh bàn thờ tổ, hay đúng hơn vì Trung cộng cấm sự thờ phụng, trong những buổi lễ dân gian hướng về tổ tiên. Mà tổ tiên của người Kinh/Jing xuất phát từ Việt Nam. Nếu họ muốn ngược dòng thời gian xa hơn, thì họ nên tưởng nhớ đến tộc Việt cổ, không để lại gì ở Trung Quốc nhưng có dấu vết được gìn giữ trong huyền sử Việt Nam. Thành thử nếu dân Kinh/Jing muốn tôn vinh tổ tiên họ, họ phải sang Việt Nam xây đền đài chứ không đến Pháp lập trụ sở!
  • Cái câu chữ nhỏ bên trái tấm biển được giải thích là “biểu tượng của những quyền lực cao nhất tại Trung Quốc và trên thế giới”! Đúng là bố láo! Những câu bên lề một tấm biển trang trí không có tính biểu tượng nào, mà chỉ cho biết một bên (phải, đối với người đọc) tên/chức của cá nhân hay pháp nhân nhận tấm biển, bên kia (trái) tên/chức của cá nhân hay pháp nhân tặng tấm biển. Ví như trong tấm biển đầu, lề phải ghi thị xã BSG là bên nhận tấm biển, lề trái ghi người tặng là phường trưởng tộc Kinh/Jing, tức viên chức quản trị số khoảng 20.000 người Kinh/Jing ở Trung Quốc, một công chức thường chứ đâu phải là một nhân vật ngang với giáo hoàng như bà phát ngôn viên ca tụng.

5/  29.20 — : Sự trao bốn “cờ hiệu” sau :

  • Mỗi tấm biển sau có một chữ lớn, gôm lại theo thứ tự trình làng là : “tổ quốc lệnh Kinh”, một câu khá mập mờ.
  • Hai chữ tổ quốc nguyên nghĩa là nước của tổ tiên. Vậy thì tổ quốc trong mấy tấm biển này chỉ nước nào? Ở đây ta thấy sự gian lận và giả dối của các tác gia dự án. Theo nguyên nghĩa của hai chữ, tổ quốc đây phải là Việt Nam, nơi yên nghỉ của tổ tiên xa xưa của dân Kinh/Jing. Nếu họ chỉ tính đến tổ tiên gần, tổ quốc của họ là Trung Quốc. Nhưng phát ngôn viên của phái đoàn nhắc tới một tổ quốc tương lai. Thế là gì vậy? Bà ta mơ biến nước Pháp thành xứ của tộc Kinh chăng khi bà ta nói “gửi cờ hiệu của tộc Kinh” cho một thị xã Pháp giữ, đặc biệt trao chữ “quốc” cho thị trưởng giương lên.
  • Sư ông sánh sự thành lập một tổ quốc Kinh như sự thành lập nước Do Thái (Israel). Ông ta quên rằng người Do Thái trước đó không có quốc gia, trong khi người Việt (mà cặp Bắc Kinh- Hà Nội đồng hóa với tộc Kinh) đã có Việt Nam là tổ quốc, một đất nước đủ rộng để đón tiếp toàn dân Kinh/Jing nếu họ muốn trở về đất tổ. Thế thì tại sao lại muốn lập một tổ quốc mới? Cho ai và ở đâu?
  • Bà phát ngôn viên cũng như sư ông khoe tộc Kinh có 3 triệu người sống khắp thế giới và đưa Liên Hiệp Quốc ra làm nhân chứng. Thật ra, mấy triệu người đó là người Việt tị nạn cộng sản sau 1975, đặc biệt là những thuyền nhân bỏ xứ vào thập niên 1980. Tổ chức quốc tế về di dân của LHQ có ghi sổ họ nhưng vẫn gọi họ là người Việt chứ chẳng bao giờ là người Kinh (tên bịa đặt được áp đặt sau này bởi Trung cộng và Việt cộng). Với con cháu họ cộng với những người di tản sang nước ngoài vì miếng cơm manh áo, trong đó phần lớn là những kẻ ra đi theo đường “xuất khẩu lao động”, cộng đồng dân Việt ở nước ngoài hiện có khoảng 4,5 triệu người (1,8 triệu ở Hoa Kỳ và 300.000 ở Pháp). Phần lớn đã nhập quốc tịch của nước sử tại; họ vẫn lưu luyến Việt Nam và tự nhận mình là gốc Việt, chẳng bao giờ là gốc Kinh. Gán cho họ cái từ Kinh là ngu xuẩn hay cố ý thóa mạ. Ngay đám tặc quyền Hà Nội cũng vẫn phải dùng chữ dân Việt, chỉ lồng từ Kinh vào một só bản văn hành chính.
  • Khi tuyên bố rằng “ 27 quốc gia trên thế giới gởi tới với người Kinh” bà phát ngôn viên nói lung tung chẳng có nghĩa gì. Còn sư ông dịch ra tiếng pháp cũng không kém ba láp: “27 quốc gia có dân Kinh đến chắp lại với chúng tôi ở đây”. Ý khoác lác của họ là dân Kinh ở 27 quốc gia cùng chí hướng với họ. Khỏi nhắc lại, chằng có dân Kinh nào sống ở ngoài Trung Quốc, chỉ có dân Việt thôi mà trừ một thành phần nhỏ Hán nô họ chẳng bao giờ nhận mình là dân Kinh, huống chi toa rập với Trung cộng ủng hộ cái dự án quái đản này.
  • Khi bàn về tấm biển thứ sáu với chữ “lệnh”, bà Tàu phát ngôn viên xuyên tạc lịch sử Việt Nam và tỏ ra hỗn xược với nước Việt Nam : bà ta ca tụng chí bất khuất của tộc Kinh, luôn luôn đồng hành với Trung Quốc, mà không bảo đó là dân Việt, không phải đồng hành mà luôn luôn đối nghịch với Trung Quốc ; bà ta làm như đất của người Kinh/Việt thuộc về Tàu, mãi đến thời Pháp thuộc sau hiệp ước Pháp-Hoa Thiên Tân (1884) mới tách khỏi thiên triều (trong khi từ 1428 cho tới tận bây giờ hay đúng hơn tới 1975 đất nước ta hoàn toàn hết lệ thuộc Tàu) và chỉ gọi Việt Nam là Giao Chỉ và An Nam (hai tên do Tàu đặt ra thời nhà Hán và nhà Đường). Thực ra trong 3000-4000 ngàn năm hiện hữu, Việt Nam từng bị Trung Quốc đô hộ nhiều lần, cộng lại thành gần 1000 năm, rồi đến Pháp đô hộ gần 100 năm, nhưng ý chí quật cường của dân Việt đã giúp ta cưỡng lại sự Hán hóa để mỗi lần giành lại độc lập.
  • Lệnh của tổ quốc, theo phát ngôn viên, là “lệnh cho tộc Kinh tập họp tại BSG” (bằng cách nào?), trong khi chờ đợi có một tổ quốc(?) để phát triển dân tộc (?). Lại thêm một câu phi lý. Cái tổ quốc ra lệnh đó là tổ quốc nào khi tộc Kinh chưa có tổ quốc? Vì người Kinh/Jing là công dân Trung Quốc, tổ quốc của họ là Trung Quốc (đứng ra tài trợ cho dự án), lệnh của tổ quốc họ đương nhiên phải là lệnh của Trung Quốc. Và Trung Quốc, bằng cách khiến mọi người tưởng dân Việt nguyên thuộc tộc Kinh, bà con với tộc Kinh/Jing bên Tàu, có mưu đồ tập họp tất cả những ngươi gọi là dân Kinh trên một nước Kinh tưởng tượng sẽ được cụ thể hóa vào năm 2020 (theo mật ước Thành Đô) nhờ vào sự tan hòa nước Việt Nam vào một tỉnh tự trị bao gồm cộng đồng Kinh/Jing, đặt dưới sự thống trị của Bắc Kinh trước khi được thực sự sáp nhập vào Trung Quốc 20 năm sau. Khỏi phải nói, một chính phủ Việt Nam không qui phục Tàu như tập đoàn cộng sản Hà Nội có thể viện cớ quật lại rằng tộc Kinh/Jing có nguồn gốc Việt, nếu phải tập họp mọi dân Việt thì việc đó phải do Việt Nam thực hiện bằng cách sát nhập một phần Quảng Tây vào Việt Nam.
  • Trong lời phát biểu của cô “công chúa “lúc trình làng tấm biển thứ 7, có câu đáng kể là “chúng tôi hy vọng có một chính phủ nay mai”. Cô ta muốn nói gì vậy? Tộc Kinh/Jing mà cô đại diện cho chỉ là một nhóm rất nhỏ người (so với 1,5 tỷ dân Trung Hoa) đã có chính phủ tại Bắc Kinh. Cô muốn cộng đồng nhỏ bé của cô ly khai Trung Quốc chăng? Hay đúng hơn khi tự nhân là con vua Kinh, cô mơ ước đại diện cho một tộc Kinh mở rộng bao gồm 85% dân Việt Nam và tính trị vì trên cả nước Việt Nam với sự hỗ trợ của Trung Quốc?

6/  43.25  : Diễn văn của trưởng phái đoàn Trung cộng :

  • Người đại diện cho tỉnh Quảng Châu/Đông này nhắc lại những lời xuyên tạc lịch sử Việt Nam của phát ngôn viên, và kết thúc với lời mong muốn dân Kinh “đồng hành với Quảng Châu/Đông trong trong cuộc phát triển của họ”. Câu mơ hồ này thật sự hé lộ số phận của Việt Nam sau khi bị thôn tính : bị sáp nhập vào tỉnh Quảng Châu/Đông. Vả lại chính tỉnh này, thông qua tài phiệt của mình, chứ không phải tỉnh Quảng Tây nới sinh sống của dân Kinh/Jing, đứng lên tài trợ cho dự án BSG. Tại sao Quảng Châu/Đông thay vì Quảng Tây? Tại sự giao thông giữa Quảng Châu/Đông và Việt Nam dễ dàng hơn.

Tóm lại, toàn dự án là một màn kịch có mục đích ấn vào trí não của người Pháp và toàn dân thế giới ý nghĩ về một tộc Kinh tưởng tượng, đồng hóa dân Việt với tộc Kinh để rồi xóa từ Việt và Việt Nam khỏi ngữ vựng của các nước, sau đó để cho mọi người tưởng rằng dân Kinh ở Việt Nam chỉ là một tộc Tàu bị nhất thời tách rời khỏi đất mẹ Trung Hoa, và sau cùng để khiến quốc tế (đặc biệt nước Pháp thành đồng lõa với sự chấp thuận dự án BSG) không phản đối mà chấp nhận sự sáp nhập Việt Nam vào Trung Quốc với danh nghĩa sự quay về đất tổ của tộc Kinh. 

                                                                                          

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

La France complice des menées annexionnistes de la Chine contre le Vietnam ?

Une avancée sournoise dans l’annexion avec l’invention d’un peuple Kinh lancé par le couple Pékin-Hanoï, soudain mise en lumière avec l’affaire Bussy Saint-Georges

C’est avec consternation puis colère que la communauté des internautes vietnamiens a pris connaissance d’une vidéo relatant une réunion le 21/5/2018 entre le Maire de Bussy Saint-Georges, une petite municipalité d’Ile-de-France (77) et une délégation sino-vietnamienne chapeautée par des officiels chinois. ( Cf. https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share ).

On y apprend que cette réunion suit la signature d’un projet consistant en la vente par la mairie de Bussy Saint-Georges de 85 ha (dont 35 ha dans un premier temps) de terrain à des financiers chinois (de Guangzhou/Canton) dans le but pour la Chine d’y ouvrir des organismes culturels (30 ha pour la promotion des arts chinois dont les arts martiaux de Shaolin et une école internationale avec enseignement du chinois depuis la maternelle jusqu’à la fin du secondaire ; 1 ha pour la construction d’un « Parc de la paix des peuples et des nations dans le monde » construit par le peuple Kinh ; les 4 ha restants étant réservés à des universités chinoises et une école supérieure française de géopolitique que les promoteurs comptent faire venir ainsi qu’un centre de recherche et d’administration du peuple Kinh).

C’est cette mention d’un peuple Kinh et la composition de la délégation avec une représentation sino-vietnamienne de ce peuple qui fait problème. Pour la bonne raison qu’il n’existe en réalité aucun peuple ou ethnie Kinh. C’est une fable de fraîche date propagée par Pékin, du même tonneau que la ligne U en Mer d’Asie orientale au service de sa politique expansionniste.

Le terme « Kinh », un mot vietnamien et non chinois, dont le premier sens est « capitale » ne prit une nouvelle acception dans le langage vietnamien qu’au début du 19e siècle sous les premiers empereurs Nguyễn pour désigner les habitants proches de la capitale, puis par extension tous les Vietnamiens des plaines ou basses terres quelle que soit leur origine ethnique ( Việt venant du sud de la Chine, fondateurs historiques de la nation, qui donnent leur nom au Vietnam, Muong autochtones du Tonkin et du Centre Vietnam, Cham, Khmers, Malais, immigrés chinois, indiens etc.) par opposition aux  Thượng (= haut, en hauteur), les Vietnamiens des hautes terres (montagnes et hauts plateaux) qui étaient pour la plupart des membres d’ethnies minoritaires à culture spécifique.. Kinh n’a jamais été le nom d’une ethnie quelconque, et encore moins celui d’une ethnie majoritaire vietnamienne. Le Vietnam, comme la France, est un creuset de populations de diverses origines lesquelles, au fil des siècles, se sont mélangées de façon inextricable, et parler d’une ethnie majoritaire Việt ou Kinh pour désigner le peuple vietnamien actuel est aussi faux et ridicule que prétendre que la majorité du peuple français d’aujourd’hui est composée d’une ethnie franque ou gauloise ! Cependant, depuis une vingtaine d’années, à l’imitation de la politique de discrimination ethnique de Pékin, au lieu de parler du peuple Việt, le pouvoir de Hanoï s’est mis à imposer la notion d’appartenance des Vietnamiens majoritaires à une ethnie dénommée Kinh (traduction ci-dessous du témoignage de deux citoyens vietnamiens), raison pour laquelle on trouve la mention de cette ethnie « officielle » dans tous les textes récents (Wikipedia ou autres) d’auteurs ayant des rapports directs ou indirects avec le régime. Vous ne trouverez aucune mention d’ethnie Kinh ni même d’ethnie majoritaire Việt (sauf en référence à l’ethnie primitive des Việt), mais seulement de population ou peuple Việt dans les textes antérieurs à 1990 comme dans les écrits actuels de tout historien ou ethnographe digne de ce nom.

Il n’existe pas non plus d’ethnie Kinh en Chine avant que le pouvoir communiste chinois ne se mette à en inventer une de toute pièce pour nommer Jing (équivalent chinois de Kinh) le groupe d’environ 20.000 Vietnamiens piégés en 1887 en Chine à l’issue d’un nouveau tracé des frontières vietnamo-chinois décidé entre la Chine et la France après le traité de Tien Tsin (Tianjin), tracé par lequel leurs terres (Tam Đảo) passèrent du côté chinois (dans le Guangxi). Des Vietnamiens immigrés en Chine, il y en a toujours eu le long des siècles au hasard des événements historiques, et ils étaient appelés du nom que prenait le Vietnam à l’époque et finissaient par se fondre dans la masse chinoise. Mais les Kinh/Jing de Tam Đảo, immigrés relativement récents (malgré eux) avec toute leur communauté, ont su garder des traditions et coutumes vietnamiennes qui leur permettent de ne pas être complètement sinisés, ce qui fait d’eux une sorte d’ethnie au sein de la nation chinoise.

Carte de la région où vivent les Jing/Kinh en Chine (presqu’île montrée par la flècheVị trí Tam Đảo mà người Kinh sinh sống

Logiquement cette minorité devrait être appelée Việt puisqu’elle est composée de Vietnamiens, d’autant plus qu’à l’origine le groupe ethnique des Việt vivait dans les territoires de l’actuelle Chine du Sud, mais les différents régimes chinois ont toujours été allergiques au peuple Việt opposé depuis des millénaires au pouvoir des Han (ethnie dont la majorité des Chinois se réclament) qui n’a cessé de les combattre puis de les assimiler, les plus récalcitrants, établis sur les terres de l’actuel Nord-Vietnam (vers les derniers siècles du 1er millénaire avant JC), étant les seuls à avoir su résister à cette sinisation en leur infligeant maintes fois des branlées mémorables.

Pourquoi donc cette soudaine invention d’un peuple Kinh ? Parce que depuis 1990, les dirigeants communistes de Hanoï se sont rendus à la Chine et ont fomenté avec le pouvoir de Pékin une annexion programmée du Vietnam qui doit être rendue officielle dans un avenir proche. Dans ce projet annexionniste qui réalise le rêve millénaire de Pékin, le Vietnam sera gommé de l’histoire pour devenir une simple province chinoise rattachée à celle de Guangzhou (Canton) et les Vietnamiens, englobés dans un peuple Kinh imaginaire partagé entre les deux pays, perdront autant leur identité que leur nom.  Dans le but de faire accepter par la communauté internationale ce coup de force, la Chine, par le biais de ses agents chinois et vietnamiens (aux ordres de Pékin) lance une vaste entreprise de propagande consistant à faire croire que le Vietnam était un territoire chinois avant l’occupation française, que presque tous les Vietnamiens sont d’origine chinoise et forment avec les Chinois du Sud une même entité, dont le « retour à la mère patrie chinoise » est somme toute normale. Plus ou moins le même genre d’assertion que celle tenue à propos du Tibet.

Pour faire croire à des édiles français peu au courant de l’histoire ancienne autant que contemporaine du Vietnam, la délégation chinoise a procédé à une mise en scène grossière qui choque par les mensonges et les contre-vérités proférés que l’assistance gobe complaisamment (cf. commentaires ci-dessous de la vidéo en question). L’argent et les promesses chinois ont-ils donc le pouvoir de faire perdre tout esprit critique ?

En choisissant la France pour y installer une sorte de siège du soi-disant peuple Kinh, Pékin veut faire cautionner par un grand pays européen une audacieuse opération mystificatrice, prélude à une criminelle annexion du Vietnam accompagnée du génocide insidieux aussi bien physique que spirituel de ses ressortissants. Le grand projet culturel proposé à Bussy Saint-Georges, certes utile pour la propagande et l’espionnage (danger dont la France n’a pas assez conscience alors que des pays comme le Canada et la Suède commencent à s’en protéger) a surtout pour objet de masquer ce vrai but : préparer l’opinion internationale à la conquête d’un pays voisin et à l’effaçage d’un peuple qui jouit encore d’un capital de sympathie mondiale de par ses malheurs successifs. Les autorités françaises que nous avons alertées vont-elles accepter le fait accompli et laisser la mairie de Bussy les rendre complices d’un crime odieux contre l’humanité ?

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Nous donnons ici la traduction d’extraits de deux articles sur l’imposition d’un peuple Kinh imaginaire à la place de peuple Việt par le gouvernement communiste vietnamien :

Article de Vương Sinh paru en 2003 dans « Hùng sử việt », Journal de l’association d’histoire et des arts culturels vietnamiens » (http://www.hungsuviet.us/lichsu/Dantockinhlagi.html ), intitulé :

Qu’est-ce que c’est que le peuple Kinh ?

 Au Vietnam il n’existe que le peuple Việt, homogène au point de vue de la culture, du langage et des coutumes, qui représente la majorité (87%) des 54 peuples. Au Vietnam il n’existe pas de peuple Kinh.

Le peuple Kinh est une minorité ethnique (environ 15.000 personnes) parmi les 56 peuples de Chine.

A la lecture des documents relatifs au peuple vietnamien diffusés récemment sur internet, nous ne pouvons nous empêcher d’être étonnés au sujet de l’expression « peuple Kinh » servant à désigner le peuple vietnamien.

Qu’est-ce donc que ce peuple Kinh ? Pourquoi le peuple Việt s’est -il transformé en peuple Kinh ?

Cherchons à comprendre l’origine des termes « Kinh » et « Thượng »

Avant 1975, dans le Sud nous avions coutume de dire « Kinh et Thượng, même maison » pour exprimer la solidarité entre compatriotes vivant dans les basses régions (plaines, villes, capitale) et compatriotes vivant sur les hauts plateaux (montagnes, hautes régions). « Kinh » est l’appellation usitée par les montagnards pour désigner les Vietnamiens (la majorité) habitant dans les plaines, les villes et la capitale… En retour, les habitants des plaines appellent ceux qui vivent sur les hauts plateaux « Thượng », englobant sous ce mot de nombreuses ethnies minoritaires telles que les Thổ, Mán, H’Mông, BaNa, Gia Rai, Ê Đê…

Dans la langue vietnamienne, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » se comprend « les gens de cette localité ». Par exemple, les gens vivant à Hanoï sont dits gens de Hanoï. Si quelqu’un habite Saïgon, il est appelé personne de Saïgon.

Ainsi, l’expression « les gens vivant dans telle ou telle localité » ne désigne pas une ethnie du Vietnam, autrement dit, notre pays ne comporte nullement un peuple Hanoï, un peuple Saïgon, un peuple Kinh, un peuple Thượng, mais seulement des gens de Hanoï, des gens de Saïgon, des gens des (régions) Kinh (la majorité qui appartient au peuple Việt ou Lạc Việt), des gens des (régions) Thượng (qui comprennent de nombreuses ethnies ou peuples).

Origine du peuple Việt

Beaucoup de thèses existent. Acceptons provisoirement que « le peuple Việt a pour origine les Lạc Việt, du groupe ethnique des Bách Việt (ndt = les Cent Việt) qui vivaient au Lĩnh Nam (au Sud des montagnes Ngũ Lĩnh et du lac Động Đình) de l’ancienne Chine. A rappeler qu’avant que les Qin n’envahissent le pays, le Lĩnh Nam ne faisait pas partie de la Chine. Evidemment, les Bách Việt qui comprenaient de nombreuses ethnies Việt n’étaient pas des Chinois et le Nam Việt ultérieur n’était pas non plus chinois. Si le Nam Việt était chinois ou appartenait à la Chine, comment se fait-il que les Han durent envoyer Lộ Bác Đức avec une armée envahir le Nam Việt ? »

Le peuple Kinh est une ethnie minoritaire parmi les 56 ethnies chinoises

Au Vietnam il n’existe que des gens Kinh (à la différence des gens Thượng) qui vivent dans les plaines, il n’y existe pas de peuple Kinh. Mais en Chine il y a un peuple Kinh qui est une ethnie minoritaire d’environ 15.000 personnes parmi les 56 ethnies chinoises. Ce sont des Vietnamiens originaires de la région de Đồ Sơn au Vietnam qui s’étaient établis sur trois petites îles Vạn Vĩ, Vu Đầu et Sơn Tâm dépendant de la province Guangxi près de la frontière sino-vietnamienne du fait que « par malchance » ces trois îles furent allouées à la Chine [par la France après le traité de Tien Tsin …]

Ceci est-il une manigance chinoise dans l’esprit Grand Han ?

Les Vietnamiens que nous sommes savons que les Cours chinoises dans l’esprit Grand Han pensent toujours « que le Vietnam n’est qu’un district chinois et que les Vietnamiens descendent des Chinois. Ils exècrent Triệu Đà et le Nam Việt parce que ce roi, originaire du nord avait osé s’opposer à l’empire céleste (en fait auparavant Triệu Đà venait du pays des Triệu que Qin Shi Huang anéantit pour l’annexer à la Chine), et abominent particulièrement Lữ Gia, un natif du Nam Việt, qui osa résister ouvertement contre les armées des Han du Sud. Depuis la destruction du Nam Việt en 111 AD par Lộ Bác Đức sur ordre des Han, les pouvoirs chinois successifs n’appellent jamais notre peuple du nom de « Việt », et n’acceptent point de nommer notre pays sous les noms « Đại Cồ Việt », « Đại Việt », « Việt Nam » … donnés par nos rois. Ils ne désignent notre peuple que par le nom « Giao chỉ » puis « An Nam », et ne concèdent à nos souverains que le titre de « prince de Giao Chỉ » ou de « roi d’An Nam ». Les colonialistes français aussi se sont concertés avec les Chinois pour appeler les Vietnamiens Annamites. Cela parce qu’à certaines époques notre peuple a dû courber la tête et a été asservi pendant près de mille ans d’occupation chinoise et près d’un siècle d’occupation française.

C’est seulement pendant des périodes d’indépendance que nous pouvons être droit debout pour nous reconnaître comme des Việt, que nous sommes fiers que le peuple Việt soit un peuple héroïque.

En changeant le « peuple Việt » en « peuple Kinh » – une ethnie minoritaire parmi les 56 peuples chinois -ceux qui s’occupent de la culture dans notre pays ont-ils involontairement ou volontairement agi de connivence avec les Chinois « Grand Han » pour transformer notre peuple Việt en une minorité chinoise ?

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Article de  Nguyễn Văn Mỹ publié le 27/11/2017 dans la revue « Chúng ta »(= Nous autres)  (http ://www.chungta.com/nd/tu-lieu-tra-cuu/khong-co-dan-toc-kinh.html ) intitulé :

Il n’existe pas de peuple Kinh

Le plus tragi-comique est la déclaration d’état-civil. A l’époque des subventions (ndt : terme pour les temps d’économie complètement dirigiste), il y avait des années où il fallait faire des dizaines de déclaration, on ne sait pour quoi faire.  Les enfants entrant en maternelle doivent aussi présenter une déclaration d’état-civil avec des renseignements sur la période d’avant 1975 alors que leurs parents ne sont pas encore nés à cette date. Et le vocabulaire (des formulaires) est tout à fait vague. Le plus dur est la partie de déclaration des « Qualités et défauts ». On ne sait pas comment s’évaluer justement afin de ne pas nuire à son emploi. Pour ce qui est du « Niveau culturel », comment le mesurer, le déterminer ? Généralement on ne parle que de niveau d’instruction. On se raconte la plaisanterie sur la question relative au « Lieu de naissance », selon laquelle un membre d’une ethnie minoritaire a donné cette réponse : « Qui donc ne naît pas de ce lieu, pourquoi interroger là-dessus ? ». Et puis il y a des questions sur les « Relations familiales », les « Relations sociales ». Ce terme de relations ne serait-il pas pareil que « relations illégitimes » ?

La partie de déclaration de l’ethnie est encore plus incompréhensible. Tous les Vietnamiens sont obligés de déclarer de façon absurde qu’ils sont d’ethnie Kinh. Que veut dire Kinh ? En cherchant à comprendre par moi-même, j’ai vérifié qu’il n’existe aucune ethnie Kinh. Seulement des « personnes Kinh » dans la langue parlée. Cette notion Kinh remonte à l’époque des Nguyễn.  […]

L’expression « personne Kinh » désignait les habitants de la capitale. Progressivement, cette notion de « personne Kinh » s’est élargie pour désigner les habitants des basses régions, y compris les Chinois, les Cham… Opposés à eux sont les personnes « Thượng » c’est-à-dire les habitants des montagnes, des hautes régions. Si nous déclarons que nous sommes d’ethnie Kinh, tous les habitants des hautes régions devraient-ils alors se déclarer appartenir à une même ethnie « Thượng » ? Dans ce cas le peuple vietnamien se partage entre deux ethnies « Kinh » et « Thượng » et non pas entre 54 ethnies comme actuellement.

Les Việt devraient se déclarer d’« ethnie Việt » dans la communauté des Vietnamiens qui comprend 54 ethnies sœurs dont les Việt forment l’ethnie majoritaire. […] Certains disent : « C’est une mince affaire, qu’importe le terme par lequel on nomme le peuple pourvu que le pays soit riche et puissant. Restent tellement de grands sujets de société embrouillés ». Il est vrai que notre pays a plein de problèmes pressants mais je ne considère pas une fausse appellation de notre peuple comme une mince affaire qui n’a pas besoin d’être redressée. Une mince affaire dont l’effet est énorme sur l’entendement et l’action ? Si on ne peut résoudre une mince affaire, comment peut-on s’attaquer à une grande ?

Je souhaite que cette bévue soit vite réparée. Je ne veux appartenir qu’au peuple Việt, je n’aime pas faire partie du peuple Kinh.

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Observations à propos de la video concernant une rencontre entre la municipalité de Busy St Georges et une délégation sino-Jing/King le 25/5/2018 (https://www.youtube.com/watch?v=Gm7JnvTo4Yo&feature=share )

Sur les participants :

1/ Du côté chinois :

  • Le projet concerne en premier lieu un « peuple Kinh » mais ce dernier n’est vraiment représenté que par une soi-disant princesse Kinh. L’ethnie Jing/Kinh en Chine ne comprend qu’environ 20.000 personnes, descendants de pêcheurs vietnamiens habitants de 3 îles appelées Tam Đảo transférées par la France à la Chine après le traité de Tien Tsin en 1884. Quoiqu’ayant gardé quelques coutumes qui les différencient d’autres ethnies, ils sont très sinisés et peu parlent encore vietnamien. Cette communauté de paysans et pêcheurs (et maintenant aussi commerçants) n’a jamais formé une royauté quelconque, alors d’où vient cette princesse qui en plus ne parle pas la langue de ses ancêtres vietnamiens ? Tout au plus, elle peut être la fille d’un chef élu de la petite communauté.

Quant à la famille royale vietnamienne, les seules princesses reconnues ayant droit à ce titre sont les trois filles de feu l’empereur Bảo Đại, des dames déjà très âgées. Faire donc passer pour une « princesse d’Annam » une Chinoise inconnue et sans classe évidente c’est commettre une pure escroquerie.

  • Les Kinh/Jing de Chine vivent dans le GuangXi mais le chef de la délégation représente le Guangzhou. Cela se comprend seulement si l’on sait que la Chine a le dessein d’annexer le Vietnam pour en faire une province dépendant du gouverneur de Guangzhou qui donc a pleine autorité sur tous les Kinh (auxquels elle assimile les Vietnamiens avec la complicité du pouvoir de Hanoï).
  • La Chinoise qui agit comme porte-parole de la délégation chinoise grâce à son trilinguisme (français-chinois-vietnamien) est en réalité une Chinoise émigrée du Vietnam (Saïgon-Chợ Lớn). Bien qu’elle parle plusieurs langues, elle ne les maîtrise guère et fait des traductions ou explications plus qu’approximatives.

2/ Du côté des soi-disant Kinh de France :

  • D’abord ces participants sont des Vietnamo-français originaires du Vietnam, un pays distinct de la Chine. Ils ne représentent qu’eux-mêmes, aucune organisation ou association vietnamienne de France ayant pignon sur rue n’étant au courant de l’élaboration du projet et encore moins ne les a délégués.
  • En venant à cette réunion, implicitement ils reconnaissent faire partie de l’ethnie imaginaire Kinh décrétée par le Parti communiste vietnamien au pouvoir, et agissent donc dans l’intérêt de ce dernier ainsi que dans celui de la Chine dont dépend le PCVN contre leur propre peuple d’origine, les Việt.
  • La personnalité du « bonze » qui sert d’intermédiaire entre la mairie et les autres pose problème. En Asie l’habit ne fait pas le bonze, étant donné que dans le milieu bouddhiste, il n’existe pas d’institution organisée et hiérarchique qui nomme et contrôle ses ministres du culte comme dans l’Eglise catholique. C’est par une conduite exemplaire et la renommée bouche-à-bouche que l’on reconnaît un bonze authentique. En principe un homme de religion ne s’occupe pas de lobbying surtout quand elle concerne une politique aussi tortueuse que celle de Pékin et Hanoï. Les propos évasifs sur les Kinh et le suivisme à l’égard des Chinois du bonze MT le classent comme un opportuniste et un traître envers son pays natal.

Sur le projet :

1/ Nous ne discutons ici que des points concernant le Vietnam, même si nous avons des sérieux doutes sur le bien-fondé des promesses de rentabilité (les 100.000 emplois !) et de rayonnement culturel que les Chinois font miroiter aux autorités françaises.  

2/ Le clou du projet est un « Parc de la paix des peuples et des nations du monde », expression ronflante et plus est mensongère puisque ce projet loin d’être pacifique constitue une machination agressive contre le peuple vietnamien et sert de tremplin à la reconnaissance par la France d’une future annexion ou tibétisation du Vietnam.

3/ Le parc sera construit aux frais du peuple Kinh. Lequel ? La seule ethnie Kinh en tant que groupe humain homogène de même culture et de même origine est celle des Jing/Kinh de Chine, une communauté de quelques 20.000 paysans, pêcheurs et commerçants modestes. Comment peut-elle avoir l’argent nécessaire pour financer ce projet ? Les Vietnamiens auxquels Pékin et Hanoï veulent appliquer le terme Kinh rejettent quasi (car il y a toujours une minorité de collabos et traîtres) unanimement cette appellation qui ne correspond à aucune réalité, et donc ne voudront jamais s’associer à une manœuvre contre leur identité. Derrière le peuple Kinh se profile en fait le gouvernement chinois à travers la province de Guangzhou et ses capitalistes rouges.

3/ Dans le projet est prévu un organisme éducatif et culturel qui s’occupe en même temps de « l’administration du peuple Kinh ». Quèsaco ? L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. Comment des Chinois osent-ils envisager installer un gouvernement officiel en France et pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas tiqué devant une telle visée ? Et puis de quel peuple Kinh s’agit-il, puisque les Kinh/Jing vivent en Chine ? Restent les Vietnamiens que les Chinois veulent assimiler aux Kinh contre toute vraisemblance malgré la complicité servile du pouvoir de Hanoï. Qui donc va s’arroger le droit de les administrer ? Les financiers du projet, c’est-à-dire les Chinois ? Au Vietnam ils ont déjà un gouvernement. Les auteurs du projet visent donc les Vietnamiens émigrés à l’étranger, en particulier ceux vivant en France. Or, pour la plupart ils sont devenus citoyens des pays qui les accueillent. Les Chinois prétendent-ils administrer des citoyens français, à supposer qu’ils l’acceptent ?

Sur la réunion elle-même :

1/ 15.25 – : Selon le bonze la réunion marque « la célébration de la renaissance du peuple Kinh ». Ces quelques mots qui énoncent deux contre-vérités dévoilent cyniquement le dessein maléfique de Pékin :

  • Pour qu’un peuple renaisse il faut d’abord qu’il ait existé et soit en voie de disparition. Or le seul peuple Kinh existant est l’ethnie Jing/Kinh en Chine qui y prospère et donc n’est pas mourant. Et même cette ethnie Kinh est une invention chinoise pour désigner une minorité de Vietnamiens immigrés malgré eux en Chine en 1887 ; la désignation exacte pour cette minorité doit être Việt, mais le terme Việt est tabou pour le pouvoir chinois car il évoque trop d’humiliation infligée par les Vietnamiens aux armées chinoises
  • Quand les participants parlent des qualités et du nombre des Kinh, ils parlent en réalité des Vietnamiens mais sans jamais les nommer comme tels et sans jamais citer leur pays, le Vietnam. Ils profitent du fait que le pouvoir de Hanoï, soumis à Pékin, s’est mis à appliquer depuis les années 1990 une politique discriminatoire de division de la population par ethnies à l’imitation du pouvoir chinois, et à imposer par suite l’appartenance des Vietnamiens à une ethnie Kinh imaginaire. Ce décret du pouvoir ne change pas au fait qu’historiquement il n’existe aucune ethnie Kinh, seulement une ethnie Việt ou plus précisément Lạc Việt dont tout le peuple se réclame. Peuple qui brille par son dynamisme et n’a pas à renaître, à moins que la Chine ne réussisse à le génocider comme c’est son intention et que montrent ses manigances.
  • Pourquoi vouloir faire renaître un peuple qui n’a pas réellement existé ? Le but de Pékin n’est-il pas plutôt au contraire de faire naître ce qui n’a jamais existé (les Kinh) dans le but d’effacer ce qui a existé (les Việt) au moins officiellement sur le papier ?

2/ 15.26 – : Le bonze se pare de l’autorité de l’Unesco pour appuyer ses dires. Qu’a dit ou fait exactement l’Unesco, il ne le précise pas.

  • S’il s’agit de « l’ethnie Kinh du Vietnam, il faut savoir que l’Unesco n’a pas à approuver ou non le changement de nom d’un pays ou d’un peuple quand c’est décidé par son propre gouvernement, il n’en commente pas la justesse et se contente d’en prendre acte, comme par exemple quand le Dahomey devient le Bénin. Cependant, pour désigner les ressortissants du Vietnam, aucun organisme international ne les désigne par » Kinh » mais par « Vietnamiens ».
  • S’il veut parler du « Parc mondial de la paix des peuples et des nations » soi-disant « construit par le peuple Kinh », l’avis de l’Unesco est a priori positif dès qu’un projet se pare d’un but pacifique. Parions que si l’Unesco a vent de la mystification et des arrière-pensées politiques chinoises, cet organisme se tiendrait à l’écart du projet s’il ne le dénonce pas.

3/ 16.21 – : Le projet comporte un bâtiment réservé à « l’étude et à l’administration du peuple Kinh » :

  • L’ethnie Kinh proprement dite, les Jing/Kinh ne comporte que 20.000 personnes et est déjà le sujet de nombreuses études, et les recherches à leur sujet doivent avoir lieu chez eux, en Chine et non pas en France. Quant aux Vietnamiens, les institutions qui les prennent comme objet d’études abondent au Vietnam et de par le monde, en particulier en France qui n’a pas besoin d’un autre organisme pour cela, et encore moins d’un organisme dont l’objectif est trompeur et mensonger.
  • L’administration d’un peuple est affaire de gouvernement. En acceptant sur son territoire un terrain consacré à une telle activité, la France admet la création d’un Etat dans son propre Etat, une concession de type HongKong autrefois. Comment une proposition aussi extravagante peut-elle passer sans réaction de la mairie ?
  • De plus quel est ce peuple que l’on veut administrer ? Les Kinh/Jing vivent dans le Guangxi en Chine où ils sont sous la dépendance de Pékin via les autorités provinciales. Quel besoin de leur administration en France loin de chez eux ? Vise-t-on les Vietnamiens assimilés contre toute vraisemblance aux Kinh ? ils ont un pays (le Vietnam) qui s’occupe d’eux et des ambassades pour ce faire quand ils séjournent à l’étranger. S’ils ont pris la nationalité de leur pays d’accueil, ils dépendent des seules autorités de ce dernier. Que cache alors le projet insolite proposé ?

4/ 19.30 – : Remise des 3 premiers « drapeaux » :

  • D’abord, les ethnies en Chine n’ont pas le droit d’avoir des drapeaux spécifiques, genre drapeau national. On n’a qu’à voir comment les grands peuples comme les Tibétains et les Ouighours sont réprimés dès qu’ils veulent brandir leur emblème. C’est une tromperie de présenter des panneaux-étendards comme des drapeaux du peuple Kinh.
  • Les soi-disant drapeaux ne symbolisent rien du tout et ne sont que des banderoles de tissu sur lesquels sont inscrites des phrases indicatives, en l’occurrence pour 3 panneaux : « ancêtres à travers les âges (époques – le bonze a mal transcrit en vietnamien le caractère correspondant qui est đại et non  triều ) de l’ethnie Kinh » ; d’après cette phrase indicative ils doivent servir non au culte qui est interdit en Chine mais à la commémoration des ancêtres des Kinh/Jing que l’on déploie certainement lors des fêtes folkloriques de l’ethnie. Or, ces ancêtres sont des Vietnamiens puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam. Veulent-ils remonter plus loin dans la nuit des temps, qu’ils honorent les Việt dont il ne reste rien en Chine mais des traces dans une histoire mythifiée au Vietnam. S’ils ont tellement de vénération pour leurs ancêtres, qu’ils viennent bâtir un monument au Vietnam pour leur rendre hommage, mais pas en France !
  • La phrase en petits caractères à gauche est expliquée comme « le symbole des hautes autorités en Chine et dans le monde » ! Du n’importe quoi ! Les phrases en marge d’un panneau décoratif n’ont aucune valeur symbolique ou autre, et ne font que donner d’un côté le nom ou le titre de la personne qui reçoit le panneau et de l’autre côté celui de la personne qui en est le donateur. Ainsi la mairie de Bussy St Georges qui reçoit le panneau-étendard est notée à droite du panneau ; à gauche c’est par exemple dans le 1er panneau la mention du « chef de secteur » de l’ethnie Kinh/Jing, c’est-à-dire l’administrateur des 20.000 Kinh/Jing de Chine, qui n’est donc qu’un fonctionnaire et non pas un personnage à l’égal du pape comme le vante la porte-parole.

5/  29.20 – : Remise des 4 autres « drapeaux »

  • Les quatre banderoles à un seul gros caractère signifient dans l’ordre de la présentation : « La patrie ordonne à l’ethnie », phrase plutôt vague et ambiguë.
  • Les caractères « ancêtres » et « pays » sur les 4e et 5e banderoles forment ensemble le mot patrie, la patrie étant étymologiquement le pays des ancêtres. Dans le contexte, de quelle patrie les auteurs du projet parlent-ils ? Là réside leur duplicité et leur intention mensongère. Si l’on prend le mot dans son sens originel, cette patrie doit être le Vietnam où reposent les ancêtres reculés des Kinh/Jing. Si c’est le pays où ils vivent depuis quelques générations et où reposent leurs proches aïeux, c’est la Chine. Or, la porte-parole parle d’une patrie à venir. Qu’est-ce donc ? Rêverait-elle de transformer la France en pays des Kinh puisqu’elle demande à une municipalité française de garder en gage les étendards « patrie » des Kinh comme symbole ?
  • Le bonze parle de la création d’une patrie Kinh à l’exemple d’Israel. Mais les Juifs n’avaient pas de pays à eux, alors que les Vietnamiens (que Pékin-Hanoï veulent assimiler aux Kinh) en ont un, le Vietnam, où il y a de la place pour accueillir les Jing/Kinh s’ils veulent revenir au pays de leurs ancêtres. Pourquoi vouloir créer une autre patrie ? Pour qui et où ?
  • La porte-parole et le bonze vantent l’existence de 3 millions de Kinh vivant de par le monde et cite l’ONU pour appuyer leurs dires. Il s’agit en réalité des réfugiés vietnamiens qui ont fui le communisme après la chute de Saïgon (1975), en particulier les boat people des années 1980, comptabilisés par l’Organisation internationale pour les migrations des Nations Unies qui se réfère à eux comme des Vietnamiens et non des Kinh (invention récente de Pékin-Hanoï). Avec leurs descendants et en comptant aussi les émigrés économiques dont font partie les travailleurs envoyés à l’étranger par le pouvoir vietnamien pour résoudre le chômage et récolter les devises qu’ils envoient au pays, la diaspora vietnamienne compte actuellement environ 4,5 millions de personnes dont 1,8 million aux Etats-Unis et 300.000 en France. La plupart ont pris la nationalité du pays d’accueil ; ils restent attachés au Vietnam, se considèrent comme d’origine Việt et nullement Kinh. Leur affubler le terme Kinh constitue une idiotie sinon une injure. Même le pouvoir de Hanoï qui l’impose doit parler du peuple Việt et ne se sert du terme Kinh que pour les différencier des autres ethnies.
  • En déclarant que « 27 nations qui ont des peuples Kinh sont venus rejoindre le peuple Kinh à Bussy », le bonze profère moins un mensonge qu’une ânerie ou une absurdité. Comment des nations peuvent-elle rejoindre un peuple ? Et dans une petite ville française ?
  • En présentant la 6e banderole dont le caractère inscrit dessus signifie « ordre ou ordonner » la porte-parole falsifie l’histoire du Vietnam : elle vante l’esprit irréductible des Kinh sans préciser que c’est celui des Việt, et déclare que les Kinh ont toujours « accompagné » la Chine, alors qu’en fait d’accompagnement, c’est une lutte continuelle contre ce puissant voisin. Elle fait croire que les Kinh/Vietnamiens ont toujours été pour la Chine, que la Chine n’a accordé l’indépendance au Vietnam (qu’elle s’obstine à appeler de ses vieux noms Giao Chỉ et An Nam (des noms donnés au Vietnam par les conquérants Han et Tang) qu’en 1884 (traité de Tien Tsin). Sachez qu’au cours de ses 4 millénaires d’existence, à part des périodes d’occupation chinoise (la dernière s’arrêtant en 1428) lesquelles additionnées durèrent certes mille ans, et une occupation française de près d’un siècle, le Vietnam était un pays indépendant, et les Vietnamiens sont d’autant plus chatouilleux sur cette question d’indépendance qu’ils en connaissent le prix.
  • L’ordre de la patrie, dans l’explication de la porte-parole, c’est « l’ordre à tous les Kinh de se rassembler » à Bussy Saint-Georges (comment ?) en attendant d’avoir une patrie ( ?) pour le développement du peuple ( ?). Encore une phrase ou une idée absurde. Et quelle est donc cette patrie qui donne l’ordre puisqu’au dire de la porte-parole elle n’existe pas encore ? Comme les Kinh/Jing sont citoyens chinois et que leur patrie est donc la Chine (laquelle d’ailleurs finance le projet), l’ordre de la patrie n’est-il pas en réalité l’ordre de la Chine ? Laquelle, faisant croire que les Vietnamiens sont des Kinh parents d’une ethnie chinoise Kinh/Jing, a l’intention de les rassembler sous un pays des Kinh imaginaire qui se concrétiserait en 2020 (selon un traité secret – mais éventé – entre les deux pouvoirs communistes) par la dissolution du Vietnam dans une province autonome englobant la petite communauté Jing/king, placée sous la domination de Pékin avant son annexion définitive 20 ans après. Il va sans dire qu’un gouvernement vietnamien non inféodé à Pékin comme le pouvoir communiste actuel pourrait facilement retourner l’argument en sa faveur : puisque les Kinh/Jing venaient du Vietnam et que la majorité des Kinh/Việt vivent au Vietnam, c’est plutôt à Hanoï de les rassembler sur un même territoire englobant donc une portion du GuangXi.
  • Dans l’« allocution » de la soi-disant princesse lors de la présentation de la 7e banderole, il est à souligner la phrase « we hope a new government in the future ». Que veut-elle dire par là ? Les Jing/King de Chine dont elle est la représentante ne sont qu’une poignée infime (20.000) par rapport à la masse des 1,4 milliards de Chinois, et ont déjà un gouvernement qui siège à Pékin. La petite communauté voudrait-elle faire sécession ? ou plutôt, se prétendant fille du roi ( ?) des Kinh, elle entend représenter un peuple Kinh élargi comprenant 85% de la population vietnamienne et voudrait régner sur tout le Vietnam avec l’appui de la Chine ?

6/ 43.25 Discours du chef de la délégation chinoise :

  • Ce représentant de la province de Guangzhou répète les désinformations historiques sur le Vietnam de la porte-parole et vers la fin souhaite que les Kinh « accompagnent le Guanzhou dans son développement ». Cette phrase ambiguë lève en fait le voile sur le sort que la Chine réserve au Vietnam après l’annexion programmée : être rattaché à la province de Guangzhou.
  • C’est d’ailleurs cette province via ses capitalistes qui financent le projet. Pourquoi le Guanzhou et non le Guangxi où vivent les Jing/Kinh ? ¨Parce que la frontière entre le Guangzhou et le Vietnam sont plus perméables et facilitent l’annexion.

Bref, tout le projet est une mise en scène qui a pour but d’installer dans l’esprit des Français et du monde entier l’idée d’un peuple Kinh imaginaire, de l’assimiler au peuple vietnamien puis d’effacer les mots Viêt, Vietnam et Vietnamien du vocabulaire des nations, ensuite de faire croire que les Kinh (du Vietnam) ne sont qu’une ethnie chinoise pour un temps séparée de la mère patrie chinoise, et enfin de faire accepter sans protestation internationale (en particulièrement de la France, complice avec l’approbation de ce projet) l’annexion du Vietnam baptisée alors retour de l’ethnie à la mère-patrie.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour sur les accords secrets de Chengdu (1990)

L’invasion de plus en plus manifeste du Vietnam par la Chine via des concessions d’une partie immense du territoire national a fini par réveiller la conscience patriotique (jusqu’ici endormie par les berceuses mensongères du parti) du peuple vietnamien persuadé maintenant en majorité que la « vente » du pays à Pékin par le pouvoir communiste de Hanoï lors des accords secrets de Chengdu en 1990 est une réalité. L’approche de la date fatidique de 2020 à laquelle le Vietnam sera livré à la Chine pour en devenir une province autonome, ajoutée à l’accélération de l’emprise de Pékin sur leur vie quotidienne et à la promulgation d’une série de mesures destinées à museler l’opinion et à paralyser toute réaction (loi de sûreté sur internet, loi martiale et décret sur le couvre-feu) en vigueur à partir du 1/1/2019, accule  les citoyens à mettre leur existence physique en jeu par le choix entre mort immédiate (en cas de révolte) et mort différée (en cas de tibétisation), choix à prendre rapidement puisque le temps leur est compté.

Au moment où ces accords secrets reviennent sur les lèvres, il est instructif de rappeler que, suite à des indiscrétions en 2014 de deux journaux chinois (New China press et Global times) sur les engagements de servitude volontaire du parti communiste vietnamien, 61 membres de l’appareil au pouvoir signèrent une pétition réclamant la levée du secret sur les accords, laquelle leur fut refusée. A cette époque, une des rares personnalités honnêtes du régime, le général en retraite Lê Duy Mật (décédé depuis) adressa à diverses autorités une lettre sur le même sujet, lettre qui, comme on peut s’y attendre, resta sans réponse. Ce document, de par la justesse de ses propos, reste d’actualité et pour la gouverne des sceptiques francophones, en voici la traduction :

Hanoï le 2/8/2014,

Au Secrétaire général du Bureau exécutif central du Parti,

Aux Délégués du Bureau politique,

Aux Délégués du Secrétariat central du Parti,

Aux Délégués centraux du Parti, Session XI.

Je, soussigné Lê Duy Mật, Général de brigade, Ex Commandant adjoint – Chef d’Etat-major de la 2e région militaire et Commandant du Front 1979-1984 (Hà Giang), au nom d’un certain nombre de membres du Parti, me permets de vous exposer nos inquiétudes et de vous présenter la présente pétition :

La guerre frontalière de 1979-1984 était aussi l’une des guerres les plus sanglantes et les plus douloureuses de notre histoire. C’était une campagne semblable à celles de Bạch Đằng, Chi Lăng, Đống Đa, mais pourquoi au bout de 30 ans n’est-elle toujours pas l’objet d’un bilan, pourquoi n’en tire-t-on pas l’expérience au service de cet objectif pressant et imminent qu’est la protection de la Patrie ? Ce bilan est extrêmement nécessaire et sera très utile quand l’adversaire à combattre reste le même, quand l’envahisseur est proche et non pas lointain comme dans la guerre anti-française et anti-américaine. En outre, les politiques envers les familles des héros morts pour la patrie et les combattants contre l’envahisseur en 1979-1984 que nous avons maintes fois proposées n’ont pas été tranchées et ne récoltent que de vaines promesses.

Y-a-t-il une raison à cela, celle que nous évoquons ci-dessous ?

Nous savons tous que tous les côtés négatifs de la société actuelle sont causés par la Chine, qu’elle a fait que la production de notre pays reste à la traîne et rétrograde, et cela étant, elle profère encore des paroles ignominieuses à l’égard de tout notre peuple : « Les Vietnamiens sont des bâtards, des êtres sans vergogne, il faut leur donner quelques autres leçons ». Pourtant, nos dirigeants n’ont absolument aucune réaction !

Puis, lorsque des mauvais éléments mêlés aux manifestants ont été incités à saccager près de 1000 usines de la Corée du Sud, de Formose, de Singapour, et de la Chine, les policiers ferment les yeux, ne paraissent qu’ensuite, ne sanctionnent que sommairement et s’excusent auprès de ces entreprises en leur proposant un dédommagement pour leurs pertes. Cependant, alors que la Chine emboutit et détruit près de 30 de nos bateaux nous ne lui réclamons pas énergiquement réparation, mais ne faisons que la réprouver « légèrement ».

Quand survient un petit incident civil inhabituel, aussitôt à minuit l’ambassadeur du Vietnam à Pékin est convoqué pour recevoir une lettre de protestation, mais lorsque c’est la Chine qui nous cause des dommages, un cadre du Ministère des Affaires étrangères vient au consulat de Chine à Hanoï pour lui remettre la lettre de protestation.

Le plus étonnant est que le Comité provincial du parti de Guangdong a l’audace d’envoyer une lettre au Ministère des Affaires étrangères du Vietnam pour exiger la réalisation de 16 tâches. Une attitude condescendante, méprisante envers notre pays, très impolie mais que toujours nous supportons.

La Chine prend la liberté de faire pénétrer une plate-forme de forage dans les eaux territoriales du Vietnam au fi des protestations de notre population et de la condamnation de l’opinion internationale. Lorsque la plate-forme se retire, elle déclare qu’elle a accompli sa mission. C’est ainsi qu’agit la Chine, mais nous continuons à féliciter ce pays d’être un bon ami, digne des 16 lettres d’or et des 4 bons (ndt : il s’agit des caractères chinois définissant cette « amitié » proposés en 1999 par Jiang Zemin et utilisés depuis comme leitmotiv dans les relations sino-vietnamiennes, qui signifient : longue stabilité, se dirigeant vers l’avenir, de bons voisins, pleine collaboration ; bons voisins, bons amis, bons camarades, bons partenaires). Au point que l’opinion mondiale s’étonne de notre trop grande pusillanimité.

Plus surprenant encore, notre gouvernement réprime ceux qui manifestent contre les envahisseurs dans notre pays et n’encourage que les manifestations à l’étranger.

Est-il possible que l’héroïque peuple vietnamien, qui par trois fois a vaincu les Mongols des Yuan, dont la victoire de Điện Biên Phủ est célèbre sur les 5 continents et ébranle le monde, soit aujourd’hui si faible et si lâche ? Nous pensons que la cause profonde en est le pacte de Chengdu du 4/9/1990 signé par un certain nombre de dirigeants. Nous ignorons encore ce qui est vrai et faux, mais savons seulement que les phénomènes négatifs qui ont eu lieu traduisent la teneur de ce pacte. Citons-en un extrait : « Pour l’existence de la construction du communisme, le parti communiste et le gouvernement du Vietnam propose à la Chine de régler les différends entre les deux pays. Le Vietnam s’efforcera de tout cœur à consolider la vieille amitié entre les deux partis et les peuples des deux pays, que le président Mao Zedong et le président Hồ Chí Minh se sont donné la peine de bâtir dans le passé. Et le Vietnam exprime son désir d’être prêt à accepter de devenir une zone autonome dépendant du pouvoir central à Pékin, telle que celles réservées par la Chine à la Mongolie intérieure, au Tibet, au Guangxi…

De son côté, la Chine approuve et est d’accord pour accepter cette proposition, et donne au Vietnam 30 ans (1990-2020) pour que le parti communiste vietnamien effectue les démarches nécessaires à l’adhésion dans la grande famille des peuples chinois » (fin de l’extrait) (1).

C’est pourquoi nous demandons que lors de ce congrès du Comité central, le Bureau politique et le Secrétariat publient tous les textes du pacte de Chengdu, afin d’en démontrer le vrai et le faux. Si les accords de de Chengdu sont réellement comme susdit, c’est clairement un traité très dangereux pour le pays semblable à une trahison envers la Patrie. Alors nous proposons que le Congrès du Comité central examine et dénonce publiquement ce pacte, remette de l’ordre dans l’organisation, sanctionne les signataires et ceux qui le mettent en œuvre par la suite. C’est seulement ainsi que notre Parti est réellement un Parti authentique, qui a le courage de reconnaître ses défauts, de les admettre publiquement comme le dit l’oncle Hồ : « Un Parti qui n’ose pas reconnaître ses défauts et les admettre publiquement  est un Parti fichu ».                                                                                                                D’après son statut (art.3, §3), le Parti appartient au peuple travailleur, à l’ensemble de ses membres, aussi avons-nous le droit d’exiger que soient rendues publiques les activités des dirigeants, afin que le peuple connaisse, le peuple délibère, le peuple fasse, le peuple contrôle comme c’est inscrit dans les décisions du Comité central.

Ci-dessus sont des motions venant du cœur et des préoccupations de membres du parti. J’espère que le Bureau politique et le Secrétariat respecteront les avis de membres de base du parti et réaliseront les tâches susdites, à savoir en bref :

1- Faire le bilan de la guerre de 1979 contre l’envahisseur, réaliser la politique de rassemblement des tombes et de reconnaissance de l’action des héros décédés dans la guerre contre l’envahisseur comme dans tant d’autres guerres auparavant de notre peuple pour la protection de la patrie, organiser des commémorations solennelles chaque année.

2- Rendre public le pacte de Chengdu de septembre 1990 afin que tout l’ensemble du peuple, l’ensemble du parti connaisse le vrai et le faux, et expliquer publiquement les phénomènes négatifs. Le pacte de Chengdu est un abcès en train de se propager dans tout le corps de notre pays.

Le risque de perdre le pays est actuellement une réalité ; espérons, camarades, que vous avez une conscience, que vous réaliserez à tout prix tout cela pour l’avenir de la patrie. Si ce Xe Congrès du Comité central n’arrive pas à dégager une déclaration, veuillez l’introduire dans le programme du Congrès extraordinaire du Parti ou du 12e Congrès.

Nous attendons une réponse de votre part, camarades.

Respectueusement,

Général de brigade Lê Duy Mật

 

(1) D’après l’information des Nouvelles Presses chinoises et du journal chinois Global times.

(D’après le blog Bà đầm xòe/TTHN)

(Le texte original est envoyé par le général Lê Duy Mật au détenteur du blog Bà đầm xòe)

________________

Texte original vietnamien :

Thiếu tướng Lê Duy Mật – Có hay không một thỏa hiệp bán nước?

YÊU CẦU TỔNG KẾT CUỘC CHIẾN 1979 – 1984
VÀ CÔNG KHAI THỎA HIỆP THÀNH ĐÔ

Cộng Hòa Xã Hội Chủ Nghĩa Việt Nam – Độc Lập Tự Do Hạnh Phúc

Hà Nội ngày 20 tháng 07 năm 2014

Kính gửi:
– Đ/C Tổng Bí thư BCHTW Đảng
– Các đ/c Uỷ viên Bộ Chính Trị
– Các đ/c Uỷ viên Ban Bí thư TW Đảng
– Các đ/c ủy viên Trung ương Đảng khóa XI.

Tôi là: Lê Duy Mật – Thiếu tướng – Nguyên Phó Tư lệnh – Tham mưu trưởng Quân khu 2 và Tư lệnh Mặt trận 1979-1984 (Hà Giang) thay mặt một số đảng viên xin được nêu thắc mắc và kiến nghị như sau:
Cuộc chiến tranh biên giới 1979 – 1984 cũng là một trong những cuộc chiến đẫm máu vô cùng đau thương trong lịch sử nước ta. Đây là cuộc chiến tương tự các cuộc chiến Bạch Đằng,Chi Lăng, Đống Đa, nhưng tại sao đã qua 30 năm mà cuộc chiến này vẫn không được tổng kết, đúc rút kinh nghiệm phục vụ cho mục tiêu bảo vệ Tổ quốc cấp thiết trước mắt, Việc tổng kết này vô cùng cần thiết và sẽ rất hữu ích khi mà đối tượng chiến đấu vẫn là một, khi mà quân xâm lựợc đang cận kề chứ không xa xôi như trong các cuộc chiến chống Pháp, chống Mỹ. Bên cạnh đó các chính sách đối với gia đình liệt sĩ và những người chống xâm lược năm 1979 – 1984, chúng tôi đã nhiều lần đề nghị nhưng vẫn không được giải quyết, mà chỉ có những lời hứa hẹn xuông.

Phải chăng có một nguyên nhân mà chúng tôi sắp nêu lên sau đây.
Chúng ta đều biết mọi tiêu cực trong xã hội hiện nay từ Trung Quốc gây ra, khiến cho nước ta sản xuất lẹt đẹt, lạc hậu, đã thế, họ lại còn có những lời sỉ nhục đôi với cả dân tộc ta: “Việt Nam là con hoang, loại vô liêm sỉ, phải cho thêm vài bài học”.

Vậy mà, lãnh đạo ta không hề có một phản ứng nào!

Rồi khi bọn xấu trà trộn trong đám biểu tình được xúi giục phá phách gần 1000 nhà máy của Hàn Quốc, Đài Loan, Singapore, Trung Quốc, thì công an lúc đó làm ngơ, sau đó mới xuất hiện, chỉ xử lý qua loa và xin lỗi xin đền bù thiệt hại cho họ. Trong khi đó Tung Quốc đâm phá gần 30 tàu, thuyền của chúng ta thì không quyết liệt đòi bồi thường, mà chỉ “nhẹ nhàng” lên án.
Khi có hiện tượng bất thường nho nhỏ về dân sự thì lập tức nửa đêm đại sứ của Việt Nam ở Bắc Kinh bị gọi đến để nhận thư phản kháng, còn khi Trung Quốc gây hại cho ta thì chỉ có cán bộ Bộ Ngoại giao Việt Nam đến gặp cơ quan Lãnh sự Trung Quốc tại Hà Nội để giao công hàm phản kháng.
Lạ lùng nhất là tỉnh ủy Quảng Đông mà lại ngang nhiên gửi công văn cho Bộ Ngoại giao Việt Nam yêu cầu phải thực hiện 16 việc phải làm. Một thái đọ trịch thượng, coi thường nước ta rất vô lễ mà ta vẫn chịu đựng.
Trung Quốc tự tiện cho giàn khoan vào xâm nhập lãnh hải Việt Nam bất chấp mọi ý kiến phản đối của nhân dân ta và dư luận các nước lên án. Khi rút đi, họ tuyên bố là do họ đã xong việc. Trung Quốc làm như vậy mà ta vẫn khen Trung Quốc là bạn tốt,16 chữ vàng và 4 tốt. Đến nỗi dư luận thế giới cũng phải ngạc nhiên về thái độ quá ư nhu nhược của chúng ta.
Ngạc nhiên hơn là Nhà nước đàn áp những người biểu tình chống xâm lược ở trong nước mà chỉ khuyến khích biểu tình ở nước ngoài.

Chẳng lẽ một dân tộc Việt Nam anh hùng đã ba lần chiến thắng Nguyên Mông, đã có Điện Biên phủ lừng lẫy năm châu chấn động địa cầu mà nay lại hèn kém như vậy sao! Chúng tôi cho rằng nguyên nhân sâu xa là ở Thỏa hiệp Thành Đô ngày 4/9/1990 của một số vị lãnh đạo. Chúng tôi chưa rõ thực hư thế nào mà chỉ biết sau này những hiện tượng tiêu cực xảy ra đã thể hiện nội dung của bản Thỏa hiệp đó. Xin trích một đoạn Thỏa hiệp Thành Đô: “Vì sự tồn tại của sự nghiệp xây dựng Chủ nghĩa Cộng sản, Đảng Cộng sản và Nhà nước Việt Nam đề nghị phía Trung Quốc giải quyết các mối bất đồng giữa hai nước. Phía Việt Nam sẽ cố gắng hết sức mình để vun đắp tình hữu nghị vốn lâu đời vốn có giữa hai đảng và nhân dân hai nước do Chủ tịch Mao Trạch Đông và Chủ Tịch Hồ Chí Minh đã dày công xây đắp trong quá khứ. Và Việt Nam bày tỏ mong muốn sẵn sàng chấp nhận làm một khu vực tự trị thuộc chính quyền Trung ương tại Bắc Kinh, như Trung Quốc đã dành cho Nội Mông, Tây Tạng, Quảng Tây….
Phía Trung Quốc đồng ý và đồng ý chấp nhận đề nghị nói trên, và cho Việt Nam thời gian 30 năm (1990-2020) để Đảng Cộng sản Việt Nam giải quyết các bước tiến hành cần thiết cho việc gia nhập đại gia đình các dân tộc Trung Quốc.”. (Hết trích) (1).

Vì vậy, chúng tôi yêu cầu trong hội nghị TW này Bộ chính trị, Ban Bí thư cần công bố các văn bản của Thỏa hiệp Thành Đô, để chứng minh thực hư thế nào. Nếu Thỏa hiệp Thành Đô là đúng như vậy thì rõ ràng là một bản thỏa hiệp rất nguy hiểm cho đất nước như là phản bội Tổ Quốc. Vì vậy, chúng tôi đề nghị Hội nghị TW xem xét và ra tuyên bố phản bác bản thỏa hiệp đó, chấn chỉnh lại tổ chức, kỷ luật những người đã ký và những người thực hiện sau này. Có như vậy Đảng ta mới thực sự là một Đảng chân chính, dám nhận khuyết điểm, dám công khai khuyết điểm như Bác Hồ đã nói: “Một Đảng mà không dám nhận khuyết điểm, công khai khuyết điểm là một Đảng hỏng”.
Theo điều lệ Đảng (điều 3 khoản 3), Đảng là của nhân dân lao động, Đảng của toàn thể đảng viên vì vậy chúng tôi có quyền yêu cầu phải công khai các hoạt động của những người lãnh đạo để dân biết, dân bàn, dân làm, dân kiểm tra như trong các Nghị quyết TW đã đề ra.

Trên đây là những kiến nghị tâm huyết và bức xúc của đảng viên. Tôi mong rằng: Bộ chính trị, Ban bí thư nên tôn trọng ý kiến của các đảng viên cơ sở và thực hiện các việc nói trên. Tóm lại là:

  1. Tổng kết cuộc chiến tranh chống quân xâm lược năm 1979, thực hiện chính sách qui tập mồ mả ghi công các anh hùng liệt sĩ trong cuộc chiến tranh chống quân xâm lược cũng như bao cuộc chiến tranh bảo vệ Tổ Quốc trước đây của dân tộc ta, tổ chức kỷ niệm trọng thể hàng năm.
  2. Công khai bản Thỏa hiệp Thành Đô tháng 9/1990 để toàn dân, toàn Đảng biết được thực hư và ra tuyên bố để giải thích các hiện tượng tiêu cực. Thỏa hiệp Thành Đô là thứ ung nhọt đang di căn khắp cơ thể đất nước ta.
    Nguy cơ mất nước đang là sự thật, mong các đồng chí có lương tâm, vì sự nghiệp của tổ quốc mà thực hiện cho được. Nếu ở Hội nghị Trung ương X này không ra được bản tuyên bố thì yêu cầu đưa vào chương trình Đại hội Đảng bất thường hoặc Đại hội 12.

Chúng tôi chờ mong hồi đáp của các đồng chí.

Kính
Thiếu tướng Lê Duy Mật

—————
(1) Theo tin của Tân hoa xã Trung Quốc và báo Hoàn cầu Trung Quốc
(Theo Blog Bà Đầm xòe / TTHN )
(Nguyên bản tướng Lê Duy Mật gửi chủ Blog Bà Đầm Xòe)

 

 

 

Sinisation et annexion en marche : Eradication en cours de la langue vietnamienne au profit du chinois

Le jour du fonctionnement à l’essai de la voie ferrée aérienne Cát Linh – Hà Đông à Hanoï  (11/8/2018) – une voie de 13 km dont les travaux réalisés par un entrepreneur général chinois ont duré près de 10 ans et ont coûté au pays 868 millions USD (alors qu’une ligne de type hyperloop bien plus sophistiquée est estimée en Europe à environ 20 millions de dollars le km, soit 260 millions USD pour 13 km) -, les Vietnamiens se sont aperçus avec stupeur et indignation que les billets de train sont rédigés en deux langues, vietnamien et chinois avec le chinois en plus gros caractère et en première position (cf. https://www.bbc.com/vietnamese/vietnam-45167800  ).

Même la presse gouvernementale s’en est émue, et s’est mise à rappeler que depuis un an tous les panneaux et pancartes d’indication dans les nouvelles gares desservies par le train urbain comportent aussi du chinois en plus gros caractères que le vietnamien (cf. http://baotreonline.com/hang-loat-be-boi-tu-duong-sat-cat-linh-ha-dong ) Sommé de s’expliquer, le directeur du projet de la ligne ferroviaire urbaine a déclaré que le billet n’est valable qu’un seul jour, et que sa rédaction relève d’une maladresse de l’entreprise de construction chinoise qui voulait se faire comprendre des 40 (sur 200) invités chinois – réponse insatisfaisante qui en plus élude l’insultante primauté du chinois sur le billet – et a assuré que seuls le vietnamien et l’anglais seront en usage officiellement en ce qui concerne la ligne. Quant aux panneaux, ils servent, proteste-t-il, à l’usage interne des ouvriers chinois, argument que la direction du projet trouve elle-même peu convaincante puisqu’elle les a fait enlever.

Dans la foulée, nous apprenons grâce aux internautes (photos à l’appui dans clip du facebooker Huy Đức https://www.youtube.com/watch?v=PcqNbPM4IMk , de 1.05.53 à 1.12.26) que : les poteaux  frontaliers marquant la séparation entre la Chine et le Vietnam et plantés sur le territoire vietnamien sont gravés en chinois avec du vietnamien en bien plus petits caractères, et surtout comportant l’indication «  Chine, Province Vietnam » ! Cela au su et au vu de tout le monde frontalier sans que les autorités s’offusquent. Nul étonnement à ce que les millions de touristes Chinois se conduisent après au Vietnam comme chez eux ou plutôt comme en un pays conquis. Sur des routes du Vietnam apparaissent maintenant des panneaux de mise en garde (contre des nids de poule par exemple) en chinois au-dessus de la phrase en vietnamien en petites lettres. Idem pour des bornes kilométriques !

Insidieusement, le pouvoir vendu de Hanoï laisse ainsi cours à une éradication de la langue vietnamienne au profit du chinois. Des millions de smartphones chinois sont vendus avec explication uniquement en chinois. Déjà les distributeurs de billets de banque avec formules indicatives en vietnamien sont remplacés au fur et à mesure par des distributeurs avec des instructions en chinois (adoptés déjà par au moins 3 banques d’Etat dont la BIVD et Agribank).

Toujours dans les provinces frontalières, le pouvoir projette d’enseigner aux élèves des écoles primaires à la prochaine rentrée scolaire la nouvelle écriture vietnamienne calquée sur le pinyin (voir l’article à ce sujet dans ce blog) en attente de la suppression complète du vietnamien (depuis 2017, la langue chinoise est introduite comme première langue étrangère dès le primaire, en classe élémentaire), ce qui suscite une rébellion de la population qui parle de boycottage de l’ école et de confier collectivement leurs enfants à des instituteurs privés à domicile (cf. https://www.youtube.com/watch?v=ANd6QRBjcHI  à partir de 1.48). Autre projet mijoté : un nouveau passeport où le chinois figure parallèlement avec le vietnamien, dont un exemplaire modèle a fuité à l’étranger (cf. https://www.youtube.com/watch?v=pv9a25mVIuY&t=799s, à 2.45 ).

En même temps, dans les entreprises appartenant aux Chinois (60% des entreprises du pays selon une estimation officieuse), la direction pousse les employés à apprendre le chinois en leur promettant actuellement une augmentation de salaire en contrepartie ; mais à l’avenir, ce ne sera sûrement plus une incitation mais une obligation avec le choix entre sinisation ou renvoi.

La plate soumission du pouvoir de Hanoï à Pékin et la mainmise de plus en plus ostensible de la Chine sur le Vietnam sont enfin perçues par la population vietnamienne, suscitant une vaste révolte de la part de tous les citoyens inquiets pour l’existence même de leur pays) : depuis deux mois les esprits s’échauffent et les appels (par de nombreux internautes vivant au Vietnam même et pas seulement à l’étranger) à des manifestations générales et continues (à partir du 2-4/9/2018) bruissent sur le net. Le mot d’ordre ne sera plus halte à telle ou telle loi, mais « à bas le communisme » et « à bas le pouvoir vendu ». Espérons que leur patriotisme l’emporte sur leur peur d’une sanglante répression.

 

 

Inondations 2018 : Hanoï sous les flots

Tous les ans, de juin à septembre s’abattent sur le Vietnam des pluies diluviennes causant inondations et malheurs. En même temps, depuis une dizaine d’années, les centrales hydrauliques, peu prévoyantes dans leur gestion, choisissent toujours ces périodes pour déverser en aval les eaux de leur bassin de retenue, par peur de voir leur barrage s’écrouler sous la pression des flots, aggravant ainsi les crues et redoublant de la sorte les dégâts causés aux habitants et à leurs biens.

Cette année, les inondations au Nord du pays sont particulièrement dévastatrices à cause du déversement en plus exprès des eaux des barrages chinois en amont du Fleuve rouge, lesquelles s’ajoutant aux eaux de pluie, pèsent davantage sur les barrages vietnamiens et donc les poussent à ouvrir plus largement et plus longtemps leurs vannes, provoquant ainsi la rupture de nombreuses digues. Rien que pour les crues du 22 au 26/6/2018 le bilan des dommages s’élève à 15 morts, 11 disparus, 7 blessés, 1500 habitations démolies et emportées par les flots, 1200 ha de rizières et plantations diverses détruites, 5500 animaux de ferme et de basse-cour décimés, de nombreuses routes effondrées.

L’événement remarquable est que les fortes pluies quasiment ininterrompues du 18/7/2018 au 5/8/2018 dans la région de Hanoï ont causé une inondation spectaculaire dans la capitale. L’urbanisation sauvage de la ville depuis 10 ans sans aucun plan pour l’écoulement des eaux a rendu Hanoï sujet à inondation dès que la pluie dépasse 100mm. Les pluies torrentielles du mois dernier ont ainsi transformé de nombreuses rues en fleuves (voir http://dantri.com.vn/xa-hoi/khu-dan-cu-ha-noi-thanh-oc-dao-hinh-ca-giua-bien-nuoc-ngap-20180803100421402.htm ) qui mettent du temps à tarir, les lacs et étangs servant à l’épanchement des eaux étant pour la plupart comblés pour y construire des immeubles. Il est à noter que plusieurs quartiers particulièrement touchés par l’inondation étaient auparavant des banlieues campagnardes que le pouvoir a rattachées à la capitale et fait bétonner à tout va sans se préoccuper des infrastructures, faisant subir à ces villages naguère riants les mêmes problèmes sanitaires que la ville (cf. clip de Lê Dũng Vô Va https://www.youtube.com/watch?v=1di_PZDqW2w&t=1456s ).

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Car avec la crue les eaux des rivières et fleuves polluées par toutes sortes de rejets industriels et ménagers se mêlent aux eaux de pluie pour envahir maisons et lieux publics, avec pour conséquence la contamination des habitants par les bactéries et produits chimiques dangereux (arsenic, antibiotiques …) au point qu’au bout de deux semaines tous ceux qui y ont barboté se retrouvent avec des maladies de la peau. Pire encore, ces eaux entraînent avec elles des milliers de tonnes d’ordures que citoyens et entreprises déposent sauvagement dans divers endroits, à défaut de système de voirie efficient : actuellement chaque jour Hanoï produit 6500 tonnes de déchets solides dont seulement 70% sont enlevés pour être non pas incinérés mais entassés et enfouis dans un champ de 83,5 ha dans la région, le reste étant accumulé partout où il y a un espace plus ou moins libre (cf. http://daidoanket.vn/do-thi/ha-noi-truoc-van-nan-rac-thai-tintuc398855 ).

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Les quartiers périphériques de la capitale étant les derniers servis par la voirie, c’est là que les habitants souffrent en premier de la dispersion des ordures par les flots ; celui de Chương Mỹ qui abrite sur son territoire le plus de dépotoirs avec 15.000 tonnes de déchets entassés est complètement plongé dans des eaux devenues, avec les ordures, les cadavres d’animaux et les déjections humaines qui y flottent, d’immenses soupes aux microbes, bactéries et poisons chimiques, menaçantes pour la santé de ses habitants. (cf. . http://dantri.com.vn/xa-hoi/ngap-lut-o-chuong-my-thon-xom-ngap-chim-trong-bien-rac-20180806103203977.htm). Les médecins redoutent une série d’épidémies après la décrue.

Tricheries dans la notation au bac : une éducation en déroute

 

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Le 11/7/2018, après la proclamation des résultats de l’examen de fin d’études secondaires (trung học phổ thông, équivalent du baccalauréat, que nous appellerons bac par commodité) quantité de doutes et d’interrogations se sont exprimés sur la performance exceptionnelle des élèves de la province de Hà Giang (à l’extrême nord), qui représentent à eux seuls 43% des meilleurs lauréats ayant obtenu plus de 27 points sur 30 aux trois épreuves principales (mathématiques, vietnamien et langue étrangère). Sous la pression de l’opinion publique, le Ministère de l’Education et de la Formation a dû se concerter avec le Ministère de la Police pour procéder à une enquête à la suite de laquelle il reconnaît l’existence d’une majoration frauduleuse des notes (relevées de 1 à 8,5 points) de 330 copies d’examen appartenant à 114 candidats dans la province de Hà Giang lors d’une conférence de presse tenue en commun avec le Comité populaire de la province de Hà Giang le 17/7.

Le coupable désigné est le vice-directeur du Bureau des examens et de la gestion de qualité du Service provincial de l’Education et de la Formation Vũ Trọng Lương qui aurait sorti les 330 copies de leur enveloppe scellée pour en corriger les réponses et les notes en seulement deux heures (c’est-à-dire 6 secondes par copie). L’opinion sceptique ne croit donc guère qu’il a agi seul et encore moins de sa propre initiative. Le fait est que les candidats bénéficiaires de la fraude sont quasiment tous des enfants de la noklamentura provinciale, en particulier la fille du Secrétaire général du parti à Hà Giang, Trịnh Tài Vinh, connu d’ailleurs pour son népotisme, pour avoir placé neuf membres de sa famille aux postes les plus juteux de la province. Devant les critiques, les autorités ont arrêté le 23/7 le supérieur direct de M. Lương, le Directeur du Bureau des examens Nguyễn Thanh Hoài.

La fraude à l’examen est un mal récurrent dans un pays à l’administration aussi corrompue que le Vietnam, mais elle n’a jamais atteint un niveau aussi scandaleux. Par le nombre de cas concernés Hà Giang est l’arbre qui cache la forêt des provinces fautives. Ainsi à Sơn La (autre province à l’extrême nord du pays) où, selon la déclaration devant la presse le 23/7 du Directeur du Département de gestion de qualité du Ministère de l’Education-Formation, la fraude est plus grave et plus complexe à cause de la négligence dans la procédure de maniement des copies et de l’implication dans le forfait de cinq cadres chargés des examens, on compte au moins 42 candidats aux notes falsifiées. L’opinion et la presse notent aussi des résultats anormaux au bac dans d’autres provinces, Lạng Sơn, Điện Biên, Lai Châu, Hòa Bình au nord et Bạc Liêu au sud, et réclament des enquêtes dans toutes les provinces.

Pourquoi cette recrudescence de la fraude aux notes d’examen de fin d’études secondaires ? Pour comprendre il faut savoir que jusqu’en 2015 le bac ne permettait pas l’entrée directe aux grandes universités et écoles, les bacheliers devaient encore se soumettre à une sélection spécifique pour s’inscrire à l’établissement de leur choix et la concussion se portait sur cet examen sélectif, de façon relativement limitée. Depuis, cet examen de sélection dans les universités est supprimé et remplacé par l’exigence de certaines notes au bac, d’autant plus élevées que l’établissement est plus coté, lesquelles deviennent du coup l’objet de malversations. Et c’est dans les provinces les plus reculées où les cadres locaux s’érigent en potentats comme à Hà Giang que la fraude est la plus considérable.

Mais quelles sont donc ces universités si recherchées mettant si haut leur condition d’entrée (note supérieure à 27/30) ? Les universités de la Police ! Vous n’avez pas mal lu ; dans le Vietnam communiste du 21e siècle, le premier rêve des étudiants (si ce n’est pas seulement celui de leurs parents) n’est pas de devenir médecin ou ingénieur… comme partout ailleurs, mais de devenir policier en intégrant les 7 écoles supérieures de police : Institut politique de la Police populaire ; Institut de  Sécurité populaire ; Institut de Police populaire ; Université de Sécurité populaire ; Université de Police populaire ; Université de Prévention et d’extinction des incendies ; Université de techniques et de logistique de la Police populaire.

Comment se fait-il que les meilleurs élèves veuillent faire carrière dans un métier vilipendé par la population, lequel peut, dans le contexte politique actuel, les amener à commettre les pires atrocités (cf. les vidéos des exactions et tabassages barbares des policiers de diverses unités contre des citoyens sans défense) ? Entrent en jeu plusieurs facteurs :

Les frais de scolarité : Paradoxalement, sous le régime communiste de Hanoï censé être au service du peuple, l’instruction publique est payante. Depuis 1992, en même temps que se diffuse un nouveau discours mercantile sur le savoir comme une marchandise comme une autre et que l’éducation s’ouvre au privé, c’en est fini de la gratuité scolaire sauf pour les cinq années du primaire. Certes, les frais scolaires en maternelle et dans le secondaire restent minimes (moins d’un dollar par mois), mais pour permettre aux enseignants d’arrondir leur salaire, très bas (en moyenne de 100 à 200 dollars par mois), le gouvernement donne le feu vert aux diverses écoles publiques pour la perception de nombreux frais annexes du genre : heures d’études complémentaires, hygiène, boisson, etc. ; malgré un arrêté de 2011 limitant ces contributions supplémentaires, les écoles, quasiment autonomes, ne cessent d’inventer de nouvelles cotisations : pour l’embellissement ou la réfection de la classe, pour des plantations, pour remercier le corps enseignant, etc. Et le total des sommes versées par les parents pour chaque enfant peut atteindre 100 fois les frais officiels de scolarité, ce qui explique l’abandon de l’école de nombreux enfants de famille pauvre après le primaire.

Pour ce qui est des frais universitaires – toujours dans le public et non dans le privé, laissé à la discrétion des propriétaires – ils sont fort élevés par rapport au salaire mensuel moyen de la population (3 millions đồng  soit 145 USD) , le coût des études (année scolaire 2017-2018)  équivalant chaque mois à la moitié de ce montant pour les établissements les moins cotés et le dépassant pour les écoles les plus chères (médecine et pharmacie ; ajoutez à ces frais les dépenses de gîte, couvert et fournitures diverses et vous comprenez que pour la majorité des parents vietnamiens entretenir un enfant étudiant demande un énorme sacrifice.

Les écoles de police sont les seules, non seulement à être exemptes de frais scolaires, mais encore à rémunérer ses étudiants, considérés déjà comme des agents de l’Etat.

Le débouché : Alors qu’au Vietnam le taux de chômage général est de 2,3% (selon un rapport de Bloomberg de 2017), celui des diplômés de l’université atteint 17%. D’après le Ministère de l’Education et de la Formation, le nombre des étudiants dans les universités et écoles supérieures en 2017 est d’environ 1,1 million dont environ 300.000 sortent avec un diplôme (de licence, un peu moins de 200.000, 4 ans d’études, de maîtrise 105.801, 5 ans et de doctorat, 15.112, 6 ans). Mais 200.000 d’entre eux ne trouvent pas d’emploi, et parmi les 100.000 qui en trouvent ce sera souvent dans une branche n’ayant aucun rapport avec leur diplôme (par exemple en tant que chauffeur de voiture pour Grab et Uber), ce qui en résulte que seulement 15% des diplômés ont un emploi correspondant à leurs études. Gâchis colossal pour l’Etat comme pour les familles ! Au lieu de réformer le programme universitaire complètement inadapté et abrutissant (sachez que les deux premières années universitaires sont surtout consacrées à la pensée Hồ Chí Minh et à l’histoire du parti communiste !), le gouvernement préfère pousser les jeunes chômeurs à émigrer (chaque année environ 100.000 Vietnamiens – 134.751 en 2017 – quittent le pays pour aller travailler à l’étranger).

Les étudiants des écoles de police n’ont pas de souci à se faire quant au chômage. Devenus les bras armés du parti, ils sont assurés d’un emploi à vie, avec des avantages supérieurs à ceux des autres fonctionnaires.

Le retour sur investissement : Sauf s’ils ont des qualités particulières, les employés diplômés ne touchent pas plus que des employés sans diplôme. Il faut dire qu’à de rares exceptions, à cause d’un enseignement obsolète, les diplômes universitaires vietnamiens n’assurent aucune compétence certaine, ne sont guère reconnus à l’étranger et aucune université vietnamienne, (sur 235, y compris les universités privées, selon le chiffre officiel ou sur 450 selon le chiffre officieux ; pourquoi une telle différence entre ces deux comptages, nous n’avons pas trouvé d’explication) n’est classée par THE (Times higher education rankings) parmi les meilleurs établissements asiatiques. Pourtant, les cadres du parti prisent ces bouts de papier car ils sont indispensables à leur promotion. Et comme nombre d’entre eux ont été de mauvais élèves mais sont recrutés par népotisme ou par concussion, pour mériter leur position, ils se livrent à l’achat de ce que l’on appelle des faux vrais diplômes, dénoncés de temps en temps à l’occasion d’une disgrâce. Et face à l’état lamentable des universités locales, tous ceux qui peuvent se le permettre envoient leurs enfants étudier à l’étranger (dans les autres pays d’Asie aussi bien qu’en Occident), pratiquant ce que l’on appelle « l’exil éducatif » (qui concerne actuellement 64.000 étudiants).

Certains des jeunes déçus n’hésitent pas à déchirer leur diplôme en public (via internet) en guise de protestation contre l’insignifiance de leur formation. Ils ne peuvent que se révolter en constatant que leurs parents ont investi en vain dans leurs études, surtout si ces derniers ont dû vendre maison ou terre pour les financer. En plus, à moins de disposer de relations opportunes, avec la corruption généralisée des cadres, aucune embauche ne peut se faire au Vietnam sans « enveloppe » remise aux décisionnaires petits et grands. Et le salaire, plutôt bas au Vietnam, permet difficilement aux nouvelles recrues d’amortir les investissements consentis avant plusieurs années de travail.

Pour les diplômés des écoles de police, à l’exception des élèves dont l’admission a été « achetée », le problème de retour sur investissement ne se pose pas puisque les études sont gratuites et même rémunérées. De plus, avec le pouvoir qui leur est dévolu, ils peuvent rapidement s’enrichir sur le dos de leurs concitoyens, avec un brin de malhonnêteté ou de mauvaise foi.

Or, depuis des dizaines d’années le système éducatif vietnamien institué dans un but purement politique : « former des enfants sages de l’oncle Hồ » et des « citoyens fidèles au parti au pouvoir » entré en collision avec la nouvelle valeur sociale de l’argent roi, ne cesse de se détériorer. Les jeunes, passés pendant de 5 à 12 ans à la moulinette d’une propagande intense basée sur des manuels officiels dont il est interdit de s’écarter, deviennent pour la plupart passifs, sans réflexion critique et esprit d’initiative, et donc inaptes à construire une économie moderne. En outre, habitués à l’injustice et au double langage de leurs enseignants qui prêchent le sacrifice au nom du bien commun mais mettent leur profit personnel avant l’intérêt de leurs élèves ou leur devoir professionnel en les obligeant, par exemple, à prendre des cours de soutien payants auprès d’eux s’ils veulent la transmission d’un savoir plus fourni, nécessaire au passage en classe supérieure, ils finissent par trouver le mensonge et l’hypocrisie normaux, d’autant plus qu’ils les retrouvent dans leur entourage, même chez leurs parents.

Par ailleurs, le manque de probité des enseignants les porte facilement à l’amoralité et même à l’immoralité qu’ils communiquent à leurs élèves. Violence et sexe s’introduisent dans l’école à tel point que journaux et vidéos ne cessent d’évoquer des cas de viols d’élèves perpétrés par des enseignants pédophiles, de punitions barbares infligées aux élèves par les institutrices de maternelle et de primaire, de bagarres sauvages entre élèves, garçons comme filles, pour des motifs les plus futiles… On voit même dans les vidéos des lycéens et lycéennes se livrer en récréation à des jeux de mime d’actes sexuels explicites et vulgaires.

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C’est cette accoutumance à l’injustice, au mensonge et à l’immoralité donnés en exemple dès l’âge tendre qui encourage l’indifférence au malheur d’autrui, à la malhonnêteté et la corruption dans tout le pays, de haut en bas, pour toutes les relations humaines impliquant un intérêt et un semblant de pouvoir. Et comme l’emploi est ce que tout un chacun vise pour gagner sa vie, on assiste à la vénalité générale des offices, même dans les postes les plus modestes comme celui d’éboueur. Ceux d’enseignants n’échappent pas à cette règle. En mars dernier a éclaté à Krông Pak (province Dak Lak) un scandale sur la résiliation du contrat de plus de 500 instituteurs en surnombre, qui a mis en lumière cette pratique de vente et d’achat de poste (de 60 millions đồng pour chaque instit dont le salaire n’est que de 1,5 million đồng soit 67 USD par mois) tellement avantageuse que les services concernés n’avaient pas hésité à recruter à tout va alors qu’il n’est prévu que 83 postes pour ce district.

Les enseignants sont si mal payés que les meilleurs bacheliers rechignent à s’inscrire dans les facultés de pédagogie (écoles normales supérieures), ce qui dissuade ces dernières de se montrer exigeantes pour les notes requises, lesquelles sont tellement basses (9 points) que tous les candidats peuvent être admis, avec ce résultat que les transmetteurs du savoir sont cependant les moins savants. Pour remédier à cette médiocrité du corps enseignant, le gouvernement veut que ces écoles relèvent leurs conditions d’entrée, mais si les salaires ne suivent pas, le problème ne fera que se changer en celui du manque de candidats admissibles.

La déliquescence de l’éducation nationale et le peu d’empressement du gouvernement à la remettre en question fait le jeu de Pékin qui ne demande pas mieux que de voir la jeunesse vietnamienne décérébrée, égotiste et ignare, et donc prête à accepter le joug chinois. En même temps, pour se procurer de futurs bons collabos, Pékin distribue largement des bourses aux étudiants pour des études (non pas en sciences exactes, utiles au développement du pays, mais en sciences sociales et en langue chinoise) en Chine sans exiger de niveau préalable. Heureusement que la contre-propagande des amis de la liberté de l’intérieur comme de l’extérieur du pays diffusée largement grâce à Internet depuis deux ans commence à porter ses fruits en éveillant la conscience des jeunes Vietnamiens à la situation de leur patrie et donc à la nécessité d’une révolution pour changer la donne.

Manifs et répressions

Par DANG PHUONG NGHI

Le matin du 10/6/2016, en réponse à l’appel à une manifestation générale contre les deux lois sur les zones économiques spéciales (ZES, considérées comme des concessions chinoises déguisées) et sur la sécurité sur internet (en fait sur le déni de la liberté d’opinion et d’information), des centaines de milliers de Vietnamiens (400.000 selon l’estimation du facebooker Hoàng Ngọc Diêu), certains avec famille et enfants sont descendus dans les rues de diverses villes du pays : avec moins d’affluence au nord où la population mise au pas depuis plus longtemps et plus surveillée (à Hanoï, quelques centaines de personnes n’ont pu s’assembler que deux heures avant d’être dispersées manu militari par la police) est restée craintive sauf dans les paroisses chrétiennes du centre-nord, en masse dans le sud, de Đà Nẵng à Phú Quốc en passant par les villes du delta du Mékong, en particulier à Saïgon. Leur nombre, impressionnant dans un régime communiste où le peuple est bombardé de propagande prônant l’obéissance absolue envers le parti, a frappé de stupeur les autorités qui ont mis du temps à réagir.

A Saïgon, les policiers, pris par surprise, n’ont pas pu empêcher la foule des manifestants de forcer les barrages pour déambuler pendant des heures (de 8h à 17h) sur les grands axes en hurlant des slogans contre lesdites lois certes, mais surtout contre la Chine et aussi contre le communisme et le parlement vendu aux Chinois, se bornant à frapper et dépouiller les manifestants à l’écart ou en queue de la foule compacte. Mais vers la fin, profitant du relâchement des rangs et de la fatigue des marcheurs, les policiers et leurs nervis en civil et masqués se sont jetés au hasard sur les manifestants quel que soit leur sexe ou leur âge pour les battre sauvagement et les traîner dans le panier à salade (ce qui a causé un incident diplomatique avec les Etats-Unis, l’un des plus de 200 battus et emmenés au poste étant un citoyen américain d’origine vietnamienne). S’il n’y a pas de confirmation sur quelques cas de tabassage à mort, le facebooker Đinh Quang Tuyến cite le cas d’un ami, Trịnh Toàn, battu au point d’être saisi de commotion cérébrale et hospitalisé et la journaliste Phạm Đoan Trang décrit le calvaire d’un jeune homme de sa connaissance battu et torturé par 20 policiers 6h de suite jusqu’à perte complète de connaissance.

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Les manifestants ont partout défilé pacifiquement malgré les provocations des « propagandistes » et même quand certains ont été enlevés par la police. Cependant, dans la province de Bình Thuận des phénomènes de violence de la part des habitants des villes Phan Thiết (préfecture), Phan Rang et Phan Rí ont éclaté en réponse à celle des policiers, surtout quand la police a refusé de relâcher les personnes enlevées. A Phan Thiết, la foule furieuse a forcé les barrages policiers pour s’introduire dans le siège du Comité populaire (alias hôtel de la préfecture) et l’occuper. Délogés le lendemain matin (11/6) par un renfort de policiers qui ont arrêté dans la foulée plus de cent personnes,  ils sont revenus dans l’après-midi s’attaquer au siège de la police provinciale à coups de jets de pierres et de cocktails molotov, mettant le feu à une dizaine de voitures officielles et à genoux une centaine de policiers en déroute ; mais au lieu de les garder prisonniers pour s’en servir comme otages, les manifestants se sont contentés de les obliger à enlever leurs uniformes et à déposer des armes avant de leur permettre de s’enfuir par-dessus le mur de l’immeuble. En même temps, des jeunes de Phan Rí ont fait subir le même sort aux policiers de la caserne des pompiers de la ville. Le calme n’est revenu que le 12/6 avec l’intervention de l’armée et des tanks et l’arrestation d’une centaine de supposés casseurs. Pour intimider les autres, la police vient dans chaque maison interroger ses habitants. Les autorités ayant promis de sévir fermement, la population se déclare déterminée à se révolter si la vengeance étatique se fait sanglante. Or, si la mort non confirmée de deux personnes a eu lieu lors de la manifestation, vient d’être dénoncé (le 19/6) le décès d’un jeune homme de 18 ans pour côtes cassées et blessures internes à la suite d’un tabassage en règle dans le poste de police.

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Si les habitants de Bình Thuận ont été moins patients qu’ailleurs, c’est parce que de toutes les provinces ils ont le plus souffert récemment de la politique pro-chinoise du gouvernement : Depuis près de deux ans, l’air qu’ils respirent et la mer dont ils vivent (pêche, saline et fabrique de nước mắm) sont pollués par quatre grosses centrales thermiques à charbon (Vĩnh Tân dont au moins deux chinoises) qui rejettent directement leurs déchets dans la nature avec la bénédiction du gouvernement. L’eau dont ils ont besoin pour leur activité quotidienne et leur culture est accaparée par 5 entreprises chinoises de titane qui puisent jusque dans la nappe phréatique, causant outre la pénurie d’eau et la destruction des forêts, la pollution terrestre. Les pêcheurs, obligés d’aller au large pour trouver des poissons, se heurtent en mer aux bateaux chinois qui les canardent et coulent leurs embarcations sans que les autorités pipent mot. Leur manifestation contre cet état de fait l’année dernière ayant été fortement réprimée dans l’indifférence générale, ils voient leur vie se détériorer et leur avenir bouché inexorablement. Sans tenir compte de leur désespoir, le pouvoir profite de leur violence pour les présenter comme des terroristes et discréditer du coup tous les manifestants comme des naïfs dont le patriotisme est exploité à mauvais escient par des forces hostiles, justifiant de la sorte la future répression contre toute manifestation qualifiée dans les media officiels d’attroupement illégal.

Il est à remarquer que le droit de manifester ses opinions est reconnu aux citoyens dans la constitution vietnamienne de 2013 en vigueur, rédigée pour être conforme aux réquisits libéraux des organisations internationales auxquelles Hanoï a adhéré. Mais malgré ses promesses, le pouvoir n’a jamais voulu promulguer une loi ou un texte d’application sur ce droit de manifester, parce que la dictature communisme nie par nature ce droit et un texte qui transcrit ce refus et réduit à presque néant le droit de manifester fermerait au pays la porte des dites organisations. Voilà que le 19/6, dans une réunion avec des électeurs, le président Trần Đại Quang déclare la nécessité d’une loi sur les manifestations et promet d’en faire une requête au parlement. Mais les journaux (dont le populaire Tuổi trẻ) ont à peine sorti cette nouvelle que trois heures après, ils ont dû, sur ordre du Bureau de propagande, réimprimer leur numéro pour effacer le contenu de l’information et le remplacer par un autre dénonçant les manifestations à Saïgon et Bình Thuận comme des actes motivés par les incitations d’éléments hostiles. En pays communiste, même le président peut être censuré quand il parle en faveur de la liberté !

Grâce à l’effet catalyseur des 2 lois liberticides , les Vietnamiens prennent conscience que s’ils ne se lèvent pas maintenant pour contrer le régime et changer la donne, le pays tombera fatalement sous peu dans les mains des Chinois dont ils deviendront des esclaves à l’égal des Tibétains et Ouighours (déjà avec un gouvernement soi-disant indépendant, ils sont citoyens de deuxième zone par rapport aux immigrés chinois qui jouissent de facto de l’immunité administrative, judiciaire et fiscale, les autorités osant rarement les inquiéter pour leur comportement et action). Pour faire plier le pouvoir communiste ils n’ont que leur courage et leur nombre, à condition de les montrer chaque jour plus grands et dans la plus grande ténacité. Par suite ils ne peuvent laisser refroidir le feu du patriotisme réveillé en eux. C’est ainsi que des appels à des manifestations continuelles sont transmis de bouche à oreille et à travers les réseaux sociaux (que le gouvernement veut justement contrôler sinon fermer avec sa loi de sécurité sur internet). Aussi voit-on les habitants d’autres villes et d’autres localités manifester à leur tour les jours suivant le 10/6 (tels le 11/6 avec les 30.000 ouvriers de l’usine Pouyuen à Bình Chánh et le 12/6 avec ceux des usines de Long An).

Un mot d’ordre de remettre la partie étant lancé pour les samedi et dimanche 16-17/6, pour empêcher une nouvelle démonstration de force dans les rues surtout dans le sud, le pouvoir de Hanoï a envoyé 25.000 policiers nationaux armés (chính quy) à la rescousse des polices provinciales. Selon la rumeur, ces unités comprennent des militaires chinois dépêchés par Pékin déguisés en policiers vietnamiens, chargés de mater la population afin de sauver le régime, instrument indispensable de l’annexion du Vietnam à la Chine. Les policiers locaux n’étant jusqu’ici munis que de pistolet à gaz lacrymogène, de matraque et de fouet électrique, pour les rendre plus efficaces contre la population révoltée, le pouvoir vient de décider dans la précipitation de leur confier à l’instar de la police nationale des armes létales (fusils et grenades). Au spectacle de barrages et barbelés comme d’une multitude de soldats et de policiers menaçants déployés dans les endroits les plus stratégiques des grandes villes depuis le 15/6, on se croirait en temps de guerre, et guerre il y a, mais du pouvoir communiste contre son propre peuple.

Parallèlement à des mises en garde contre tout attroupement dans les media et par voie des tracts, une rafle générale est organisée contre tout citoyen susceptible de participer à une manifestation : Le week-end des 16-17/6, tout groupe d’au moins trois personnes marchant dans la rue, debout dans une librairie ou attablé dans un café dans les quartiers « sensibles » est interpellé et obligé de montrer sa carte d’identité, celui ou celle ne l’ayant pas sur lui/elle étant frappé(e) d’une forte amende, et si une personne déplaît pour une raison ou une autre aux policiers, elle est aussitôt appréhendée ; de même pour des personnes isolées mais avec un sac à dos douteux ou photographiant avec un smartphone. C’est ainsi qu’à Saïgon rien qu’en la seule journée du 16 /6 près de 200 personnes sont arrêtées. Au poste de police les malchanceux sont soumis à un interrogatoire musclé sur leurs intentions politiques, battus et torturés des heures (par exemple, sous les coups, la facebooker Võ Thị Tuyết Lê a perdu plusieurs dents qu’elle a dues avaler) et parfois des jours durant. Ils finissent par être renvoyés chez eux ou hospitalisés en cas de blessure grave, sauf une minorité, considérée peut-être comme fortement rebelle, qui reste détenue sous le chef d’inculpation « atteinte à l’ordre et à la sécurité ».

A cause donc de la surveillance accrue et de la répression, les Vietnamiens ne sont pas descendus dans la rue le week-end dernier, à l’exception des dizaines de milliers de chrétiens des provinces centrales Nghệ An et Hà Tĩnh, victimes des Chinois de Formosa, conduits par leurs prêtres et bonnes sœurs (le 17/6) ainsi que de milliers d’habitants de Chợ Gạo à Mỹ Tho, forts du statut de berceau de révolutionnaires de leur petite ville, venus assiéger le QG militaire de la province Tiền Giang (siège de la 9e circonscription militaire) aux cris de l’unique slogan  « A bas le communisme qui vend le pays » (le 18/6). Les revendications du peuple n’évoquent plus les lois sur les ZES et l’internet, car la population comprend désormais qu’elles ne sont que secondaires, car c’est sa liberté et son existence en tant que vietnamienne, c’est-à-dire la survie du Vietnam, qui sont en jeu face à l’ambition dévorante de la Chine et la traîtrise éhontée de ses gouvernants. Des appels à d’autres manifestations ce 24/6 et à tous les week-ends futurs quand c’est possible ainsi qu’à la désobéissance civile et même à l’insurrection continuent à circuler sur le net. Les Vietnamiens seront-ils assez nombreux pour avoir la volonté de s’engager dans ce bras de fer avec les autorités sachant qu’ils le paieront avec beaucoup de sang et de larmes ?  

Loi de sécurité sur internet ou loi d’entrave des internautes ?

Par DANG PHUONG NGHI

L’appel à une manifestation générale le 10/6/2018 contre le projet de loi sur les ZES (plus justement contre toute implantation chinoise au Vietnam comme c’est écrit sur certaines pancartes : « nous sommes contre toute location de terre aux Chinois, même pour un seul jour » a été massivement suivie dans toutes les villes vietnamiennes, en particulier à Saigon et Nha Trang, où les citoyens se sont déversés par centaines de milliers dans les rues, une première dans le Vietnam communiste.

Parmi les slogans écrits et scandés figure une protestation « non à la loi de sécurité sur internet ». Pourquoi cette formule au milieu des phrases anti-chinoises ?

Le fait est qu’en même temps que la loi sur les ZES, le pouvoir veut faire passer ce 12/6/2018 une « loi de sécurité sur internet » destinée en principe à la protection de l’espace internet contre les activités « nuisibles à la sécurité nationale, à l’ordre, à la sécurité sociale, aux droits et aux intérêts des organisations et des individus », mais visant en réalité à museler l’opinion, en empêchant la population d’accéder aux informations défavorables au parti et aussi bien sûr de les diffuser et de communiquer pour une action commune, surtout maintenant que, sous la pression de Pékin, Hanoï doit accélérer les transferts de souveraineté du Vietnam à la Chine suivant l’accord secret entre les partis communistes des deux pays.

Ce projet de loi, calquée sur la loi chinoise « Management regulations on internet forum and community » promulguée l’année dernière (25-8-2017, fait fi comme chez les Chinois, des droits les plus élémentaires de l’homme que sont la liberté de parole, la liberté de s’informer et de s‘instruire, le droit à une vie privée. Emue par la teneur de cette loi, le 7/6 l’organisation Human Rights Watch a sonné l’alarme et émis son inquiétude auprès du gouvernement vietnamien, suivie le 8/6 dans cette démarche par le Canada et les Etats-Unis qui rappellent à Hanoï que cette loi contrevient à ses engagements lors de son entrée dans l’organisation du commerce international (OMC).

Comme mesures liberticides dans le projet de loi citons par exemple : l’article 2.9 qui assimile tout « franchissement volontaire » « de la muraille de feu » à un acte d’espionnage ; les articles 8 &15 interdisant tout écrit et toute diffusion des informations « hostiles à la république socialiste du Vietnam » et « offensantes envers … les dirigeants ». Selon l’article 26 les opérateurs d’internet sont obligés de garder toutes les données concernant leurs abonnés, de les communiquer à la police dès réception d’une lettre d’icelle (sans besoin d’ordre de la Justice), d’effacer les informations incriminées dans les 24h suivantes, et, à la demande du Ministère de la police ou de celui de l’information et de la communication, de fermer le compte de l’abonné (particulier ou organisation) et ne plus lui fournir le service d’internet. Les fournisseurs d’internet étrangers (sous-entendus Google, Facebook, Microsoft…) étant inclus dans cet article, nous aimerions connaître leur réaction.

L’organisme FireEye, spécialisé dans la protection des données et de la sécurité des ordinateurs, révèle en 2015 que tous les sites web et le réseau d’ordinateurs du Vietnam sont surveillés et piratés par les Chinois du groupe APT30 depuis une dizaine d’années. Après tergiversation, Vncert, le Centre de secours des ordinateurs dépendant du Ministère de l’information et de la communication a reconnu que toutes les attaques informatiques (quasiment permanentes puisqu’en seulement 2 mois, 7-8/2015 plus de 1000 serveurs et environ 2500 sites furent attaqués – cf. https://www.voatiengviet.com/a/an-ninh-mang-google-facebook/4430229.htm ) sont l’oeuvre de pirates chinois. Les incursions chinoises sont d’autant plus faciles que 6/7 des équipements informatiques utilisés dans les entreprises et les services publics vietnamiens sont de fabrication chinoise (Huawei et ZTE, compagnies connues de surcroît pour l’habitude de cacher des virus espions dans leurs produits). Un problème aussi important pour la sécurité nationale que le contrôle de l’internet vietnamien par les Chinois devrait donc un sujet de préoccupation pour le gouvernement, pourtant le pouvoir de Hanoï ne s’en soucie guère.

Ainsi la future loi, loin de donner des moyens pour se prémunir contre les menées de piratage de la Chine, ne cherche qu’à chercher noise aux citoyens par crainte de leur opposition au régime. En voulant mettre internet sous tutelle et serrer l’accès à l’information, le pouvoir nuit non seulement au développement des entreprises (en informatique en premier) mais aussi à celui de l’éducation nationale. Les Vietnamiens, dont l’esprit s’est ouvert au monde grâce aux livres et articles publiés sur le net, ne peuvent que se révolter contre un projet qui les renvoie aux heures sombres d’avant internet où le parti leur faisait gober les pires âneries et mensonges.

Comme la nouvelle sur le vote de la loi leur est parvenue trop tard et qu’elle coïncide avec celle plus urgente sur la création des ZES, il n’est pas étonnant qu’à défaut d’en faire l’objet d’une action spéciale, les manifestants ont inclus leur refus de la loi de sécurité sur internet dans leurs réclamations pour la défense du pays.   

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