SOS Vietnam

STOP à son annexion génocidaire par la Chine Communiste

Catégorie : justice

Đồng Tâm

La mafiocratie vietnamienne dans ses œuvres : Attaque brutale d’un hameau de la commune Đồng Tâm, banlieue de Hanoï, avec une force de milliers de policiers, militaires et nervis dans le but de faire main basse sur ses terres.

Toute lâche devant l’envahisseur chinois qui s’offre sur terre d’immenses portions du territoire de la nation et s’empare impunément sur mer de ses îles et ses eaux, s’appropriant ainsi ses mines d’hydrocarbure et mettant ses millions de pêcheurs au chômage, la mafiocratie de Hanoï se montre par contre fortement agressive envers ses concitoyens qu’elle considère comme des sujets payables et corvéables à merci, réprimés dès la moindre résistance.

Pour réaliser sa politique d’industrialisation du pays, mais trop incompétent et cupide pour la préparer et s’en donner les moyens en portant d’abord ses efforts sur les infrastructures et l’éducation, le pouvoir communiste vietnamien a opté pour la solution facile d’une fausse industrialisation qui consiste à amener les investisseurs étrangers à installer leurs usines et entreprises au Vietnam avec des offres alléchantes d’exemption fiscale, de main d’œuvre à bon marché, de laxisme environnemental et de site d’implantation commode. Comme les terrains disponibles se trouvent dans des régions reculées sans accès routier ou ferroviaire puisque les milliards de capitaux ODA pour les travaux publics sont dilapidés et détournés par les apparatchiks, que font ces derniers à la place pour plaire aux investisseurs ? Les laisser choisir sur carte l’emplacement désiré (avec priorité aux Chinois de Pékin), lequel est inévitablement sis sur des terres cultivables proches du littoral, de la seule grande route nationale et des axes fluviaux. Pour pouvoir attribuer ces terrains aux capitalistes étrangers (et aussi parfois locaux, arrière-cours des dirigeants), le pouvoir n’a d’autre ressource que celle d’exproprier les paysans, fort des articles 53 et 54 de la Constitution de 2013, résumés dans l’article 4 de la loi foncière selon lequel « les terres sont la propriété du peuple entier et gérées unanimement par l’Etat qui en est le représentant », groupes et particuliers en en ayant seulement l’usage, lequel, d’après l’article 54 suscité, peut être repris par l’Etat pour « des objectifs  de défense et sécurité nationales, de développement économique et social, dans l’intérêt national et public ».  Avec pour conséquence des centaines de milliers (sinon des millions, leur chiffre n’étant pas comptabilisé) de paysans délestés de leur outil de travail venus ensuite encombrer les ghettos urbains appelés « dân oan » (peuple victime d’injustice) et surtout la destruction par bétonnage d’une superficie considérable de terres agricoles dans un pays dont 64% de la population sont des campagnards.

La revente aux entrepreneurs (du droit d’usage) des terres confisquées au prix du marché s’avérant extrêmement lucratif pour les dirigeants locaux et leurs protecteurs haut placés par rapport aux compensations pécuniaires dérisoires (même au tarif officiel) payées aux spoliés, s’est développée une pratique d’expropriation de terres, propriétés et même maisons, sans nécessité économique ou de défense, mais dans un but de pure spéculation immobilière. Des « groupes d’intérêts » parmi les riches et puissants se sont constitués pour mettre leur main rapace sur les terrains susceptibles de bénéficier d’un (ré)aménagement politico-économique (constitution de zones économiques, agrandissement urbain, création d’aéroport …) en expulsant de leurs demeures les habitants des quartiers ou villages entiers sans motif valable ou pressant avec l’aide de la police, de l’armée et de la pègre. C’est ainsi que perdure le scandale des 14.600 familles (comptant 60.000 personnes) délogées depuis 1996– du quartier de Thủ Thiêm à Saïgon dont les terrains indemnisés au tarif de 380.000 VND/m2 valent actuellement jusqu’à 350 millions VND/m2, après avoir rapporté des milliards de dollars de bénéfice aux instigateurs du projet d’urbanisation. Il y a un an (les 4 et 8/1/2019) des touristes du monde entier ont pu être témoins de la brutalité avec laquelle un millier de policiers et séides ont rasé sans préavis plus de 500 logements et jardins du quartier chrétien de Lộc Hưng dans le 6e arrondissement de Saïgon dans le but de chasser les habitants des 4,8 ha qui leur ont été alloués en 1955 par le gouvernement du Sud-Vietnam et que convoite la municipalité, terrain pour lequel l’indemnisation proposée (refusée par la moitié des expulsés) est de 7 millions VND/m2 (au lieu des centaines de millions au prix du marché). Le motif noble invoqué était la construction sur l’emplacement de trois écoles mais depuis ce projet d’école est abandonné et les expulsés soupçonnent une simple revente à des promoteurs immobiliers.

Venons maintenant au grand et nouveau scandale qui nous intéresse : l’affaire de l’expropriation des villageois du hameau Hoành, commune de Đồng Tâm, district de Mỹ Đức, ville de Hanoï. Ces villageois ont déjà attiré l’attention publique en avril 2017 (15-22/4) en attrapant et prenant comme otages 38 personnes composées de 2 journalistes (dont le dissident Phạm Chí Dũng récemment arrêté) 5 cadres administratifs et 31 policiers intervenus lors d’un différend foncier entre le hameau et les autorités militaires, en représailles de l’arrestation trois jours auparavant de leurs 4 représentants comme de la violence exercée sur ces derniers (leur leader, âgé de 82 ans s’est fait casser une jambe). Il a fallu que Nguyễn Đức Chung, général de la police et président du Comité populaire de la ville de Hanoï vienne en personne négocier avec eux puis signe une promesse d’examen impartial du litige par le gouvernement et de non-poursuite pénale des mutinés pour que tous les otages soient libérés. Malgré leur harcèlement par les autorités depuis décembre 2016 pour la confiscation de leurs terres, les villageois du hameau Hoành, fidèles communistes et fiers de la qualité d’« héroïques combattants » de leurs aînés, gardent confiance en la justesse du Parti qu’ils continent de glorifier dans leurs panneaux et banderoles. Mal leur en prend car à peine deux mois après (13/6), Nguyễn Đức Chung avale ses paroles et ordonne à la police de Hanoï de procéder à la poursuite des preneurs d’otages. Le mois suivant (7/7), l’Inspection foncière de Hanoï tranche en faveur de l’armée au détriment des villageois. Déçus mais déterminés, ceux-ci refusent le verdict, font appel et déclarent lutter jusqu’au bout.

En quoi consiste exactement le litige ? Il se porte sur un terrain de 59 ha de champs du nom de Đồng Sênh (champs Sênh) cultivés depuis des siècles par les villageois du hameau Hoành. En 1981, pendant la guerre sino-vietnamienne, en fervents communistes patriotes, ils ont fait don à la Défense nationale d’un terrain attenant et faisant partie des champs Sênh d’une surface de 47,36 ha cultivables pour contribuer à la construction d’un aérodrome militaire dénommé Miếu Môn. Le projet d’aérodrome n’a pas abouti mais les villageois ayant accepté une compensation financière, le terrain reste dévolu à la Défense nationale qui le met sous la garde de la Brigade 28 de l’armée de l’air, laquelle permet à 14 familles de le cultiver sous charge de lui payer une rente annuelle. En principe, d’après la planification de 1981 tous les champs Sênh sont réservés à la défense nationale, mais sans nécessité militaire pressante l’armée laisse les 59 ha restants à la libre disposition des villageois du hameau Hoành qui les ont toujours cultivés. Comme pour confirmer cette destination agricole des 59 ha, le 26/3/2018, l’armée fait creuser un fossé à la limite des deux terrains de 47,36ha et 59 ha, au contentement des habitants du hameau. Patatras, le 25/4/2019, l’Inspection foncière du gouvernement réitère en appel le jugement de 2017 et le conflit s’envenime.

Pourquoi cet acharnement des autorités de Hanoï à récupérer les 59 ha des villageois de Hoành ? Le fait est qu’en 2014 le Ministère de la défense nationale confie la gestion des 47,36 ha des champs Sênh à une de ses émanations, la société de télécommunication Viettel (pour ceux qui l’ignorent, afin de s’assurer de la fidélité de ses forces armées, le régime communiste vietnamien, à l’instar de la Chine, permet à ses militaires de s’enrichir en leur octroyant un rôle économique important). N’ayant pas d’usine à y installer, Viettel a l’idée en 2016 d’y construire un complexe de loisir autour d’un parcours de golf (le golf est devenu un sport prisé des militaires et apparatchiks corrompus – ainsi le terrain réservé par le gouvernement sud-vietnamien à l’agrandissement futur de l’aéroport Tân Sơn Nhất à Saïgon, confisqué par l’armée communiste, au lieu d’être rendu à l’aéroport pour son développement, a été converti en centre de loisir avec terrain de golf, obligeant les autorités à construire à grand frais à Long Thành un autre aéroport international plus adapté à l’essor actuel du trafic aérien !). Pour un tel complexe, il faut à Viettel plus de terrain que les 47,36 ha. D’où la connivence avec les dirigeants, en particulier les édiles de Hanoï pour la mainmise sur les 59 ha des villageois en les expropriant sous prétexte de récupération de terres de défense nationale. Mais un parcours de golf n’est pas un besoin d’ordre militaire et sans nécessité évidente, les villageois s’accrochent à leur gagne-bol de riz.  D’où les menaces et intimidations contre les villageois récalcitrants, avec des insultes et dénonciations mensongères comme agents stipendiés par des forces hostiles sur les hauts parleurs publics. D’ailleurs, l’idée du complexe est en suspension car, depuis le rattachement à la capitale du district de Mỹ Đức en 2008, le prix du terrain ne cesse d’augmenter et les mafiocrates tireront plus de profit des 59 ha en les revendant aux promoteurs d’ensembles immobiliers ou en s’alliant avec eux qu’en restant sur leur projet de golf.  

C’est ainsi que dans la nuit du 8-9/1/2020, aux approches du Tết ou nouvel an vietnamien, une armée d’environ 3000 hommes (les chiffres des narrateurs et témoins oscillent de 1000 à 8000) armés jusqu’aux dents, composés de policiers motorisés, de policiers classiques et de militaires et aussi d’incontournables nervis, accompagnée de quelques tanks, est venue encercler la commune de Đồng Tâm après y avoir coupé l’accès à Internet puis fait irruption vers 4h du matin dans le hameau Hoành pour attaquer à coups de gaz lacrymogène, de grenades Sting, de fusil et bien entendu de matraque, les villageois dans leurs maisons, lesquels opposent aux forces de « désordre » une opposition violente à l’aide de pierres, piques et cocktails Molotov. La commune étant toujours encerclée et interdite de communication physique et immatérielle, le bilan exact n’est pas établi. D’après la version officielle, il y eu 3 décès du côté de la police et 1 chez les insurgés. La presse étatique d’une même voix a condamné les villageois accusés de terroristes et chanté le sacrifice des policiers dont elle publie les photos. Manque de pot pour les zélés barbouilleurs, des internautes ont aussitôt dénoncé une duperie au moins pour deux policiers censés morts, car l’un est aperçu le lendemain dans un bar, et un autre est déjà donné comme défunt en 2015 lors d’une descente contre des trafiquants de drogue. Des témoins et amis des villageois déclarent n’avoir ni vu ni entendu parler de policier mort, par contre ils sont sûrs de la mort par balle de M. Lê Đình Kình, 84 ans, membre du Parti depuis plus de 50 ans, ex secrétaire communal du Parti et ex président du comité populaire de la commune ainsi que l’état critique de son fils Lê Đình Chức grièvement blessé, et aussi de l’existence de plusieurs autres blessés dont ils sont sans nouvelle. Très respecté dans sa communauté, M.Kình est tenu par les mafiocrates comme le meneur des insurgés et son assassinat qui les comble risque de dresser l’opinion contre eux ; pour cacher le crime, la police oblige la famille de la victime et ses voisins à signer un papier attestant qu’il est mort dans les champs Sênh et donc non chez lui au moment de l’attaque du hameau, ce que jusqu’ici ils refusent. En même temps, ordre est donné aux 849 organes de presse imprimée, 195 journaux en ligne et 300 chaînes de télévision et radio sous le contrôle du Comité central de propagande et d’éducation du Parti de justifier l’attaque. Mais les media ont beau magnifier l’action des policiers et soldats, noircir les habitants du hameau dépeint comme un repaire de hors-la-loi et un abri pour ramassis de drogués, manipulés par des forces hostiles, ils ne peuvent justifier l’injustifiable, à savoir une attaque armée d’envergure intervenue dans la nuit tel un raid de brigands organisés contre de paysans démunis dont le seul crime est de lutter pour sauvegarder la terre ancestrale dont ils tirent leur subsistance.

Comme en 2017 pour les manifestants de Bình Thuận, les villageois du hameau Hoành sont présentés systématiquement par la mafiocratie comme des terroristes à battre et abattre, alors qu’en fait de terrorisme c’est ce pouvoir vil et cupide qui terrorise ses « sujets ». A Đồng Tâm, les mafiocrates croient avoir ébranlé la résistance des habitants avec leur démonstration de force, l’assassinat de leur chef spirituel et l’arrestation en masse des leurs, mais la répression ne semble pas entamer leur résolution. La seule réussite actuelle de la mafiocratie est d’avoir fait perdre à ces naguère communistes patentés leur reste de foi dans le Parti. Au cas où ces villageois obstinés et courageux doivent renoncer à leurs terres devant une force encore plus brutale, ils iront rejoindre la cohorte des « dân oan » avec lesquels ils constitueront peut-être le fer de lance d’une révolte généralisée contre le régime, prélude à l’instauration de la démocratie au Vietnam.

 

Extradition/reconduction, deux poids pour une même mesure

 Depuis plus de trois mois les Hongkongais descendent dans la rue pour faire retirer la loi d’extradition vers la Chine continentale des personnes estimées coupables de délit aux yeux de Pékin. Par cette loi, le pouvoir communiste chinois n’aura plus besoin de kidnapper ses opposants ou supposés tels vivant à Hong Kong puisqu’ils lui seront remis légalement à sa demande par les autorités de la ville, et une fois aux mains de la police politique, il n’y a guère à douter sur leur sort peu enviable. En se dressant en bloc contre l’empire tout puissant pour défendre leur système libéral et affirmer leur condition d’hommes et de femmes libres, les Hongkongais forcent l’admiration du monde entier et font honte aux Vietnamiens, soumis sans réagir à un diktat analogue quoiqu’aux finalités différentes.

En effet, dans l’indifférence ou plutôt l’ignorance générale, un même genre de pacte a été passé entre Pékin et Hanoï avec des implications autrement préjudiciables, particulièrement humiliantes pour le Vietnam. Le fait est que depuis 1990 les ressortissants chinois ont obtenu le droit de venir (ou revenir pour ceux qui étaient chassés lors de la guerre frontalière) s’installer au Vietnam, en principe une fois munis d’un permis de séjour ad hoc, comme c’est le cas pour tous les étrangers qui y vivent. Cependant, au fur et à mesure de la présence excessive des Chinois dans le pays (à défaut de statistique officielle, les estimations vont bon train, le chiffre de 30 millions de Chinois au Vietnam étant même avancé par de nombreux auteurs), la rumeur sur l’annexion programmée du Vietnam à la Chine prévue dans les accords secrets de Chengdu prend de la consistance. S’expliquent par elle les traités inégaux, l’ouverture des frontières du nord avec pour conséquence le nombre des Chinois dans le pays, leur arrogance, leur implantation économique, leur infiltration dans l’appareil politique et administratif et, ce qui frappe le plus la population, leur impunité, la police rechignant à intervenir quand ils sont en cause.

Longtemps, l’opinion s’est interrogée sur cette inertie de la police vietnamienne face aux Chinois. Voyous et trafiquants sont rarement arrêtés et si des fois la presse fait état de leur arrestation, on n’entend guère parler ensuite de leur condamnation (sauf dans les cas de peine « administrative » passible d’une simple amende). Cependant on se voile la face en invoquant la corruption et la méconnaissance du suivi des faits. Mais depuis la remontée en ligne (provisoire) ces derniers temps de la faction peu favorable à Pékin grâce à la santé déclinante et donc la faiblesse de l’actuel président-secrétaire général prochinois Nguyễn Phú Trọng conjuguée avec les déboires économiques de la Chine dus à la guerre commerciale avec les Etats-Unis, la même police et la même presse qui jusqu’ici se montrent peu loquaces s’agissant des méfaits chinois, se sont soudain enhardies en poussant l’enquête sur des cas de criminels chinois. Et le pays apprend en même temps la raison de cette impunité : Les malfrats chinois arrêtés au Vietnam sont aussitôt reconduits en Chine en vertu d’un accord entre les deux pays.

Les premières mentions d’un tel accord ont paru à propos de l’arrestation le 28/7/2019 d’une bande organisée de 395 Chinois(es) de 18-24 ans, tous clandestins à l’exception de 27 d’entre eux, qui gèrent depuis une zone économique chinoise installée sur un terrain de 43 ha à Haiphong dévolue en 2010 au groupe chinois Giafeng (Hiệp Phong) qui l’a baptisée « Our city » (véritable pied de nez au pays qui l’héberge !) une vaste entreprise de jeux et paris en ligne portant sur 3,6 milliards de yuans (435 millions USD) en 6 mois d’exploitation. L’opinion s’est indignée que la police vietnamienne ait accompagné, en autocars de luxe qui plus est, ces délinquants à la frontière pour les remettre à la police chinoise avec toutes les pièces à conviction (près de 2000 téléphones mobiles, plus de 530 ordinateurs, des cartes de crédit et de l’argent liquide), sans procéder à leur interrogatoire et à l’investigation du délit. Pour se justifier, les autorités vietnamiennes ont invoqué un accord « d’entraide judiciaire » entre le Vietnam et la Chine (cf. http://www.baoquocdan.org/2019/08/viec-dan-o-hon-380-nguoi-trong-uong-day.html ) puis d’un traité d’extradition récent, selon lesquels tous les délinquants chinois violateurs de la loi vietnamienne au Vietnam doivent être jugés en Chine et donc doivent être reconduits à la frontière et remis aux autorités chinoises avec les preuves de leurs méfaits (cf. https://trithucvn.net/tin-tuc-vn/quoc-hoi-trung-quoc-phe-chuan-hiep-uoc-dan-do-voi-viet-nam.html). ). Il va sans dire que le même privilège d’être reconduit au pays n’est point accordé à tous les délinquants vietnamiens en Chine où ils sont à la merci de la justice chinoise ou simplement des citoyens chinois malveillants sans aucune assistance d’un quelconque représentant des autorités vietnamiennes.

Convoi reconduisant les bookmakers chinois à la frontière

Les Vietnamiens n’ont jamais entendu parler d’un tel accord ni d’un tel traité avant que la presse chinoise ne rapporte la nouvelle de l’approbation dudit traité par l’Assemblée nationale chinoise le 26/8/2019 : D’après Xinhua, ce traité en 22 articles, en pourparler depuis 10/2013, a été signé le 7/4/2015 à Pékin mais n’entre en vigueur que depuis sa ratification. Quelle en est exactement la teneur ? on l’ignore, le pouvoir vietnamien n’en ayant jamais soufflé mot. Son existence ne pouvant plus être niée, les acolytes du régime prennent sa défense en déclarant que la coopération judiciaire et le pacte d’extradition sont des usages courants entre pays, la preuve étant que Hanoï a signé des traités analogues avec beaucoup de pays autres que la Chine. Ce qu’ils taisent c’est que les traités avec les autres pays sont accessibles au public et à lire par exemple celui passé avec la Corée du Sud on ne constate rien de répréhensible, l’extradition y étant une pratique cas par cas, appliquée à des criminels ayant commis leurs méfaits au pays demandeur ou contre lui et recherchés par lui, et non une pratique systématique visant moins à l’extradition de criminels qu’à leur soustraction à la justice du pays victime de leur malfaisance. 

Dans le cas des bookmakers clandestins sus cité, les propagandistes de Hanoï, tout en négligeant le délit de résidence sans permis en masse des contrevenants, peuvent encore invoquer le caractère transnational du délit et le dommage subi surtout par la Chine parce que les paris en chinois attirent plutôt les Chinois. Mais comment peuvent-ils défendre le relâchement et la remise à la police chinoise de trois criminels chinois coupables de l’assassinat crapuleux d’un chauffeur de taxi vietnamien le 8/8/2019 dans la région de Lạng Sơn ? Arrêtés par la police vietnamienne le 12/8, ils ont été reconduits à la frontière dès le 13/8, sans possibilité pour la justice vietnamienne de leur faire payer leur crime contre un citoyen vietnamien et surtout dédommager la famille de la victime, sans compter le propriétaire du taxi détérioré (cf. https://www.nguoi-viet.com/viet-nam/viet-nam-khong-dam-xu-3-nguoi-trung-quoc-giet-nguoi-cuop-taxi-o-son-la/ ). De plus, une fois retournés en Chine, quelle garantie a-t-on que les criminels seront jugés et punis ? La destruction des Vietnamiens étant visé par le pouvoir de Pékin, il y a des chances qu’ils seront relaxés et reviendront exercer leur nuisance au Vietnam.

Depuis le début de l’année, on observe au Vietnam une forte augmentation des crimes et délits commis par les Chinois. Etant donné que la plupart des coups de filet de la police, à laquelle aucune conduite anormale de la population n’échappe d’ordinaire, n’a lieu qu’après plusieurs mois d’activité des malfrats, il se peut aussi que le nombre accru de ces crimes est dû plutôt à un sursaut nationaliste d’une partie de la police et de la presse qui se décident à faire leur boulot pour alerter l’opinion sur l’invasion chinoise. Et les affaires relatées sont énormes : Après prospection dans le pays en novembre 2018, un groupe de trafiquants chinois, dirigé par un dénommé Cai Zili, originaire du Fujan a implanté dans trois hangars, 1 loué à la société import-export Đồng An Viên à Dak Hà, province Kontum et 2 à Quy Nhơn, province de Bình Định, pour y entreposer du matériel destiné à fabriquer de la méthamphétamine. A la suite d’une descente simultanée le 8/9/2019 en ces lieux, la police y a trouvé 30 tonnes de précurseurs et de produits chimiques, de centaines de litres de liquide mélangé à de l’amphétamine ainsi que de nombreux équipements ; sont arrêtés à Kontum 7 Chinois, dont 4 sont pourvus de titre de séjour mais sous un faux nom et 3 sans papier, à Bình Định 6 personnes dont 4 Chinois (3 hommes et 1 femme) clandestins que le vice-président du Comité populaire de la province a soumis avant extradition à une amende de 95 millions VNĐ (environ 4200 USD) pour cause de séjour illégal (cf. https://nld.com.vn/thoi-su/danh-up-sao-huyet-ma-tuy-cuc-lon-20190911225930136.htm ). Le fait que les fabricants de drogue s’en tirent sans égratignure choque beaucoup l’opinion car en matière de drogue la condamnation à mort est souvent prononcée envers les coupables autochtones.

Auparavant, en mars 2019, la police de Saïgon a démantelé un réseau tout aussi important de trafiquants de drogue composé de 20 personnes, dont 8 Chinois et 3 Vietnamiens, dirigé par Wu Heshan : elle a saisi 300 kg de drogue d’une valeur de 4,5 millions USD dans un entrepôt de la société d’import-export de textiles Hasan (dont la directrice est la maîtresse vietnamienne de Wu) au quartier Bình Hưng Hòa, arrondissement Bình Tân, qui fait office de centre de distribution du produit dans les pays régionaux. Ce réseau, détenteur de deux autres entrepôts à Dak Nông, sévissait depuis 5 ans avant de tomber (cf. https://dantri.com.vn/phap-luat/vu-danh-sap-duong-day-ma-tuy-lon-nhat-sai-gon-chuyen-an-tuong-vao-ngo-cut-20190329100446861.htm ). Cette fonction de plaque tournante de la drogue risque de devenir internationale avec l’arrivée plus nombreuse de truands chinois qui ne tarderont pas à profiter de la position géographique du Vietnam (à 500 km du Triangle d’or et pas trop loin du Croissant d’or) et de son réseau de ports et aéroports.

Le crime organisé chinois ne peut délaisser l’exploitation du sexe. Le 14/9/2019, la police de la ville de Đà Nẵng a arrêté 5 Chinois et une Vietnamienne, petite amie de l’un d’entre eux, accusés d’enrôler des petites jeunes filles de 13 à 15 ans pour figurer volontairement ou malgré elles (le gang a été agrafé suite à une plainte pour viol de l’une d’elles) des clips érotiques et pornographiques destinés à être diffusés en direct sur internet. Pour visionner les films, le spectateur doit s’enregistrer et s’acquitter d’un droit à verser dans un compte d’une banque chinoise en Chine.

Mais c’est dans la cyber-criminalité (moins fatigante pour un résultat plus que satisfaisant) que les Chinois aiment s’engouffrer. Nous l’avons vu avec les jeux en ligne, très prisés par les délinquants en col blanc. Outre les 395 prévenus de Hải Phòng, la police vietnamienne a remis à la Chine en juin 2019 77 Chinois arrêtés à Đà Nẵng, Khánh Hòa et Quảng Ninh pour s’être aussi livrés à l’organisation des jeux et paris sur internet, accompagnés des pièces à conviction (300 smartphones, 100 ordinateurs, de nombreuses tablettes, 200 cartes de crédit et autres (cf. http://baovanhoa.vn/van-hoa/di-san/artmid/488/articleid/19325/quyet-liet-dau-tranh-toi-pham-cong-nghe-cao ). Les 28 Chinois appréhendés en août/2019 à Móng Cái avec comme preuves 516 téléphones mobiles, 21 ordinateurs, 6 processeurs CPU, 4 portables, une caisse enregistreuse POS et 1 Ipad, de même que les 34 Chinois arrêtés le 17/9 à Đà Nẵng opèrent plutôt dans l’arnaque à la bourse en ligne. Les 24 Chinois arrêtés le 23/5/2019 à Saïgon se servent plutôt de l’internet pour faire du racket en se faisant passer pour des représentants de l’autorité pour exiger de l’argent des personnes fragiles. Trois autres Chinois mis sous les verrous à Nghệ An le 16/9/2019 s’adonnent quant à eux à la confection de fausses cartes de crédit grâce au piratage des données sur les cartes originales via des dispositifs installés dans les distributeurs (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/group-of-chinese-making-fake-atm-card-arrested-09162019085327.html ). Un réseau de 9 personnes ( 6 Chinois et 3 Vietnamiens) dirigé par un Chinois, détenteur de deux sociétés spécialisées dans le crédit, (Kyushu et Star City) avec un personnel de 30 personnes, administrées respectivement par un Chinois et un Vietnamien, s’est spécialisé dans les prêts usuriers avec des méthodes de gangsters numériques (cf. https://www.rfa.org/vietnamese/news/vietnamnews/vietnamese-police-discovered-a-group-of-chinese-loan-sharkers-in-saigon-09172019091749.html).

La révélation de l’existence d’un traité d’extradition avec la Chine en même temps que la divulgation de l’implication des Chinois dans plusieurs grosses affaires criminelles suscite un émoi compréhensible dans la population (y compris chez les avocats et magistrats) tenue jusqu’ici dans l’ignorance. L’opinion s’inquiète de voir le Vietnam devenir le quartier général, « l’Eden ou la Terre promise », de tous les gibiers de potence chinois qui peuvent désormais venir au pays voler, violer, tuer sans risque de châtiment. En réalité, il y a nul besoin de traité pour que les Chinois jouissent de l’immunité au Vietnam : la soumission depuis Chengdu 1990 du pouvoir communiste de Hanoï au grand parti frère suffit déjà à les y rendre intouchables. La police vietnamienne était dissuadée de s’en prendre à eux autant que possible, ce qui l’arrange bien quand il y a en plus remise « d’enveloppe », d’où cette impression d’impunité perçue par tous. La signature d’un traité d’extradition n’a lieu que pour officialiser et justifier un état de fait qui devient de plus en plus voyant avec le nombre croissant de Chinois qui résident au Vietnam. Pour preuve, alors que le traité n’entre en vigueur que le 26/8, les responsables vietnamiens l’invoquent dès fin juillet et début août pour expliquer la reconduction à la frontière dans les deux cas cités. D’ailleurs, l’année dernière un professeur de l’Institut de recherches sino-vietnamiennes rapporte qu’une espionne chinoise, prise en flagrant délit le 30/10/2019 de photographie de documents de cet institut au moyen de lunettes à caméra numérique, s’est vue relâchée par la police sans être inquiétée et interdite de séjour (cf. https://nghiepdoansinhvien.org/2018/11/01/hoc-gia-trung-cong-lam-gian-diep-cho-trung-cong-tai-ha-noi-dung-ky-thuat-cao-bi-bat-qua-tang/ ). Au moins, aujourd’hui, à défaut de connaître la prison, les espions sont extradés comme c’est le cas de 11 Chinois supposés tels, arrêtés le 17/4/2019 à Móng Cái pour avoir utilisé un répéteur aux effets perturbateurs sur les ondes des téléphones mobiles de la région.      

Or, la remise aux autorités chinoises de tous les Chinois auteurs de crimes et délits au Vietnam (aussi bien touristes que résidents légaux ou illégaux) signifie que les Chinois jouissent d’un droit d’exterritorialité qui les met hors de la poursuite de la justice vietnamienne, vis-à-vis de laquelle les Vietnamiens eux-mêmes ne sont que des citoyens de deuxième zone dans leur propre pays, en-dessous du dernier des malfrats chinois. En acceptant l’exception légale de tous les Chinois vivant sur  le territoire national, les dirigeants de Hanoï ont abandonné avec leur droit régalien leur droit de souveraineté sur le pays dont ils ont la charge. Ils se reconnaissent comme de simples administrateurs coloniaux dont les compétences ne s’appliquent pas aux colons (chinois) et à leurs affaires qui relèvent uniquement de la métropole (Pékin) ! Qu’attend le peuple vietnamien pour se lever contre des despotes aussi vils, pour reprendre sa liberté et sa dignité perdues?

 

 

 

 

 

 

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