SOS Vietnam

STOP à son annexion génocidaire par la Chine Communiste

Étiquette : Bùi Hiền

Stratégie d’effacement de la langue vietnamienne avant la fusion du Vietnam à la Chine

Nguyễn Hoàng Hân, Institut des ressources de la Mer orientale

Récemment, nous est parvenu un document secret qui confirme la sinistre volonté de Pékin de détruire la culture vietnamienne derrière le projet de changement d’écriture du professeur Bùi Hiền. Il s’agit d’un texte dont l’auteur serait Nguyễn Hoàng Hân, un expert de l’Institut d’Etudes des ressources de la Mer orientale. Nous en donnons ici la traduction intégrale avec toutes les réserves nécessaires en l’absence de moyen de vérification des faits.

Le 20-11-2017, le docteur-professeur Bùi Hiền, 83 ans, a lancé un livre « Réforme de la langue vietnamienne » pour l’usage d’une nouvelle langue vietnamienne. Une sorte de vietnamien sinisé, phonétisé selon le chinois de Pékin (synthèse du parler mandarinal et du parler vulgaire). Pour plus de compréhension, il s’agit d’une sorte de chinois appliqué aux seuls Vietnamiens dans les années à venir, phonétisé à partir du chinois, afin de faire du vietnamien un dialecte chinois, analogue au chinois en usage à Canton, au Hunan, au Tibet, au pays Ouighour, dans la Mongolie intérieure…, pendant sa période d’autonomie, avant son annexion.

Le livre de Bùi Hiền, qui comprend 2000 pages et qu’à ses dires, il a mis juste 20 ans à écrire, a obtenu le permis de publication du Ministère de l’Education vietnamien. Au Vietnam, rien que distribuer une feuille volante A4 pour faire la réclame d’un baume ou d’un remontant exige un permis de la Police. A fortiori un ouvrage sur la transformation du vietnamien en chinois. Sans l’accord du Parti, même l’aïeule paternelle de M. Bùi Hiền n’ose un tel acte. Il ‘agit ici d’une campagne d’envergure, avec planification, machination, stratégie et large diffusion afin de préparer l’esprit des Vietnamiens, en vue d’éviter leur perplexité le jour pas très lointain où la langue vietnamienne sera complètement abolie.

On crée une sorte de chinois particulier à telle ou telle région ou secteur, dans le but de tromper un peuple avant de détruire son langage, de l’assimiler doucement sous la direction et le commandement des autochtones qui sont chargés de réaliser l’annexion lequel dans le plan de 60 ans débute en 2020 et prend fin en 2060. A cette date le Vietnam ne sera plus qu’une province.

  1. Bùi Hiền ment, le Parti lui aussi ment. « L’alphabet de réforme de l’écriture vietnamienne » en question est entièrement l’œuvre du « Département de linguistique chinois », dont le chef est le professeur Từ Hướng Hòa (troisième fils du maréchal Từ Hướng Tiền) [Xu Xiangqian (徐向前, 1901-1990)] ; son élaboration s’est terminée en mars 1998, sous le Secrétariat général de Jiang Zemin (1989-2002). Maintenant, c’est le moment d’ordonner au Pouvoir vietnamien de remplir leur mission de diriger les Vietnamiens sur la voie progressive de l’assimilation et de l’intégration dans la société chinoise, de façon « paradisiaque », pacifique, au point qu’ils fassent volontairement don de leur pays pour qu’il devienne une province de la Chine !

Uông Dương — petit-fils paternel de Uông Tinh Vệ [Wang Jingwei (汪精卫, 1883-1944)], président de la république chinoise de Nankin (1940-1944) qui collabora ensuite avec les Japonais puis avec Mao Zedong, dont le benjamin Uông Triệu Quang, garde de corps de Mao à 17 ans avant d’être nommé à 40 ans « Chef du Service de protection du président Mao » eut pour fils aîné Trương Dương —  est un disciple fidèle de Xi Jinping, membre permanent du Bureau politique, vice-premier ministre de l’Institut des affaires étatiques, cumulant 5 fonctions : 1- Chef de la cellule des opérations de coordination au pays Ouighour, 2- Chef de la cellule des opérations de coordination au Tibet, 3- Chef de la cellule des opérations de coordination en Mongolie intérieure, 4- Chef de la cellule des opérations de coordination en Formose, 5- Chef de la cellule des opérations de coordination au Vietnam.

Autrement dit Uông Dương c’est le dirigeant du « Palais des colonies », celui qui a la compétence absolue sur le sort des pays susdits.

Il y a un an, à 16h de l’après-midi du 12-1-2017, au Grand hall de la rue du peuple à Pékin, M. Nguyễn Phú Trọng (Ruan Fuzhong) a signé « 15 accords » à caractère de dépendance et de soumission à Pékin. Mais l’accord n°16 n’a pas été signé sur un texte, seulement signé oralement , c’est-à-dire que c’est un « accord secret ». Il s’agit du texte « Réforme de l’écriture vietnamienne » pour qu’elle ait la consonance du chinois, que Uông Dương  remet en main propre à M. Nguyễn Phú Trọng. Le Ministère de l’Education nationale apprendra le vietnamien sinisé aux élèves du primaire en 2023, aux élèves du secondaire général en 2026 et aux étudiants de l’université en 2030.

En 1969, Zhu Enlai fit savoir à Lê Duẩn que la Chine était en train d’avoir un plan de relation diplomatique avec les Etats-Unis, et demanda au Vietnam de rester « dans la défensive », d’utiliser la solution politique et non militaire, de ne pas « attaquer » continuellement le Sud. En mars 1969 Lê Duẩn vint rencontrer Mao Zedong dans le Hunan (pays natal de Mao). Lors de cette rencontre Mao lui posa une question perfide : « Est-ce vrai que dans l’histoire le Vietnam a battu l’armée mongole des Yuan ? ». Lê Duẩn modestement répondit « En effet. » Mao Zedong de dire : « C’est de l’histoire ancienne. Mais aujourd’hui et plus tard je veux déplacer 500 millions de Chinois des miens pour les installer dans toute l’Asie du Sud-Est, et le Vietnam est le tremplin dans cette campagne, qu’en pensez-vous camarade ? ». Lê Duẩn répondit : « Le camarade président peut faire ce qu’il veut, pourvu qu’il ne pousse pas le Vietnam dans ses retranchements par l’artillerie, les tanks et les missiles»

Mao Zedong le questionna encore : « Si nous voulons utiliser le Vietnam comme un tremplin pour avancer dans le Sud-Est asiatique sans avoir recours à la guerre, il n’y a qu’un unique moyen, c’est que les deux pays doivent « coopérer ». Le sens du mot « coopérer » Lê Duẩn le comprend sûrement tout à fait ! S’il le comprend mais ne l’applique pas, c’est qu’il s’appuie sur l’URSS. C’est pour cette raison que le 17-2-1979 Deng Xiaoping ordonna aux généraux de corps d’armée Dương Đắc Chí (Yang Dezhi 杨得志) et Hứa Thế Hữu (Xu Shiyou 许世友) de prendre le commandement de 600.000 soldats, avec 400 tanks et 2200 canons de 122mm, pour déferler à travers la frontière, raser 6 villes du Nord, « donner une leçon au Vietnam ». Dans cette guerre, quoiqu’on en dise, les Chinois ont perdu nettement. Furieux, Deng Xiaoping mit hâtivement en pratique la politique de « Réforme en 4 stades ».

A la mort de Lê Duẩn le 10-7-1986 (à l’âge de 79 ans), Nguyễn Văn Linh le remplaça au poste de Secrétaire général du 18-12-1986 au 28-6-1991. Nguyễn Văn Linh « coopéra » systématiquement avec Pékin d’après le « traité secret » signé à Cheng Du (Sichuan) le 4-9-1990, dans lequel existent 10 articles qui stipulent précisément : « 1- Annexer la terre ferme (l’opinion se trompe en pensant que le Vietnam cède du territoire, des eaux territoriales. La vérité est que c’est une annexion progressive). 2Annexer la mer. 3Annexer l’économie. 4- Annexer la défense nationale. 5- Annexer la police. 6- Annexer l’espionnage. 7- Annexer le renseignement. 8- Annexer la population migrante. 9- Annexer la culture. 10- Avant l’annexion du territoire il y aura un délai de 17 ans pour l’annexion de la langue.

En 42, Lưu Tú (Liu Xiu), l’empereur Quang Vũ (Guangwu) des Han donna l’ordre au général Mã Viện (Ma Yuan) de prendre le commandement de 20.000 soldats pour envahir le Vietnam. Au bout d’un long combat, les troupes des deux sœurs Trưng en manque d’équipement et d’expérience, ne purent résister contre l’armée aguerrie de Mã Viện. Après sa victoire sur les sœurs Trưng, Mã Viện fit décapiter le tiers de la population vietnamienne et exterminer les trois lignées [du père, de la mère et du ou de la conjoint(e)] des familles Trưng, Thi, Đô, Lá, Thiều, Ngọc…, raison pour laquelle ces familles n’existent plus au Vietnam. Mã Viện s’adressa ainsi au roi Lưu Tú (le fondateur de la dynastie des Han de l’Est) : « Le Vietnam [ndt : à l’époque le Vietnam s’appelait Lĩnh Nam] a des lois propres, des coutumes propres, un langage différent de celui des Han, pour les assimiler il faut supprimer leur langue ». Mais les Vietnamiens, d’un côté « combattirent par la guérilla » durant des centaines d’années jusqu’à ce que Ngô Quyền déclarât l’indépendance, de l’autre côté firent semblant de coopérer avec les éparques chinois, apprirent le chinois, écrivirent en chinois, mais quand ils parlaient entre eux, ils utilisaient leur langue. Ils n’osaient l’appeler langue du Nam (Nam ou Sud = An Nam ou Sud pacifié) et la désignaient par « Nôm » en prononçant le mot de travers. Ils maintenaient opiniâtrement les coutumes, les lois, la langue de leur peuple, ce qui fait que le Vietnam est le seul pays parmi les Cent Việt à ne pas être assimilé à la Chine et à se perpétuer plus de 4000 ans.

L’homme de culture Phạm Quỳnh, avant d’être fusillé avec M. Ngô Đình Khôi (frère du président Ngô Đình Diệm) et Ngô Đình Huân (fils de Ngô Đình Khôi) dans le bois de Hắc Thú (Huế) en août 1945, a laissé cette parole historique : « Tant que la langue vietnamienne subsiste, notre pays subsiste. Que la langue vietnamienne disparaisse et notre pays disparaît. » Le grand écrivain Voltaire a aussi dit : « La patrie c’est le point auquel notre cœur est attaché » [ndt : la citation exacte est « La patrie est aux lieux où l’âme est enchaînée ».

Si la langue est abolie, le peuple disparaît avec elle ! Parce que la langue fait l’homme. C’est l’homme qui édifie la patrie. Si sa langue n’existe plus, l’homme devient un esclave et sa patrie tombe dans le néant, elle est effacée de la carte du monde, les coeurs seront brisés et les larmes couleront en fleuve, car « l’eau s’écoule pour toujours sans revenir à la montagne (Tản Đà) [ndt : il s’agit d’un vers du poète Tản Đà, où le mot « nước » = eau désigne aussi le pays].    

Destruction de la langue vietnamienne en marche : Projet de changement de l’écriture vietnamienne

Par Đặng Phương-Nghi

Depuis une dizaine de jours, les media officiels aussi bien que marginaux ainsi que les réseaux sociaux bruissent des discussions enflammées au sujet d’un projet de changement d’écriture du vietnamien proposé par Bùi Hiền, un professeur à la retraite, ancien vice-directeur de l’école normale supérieure des langues étrangères à Hanoï, dans un article publié en novembre dans les actes du Congrès national de linguistique tenu à Đà Nẵng en septembre 2017.

Sous prétexte de simplification et d’économie de papier (8% de moins par rapport à l’écriture actuelle) Bùi Hiền réduit les lettres de l’alphabet existant (abolition de đ et des lettres doubles pour les phonèmes spéciaux ch, gi, gh, kh, ng, ngh, ph, tr) tout en introduisant les lettres qui n’existaient pas comme les f, j, w, z, et en donnant aux anciennes lettres la valeur d’autres phonèmes (le c < les ch et tr ; le g < g et gh ; le k < c, q et k ; le q < les ng, ngh ; le x < kh). Le f remplacera le ph, le w le th et le z les d, gi et r. Et encore il ne s’agit là que de la réforme des consonnes, celle des voyelles étant à venir.

VIETNAMIEN Pinyin CHINOIS VIETNAMIEN à la BÙI HIỀN
Dân tộc  (peuple) Zan Zân tộk
Giáo dục (éducation) Záo zu Záo zụk
Giao dịch (transaction) Zao zi Zao zịk
Chính phủ (gouvernement) Cin fu Cín fủ
Lạnh giá (froidure) Lan ra Lạn’ zá
Giao thông (trafic) Zao wong Zao wôg

Le résultat déjà donne pour la nouvelle transcription un véritable charabia à l’apparence d’une langue étrangère inesthétique. Soit par exemple la phrase « le quốc ngữ est notre écriture, par suite nous devons le chérir et le respecter » : en vietnamien courant elle s’écrit « quốc ngữ là chữ viết của chúng ta, do đó ta phải quý trọng nó », dans la novlangue ce sera « kuốk qữ là cữ viết kủa cúq ta, zo dó ta fải kúy cọq nó ».

Depuis son officialisation sous la colonisation française (1878), puis sa reconnaissance comme langue nationale par le roi Bảo Đại (1932), la transcription latine de la langue vietnamienne ou quốc ngữ (= langue nationale) par les missionnaires européens au XVI-XVIIe siècles dont le plus connu est le P. Alexandre de Rhodes, auteur du Dictionnarium annamiticum, lusitanum et latinum, Rome, 1651, l’écriture vietnamienne a certes subi une évolution comme toute langue vivante, mais sans changement notable. Comme l’invention de cette écriture s’est basée, en plus du latin, sur les diverses langues natales de ses inventeurs (portugais, espagnol, français), la graphie des phonèmes parfois différente pour des sons analogues dans un certain nombre de mots suscita de nombreuses envies de réforme au cours du XXe siècle mais initiatives privées (dont celle de Hồ Chí Minh lui-même) autant que tentatives officielles (en 1902, 1906, 1956, 1959) échouèrent, faute de pouvoir concilier logique et pratique.

Le quốc ngữ tel qu’il est, malgré ses imperfections, est devenu inséparable de l’âme vietnamienne ; sa souplesse lui permet de transcrire toutes les expressions du cœur et de l’esprit tout en permettant une grande ouverture à la modernité occidentale.

La proposition de réforme de Bùi Hiền ne serait considérée que comme une élucubration de plus, bonne à jeter au panier si elle n’était pas saluée par de nombreux dignitaires comme une grande contribution à la science et ne bénéficiait pas d’une publicité nationale dans les télévisions étatiques.

Comme il se doit, à part quelques affidés du régime, l’opinion publique s’est élevée de toutes parts contre un projet qui, s’il était adopté, obligerait tous les citoyens à réapprendre leur langue, rendrait caducs tous les écrits actuels (y compris les textes administratifs, les pancartes, les billets de banque que justement le gouvernement veut remplacer par d’autres à valeur différente) dont le changement en novlangue coûterait des milliards de dollars aux contribuables (et pan pour les soucis d’économie de notre professeur réformiste !), couperait les Vietnamiens de leur culture puisque les jeunes auxquels la novlangue sera inculquée dans les écoles ne sauraient plus lire les textes imprimés auparavant.

L’adoption du quốc ngữ lui-même à la fin du XIXe siècle, malgré ses immenses avantages (enfin une écriture phonétique et non plus idéographique, accessible à tous et non plus réservée à une minorité car aisément maîtrisée, et surtout qui libère le pays de la sinisation culturelle), a été un grand traumatisme pour les Vietnamiens parce que les écrits de leurs parents et ancêtres leur devenaient hermétiques sans l’existence de traductions. Au bout de plus d’un siècle une bonne partie des livres anciens n’est d’ailleurs toujours pas traduite faute d’argent et de traducteurs compétents ; s’il fallait réécrire et republier en novlangue la masse bien plus volumineuse des livres en quốc ngữ actuel, même avec l’aide de l’ordinateur combien de siècles mettrait-on et à quel prix ? 

Alors que le quốc ngữ, dont l’adéquation avec la langue parlée est une réussite, est stabilisé et fait la fierté des Vietnamiens, seul peuple asiatique à posséder une écriture latine, on ne voit pas pourquoi tout d’un coup le pouvoir communiste de Hanoï jette sur la place publique le sujet de sa réforme. Devant le haro unanime des citoyens, le 30/11, le ministère de l’éducation nationale s’est fendu d’un communiqué selon lequel il « n’a ni la compétence ni le projet de réformer l’écriture vietnamienne à ce stade », dénégation répétée le 4/12 par le vice premier-ministre Vương Đình Huệ en réponse à des électeurs de Đức Thọ, Hà Tĩnh : « Le gouvernement et le Ministère de l’éducation et de la formation ne préconisent pas la réforme de l’écriture. Le gouvernement respecte la liberté de parole, la différence et l’esprit créatif de chaque individu ».

Rassuré, le bon peuple ? Seulement s’il n’entrevoit pas derrière le gouvernement se profiler l’ombre de Pékin.

Selon Bùi Hiền, bien qu’écrit différemment, son nouveau quốc ngữ se prononcera comme l’ancien. Mais comme plusieurs lettres ont changé de phonème, il faudra apprendre par cœur les nouvelles correspondances et malgré cela on ne pourra plus faire la distinction entre les nuances des sons analogues puisqu’ils sont reproduits de la même façon.

Sans ces acquis la prononciation des textes en novlangue aura la consonance du chinois, histoire d’accoutumer les Vietnamiens à l’écoute puis à l’usage de cette langue ? La nouvelle écriture elle-même fait penser à un mélange de pinyin (avec sa prolifération des q, w et z auparavant rare et inexistants) et de teen code (texto vietnamien), ce qui en fait un sujet d’intérêt en même temps que de plaisanterie chez les jeunes.

D’autre part, la même graphie étant utilisée pour des mots qui, quoique prononcés à peu près de la même façon (mais pas tout à fait et même différemment selon la région) ont des sens complètement différents, on assiste avec le nouvel alphabet à un appauvrissement de la langue et aussi à son éloignement des langues occidentales puisque les c, x, q, w ne représentent plus les mêmes phonèmes que dans les langues latines.

Le lancement de la nouvelle écriture accompagnée d’un logiciel de transposition de l’actuelle à la nouvelle, réalisé par Phan An, un informaticien résidant en Allemagne (par jeu ou sur commande ?), en période de destruction programmée de la culture vietnamienne pour casser les ressorts spirituels de la résistance à l’annexion chinoise, est-il un ballon d’essai pour une sinistre opération ordonnée par Pékin ? L’imposition d’une novlangue qui bouleverse complètement l’écriture ne tarderait pas à décérébrer la jeunesse en les isolant de leur passé et en les empêchant de découvrir la vérité des faits par la lecture des écrits de leurs aînés et par la communication avec leurs compatriotes d’outre-mer, et donc à leur ôter toute tentative de révolte générale.

Le démenti opposé à la rumeur du changement ne signifie qu’une remise de parti pris. Le ministère de l’éducation n’a-t-il pas parlé de non-projet à ce stade, ce qui veut dire qu’à un autre stade ce sera différent ?

Encore de la paranoïa anti-chinoise, diriez-vous ! Eh bien, sachez que si le gouvernement vietnamien ne s’est pas (encore) résolu à faire appliquer la nouvelle écriture, malgré le démenti du ministère de l’Education nationale, le vice-directeur du Service de l’éducation et de la formation de Saïgon, Phạm Ngọc Thanh, qui se dit un gros actionnaire de l’Université de technologie de la ville (HUTECH) et est probablement un Chinois, a demandé l’imposition de la novlangue à tous les étudiants de toutes les universités dépendant de son Service dès la rentrée 2018 ! (cf. http://www.gioitreviet.net/dai-hoc-hutech-se-ap-dung-cai-cach-tieq-viet-vao-nam-hoc-2018-5952).  

Récemment, nous est parvenu un document secret qui confirme la sinistre volonté de Pékin de détruire la culture vietnamienne derrière le projet de changement d’écriture du professeur Bùi Hiền. Il s’agit d’un texte dont l’auteur serait Nguyễn Hoàng Hân, un expert de l’Institut d’Etudes des ressources de la Mer orientale. Nous en donnons ici la traduction intégrale avec toutes les réserves nécessaires en l’absence de moyen de vérification des faits.

Stratégie d’effacement de la langue vietnamienne avant la fusion du Vietnam à la Chine

Nguyễn Hoàng Hân, Institut des ressources de la Mer orientale

Le 20-11-2017, le docteur-professeur Bùi Hiền, 83 ans, a lancé un livre « Réforme de la langue vietnamienne » pour l’usage d’une nouvelle langue vietnamienne. Une sorte de vietnamien sinisé, phonétisé selon le chinois de Pékin (synthèse du parler mandarinal et du parler vulgaire). Pour plus de compréhension, il s’agit d’une sorte de chinois appliqué aux seuls Vietnamiens dans les années à venir, phonétisé à partir du chinois, afin de faire du vietnamien un dialecte chinois, analogue au chinois en usage à Canton, au Hunan, au Tibet, au pays Ouighour, dans la Mongolie intérieure…, pendant sa période d’autonomie, avant son annexion.

Le livre de Bùi Hiền, qui comprend 2000 pages et qu’à ses dires, il a mis juste 20 ans à écrire, a obtenu le permis de publication du Ministère de l’Education vietnamien. Au Vietnam, rien que distribuer une feuille volante A4 pour faire la réclame d’un baume ou d’un remontant exige un permis de la Police. A fortiori un ouvrage sur la transformation du vietnamien en chinois. Sans l’accord du Parti, même l’aïeule paternelle de M. Bùi Hiền n’ose un tel acte. Il ‘agit ici d’une campagne d’envergure, avec planification, machination, stratégie et large diffusion afin de préparer l’esprit des Vietnamiens, en vue d’éviter leur perplexité le jour pas très lointain où la langue vietnamienne sera complètement abolie.

On crée une sorte de chinois particulier à telle ou telle région ou secteur, dans le but de tromper un peuple avant de détruire son langage, de l’assimiler doucement sous la direction et le commandement des autochtones qui sont chargés de réaliser l’annexion lequel dans le plan de 60 ans débute en 2020 et prend fin en 2060. A cette date le Vietnam ne sera plus qu’une province.

  1. Bùi Hiền ment, le Parti lui aussi ment. « L’alphabet de réforme de l’écriture vietnamienne » en question est entièrement l’œuvre du « Département de linguistique chinois », dont le chef est le professeur Từ Hướng Hòa (troisième fils du maréchal Từ Hướng Tiền) [ndt : les noms des Chinois sont phonétisés à la façon vietnamienne et nous ne pouvons les rendre en pinyin, faute de connaître les caractères correspondants] ; son élaboration s’est terminée en mars 1998, sous le Secrétariat général de Jang ZeMin (1989-2002). Maintenant, c’est le moment d’ordonner au Pouvoir vietnamien de remplir leur mission de diriger les Vietnamiens sur la voie progressive de l’assimilation et de l’intégration dans la société chinoise, de façon « paradisiaque », pacifique, au point qu’ils fassent volontairement don de leur pays pour qu’il devienne une province de la Chine !

Uông Dương — petit-fils paternel de Uông Tinh Vệ, président de la république chinoise de Nankin (1940-1944) qui collabora ensuite avec les Japonais puis avec Mao ZeDong, dont le successeur était Tchang KaiChek, et dont le benjamin Uông Triệu Quang, garde de corps de Mao à 17 ans avant d’être nommé à 40 ans « Chef du Service de protection du président Mao » eut pour fils aîné Trương Dương —  est un disciple fidèle de Xi JinPing, membre permanent du Bureau politique, vice-premier ministre de l’Institut des affaires étatiques, cumulant 5 fonctions : 1- Chef de la cellule des opérations de coordination au pays Ouighour, 2- Chef de la cellule des opérations de coordination au Tibet, 3- Chef de la cellule des opérations de coordination en Mongolie intérieure, 4- Chef de la cellule des opérations de coordination en Formose, 5- Chef de la cellule des opérations de coordination au Vietnam. Autrement dit Uông Dương c’est le dirigeant du « Palais des colonies », celui qui a la compétence absolue sur le sort des pays susdits.

Il y a un an, à 16h de l’après-midi du 12-1-2017, au Grand hall de la rue du peuple à Pékin, M. Nguyễn Phú Trọng a signé « 15 accords » à caractère de dépendance et de soumission à Pékin. Mais l’accord n°16 n’a pas été signé sur un texte, seulement signé oralement , c’est-à-dire que c’est un « accord secret ». Il s’agit du texte « Réforme de l’écriture vietnamienne » pour qu’elle ait la consonance du chinois, que Uông Dương  remet en main propre à M. Nguyễn Phú Trọng. Le Ministère de l’Education nationale apprendra le vietnamien sinisé aux élèves du primaire en 2023, aux élèves du secondaire général en 2026 et aux étudiants de l’université en 2030.

En 1969, Zhu EnLai fit savoir à Lê Duẩn que la Chine était en train d’avoir un plan de relation diplomatique avec les Etats-Unis, et demanda au Vietnam de rester « dans la défensive », d’utiliser la solution politique et non militaire, de ne pas « attaquer » continuellement le Sud. En mars 1969 Lê Duẩn vint rencontrer Mao ZheDong dans le Hunan (pays natal de Mao). Lors de cette rencontre Mao lui posa une question perfide : « Est-ce vrai que dans l’histoire le Vietnam a battu l’armée mongole des Yuan ? ». Lê Duẩn modestement répondit « En effet. » Mao ZheDong de dire : « C’est de l’histoire ancienne. Mais aujourd’hui et plus tard je veux déplacer 500 millions de Chinois des miens pour les installer dans toute l’Asie du Sud-Est, et le Vietnam est le tremplin dans cette campagne, qu’en pensez-vous camarade ? ». Lê Duẩn répondit : « Le camarade président peut faire ce qu’il veut, pourvu qu’il ne pousse pas le Vietnam dans ses retranchements par l’artillerie, les tanks et les missiles ? » Mao ZheDong le questionna encore : « Si nous voulons utiliser le Vietnam comme un tremplin pour avancer dans le Sud-Est asiatique sans avoir recours à la guerre, il n’y a qu’un unique moyen, c’est que les deux pays doivent « coopérer ». Le sens du mot « coopérer » Lê Duẩn le comprend sûrement tout à fait ! S’il le comprend mais ne l’applique pas, c’est qu’il s’appuie sur l’URSS. C’est pour cette raison que le 17-2-1979 Deng XiaoPing ordonna aux généraux de corps d’armée Dương Đắc Chí et Hứa Thế Hữu de prendre le commandement de 600.000 soldats, avec 400 tanks et 2200 canons de 122mm, pour déferler à travers la frontière, raser 6 villes du Nord, « donner une leçon au Vietnam ». Dans cette guerre, quoiqu’on en dise, les Chinois ont perdu nettement. Furieux, Deng XiaoPing mit hâtivement en pratique la politique de « Réforme en 4 stades ».

A la mort de Lê Duẩn le 10-7-1986 (à l’âge de 79 ans), Nguyễn Văn Linh le remplaça au poste de Secrétaire général du 18-12-1986 au 28-6-1991. Nguyễn Văn Linh « coopéra » systématiquement avec Pékin d’après le « traité secret » signé à Cheng Du (Sichuan) le 4-9-1990, dans lequel existent 10 articles qui stipulent précisément : « 1- Annexer la terre ferme (l’opinion se trompe en pensant que le Vietnam cède du territoire, des eaux territoriales. La vérité est que c’est une annexion progressive). 2Annexer la mer. 3Annexer l’économie. 4- Annexer la défense nationale. 5- Annexer la police. 6- Annexer l’espionnage. 7- Annexer le renseignement. 8- Annexer la population migrante. 9- Annexer la culture. 10- Avant l’annexion du territoire il y aura un délai de 17 ans pour l’annexion de la langue.

En 42, Lưu Tú, l’empereur Quang Vũ des Han donna l’ordre au général Mã Viện de prendre le commandement de 20.000 soldats pour envahir le Vietnam. Au bout d’un long combat, les troupes des deux sœurs Trưng en manque d’équipement et d’expérience, ne purent résister contre l’armée aguerrie de Mã Viện. Après sa victoire sur les sœurs Trưng, Mã Viện fit décapiter le tiers de la population vietnamienne et exterminer les trois lignées [du père, de la mère et du ou de la conjoint(e)] des familles Trưng, Thi, Đô, Lá, Thiều, Ngọc…, raison pour laquelle ces familles n’existent plus au Vietnam. Mã Viện s’adressa ainsi au roi Lưu Tú (le fondateur de la dynastie des Han de l’Est) : « Le Vietnam [ndt : à l’époque le Vietnam s’appelait Lĩnh Nam] a des lois propres, des coutumes propres, un langage différent de celui des Han, pour les assimiler il faut supprimer leur langue ». Mais les Vietnamiens, d’un côté « combattirent par la guérilla » durant des centaines d’années jusqu’à ce que Ngô Quyền déclarât l’indépendance, de l’autre côté firent semblant de coopérer avec les éparques chinois, apprirent le chinois, écrivirent en chinois, mais quand ils parlaient entre eux, ils utilisaient leur langue. Ils n’osaient l’appeler langue du Nam (Nam ou Sud = An Nam ou Sud pacifié) et la désignaient par « Nôm » en prononçant le mot de travers. Ils maintenaient opiniâtrement les coutumes, les lois, la langue de leur peuple, ce qui fait que le Vietnam est le seul pays parmi les Cent Việt à ne pas être assimilé à la Chine et à se perpétuer plus de 4000 ans.

L’homme de culture Phạm Quỳnh, avant d’être fusillé avec M. Ngô Đình Khôi (frère du président Ngô Đình Diệm) et Ngô Đình Huân (fils de Ngô Đình Khôi) dans le bois de Hắc Thú (Huế) en août 1945, a laissé cette parole historique : « Tant que la langue vietnamienne subsiste, notre pays subsiste. Que la langue vietnamienne disparaisse et notre pays disparaît. » Le grand écrivain Voltaire a aussi dit : « La patrie c’est le point auquel notre cœur est attaché » [ndt : la citation exacte est « La patrie est aux lieux où l’âme est enchaînée ».

Si la langue est abolie, le peuple disparaît avec elle ! Parce que la langue fait l’homme. C’est l’homme qui édifie la patrie. Si sa langue n’existe plus, l’homme devient un esclave et sa patrie tombe dans le néant, elle est effacée de la carte du monde, les coeurs seront brisés et les larmes couleront en fleuve, car « l’eau s’écoule pour toujours sans revenir à la montagne (Tản Đà) [ndt : il s’agit d’un vers du poète Tản Đà, où le mot « nước » = eau désigne aussi le pays].

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